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À propos Randonue.Chartreuse

Auteur et gestionnaire du site.

La Montagne de Chine

Dans le cadre d’une semaine de randonue en Haute Provence co-organisée par les randonneurs naturistes du Dauphiné et des Savoies et l’association RSVNat.

Alt. 1952 m

le 25 mars 2021

Avec : Dominique, Bruno, Pierre & Pierre, Guillaume, Delphine, Jacques Marie et Franck.

Nous revoilà sur l’étroit parking de l’Ubac au dessus de Barles. Ce coup-ci, nous prenons le chemin de droite : une piste carrossable qui serpente dans le versant sous la Barre de Chine. D’ailleurs, plus on s’avance, plus on se demande où cette dernière va pouvoir franchir la falaise.

Nous sommes en versant sud et le soleil est toujours aussi généreux. La nudité s ‘impose rapidement.

Un éboulement de gros blocs, barre la route, au-delà, nous serons tranquille. Aucun 4×4 ne viendra nous surprendre.

La piste franchis la barre par un étroit goulet et nous basculons en versant nord. L’ambiance change du tout au tout. La neige est omniprésente et certains sont inquiets du dévers. A l’épingle suivante, la pente se calme et nous ne tardons pas à déboucher sur le plateau de Chine et la bergerie.

Une table et un banc tendent leurs bras aux moins courageux d’entre nous qui décrètent une halte collationelle et n’iront pas plus loin. (conclusion du G.O. : éviter les itinéraires avec cabanes).

D’ici, le reste de la montée semble entièrement en neige, ce qui n’est pas un problème puisqu’elle porte. Une pente modérée nous conduit à une première crête, puis un petit col précède les pentes finales.

Un vent frais s’est invité et il a fallu se rhabiller (au moins partiellement).

Devant nous, un mixte de plaques d’herbe et de neige. Pierre, Jacques Marie et moi choisissons l’herbe. Franck et Guillaume, la neige.

La transition entre neige et herbe s’avère délicate avec la présence de glace. La pente est forte et une glissade finirait probablement mal.

Nous observons Franck et Guillaume qui progressent dans un grand pan de neige. Puis nous les perdons de vue lorsque nous atteignons la crête. Franck nous rejoint seul. Guillaume a renoncé, n’arrivant pas à franchir une plaque de glace.

Nous ne sommes donc plus que 3 au sommet et l’endroit n’est pas des plus accueillant dans le vent.

D’ici nous voyons Guillaume qui redescend, hésite sur l’itinéraire du retour, ce qui nous inquiète un peu. Nous décidons de le rejoindre le plus rapidement possible. Un couloir de neige est le bienvenu. La neige n’y est ni trop dure, ni trop profonde, et en quelques minute, nous sommes en bas.

Là, un peu plus à l’abri du vent, mais bien vêtus, nous avalons quelques nourriture.

Nous ne trainons pas, car les autres doivent nous attendre à la bergerie, où effectivement nous les retrouvons un peu frigorifiés.

Le versant sud et la chaleur retrouvée, nous reprenons notre tenue préférée. On coupe à travers champs pour éviter les interminables lacets de la piste et les plus hardis arriveront nus jusqu’aux voitures.

Les Tomples

Dans le cadre d’une semaine de randonue en Haute Provence co-organisée par les randonneurs naturistes du Dauphiné et des Savoies et l’association RSVNat

Alt 1955 m

le 24 mars 2021

Avec : Dominique, Bruno, Pierre & Pierre, Guillaume, Delphine, Jacques Marie et Franck.

Bruno, dit le doc, nous a quitté et cède la place à Pierre que nous sommes allé chercher à la gare de Digne hier soir.

Pour Pierre qui vient de nous rejoindre et qui n’a pas forcément notre entrainement, nous avons choisi une rando avec un dénivelé moindre que les précédentes. Par contre, la distance à parcourir est un peu plus importante.

Par une petite route étroite et sinueuse, nous gagnons le col du Fanget où nous laissons les voitures. C’est une petite station de ski de fond, mais aujourd’hui la neige fait entièrement défaut. Les lieux sont déserts.

Nous suivons une piste, souvent boueuse, qui dessert les alpages, alternant prairies et forêts. La première épingle à cheveux verra notre séance de déshabillage. On sort de la forêt pour poursuivre sur une large crête herbue offrant de beaux panoramas.

Sous les raides pentes du Chabanon, nous prenons à gauche en légère descente, à proximité de deux belles bergeries.

Un vallon, nous fait passer en versant nord et trouver la neige qui heureusement porte sans problèmes.

Nous gagnons ainsi le col de la Combanière et découvrons que pour gagner notre objectif, il nous faut redescendre dans un nouveau vallon pour remonter en face.

Et en face, c’est en partie déneigé, mais très raide. Certains commencent à envisager de rester à la cabane proche ; puis finissent par nous suivre jusqu’au col.

Notre nouveau compagnon est en difficulté dans ces pentes raides. Je m’inquiète, mais il finit par nous rejoindre.

Le col des Tomples sera le terminus pour quelques uns.

Pourtant, il ne reste qu’une soixantaine de mètres de dénivelé pour gager le sommet par un grand plan de neige faiblement incliné. Nous laissons les sacs à dos sous la garde de Delphine et Pierre .

Du sommet, le panorama est, comme les jours précédents, exceptionnel. Nous nous apprêtons à redescendre quand nous voyons arriver Pierre qui a tenu à aller jusqu’au bout.

De petits replats, un peu sous le col, nous offriront un emplacement abrité du vent pour le casse-croute de mi-journée et une petite sieste nus au soleil pour certains.

Le reste de la descente avec Pierre, sera lente, très lente, ce dernier s’arrête régulièrement pour contrôler son rythme cardiaque. Il est obligé de m’avouer qu’il a eu un incident cardiaque et ne doit pas dépasser certaines valeurs.

Nous croiserons un couple de femmes prés des chalets qui ne s’offusqueront pas plus que ça de notre tenue et certains se feront surprendre nus par un 4×4 non loin du parking.

Le Marzenc

Dans le cadre d’une semaine de randonue en Haute Provence co-organisée par les randonneurs naturistes du Dauphiné et des Savoies et l’association RSVNat

Alt : 1934 m

23 mars 2021

Avec : Dominique, Bruno & Bruno, Pierre, Guillaume, Delphine, Jacques Marie et Franck.

Ce matin, compte tenu du point de départ situé en bord de route non loin du gîte, nous avons décidé de laisser les voitures et en raison du faible enneigement constaté le veille, les raquettes restent au gîte. Nous n’en aurons plus besoin jusqu’à la fin du séjour.

Un peu plus d’un kilomètre de goudron presque à l’horizontale nous mène au début du sentier. Dès les premiers mètres, la montée dans la forêt est rude ; et vite échauffés, nous adoptons la tenue de nudité.

Plus haut, nous rejoignons une piste forestière. Le groupe se scinde en deux, entre ceux qui préfèrent les sentiers plus courts, mais plus pentus et ceux adeptes d’une montée longue et tranquille.

Tout le monde se retrouve à chaque intersection des deux options ; aucune n’étant plus rapide que l’autre. Pour ma part, je préfère de loin un sentier à une piste caillouteuse.

Tant la piste que le sentier nous amènent au col de la Pinée. Nous sommes un peu perdus et c’est par hasard que nous prenons le bon chemin pour nous retrouver au bas de la prairie de Pré-Redon. De là, il n’y a plus qu’à suivre le crête jusqu’au sommet très arrondi.

Colchique printanière

Les plus fatigués se contenterons du premier sommet (1931 m) alors que nous poursuivons jusqu’au point culminant (1934 m) distant de quelques centaines de mètres.

Un vent de Sud-Est bien présent et frais, nous incite à ne pas trop nous attarder et à engager la descente. Quelques buissons de genévrier apporteront une protection appréciable qui permettra même à certains d’envisager une petite sieste nus au soleil.

Au retour le groupe se sépare à nouveau entre partisans du sentier et de la piste.

La Grande Cloche de Barles

Dans le cadre d’une semaine de randonue en Haute Provence co-organisée par les randonneurs naturistes du Dauphiné et des Savoies et l’association RSVNat1887 m

22 mars 2021

Avec : Dominique, Bruno & Bruno, Pierre, Guillaume, Delphine, Jacques Marie et Franck.

Panneau parking ! C’est une blague ? Juste de quoi poser à peine deux voitures sur un remblai à la stabilité un peu inquiétante.

Deux chemins partent à l’opposé l’un de l’autre. Aujourd’hui ce sera celui de gauche, après demain, celui de droite.

Nous portons les raquettes car vu depuis notre rando d ‘hier, les pentes sous le col des Cloches semblaient bien enneigées.

La piste monte en traversée sous les falaises de la Montagne de Chine.

Très vite la plus part d’entre nous sont en tenue de nudité.

Alors que nous débouchons dans une sympathique prairie parsemée de buissons de cynorhodons moins sympathiques, nous nous étonnons de ne pas voir venir Guillaume qui fermait la marche. La pose s’éternise et deux d’entre nous descendent pour voir ce qui s’est passé. Guillaume a perdu ses lunettes de soleil et est redescendu presque jusqu’aux voitures, sans les retrouver. Fâcheux pour lui, car le soleil est vif et au fur et à mesure de notre montée, la neige est de plus en plus présente. Personne n’a de paire de secours pour lui prêter.

Nous passons à proximité d’une cabane d’alpage pour remonter un vallon dans la neige, mais sans que les raquettes soient utiles.

A nouveau des prairies déneigées, puis au delà d’un ravin la grande pente de neige sous le col que nous voyions de loin.

D’ici, la Grande cloche semble défendue par des pentes enneigées d’une raideur impressionnante. Tellement impressionnantes que la moitié du groupe, arguant la perte des lunettes, décide d’abandonner.

Nous ne somme plus que trois. La neige porte et les raquettes restent sur les sacs. La pente sous le col qui, vue de face, effrayait certains d’entre nous est en fait débonnaire et le col est rapidement atteint.

D’ici, sur la Grande Cloche, un sentier se dessine sous le neige. La montée semble possible.

Nous laissons les sacs au pied du poteau indicateur et partons nus, munis d’une seule polaire nouée autour de la taille ou sur les épaules.

La pente se redresse et devient impressionnante. La couche de neige, peu épaisse et poudreuse, masque à peine les cailloux d’un éboulis. Chaque pas doit être bien assuré et l’équilibre maintenu par les battons. Une glissade serait probablement catastrophique.

A proximité du sommet, la pente fléchit et se transforme en une arête herbue étroite. Une petite selle, un second sommet. L’arête devient rocheuse et impraticable avec la neige.

Comme hier, le panorama est exceptionnel. L’ambiance est nettement plus montagnarde avec un a-pic impressionnant du coté sud.

Au début, la descente est délicate, puis l’on s’enhardit et le col est vite retrouvé. Nous reprenons les sacs. Un peu plus bas, une plaque d’herbe sèche nous offrira un agréable tapis pour le casse-croute.

Nous passons à proximité d’un bachat de tôle où nous observons un temps des crapauds accoucheurs en train de s ‘accoupler.

Nous ne retrouverons le reste du groupe qu’au gîte.

Le Clôt de Bouc

Dans le cadre d’une semaine de randonue en Haute Provence co-organisée par les randonneurs naturistes du Dauphiné et des Savoies et l’association RSVNat

1962 m. Domine le village d’AUZET.

le 21 mars 2021

Avec : Dominique, Bruno & Bruno, Pierre, Guillaume, Delphine, Jacques Marie et Franck.

Une petite route sinueuse nous conduit au hameau du Forest d’AUZET (à préciser car il y a un hameau homonyme à BARLES, d’où nous partirons dans quelques jours).

Peu de place pour garer les voitures. Il est évident que l’on n’est pas ici très habitué à recevoir des randonneurs.

Un joli et gai chien noir, tout frisé nous fait la fête et compte bien nous accompagner. Il sera des nôtres durant toute la rando.

La neige est lointaine, retranchée sur les sommets, mais comme c’est notre première rando du séjour, nous préférons porter les raquettes, ne sachant pas quelles seront les conditions en altitude.

Comme souvent, le plus difficile est de trouver le bon chemin entre les maisons, mais finalement nous y arrivons. Une piste est vite abandonnée pour un bon sentier qui s’élève dans une forêt ensoleillée (On est plein sud). Les habits tombent malgré un fond de l’air un peu frais.

Après une longue traversé ascendante, nous retrouvons une piste carrossable qui nous conduit rapidement à proximité du gîte de Cubertin. Une voiture est garée là, mais personne en vue.

La piste remonte maintenant un vallon bordé de petites barres rocheuses pour déboucher sur un plateau marécageux. L’apparition de la neige est le terminus d’un 4×4 dont de toute évidence (traces) les occupants étaient des skieurs.

Ici, nous passons en versant Nord et d’un coup, la neige est épaisse et continue. L’ambiance est nettement plus fraiche et certains se couvrent. Nous chaussons les raquettes avec d’autant plus de plaisir que nous allégeons ainsi nos sacs. La montée se poursuit sur les traces des skieurs à travers des pentes parsemées de quelque pins à crochets. Le chien nous accompagne toujours.

Un couple, les skieurs, occupe le sommet. Le premier arrivé à leur niveau leur explique que nous sommes des randonneurs naturiste. « Aucun problème, la montagne est à tout le monde ». De ce sommet un peu rond la vue est panoramique du Vercors, au Dévoluy, aux Écrins, puis la longue chaine enneigée de la Blanche se terminant à l’est par la Tête de l’Estrop. Plus au sud le Blaieul, pyramide blanche presque parfaite sous cet angle nous jette un défis qui ne sera pas relevé.

Ves l’Ouest ce sont les Cloches de Barles, objet d’un prochaine sortie et les Monges, point culminant du massif.

Les skieurs entament leur descente et le chien les suit. Nous le retrouverons un peu plus bas en descendant, n’ayant pas bénéficié de la voiture.

La faim commence à se faire sentir et nous recherchons un lieu abrité à la fois des regards et du vent pour le casse-croute. Une clairière ensoleillée entre des sapins clairsemés fera l’affaire. On y est si bien que certains profiteront d’une petite sieste.

Au bout de 3/4 d’heure, je sonne le réveil et nous reprenons la descente, toujours nus. Il faut, à regret, se rhabiller à proximité du hameau où nous échangeons une sympathique conversation avec deux habitants.

Le chien nous abandonne pour dévaler à travers prairies en direction de son home.

Le Grand Chatelard

25 octobre 2020

Avec : Guillaume, Dominique, Alain, Brigitte, Philippe, Patricia

Un dimanche de beau temps annoncé dans une semaine de pluie et de grisaille. De plus le re-confinement menace. Autant en profiter. Ce sera peut-être la dernière randonue de l’année !

Guillaume est arrivé avant Dominique et moi sur la parking de la mairie de Jarrier. Alain et Brigitte ne tardent pas à nous rejoindre. Mais Patricia et Philippe se font attendre. Nous en profitons, tous masqués, pour nous étonner devant l’église au clocher penché.

Enfin, les voila. Nous reprenons la route pour le départ de la randonnée. A quelques dizaines de mètres du stationnement, un sentier bien tracé déroule ses zig-zags dans une pente raide dépourvue d’arbres. Nous sommes en versant sud, à peu près à l’abri du vent, et le soleil est déjà généreux. Très vite, la plus part d’entre nous se retrouvent nus.

Mais voila qu’un couple apparaît derrière nous. Ils marchent vite et nous rattrapent. Brigitte, habillée, est en serre file et les prévient de notre nudité. Patricia ne les a pas vu venir et est en train de se déshabiller quand ils surgissent à son niveau.

Nous les laissons passer. A leurs tête, il ont l’air de ne pas avoir trop apprécié notre tenue.

Afin de nous tenir à distance du chemin principal, nous coupons à travers l’alpage. De raides montées sont entrecoupées de replats bien venus pour souffler.

Lorsque nous arrivons sous le ressaut sommital, le vent forcit et nous amène à nous rhabiller.

Quelques personnes occupent le sommet, mais finissent par s’en aller. Dominique en profite pour se faire fièrement photographier nu à proximité de la croix et se rhabille immédiatement.

Nous cherchons sur le plateau une dépression un peu abritée pour le repas de mi-journée. Rien ne convient vraiment. Il faudra se résigner à conserver les vêtements.

Nous nous installons à bonne distance les uns et des autres afin de respecter les gestes barrière. A l’arrêt, le froid devient vite perçant et nous devons écourter la pause. Au fur et à mesure que nous descendons vers le col de Cochemin/

Le vent se calme. Une nouvelle pause, cette fois ci bien à l’abri et au soleil, sera dédiée à finir notre repas et à partager le gâteau apporté par Dominique.

Il faut bien reprendre la descente. Encore quelques textiles au col, puis nous plongeons dans la descente sur Jarrier à travers les prairies, hors sentier. Ce qui nous vaut quelques franchissements acrobatiques de barbelés et clôtures électriques.

Vers la fin de la descente un troupeau de moutons dans un parc est protégé par deux gros chiens de berger, un blanc et un brun.

Nous contournons l’enclos, quitte à passer dans des broussailles et franchir de nouveaux barbelés. Mais déchaînons cependant leur fureur. Heureusement, ils se cantonnent à leur parc.

Nous n’aurions pas aimé subir l’attaque de l’impressionnant molosse roux.

Randonues en Cantal

Du 17 au 24 septembre 2020

Je suis parti quelques jours en avance par rapport aux dates de la location du gîte afin de faire un peu de tourisme.

Mercredi après-midi, j’arrive, après une longue route encombrée de travaux et déviations, au camping de Saint Jacques des Blats.

Une pluie fine s’estompe rapidement pour laisser place à un ciel bleu.

« installez vous et venez vous inscrire entre 17 et 18 h », informe une affiche sur la porte du bureau.

Je choisi un espace gazonné non loin des sanitaires et monte ma petite tente.

A l’heure dite je m’inscrit et paye d’avance pour trois nuits.

La soirée arrive et après un repas simplifié, je me retire dans ma tente.

Je n’y avais pas fait attention dans la journée, mais le bruit du trafic incessant de poids lourds qui descendent la route nationale en frein moteur devient insupportable et m’empêche de dormir.

Vers 23 h, n’en pouvant plus, je décide de déménager et d’aller dormir ailleurs dans ma voiture.

En effet, en rabattant les sièges (y compris celui du passager) je dispose d’une surface presque plane de près de 2 m de long.

Je remonte une petite route pour gagner le col du Perthus et m’installe sur un parking ce soir vide.

Le lendemain matin (jeudi) je retrouve ma tente au camping et, compte tenu de la modicité de la prestation, décide de l’y laisser afin de profiter des commodités du lieu.

Aujourd’hui, le géologue a prévu d’aller visiter les volcans les plus récents d’Auvergne : le lac Pavin (- 6000 ans) et le Puy de Montcineyre (-5800 ans).

C’est un peu loin de ma base de départ, mais, tant-pis, je suis curieux.

Le Montcineyre est un modeste cône volcanique qui a barré un vallon permettant ainsi l’établissement d’un lac à son amont. La coulée de lave est bien identifiable sur les cartes, mais sur place recouverte de forêt, hors la surface très bosselée, il ne reste rien en surface des laves cordées de la “cheire“ que j’espérais observer.

Front de la coulée de lave du Montcineyre (env. – 5800 ans)

Le cône comporte deux profonds cratères, mais dont on ne peut voir le fond à cause de la végétation. La vue du sommet est entravée par les arbres. Un raide chemin de descente m’amène au bord du vaste lac. D’ici l’ambiance est sauvages, pas de construction visible, une ceinture de forêt et quelques prairies.

J’aurais bien tenté une petite baignade nu, mais interdiction : l’eau du lac est utilisée pour l’alimentation humaine. Les vaches ne savent pas lire les panneaux et bousent sur la plage de sable gris et même dans l’eau.

Retour à la voiture par de belles prairies jaunies par la sécheresse de l’été où paissent de nombreuses salers à la toison rouge et aux cornes effilées.

Si j’ai pu faire cette première petite rando nu presque tout du long, il n’en sera pas de même pour la suivante : le lac Pavin, haut lieu touristique.

L’ambiance est tout de suite donné dès le parking où stationnent quelques centaines de voitures et de camping-cars. Je ne serais certainement pas seul.

Le lac, tout rond, de près d’un kilomètre de diamètre, enchâssé dans un cercle de forêt et de rochers est impressionnant, surtout quand l’on sait qu’il s’agit du cratère d’une énorme explosion volcano -phréatique qui a dû propulser dans les airs près d’un Km3 de roches broyées.

Ce phénomène appelé “maar“ est dû à la rencontre en profondeur d’une montée de lave avec une nappe phréatique abondante.

Le lac est dominé par le volcan du Montchal.

Là, un bon chemin monte au sommet partiellement dégagé de la forêt, ménageant un large panorama sur le Puy de Sancy, malheureusement massacré par la station de ski de Super Besse.

Le cratère, déboisé, est bien moins profond et mystérieux que ceux du Montcineyre.

Cratère du Puy de Montchal

Je finis ma petite boucle par la rive opposée.

Retour au camping. Je dormirais encore ce soir dans ma voiture sous un ciel extraordinairement étoilé. Dans les Alpes, proches des villes, on a perdu l’habitude de voir la Voie lactée.

La météo est très pessimiste pour notre semaine de randonue collective. Je décide donc de monter en avant première au Puy de Peyre Arse, depuis Lavigerie, une des plus belles randos que l’on puisse faire ici. Ce sera toujours cela de pris.

Le puy de Niermond qui sera l’objet d’une prochaine randonnée.

Le ciel est presque sans nuages. Hors des chevaux, personne en vue, mais j’observe cependant des traces de pas récentes dans la boue du chemin. Je ne suis pas seul sur cet itinéraire entièrement déboisé. Qu’importe, la vue porte loin. Je puis me mettre nu.

En effet, je rattrape progressivement un couple qui me voit nu de loin. Ils font une pause aux ruines de Peyre Arse. J’enfile mon short et les dépasse. Bonjour … bonjour, pas de réflexion. Cent mètres plus loin, je suis à nouveau nu.

D’une large croupe, l’arête devient de plus en plus effilée et rocheuse. J’adore ces passages qui nécessitent un peu d’escalade.

Un violent vent du sud (heureusement chaud) balaye les crêtes et par moment, je crains de me faire bousculer.

Un couple (un autre) s’abrite derrière un gros bloc sur le dernier col. Il faut bien me rhabiller, d’autant plus que le sommet est occupé et que d’autres personnes montent par la voie normale.

Descente sur le col de Cabre.

Je gagne le col de Cabre et descend sur Lavigerie par le vallon des 3 cols. Un joli chemin creux bordé d’arbres me ramène à la civilisation. Je ne me rhabillerais qu’au goudron.

Jacques Marie me téléphone pour me dire qu’il sera sur le Cantal dès ce soir avec son petit camping-car. Nous nous donnons rendez-vous pour passer la nuit au col du Perthus où j’ai désormais mes habitudes.

Samedi matin, la météo a tourné. Les sommets fleurtent avec les nuages. L’après-midi est réservé pour faire des courses. Nous décidons d’aller du col au Puy Griou peu éloigné. Une erreur d’itinéraire de ma part (je voulais absolument éviter les larges pistes tracées dans la forêt) nous conduit au Puy de l’Usclade. Beau panorama, mais un peu ennuagé. Retour. La pluie menace.

Les courses indispensables réalisées à Murat, nous prenons le chemin du gîte à la Gravière, hameau de Lavigerie.

C’est une grande maison de pierre sur trois niveaux. Les seules ouvertures donnent au Sud.

Au rez-de-chaussée, une large salle avec une immense cheminée : le Cantou où l’on peut se tenir assis autour du poêle qui en occupe le centre. Ce niveau comporte aussi une grande chambre avec un lit double et une salle de bain attenante.

Un vaste salon occupe le premier étage. On y trouve aussi une chambre, un cabinet de toilette et une alcove.

Le dernier étage, sous le combes, toujours aussi vaste, n’est malheureusement éclairé que par de toutes petites fenêtres et stagne dans une demi obscurité assez déprimante.

Les amis arrivent les uns après les autres. Ce soir nous seront dix. Chantal ne viendra que lundi soir.

Dimanche matin, le ciel est gris et un petit crachin flotte dans l’air. La météo annonce une amélioration dans la journée. Je propose le plateau du Limon et le Puy de Niermond comme première randonue en groupe. Après quelques cafouillages dans un hameau, un bon chemin nous monte au plateau.

Nous sommes déjà presque tous nus quand un chasseur en quad nous rattrape et nous double sans s’arrêter. Ils nous a certainement aperçu nus.

D’autres chasseurs sont dissimulés sur une crête rocheuse. Une harde de cerfs fuit au travers des prairies. Nous admirons l’aisance avec laquelle ils sautent les barbelés.

Le plateau du Limon est un immense plan peu incliné (une planèze) ou ne s’élève aucun arbre. Des petits troupeaux de vaches s’égaillent sur sa surface jaunie.

Mais on est dans le massif Central, les barbelés, souvent en double et sur trois rangées découpent l’espace et si l’on ne trouve pas des passages aménagés, obligent à de périlleuses gymnastiques. Nous suivons un temps un vieux chemin bordé d’énormes cairns : le sentier des Quirous. Les quirous sont ces balises de grosse pierres placées tous les dix mètres qui évitent depuis des siècles au passant de se perdre dans le brouillard ou la neige.

La longue montée vers le Puy de Niermond s’éternise.

Le sommet espéré s’avère plusieurs fois n’être qu’une antécime. Enfin… Une barre rocheuse dans le brouillard nous arrête à son sommet.

Deux femmes arrivent. Certains d’entre nous ne se rhabillent pas. Elles ne semblent pas troublées par notre nudité. Elles discutent avec nous sur l’itinéraire et demandent à consulter notre carte.

Le retour que j’ai prévu quitte les chemins pour s’engager dans des prairies pentues et des landes à genets. Nous naviguons à l’estime et au GPS. J’ai observé avant hier depuis Peyre Arse que des barres rocheuses nous séparent de la route. J’impose donc une traversée horizontale dans un bois qui commence à prendre les couleurs d’automne pour rejoindre une zone plus favorable. Un triple barbelé nous en sépare. Il faut se glisser en dessous en rampant.

Finalement, nous gagnons une maison, puis une route et un chemin nous ramène au point de départ.

Lundi matin, la météo annonce de la pluie pour midi. Une rando courte s’impose. Ce sera le Puy de Seycheuse qui fait face à notre gîte.

Un chemin creux bordé d’arbres monte en diagonale dans le versant jusqu’à une large selle de prairies occupée par quelques ruines d’une ancienne vacherie. La vue se dévoile sur la vallée de Murat, mais les plus hauts sommets restent obstinément cachés dans des nuages.

Une cavalcade attire notre attention : comme hier, il s’agir d’une harde de cerfs qui s’enfuit.

Nous remontons la crête en direction du sommet et sommes bientôt engagés dans ces mêmes nuages.

Vision fantomatique de corps nus dans le brouillard et bientôt de la solide croix sommitale à proximité de laquelle nous prenons une petite collation.

L’ambiance étant quand même un peu fraîche, nous entamons assez rapidement la descente sur l’arête Est. Une déchirure dans les nuages nous fait brièvement apparaître le sommet d’où nous venons.

Le retour sera hors sentier, à travers des prairies.

Derrière des rochers, nous distinguons des silhouettes humaines : des chasseurs postés. L’éclat d’une paire de jumelles trahis que nous sommes observés.

Un peu plus à droite, monte un groupe de randonneurs qui s’arrête pour également regarder.

Quelques franchissements hasardeux de barbelés plus bas nous arrivons au village. Nous sommes de retour un peu avant midi et le gros de la troupe décide d ‘aller manger au restaurant à Murat.

Un quart d’heure après notre arrivée, une pluie battante s’abat et durera une bonne partie de l’après-midi.

Le soir, Notre amie Chantal vient renforcer le groupe et apporte force victuailles locales.

La météo pour mardi est encore indécise. La pluie n’est pas prévue et une éclaircie devrait égayer l’après-midi.

Afin de ne pas trop s’engager j’ai choisi une rando plutôt courte avec un retour facile : l’Élancèze depuis la ferme de Lagat.

Un bon chemin carrossable monte au col du même nom. Un timide soleil nous accompagne. Dès la ferme perdue de vue, certains sont déjà nus. Mais voila que surgit un quad. Ils n’ont pas le temps d’enfiler les shorts. Pas de réflexion.

Au delà du col l’itinéraire est tout droit sur un plateau faiblement incliné. Partout des vaches et quelques taureaux. Quelques uns d’entre nous ne sont pas du tout rassurés et font de larges détours pour contourner les troupeaux.

Le grand plan incliné devient arête, dominant à droite un grand versant boisé, à gauche une large combe de prairies.

Le relief se précise et nous débouchons sur un petit col entre deux bastions rocheux qui constituent les sommets. Une brève trouée dans les nuages nous permet d’admirer, loin en dessous de nous, les vertes prairie de la vallée de la Jordanne.

Le soleil revenu, du sommet Ouest, une belle combe herbue va nous permettre de descendre sur les ruines de la vacherie d’Ascout qui nous avait servi d’abri, il y a cinq ans en arrière sous la neige.

Avant, il faut encore franchir une double ligne de barbelés, chaque propriétaire établissant la sienne à 50 cm de celle du voisin !

Aujourd’hui, nous n’aurons pas besoin du toit de la ruine pour nous protéger. Nous nous installons pour casser la croute au soleil devenu chaud dans un enclos de pierres qui nous abrite du vent.

Guillaume se plaint d’avoir mal à un genou. La douleur devient de plus en plus preignante dans la descente. Arrivé au col de Lagat, il ne peut presque plus marcher. Nous pressons Dominique de monter avec son duster. Ce dernier renâcle un peu de peur d’abimer sa voiture pourtant 4×4. Finalement, il se décide et Guillaume est évacué.

Mercredi sera la seule journée de grand beau. Du coup je propose Peyre Arse, bien que je l’ai fait le vendredi précédent car que je considère cette rando comme la plus belle du secteur.

Aujourd’hui pas de vent violent, mais un doux soleil.

Nous faisons un détour pour aller voir un petit cirque de cheminées de fées entaillé dans des brèches volcaniques et, déjà nus, tombons sur deux chasseurs. Nous les laissons partir devant, mais bientôt les rejoignons sur le chemin. Une conversation s’engage sur la faune locale sans qu’ils semblent gênés par notre tenue.

La crête finale, rocheuse et étroite effraye une partie du groupe qui préfère couper par une traversée sous le sommet.

Au petit col avant ce dernier, alors que je suis nu, un randonneur textile me hèle pour me montrer des chamois.

Une pause au sommet, puis nous retrouvons les autres dans une petite prairie, bien verte, abritée entre des blocs un peu à l’écart du sentier. Ce sera le lieu de la pause de midi.

Au col de Cabre, sachant que nous bénéficions du dernier jour de beau temps de la semaine, nous décidons de poursuivre jusqu’au Puy Griou par une longue traversée. Nous ne serons que peu à faire l’ascension des rochers terminaux.

Le Puy Griou

Arrivée au sommet du Puy Griou

Puy de Peyre Arse

Retour au col de Cabre et descente sur Lavigerie.

Un peu avant les premières maison, alors que je suis devant avec Dominique, une femme monte vers nous. Nous avons eu le temps de nous rhabiller et engageons la conversation.

Elle a en main une tondeuse et une étrille. Elle va pomponner ses vaches (de magnifiques salers rouges) rien que pour le plaisir, pour qu’elles soient belles !

Jeudi matin, le ciel est bas et la pluie menace. Je propose une petite rando pour aller voir des maars au dessus de Murat. Mais une fois arrivé sur place la pluie s’installe durablement et il faut bien renoncer.

Du coup le gros de la troupe décide de rentrer chez eux dès cet après-midi et nous ne nous retrouvons plus qu’à quatre pour déguster le délicieux aligot que Chantal avait apporté.

Il pleut et vente toute la nuit. Au matin les sommets sont gris de neige fraiche. Je rends les clefs du gîte.

Au Grand Colombier

Montagnes du Jura (Ain)

10 septembre 2020

Seul

La météo annonçait un temps mitigé sur les Alpes, mais par contre, pour une fois, il fallait aller chercher le beau temps au Nord.

Du coup, j’avais repéré depuis quelques temps cette randonnée sur les carte et décidais (au dernier moment, une autre rando dans le Vercors n’ayant au matin plus de participants) d’aller explorer le Sud des monts du Jura.

Une heure et demi de route me conduisent un peu en dessous du col de la Biche au parking de la croix de Famban. Curieux petit parking entouré de barbelés afin que les vaches qui paissent librement sur le plateau ne viennent pas dégrader les voitures !

Quatre femmes s’apprêtent à partir en rando, chaudement vêtues, car, bien que venant du Sud, à 1300 m d’altitude, le vent qui court sur la prairie est loin d’être chaud.

Ma tenue minimale (short et Tshirt ) les interroge : « vous allez avoir froid! ». Q’auraient-elles pensé si elles avaient su que je tomberais ces derniers dès qu’elle auront disparu de ma vue ?

Pour commencer, je tourne le dos au Grand Colombier et me dirige vers le Nord afin de faire une boucle, jugeant que l’accès direct un peu court.

Du coup, je pat dans le sens inverse du groupe de femmes et au bout d’une centaine de mètres, je suis nu.

Assez vite, je rentre dans la forêt qui m’apporte l’abri du vent. Je rejoint une crête rectiligne qui vers le sud me conduit au col de la biche.

Il y a là un 4×4 arrêté au bord de la route et stationné un peu plus bas, dans un virage, une voiture. Je renfile le short pour traverser la chaussée et le garde un moment car un agriculteur progresse avec un quad non loin de là dans la prairie.

Je retrouve la nudité et, ne voyant venir personne m’installe pour faire un selfie (sortir le pied photo, installer le tout) et à ce moment là arrive un couple qui me surprend dans mes opérations. Bonjour – bonjour. Qu’en ont-ils pensé ?

J’ai renfilé le short et les suit à quelques distances. Ils marchent plus vite que moi, mais comme souvent, s’arrêtent à plusieurs reprises, ce qui fait que je les rattrape.

Je les double au petit sommet de la Griffe du Diable qui semble devoir être le terminus de leur rando.

Plus personne, je retrouve la nudité jusqu’au col de Charbenière.

La montée vers la croix su Grand Colombier dans la forêt de hêtres tordus par le vent est assez raide et pénible. Au moment de sortir de la forêt, un peu en dessous du plateau sommital, un homme avec un comportement bizarre, cherche à s’enfoncer dans la forêt particulièrement touffue à cet endroit, comme s’il voulait se cacher.

Quoi qu’il en soit, je suis très proche du sommet et il est plus sur de se rhabiller. Ce qui m’est presque immédiatement confirmé par l’arrivée d’un groupe engagés dans la descente.

Du sommet, la vue s’étend jusqu’au lac du Bourget.
Et le Rhône d’autre part.

Je casse-la-croute, abrité un peu en dessous de la croix où un homme vient à ma rencontre pour discuter du Tour de France qui doit passer ici dans deux jours.

En effet, tout un barnum de tentes et de camions est en train de s’installer sur le col à une centaine de mètres de là.

Retour par le même chemin ; mais difficile d’être nu, c’est l’après-midi et sans arrêt, des personnes montent en sens inverse et risquent de me surprendre sur le sentier étroit et tortueux en forêt.

Revenu à la Griffe du Diable, je quitte la crête pour une large combe de prairie où je puis voir de loin et à nouveau me mettre nu.

Sorbier.

Je traverse deux troupeaux de vaches et me rhabille en vue de la croix de Famban alors que plusieurs groupent viennent vers moi avec des chiens.

Surprise, le parking est plein de voitures et campings cars. Des tentes se dressent. Ce sont pour la plus part des belges et des hollandais. Il s’installent là, 48 h avant, pour voir passer le Tour de France. Ma voiture est coincée au fond de l’enclos et je dois insister pour que l’on me laisse le passage !

La brèche de Pacave

Alpes : Massif des Ecrins

8 septembre 2020

Seul.

Depuis un certain temps j’avais repéré sur les cartes le lac de Puy Vachier et le refuge Evariste Chancel qui semblaient pouvoir être le but d’un belle randonnée.

Mais avec le téléphérique des Glaciers de la Meije à proximité, le secteur risquait d’être très fréquenté et donc ne guère se prêter à la randonue.

Or voila que je découvre qu’à partir du mois de septembre, le téléphérique est fermé en semaine. C’était l’occasion rêvée de visiter ces lieux tranquille.

Lever 5 h, départ 6 h, sur place vers 9h30.

Le départ du sentier n’est pas évident. Une lave torrentielle récente a chamboulé les rives du torrent et probablement emporté la signalisation. Il me faudra deux faux départs avant de trouver le bon chemin.

Village de La Grave.

D’ailleurs ce dernier est large et presque carrossable jusqu’à un second torrent à proximité duquel passe une piste de ski.

Arrive aussi une piste de VTT que je vais recouper sans arrêt (on monte à 3200 m en téléphérique et on descend jusqu’à 1400 m, un dénivelé record !).

Hameau des Terrasses.

Au chemin fait suite un sentier bien tracé qui monte dans le forêt claire de mélèzes. A partir de là, je vais être nu pour la plus grande partie de la rando.

Je sors brièvement de la forêt dans ls prairies du Puy Vachier supérieur et bénéficie d’une superbe vue sur la face nord de la Meije.

Le sentier principal monte en raides zig-zags sous les câbles de la remontée mécanique, ce qui n’est pas pour m’enchanter. Je lui préfère une traversée en forêt vers la Pierre Farabo. Quand je sorts de la forêt sous le lac, j’aperçois deux personnes qui montent à plusieurs centaines de mètres devant moi. Je m’applique à garder les distances sans me rhabiller pour autant.

Au delà du plateau d’En Paris, la chaine des Grandes Rousses.

Mais au fait, où est-il ce lac ? J’ai déjà 900 m de dénivelé dans les pattes et après chaque bosse où j’espère arriver, une autre se profile…

Voici, enfin, le déversoir. Un cirque presque parfait, bordé de falaises, tel un cratère, abrite un lac sombre et profond.

Je renfile mon short pensant que les deux qui me précédaient seront au bord du lac. Non, ils ont disparu. Mais par contre, un homme seul fini une pause repas. J’arrive, il repart. On se croise et on discute un petit moment. Il compte passer par la brèche de Pacave et descendre par les Vallons de la Meije. Il me vante la grande beauté de l’itinéraire. Je décline l’invitation considérant le dénivelé qui me resterait à avaler (encore 400 m). Je dis que je vais me contenter d’aller jusqu’au refuge.

Il part ; et moi je m’installe nu au soleil pour ma collation de mi-journée. Je tentes même une baignade, mais l’eau est vraiment trop froide à mon goût. Je ne dépasserais pas mi-cuisses !

Je ne vais pas redescendre sans être allé au moins jusqu’au refuge, 100 m plus hauts, bien visible sur une bosse rocheuse. Un bon chemin de quad y conduit en quelques zig-zags. Les lieux semblent déserts et je me contente de passer un peu au large sans me rhabiller.

De là, la Brèche de Pacave paraît tout proche.

Le Doigt de Dieu pointe derrière la crête.

Les incitations de ma rencontre de tout à l’heure me font hésiter. J’ai encore quelques forces et finalement, je tente le coup me disant que de toute façon, je pourrais toujours redescendre par où je suis monté. Le petit sentier contourne la base d’un éperon rocheux puis se perd dans les éboulis d’un vaste plan incliné. Les traces piétonnes et de VTT se mêlent et je n’ai pas trop du GPS pour ne pas m ‘égarer.

J’aperçois brièvement quelques silhouettes sur le col ; humains ou chamois ? Une traversé légèrement descendante dans un champ de gros blocs m’amène à la brèche. Sur l’autre versant, un fantastique panorama de parois, de pics et de glaciers se déroule.

Mon interlocuteur de tout à l’heure avait bien raison de m’inciter à monter jusqu’ici. L’appareil photo ne chôme pas.

Une descente dans les éboulis, puis un joli plan herbu (le Clot de la Cala), malheureusement sous les câbles du téléphérique.

Je suis des balises de peinture et me retrouve sur une affreuse piste caillouteuse taillée à coup de bull, dans le versant. J’ai loupé l’embranchement pour le sentier plus sympathique que je vois serpenter plus bas sur la crête de la moraine.

La piste, en fait, le retour skieurs à la gare intermédiaire du téléphérique, me ramène à celle-ci. Inutile de se rhabiller, tout est désert et je ressent une étrange impression à traverser, nu, devant la terrasse du restaurant avec tables et chaises, les jeux pour petits et grands, le stade de découverte de l’activité VTT, etc..

La descente se poursuit dans de belles clairières herbues enchâssées dans la forêt.

A nouveau, malgré le balisage, je me perds entre sentiers VTT et sentiers piétons. Peu importe, tous descendent. D’ailleurs, elle s’éternise cette descente et mes genoux commencent à souffrir…

Au Puy Vachier Supérieur, je retrouve le chemin de montée. Ce sera là, ma seule rencontre impromptue avec un couple de textiles qui ne semblent pas apprécier ma tenue. Ah les promeneurs de fin de journée !

Craignant de nouvelles rencontres, je finis la descente habillé.

Le tour de la Pointe de la Lavoire

Alpes : chaîne de Belledonne

28 août 2020

Seul

Sur le versant est de Belledonne, une belle et longue randonue.

A partir du Premier Villard, une piste forestière s’élève en multiples zig-zags dans la forêt du Nant.

Un embranchement conduit au lieu-dit “Les Granges“ au départ de la Combe du Merlet.

Le goudron disparaît au bout d’un Km et me voila sur une piste cahotante qui n’en finit pas.

Un peu avant le lieu dit de l’Echaut, craignant pour l’intégrité de mon véhicule, je laisse ce dernier dans une épingle.

Je suis encore loin du point de départ visé et me rajoute 200 m de dénivelé à l’ombre sous un petit vent frais.

Deux voitures (des 4×4) sont stationnées aux Granges. L’une juste au départ du sentier qui doit me mener à la Croix de Triandou.

Vallon de la Vieille Route

C’est un cheminement très raide, montant souvent droit dans la pente, et mal tracé.

Dans ce versant sud, le soleil est de la partie et je suis rapidement nu. La pente diminue un peu et au niveau d’un petit bois, je perçois une tache de couleur. Je me rhabille et poursuit ma montée. Ce sont des sacs à dos et doudounes marquées du sigle ONC, posés là. Leurs propriétaires ne doivent pas âtre très loin. En effet, je les aperçois armés de pioches et de pelles en train de refaire le sentier.

Ils progressent en descendant (moins fatiguant) et une fois croisé, je les perd assez vite de vue. Retour à la nudité.

Le sentier vient finir sur une large croupe à coté d’une croix et d’un panneau indicateur qui, malheureusement, n’affiche pas la direction que je veux prendre. Une vague trace semble partir vers la Combe du Bacheux Je la suis, mais au lieu de descendre, comme je m’y attendais, monte de plus en plus.

Nouvelle consultation de la carte. Non il faut descendre sur la crête à travers des prairies ou le sentier s’est effacé pour retrouver le bon chemin un peu plus bas.

Vallon du Bacheux

Suit une longue traversée descendante dans des vernes. Encore du dénivelé de perdu,  qu’il faudra compenser plus loin !

Après avoir traversé un couloir d’éboulis, je débouche dans l’alpage du Bacheux je me rhabille en vue des chalets ; mais finalement ceux-ci sont déserts.

Une petite pause nu au soleil à l’abri des dernières vernes pour grignoter quelques fruits secs et je repart.

Le sentier disparaît progressivement et je me retrouve à surmonter un verrou dans des pentes raides et herbues avant de déboucher sur un replat de moraine. Déception, les lacs se font encore attendre. Un nouveau ressaut et je suis au bord du premier, peu profond et bordé d’un beau chaos de blocs qu’il faut franchir pour arriver au lac principal, nettement plus étendu.

Le Grand lac.

Ce sera ici la pause repas de la journée, nu au soleil derrière un bloc.

J’appréhende la dernière étape : la montée du col car je commence à être sérieusement fatigué et sent venir des crampes dans les mollets. Ceci-dit, je n’ai pas le choix, tout retour en arrière est inenvisageable car il m’amènerait à redescendre par une autre vallée que celle celle où se trouve ma voiture.

Il reste 200 m à gravir, alors, je vais y aller doucement, sans jamais forcer. Au début, je suis une vague trace qui fini par se perdre dans un éboulis instable. Je retrouve un semblant de sentier juste sous le col où se dresse une belle pancarte toute neuve.

D’ici, par temps clair, la vue porte loin, jusqu’à la chaine du Valais Suisse (Alpes pennines).

Aperçu sur la Meije

Je suis tiré d’affaire, il n’y a plus qu’à descendre. Un petit sentier zigzague dans une pente forte, puis plus rien. Il n’existe plus que sur la carte ! Il n’y a plus qu’à plonger au mieux dans des prairies et des éboulis. La pente reste forte, entrecoupée de petits ressauts rocheux. Dans ces conditions, ce sont les cuisses, déjà bien fatiguées qui souffrent.

Au Plan des sources, je rejoint le bon sentier qui monte des chalets de la Vieille Route au col du Merlet. Arrive un couple et je dois renfiler le short. Les chalets sont habités, il y a du linge qui sèche dehors et de la vaisselle sur une table. Toujours pas question de se mettre nu. Je coupe droit dans la pente pour m’éloigner de la piste carrossable.

Mais je suis à un niveau de fatigue où je n’ai même pas le courage d’enlever à nouveau mon short. Suit une interminable descente jusqu’à la voiture.