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Auteur et gestionnaire du site.

Semaine de randonue à Névache

Du 21 au 28 septembre 2019

Avec Bernard, Bruno, Christian, Patricia et Sylvie

Samedi, avec Patricia, alors que nous faisons une pause sous le col du Lautaret, la Meige et les Agneaux se prennent progressivement dans les nuages.

Le ciel est désormais gris lorsque nous remontons la vallée de la Clarée. Nous sommes frappés par les restes imposants de laves torrentielles qui ont ensevelis la route , comblé le lit de la Clarée et emporté les rambardes d’un pont.

Nous apprendrons, plus tard que ces phénomènes ont eu lieu lors de deux violents orages début juillet, bloquant la circulation pendant près d’une semaine.

http://www.nevache.fr/2019/07/11/orages-debut-juillet/

Nous nous installons dans le sympathique chalet “Aouro“; mi-bois, mi-pierre ouvert sur une vaste prairie.

Arrivent Bernard et plus tard Christian et Sylvie.

Ce soir là, nous nous régalerons avec une omelette aux champignons et un délicieux “gâteau savoyard“ préparé par mon traiteur de Saint Pierre d’Entremont. Le tout couronnée d’une tarte aux myrtilles.

Dimanche matin, le temps est gris, mais les sommets visibles. La météo nous annonce un journée alternant faibles averses et éclaircies.

Nous décidons de ne pas aller trop loin et choisissons le fort de l’Olive comme objectif.

Après un petit cafouillage sur la rive droite de la Clarée, nous retrouvons le bon chemin, d’abord une piste forestière horizontale, puis un raide montée sous les arbres.

La pluie nous rejoint et seul Christian persiste vaillamment à rester nu. C’est dans cette tenue qu’il croisera une femme qui descend et qui ne s’en émouvra pas outre-mesure.

Christian, Sylvie et Bernard filent devant. Avec Patricia qui souffle, nous montons plus lentement.

Les premiers nous attendent au sec au poste de garde du fort, récemment rénové.

Le ciel s’éclaircit et nous repartons vers le fort lui-même (une centaine de mètres plus haut) alors que Patricia, pas très en forme, décide de redescendre.

Le premier bâtiment du fort que l’on voit lorsque l’on l’approche par l’arrière et la caserne, longue bâtisse de pierre aux fenêtres étroites et meurtrières.

 

Un porche, défendu par un pont de bois sur une douve permet d’entrer dans l’enceinte.

Peu de murs, mais un vaste plateau dominant des falaises. Un imposant merlon de terre protège la caserne des tirs qui pourraient venir du col des Thures.

Un réseau de galeries conduit à des chambres qui hébergèrent des canons jusqu’en 1940.

Nous visiterons ensuite la caserne abandonnée en imaginant la vie rude des soldats, particulièrement en hiver, à 2200 m, exposés au froid et aux courants d’air.

Malheureusement, cet ensemble architectural non entretenu, se dégrade rapidement et certains murs, au niveau des écuries, se sont écroulés.

https://wikimaginot.eu/V70_construction_detail.php?id=14318

Nous croiserons un couple en sortant du fort, mais compte-tenu du petit vent qui balaye le plateau, nous sommes tous rhabillés.

Lundi sera un jour de beau temps. Nous en profiterons pour aller faire une longue rando au fond de la vallée : le col des Muandes. Patricia, fatiguée restera à Roubion.

Nuages qui se déchirent, mais petit vent frais au parking de Laval.

Nous prenons la direction du refuge des Drayères, passant à proximité de parc ou l’on regroupe les moutons pour démontagner. Mais nous n’irons pas jusqu’à ce refuge et préfèrerons monter directement au Lac Long.

Au fur et à mesure de notre élévation se découvre l’impressionnante barrière de cimes dolomitiques des Cerces ; puis peu à peu, émergent des nuages, les grands sommets du massif des Ecrins.

Nous passons à proximité du lac rond et poursuivons dans un terrain bosselé rappelant les fjelds norvégiens.

Le froid et le vent s’imposent au col. Les roches et les pancartes sont givrées. Christian doit se résoudre à se rhabiller.

Il suffit de descendre un peu pour retrouver des conditions plus favorables et la nudité.

Un pécheur au Lac Long ne fait même pas attention à notre tenue et c’est ainsi que nous descendons presque jusqu’aux voitures.

Mardi, météo plus incertaine : éclaircies le matin pluie l’après-midi.

Cela ne nous empêchera pas d’entreprendre une boucle dans les aiguilles calcaires des Cerces : col de la Béraude, col du Chardonnet.

Nous sommes rattrapés dans la montée par quelques personnes, ce qui nous oblige à nous rhabiller temporairement.

Au delà du lac de la Béraude, engoncé au fond de son auge, le sentier monte en traversée dans des pentes d’éboulis fort raides où un pied sur est nécessaire.

Le vent et les nuages nous retrouvent au col. Les plus rapides ne nous ont pas attendu et sont descendu se réfugier sur l’autre versant.

Au début la descente dans des rochers est délicate, puis nous retrouvons Christian, Sylvie et Bernard sur une croupe où ils se rhabillent chaudement. Quelques gouttes de pluie sont apportées par le vent.

Une petite descente dans un cirque sous le col, puis nous entamons la longue traversée dans une impressionnante “casse“ sous la Tête de la Cassille.

Le sentier remonte vers le col du Chardonnet et passe devant une galerie de la mine de graphite et la tête su téléphérique qui servait à descendre le minerai.

http://www.paca.developpement-durable.gouv.fr/2000-la-mine-de-graphite-du-col-du-chardonnet-a-a981.html

Nous cassons la croute à l’abri d’un gros bloc et d’un rond de pierres à proximité du Lac de la Mine .

La descente se fera sous la pluie qui devient insistante et nous accompagnera presque jusqu’au parking de Foncouverte.

Au passage nous admirons les chalets en bois encoché du hameau de Queyrellin, ainsi que la petite chapelle de Sainte Appolonie.

De retour au gîte, une mauvaise surprise m’attend : la moité des photos de la journée sont inutilisables suite à une mauvaise manipulation.

Mercredi : Il a plu toute na nuit et le ciel est encore bien bouché. Cependant la météo annonce une amélioration dans l’après-midi.

Nous décidons de ne pas aller trop loin, afin de pouvoir rebrousser chemin si nécessaire. Le plateau du col des Thures nous paraît un bon objectif.

Comme cet hiver, nous sommes monté par le chemin directe depuis Roubion, nous choisissons une variante à partir de la route du col de l’Échelle. Le soleil pointant de plus en plus à travers les nuages, nous somme vite nus. Une montée assez raide en forêt dévoile des vues sur le col de l’Échelle et Bardonnèche.

 

Puis le sentier change de versant et nous nous retrouvons dans un décor digne du Vercors : prairies vallonnées parsemées de pins à crochets. En quelques ressauts le sentier quitte les derniers arbres et vient butter sur le pied de l’Aiguille Rouge.

De là, l’ascension de cette dernière semble raide et pénible, d’autant plus que désormais, nous somme exposés à un vent glacial.

Bernard, fatigué, renonce à monter au sommet. Moi-même, ne suis pas très motivé. Sylvie et Christian partent devant et finalement je les suis à mon rythme. J’essaye de garder la nudité, mais au bout d’une centaine de mètres je dois renoncer frigorifié.

Le sentier déroule ses zig-zags dans une “casse“ très uniforme inclinée à près de 45° ; autant dire que tout faux pas est interdit.

Il finit par rejoindre la crête non loin du sommet. Quelques pas d’escalade facile me séparent encore de Sylvie et Christian qui m’encouragent sans que je puisse les voir, abrités dans une petite cuvette au pied de la croix.

Du sommet, on a une vue vertigineuse sur la Vallée Étroite et les Trois Rois Mages en face.

 

Quelques photos et nous redescendons. Bernard nous attend en bas plus ou moins dans le vent. Nous croisons quelques randonneurs italiens qui montent depuis le col des Thures. De toute façon il fait trop froid pour être nu, donc pas de problème.

Bernard rejoint, nous descendons encore un peu pour trouver un lieu abrité pour le casse-croute de midi. Le fond d’une doline fera l’affaire.

Restaurés et requinqués, mes compagnons souhaitent aller au col des Thures. Nous suivons donc une grande traversée descendante qui nous amène sur le plateau. Désormais à l’abri du vent, nous retrouvons la nudité.

Dans la vaste prairie, des marmottes déboulent de partout à notre approche.

Nous contournons quelques grosses dolines (les thures) jusqu’à atteindre l’ancienne borne frontière et contempler à nouveau la Vallée Étroite.

Demi-tour. Un couple vient en sens inverse, nous nous écartons du chemin pour les croiser à bonne distance sans nous rhabiller. Les moutons sont descendus, mais par précaution, nous passons quand même au large de la cabane.

Juste avant d’attaquer la descente sur Roubion un groupe se repose à l’abri d’une thure.

Nous nous couvrons à leur approche. S’en suit une conversation surprenante :

Notre interlocuteur : « Je croyais que c’était autorisé. Il ne fallait pas vous rhabiller. »

Nous lui expliquons que la législation est imprécise et qu’en cas de plainte, la suite est incertaine. « De toute façon nous nous rhabillons par respect des personnes rencontrées. »

Une rapide descente en forêt, déjà parcourue cet hiver à raquettes, nous ramène sur la prairie de Roubion. Il faut désormais présenter une tenue correcte.

L’envie nous tenaille d’aller faire un tour dans cette Vallée Etroite, d’autant plus que certains d’entre nous y ont des souvenirs. Je propose alors une traversée d’une vallée à l’autre par le col du Vallon : rando un peu longue, mais à priori très belle.

Jeudi : Au matin, la pluie occupe l’horizon, mais la météo annonce le grand beau pour l’après-midi. D’ailleurs peut-être fait-il meilleur du coté italien ?

Nous franchissons en voiture le col de l’Échelle et remontons la Vallée Étroite jusqu’au terminus de la route : les Granges.

Nous avons été trop optimistes. Il pleut, pas trop fort quand même. Un couple part devant nous, les occupants d’un autre voiture restent au sec.

Sous les capes et les imperméables, nous remontons la vallée. Nous sommes les seuls sur le chemin. Christian et Bernard tentent la nudité (sous leurs capes !).

 

De temps en temps les nuages se déchirent laissant apparaître quelques sommets et rayons de soleil.

Un arc-en-ciel court sur l’alpage.

Au fur et à mesure de notre montée, la pluie s’atténue, se transforme en crachin. Les parois noircies par l’eau jouent à cache-cache avec les nuées.

Au col, le soleil se renforce et les sommets se dégagent du coté de la vallée de la Clarée. Le Vallon est une longue combe asymétrique : surplombée de hautes falaises dolomitiques en rive gauche et d’un relief plus doux de terrains cristallins en rive droite.

Un peu en dessous du col, nous retrouvons la nudité.

Une pause pour le repas de midi et le bleu du ciel s’impose.

La longue descente de la vallée n’est plus qu’un enchantement de couleurs, entre les sombres falaises, les jaunes des herbes et les rouges des myrtilliers.

Un peu avant d’arriver à la cabane pastorale, nous décidons d’une courte remontée au lac Noir que nous avions visité cet hiver en raquettes.

Le lac parcouru de rides bleues, enchâssé dans un cirque aux couleurs d’automne fait face à l’impressionnante chaine calcaire.

Nous ne résistons pas à une pause contemplative. Certains tentent la baignade, mais l’eau est bien froide !

Nous somme si bien, nus au soleil, caressés par une brise devenue agréable qu’il nous semble que l’on pourrait rester là éternellement. Mais nous savons que ce n’est qu’illusion, que le soleil va passer derrière la crête et le froid tomber d’un coup.

Nous reprenons notre marche vers Névache. Les plus rapides filent devant pour aller rechercher la voiture laissée aux granges de la Vallée Étroite. Avec Patricia, nous prenons tout notre temps, dégustant les minutes qui nous restent dans ce milieu enchanté. La chapelle Saint Michel, plantée sur un verrou rocheux au milieu de la vallée nous arrête un moment,

puis le sentier nous amène à regrets à la route goudronnée. Il faut se rhabiller.

Vendredi : Bernard nous a quitté à regret, pour des obligations professionnelles. Nous ne somme donc plus que quatre.

L’objectif de la journée est le Pic du Lac Blanc.

Nous voila à nouveau au parking de Foncouverte. Direction le refuge de Ricou.

Les alentours de ce dernier sont en plein travaux. Les propriétaires installent une pico-centrale hydraulique pour l’alimentation en électricité de leurs locaux.

http://www.hautes-alpes.gouv.fr/IMG/pdf/demande_autorisationr181_13.pdf

Le sentier suit et recoupe à plusieurs reprises le gros tuyau noir qui n’est pas encore enterré. Une famille avec enfants monte en même temps que nous. Nous devrons attendre encore pour nous mettre nus.

Pas grand monde au lac Laramon et encore moins sur le sentier qui monte.

Le soleil aidant, nous voilà trois nus (à l’exception de notre accompagnatrice textile : Sylvie).

Lac du Serpent, un pli spectaculaire dans les roches du socle métamorphique, lacs des Gardioles, paysage de lande à myrtilliers et genévriers nains. Le relief est plutôt doux et l’on s’élève lentement vers un col lointain. Le sommet apparaît comme une longue échine caillouteuse où il est difficile de repérer le point le plus haut.

Christian et Sylvie cavalent loin devant nous alors que j’accompagne Patricia.

Lorsque nous arrivons au col de du Grand Cros, les deux autres redescendent déjà.

Selon eux, la suite en direction du sommet ne vaut pas le coup : cheminement difficile dans des blocs instables, sommet imprécis.

Patricia est fatiguée, nous décidons d’en rester là. Je vais cependant m’avancer sur un promontoire au dessus de la vallée du Vallon (parcourue mercredi) et découvre un panorama sur la Vanoise qui semble toute proche. A l’opposé la vue porte jusqu’au Mont Viso et le Pic de Rochebrune.

Nous redescendons jusqu’à un des lacs des Gardioles pour pique-niquer à l’abri du vent.

Nous pensions nous y baigner, mais des algues vertes de mauvais aloi flottent à sa surface : eutrophisation liés aux déjection des trop nombreux moutons.

 

Nous tenterons de nous baigner plus bas dans le lac Laramon après avoir contourné à distance un couple qui regardait soupçonneusement notre nudité. Mais décidément, l’eau est trop froide !

Semaine de randonue en “Verdonnie”

Pour moi, du 26 au 31 mars 2019

Le séjour était organisé par Jean et Gilbert.

C’est devenu une tradition depuis pas mal d’années.

Cette fois ci, après deux années d’infidélité, nous sommes revenus pour la troisième fois au camping naturiste de Castillon de Provence, à coté de Castellane.

L’accueil par son propriétaire et gérant, Justus, est toujours aussi sympathique, allant jusqu’à nous prêter sa salle de restaurant et sa cuisine pour nos soirées.

Nous étions logés, pour un prix raisonnable (on est hors de saison) dans de confortables chalets, très propres et bien entretenus.

Le groupe comportait un vingtaine de personnes venues d’un peu toutes les régions de France et même de Suisse.

Personnellement, je n’ai été présent que du 26 au 31 mai et n’ai donc pu participer qu’à cinq sorties.

Le lundi, la météo étant peu favorable, nous avons ré-édité une rando déjà faite 4 ans auparavant, juste au dessus du camping : l’Aulp.

Cette fois-ci, nous avons évité de “barasser“ sur la crête, quitte à faire un détour. Quelques uns, inquiets d’un éventuel orage, nous ont abandonné à mi-chemin.

Vue sur le Pic des Trois Évéchés

La remontée de la prairie sous le sommet se fit sur un rythme très rapide devant la menace de l’arrivée de la pluie. Dommage, car l’extraordinaire tapis de fleurs méritait de nombreuses photos.

Au sommet nous retrouvons deux membres du groupe, pas mal égratignés, qui avaient décidé de monter par l’arête et qui nous confirment que celle-ci est encore moins praticable qu’il y a 4 ans.

La pause casse-croute s’éternise un peu, alors que de lourds nuages s’accumulent au dessus de nos têtes. La descente est enfin décidée. Pierre et Dominique ont repéré sur l’arête sommitale des cairns qui semblent indiquer une descente directe sur le camping ; mais non portée sur la carte.

Nous prenons le risque. Les cairns sont bien là et nous nous engageons dans le raide versant Sud. Nous suivons au début une trace qui finit par se perdre dans une profonde roubine parcourue par un ruisselet : terrain raide et glissant. Une prairie en cours de re-colonisation par une végétation plutôt agressive nous conduira, grâce au secours du GPS à un bon chemin. Un peu au dessus du Mandarum, nous retrouvons notre itinéraire de monté.

Les premières gouttes de pluie nous accueillent au camping. Ce soir c’est repas en commun dans la salle du restaurant.

Mardi, la météo est toujours aussi incertaine. Pas de sommet cette fois-ci. Gilbert nous propose le tour du Robion, petite montagne proche de Castellane. Le départ se fait sur une ancienne route désaffectée, puis se poursuit sur une large piste forestière.

Quand c’est barré, c’est barré…

Nous traversons, rhabillés, le village de Robion qui réveille des souvenirs de 2015.

A la Basse de la Doux (un col), une voiture de l’ONF est stationnée et sa conductrice vient juste de rentrer à son véhicule. Bien que nous ayons enfilés nos shorts rapides, elle a perçu notre nudité et vient vers nous pour nous demander où nous allons dans cette tenue et précise que cela ne la dérange pas, mais nous conseille de nous rhabiller avant la fin de notre parcours car nous risquons de rencontrer des enfants.

Le col suivant sera le lieu du casse croute. Puis nous passons dans le raide versant nord.

Le sentier étroit et parfois vertigineux s’éternise. Une petite remontée nous ramène aux voitures sans que nous ayons rencontré personne d’autre. La pluie nous rejoint pour la soirée.

Mercredi, Guy nous propose une superbe rando dans des gorges, un peu éloignée de notre base, mais selon lui valant vraiment le coup.

Nos voitures remontent la vallée du Verdon jusqu’à proximité de Beauvezer, puis s’engagent sur une petite route qui devient rapidement une piste chaotique. Au terminus, déjà quelques voitures : nous ne seront pas les seuls. Rien que d’ici, la vue est époustouflante. Un canyon s’enfonce entre de hautes parois qui rappellent les Dolomites. Un panneau, un peu dissuasif, précise que l’on rentre dans une zone de haute montagne et des photos, notamment du sentier traversant une paroi verticale grâce à une vire surplombant plusieurs centaine de mètres de vide, nous impressionnent.

Sur les premières centaines de mètres, jusqu’à une passerelle, le sentier est étroit et exposé.

Ensuite, la vire est large tout du long. En fait, il s’agit d’un ancien chemin muletier qui servait à accéder à des pépinières de mélèzes établies en amont de la gorge.

Le chemin s’élève doucement et le vide se creuse en dessous de nous.

La plus-part du temps, il n’est même pas possible de distinguer le torrent caché dans l’ombre, quelques 200 m plus bas, alors que le soleil éclabousse la blancheur des parois qui nous dominent.

Un virage en encorbellement offre une vue sur un étroit canyon ou rugit une cascade. De la paroi en face jaillit une résurgence.

Nous rattrapons progressivement un groupe de randonneur. A la sortie amont de la gorge, nous nous faisons surprendre et apparaissons nus. Notre tenue n’est visiblement pas très appréciée.

Maintenant, le chemin s’élève dans une calme forêt de mélèzes et de pins. A la maison forestière, le groupe qui nous précède s’installe sur les tables et les bancs de la terrasse, alors que nous restons un peu en dessous, hors de leur vue, près d’une grange.

Le repas terminé, nous décidons de poursuivre par un boucle dans le versant. Nous passons, habillées, devant nos prédécesseurs qui ne nous rendent pas notre bonjour. Le sentier s’engage dans un vallon chauve, constitué de multiples gradins de roche. Malheureusement, un ruisseau gonflé par la fonte des neiges et les pluies de la veille nous barre le passage. Demi-tour.

A la descente, nous ferons un détour par la chapelle Saint Pierre où se trouve une géocache que je trouve et subtilise au nez de Gilbert. Je le laisse chercher un moment, puis, bon enfant, la lui remet au milieu des rires.

Jeudi  C’est encore Guy qui propose cette rando. Elle se veut courte et reposante, mais avec un très beau paysage.

Nous abandonnons nos voitures à l’entrée du village de la Sagne pour le traverser. Il s’agit d’un village typiquement provençal enserrant une rue étroite, aux maisons aux murs de pierre épais et quelque peu inclinés et ventrus ; petites fenêtres et volets colorés.

A l’autre extrémité du village, la rue devient chemin de terre et s‘élève parmi l’or des genets vers un petit col.

L’autre versant est plus bucolique, large combe herbue descendant mollement.

Au bout de quelques centaines de mètres, Guy nous fait quitter le bon chemin pour une sente marquée de quelques balises blanches entourant des arbres. Nous progressons en lente montée de prairies en bois de chênes et de buis. Quelques arbres couchés nous imposent des détours embroussaillés.

Nous sortons progressivement de la forêt pour un lande à genêts et à buis. Le panorama sur la chaîne frontière enneigée se révèle peu à peu.

Nous gagnons la crête à un petit col. Ce sera le lieu du repas à un abri du vent relatif derrière quelques buissons.

Quelques uns d’entre nous escaladent les rocher qui conduisent au sommet.

Dominique se fait photographier sur un éperon dominant le vide.

En dessous de nous, coté sud , nous pouvons observer le camping naturiste du Petit Chandelalar que nous irons visiter tout à l’heure.

Retour par le même chemin parmi les fleurs que nomme Danièle et les morilles que certains ramassent pour une fricassée du soir.

Dame d’onze heures

Lotier

Récolte de morilles.

Nous sommes accueillis par la patronne du camping du Chandelalar qui nous invite à visiter son domaine et nous reçoit dans la salle de son restaurant pour discuter longuement, nous contant notamment l’histoire de son camping.

Le petit Chandelalar, prochain lieu de séjour ?

Vendredi  Réclamé aux G.O., bien que déjà parcouru, il y a 4 ans, Le sentier de l’Embut au fond des gorges du Verdon.

Ce coup ci, nous l’aborderons par la descente des Cavaliers.

Désagréable surprise, au départ du sentier : un panneau nous annonce que ce dernier est interdit suite à un éboulement. Alors que nous hésitons sur la conduite à tenir, un couple nous rejoint et nous dit que selon leur hébergeur, le sentier passe sans problème.

En effet, nous trouverons quelques blocs encombrant le chemin dans la partie basse, n’induisant pas de difficultés.

Arrivés au bord du Verdon, il faudra se rhabiller, car l’endroit est des plus fréquenté. Tout un groupe défile devant nous prenant la direction de l’Embut. D’autres proviennent de la rive opposée par la passerelle.

Nous suivons le flot. Beaucoup font demi-tour devant les premiers passages un peu exposés. Finalement, nous nous retrouvons à peu près seuls et adoptons à nouveau la nudité.

Au Styx, nous sommes rattrapés par quelques personnes qui ne s’offusquent pas de notre tenue.

En fait, pendant toute la randonnées, nous croiserons de nombreux randonneurs, nous rhabillant quand il y a des enfants, puis de moins en moins souvent, vu que nous ne rencontrons pas d’opposition.

A l’Embut, nous privatisons pour le repas l’unique plage accessible (le Verdon est en légère crue).

Certains d’entre nous décident de poursuivre jusqu’au Baou Béni à travers un chaos de blocs.

Un vingtaine de personnes sont arrêtées sur une grande dalle plate à coté de laquelle nous devons passer. C’est à ce moment que dans un passage d’escalade, mon short rapide décide de se dégrafer et tombe à mes pieds dévoilant mes parties intimes. Grand éclat de rire de part et d’autre.

Malgré un balisage à la peinture, le cheminement dans des blocs décamétriques n’est pas évident, surtout à la descente.

Le Chaos franchis, nous abordons sur une belle plage alors que devant nous la gorge se referme ne laissant le passage que pour l’eau rapide et profonde.

Retour. Nous remonterons par le sentier Vidal qui comporte des passages câblés et des échelles. Impossible dans ces lieux plutôt vertigineux d’enlever et de remettre les shorts et jupettes à chaque instant.

Une jeune femme avec deux enfants nous accompagne. Il nous ont déjà vus nus à d’autres passages. Du coup, certains comme moi se drapent de leurs shorts, d’autres restent nus. Là non plus pas de remarques, juste des sourires amusés, voire une certaine complicité.

Nous n’allons quand même pas prendre le goudron pour rentrer aux voitures. Nous traversons la route et remontons sur une centaine de mètres de dénivelé dans la forêt pour retrouver un piste horizontale qui va nous ramener au belvédère des Cavaliers.

Ce soir, dernier repas en commun. Nous fêtons l’anniversaire de Jean Pierre et Pierre, mais ne nous éternisons pas car la fatigue de la randonnée du jour se fait sentir.

Samedi : retour avec Georges qui a du renoncer à participer à toutes ces belles randos en raison d’une mauvaise forme.

D’autres resteront encore un ou deux jours pour découvrir d’autres paysages.

Raquettes nu à Névache

Du 23 au 30 mars 2019

Comme Jacques Marie m’a devancé et a déjà publié sur son site, avec talent, le récit des randos auxquelles il a participé, je vais donc me contenter de vous raconter les à-cotés de notre séjour.

Guillaume et moi sommes arrivés dans la vallée de la Clarée, samedi vers 13 h. Nous avons profité de notre avance pour reconnaître quelques départs de rando.

L’enneigement est très contrasté. Les ubacs sont fortement enneigés jusqu’en fond de vallée alors que sur les adrets la neige est remontée au delà de 2300 m environ.

Après avoir fait un tour jusqu’au village pour constater que la route était fermée au delà de Ville Haute, nous sommes partis à la recherche du chalet “le Baouba“. Arrivés à pied devant ce dernier, nous tombons sur une des deux charmantes gérantes des locations, qui nous inscrit et nous ouvre la porte.

Ce chalet est d’un aspect bien particulier : tout de mélèze vêtu, un délire d’architecte, avec plusieurs toitures imbriquées.

Le rez-de-chaussée comporte une salle de séjour assez vaste avec un coin cuisine et un angle salon.

Un petit appendice, genre solarium, donne, en façade sud, sur une vaste prairie où subsiste encore quelques plaques de neige, toujours au RDC : une chambre avec un salon de toilette.

A l’étage, 3 chambres, une salle de bain avec baignoire !

Le samedi, nous avons des voisins prenant le soleil devant leurs gîtes à gauche et à droite. La nudité doit rester discrète. En fait, ces deux premiers jours, nous resterons la plus part du temps habillés dans la maison.

Arrive Jacques Marie, puis Christian et Sylvie. Un peu plus tard, un inconnu, crâne rasé, vient pousser la porte. A près un moment de stupéfaction, nous reconnaissons Franck à sa voix : un accident de coiffeur !

Ce soir, le repas est à base de lasagnes, préparées par mon traiteur de Saint Pierre d’Entremont.

Demain, nous irons au col de Thures, dans le vallon qui s’ouvre juste derrière le chalet.

Levé à 7 h, j’admire le lever de soleil sur les montagnes du fond de la vallée, alors que cette dernière est encore dans l’ombre.

Petit déjeuner copieux, puis nous remontons le grand glacis au dessus du hameau aux premiers rayons du soleil.

Pour la description de la rando, Jacques Marie m’a précédé sur son site. Je vous laisse donc vous y rendre : http://www.randonnues.fr/?p=5646

Exercice DVA

Je n’ai pas trop fait attention à la réverbération du soleil sur la neige du plateau des Thures (et je ne suis pas le seul) et ce soir le dessous des cuisses et les fesses me brûlent.

De retour au chalet, nous espérons la venue incertaine de Patricia. Un coup de téléphone m’apprend qu’il ne faut pas l’attendre avant mardi soir.

Ce soir, je me lance dans la grande cuisine : endives au jambon. La recette est fort appréciée et le cuisinier félicité.

La fin du W.E. voit nos voisins disparaître et nous nous sentons plus libres de vaquer à nos occupations dans notre tenue de nudité préférée.

Lundi matin, le soleil est toujours aussi présent ; mais une bise traitresse dévale la vallée. Nous prenons la direction du col de la Buffère. La route de la haute vallée est toujours officiellement fermée et nous hésitons à outrepasser le panneau. Ce sera donc un départ sur le goudron.

Pour la rando : bis repetita, voir le récit de Jacques Marie  http://www.randonnues.fr/?p=5646.

Comme demain, la rando, ce sera du sérieux, nous louons des DVA pour ceux qui n’en ont pas. Finalement, ils ne seront pas utiles, la neige étant gelée et dure.

Guillaume, qui a fait un petit malaise lors de la sortie du jour et Franck qui craint pour sa cheville et un genoux s’abstiendront.

Ce soir là, c’est le tour de Sylvie et Christian de se mettre aux fourneaux. Il nous ont prévu une soupe aux légumes. Jacques Marie et Franck sont tirés de leurs ordinateurs pour participer à la pluche.

Mardi matin, l’aube est toujours aussi lumineuse et glaciale. La rando est peu fréquentée, La trace est discrète et nous comprendrons vite pourquoi. Jacques Marie vous raconte dans son blog  http://www.randonnues.fr/?p=5646.

En fin d’après-midi nous attendons “la Princesse“ qui se perd un peu dans le hameau de Roubion à la recherche du Baouba. Joie des retrouvailles.

C’est encore Sylvie et Christian qui assurent le dîner avec un poulet au citron.

Demain (mercredi) nous prévoyons un grand tour d’abord en fond de la vallée, puis par un sentier balcon en altitude, en rive gauche.

Tout le monde va se coucher tôt, sauf Jacques Marie qui ne peut abandonner son ordinateur.

Mercredi, toujours grand beau, et le vent est tombé. Tous, à l’exception de Sylvie qui n’est pas naturiste, seront nus plus ou moins longtemps. Pour les détails, voir le récit de Jacques Marie. http://www.randonnues.fr/?p=5646

Franck nous quitte à regrets, ne pouvant prolonger plus ses congés.

Le soir, je reprends ma part de cuisine en réalisant des diots au vin blanc accompagnées de crozets.

Jacques Marie se sent un peu faible : mal à un genoux. Patricia se ménage. Pour eux deux, demain sera journée de repos.

Jeudi me voilà repartis avec Guillaume et les deux “culottes courtes“ dans le vallon du “vallon“. C’est original comme nom!

Nous remontons la route de la chapelle sur quelques centaines de mètres pour trouver le sentier qui s’élève en direction du vallon. Des skieurs attendent au bord de la route d’autres compagnons. Nous montons en versant sud et la chaleur nous pousse à nous dévêtir des les premiers mètres.

Après une traversée en forêt le paysage s’éclaircit. La vallée est étroite et les versants pentus. Heureusement la neige a presque disparu et le risque de coulées est inexistant. Au fond se dresse une impressionnante muraille, faisant penser aux Dolomites.

Un ressaut dominé d’une chapelle (Saint Michel) barre la vallée. Nous le surmontons grâce à des pentes de neige un peu plus raides mais stables. Les skieurs pointent loin derrière nous. Pas de crainte à avoir, nous pouvons rester nus.

A partir de là, la vallée s’élargit. Les pentes s’adoucissent. Voilà la cabane d’alpage avec un banc et une fontaine.

Nous nous élevons, raquettes aux pieds, par un large mouvement tournant dans des pentes molles en rive droite du talweg pour gagner assez rapidement notre but : le lac Noir. Qui, couvert de glace et de neige, aujourd’hui ne mérite guère son nom. Nous cassons la croute à l’abri d’un rocher.

A la descente, un homme monte en notre direction. Sylvie, la seule textile de notre groupe est envoyée en ambassadeur l’avertir qu’elle est suivie de trois “zozo“ nus. Pas de problème.

A la chapelle, nous avisons, trop tard, qu’une femme est assise sur les marches de l’édifice. Tant pis.

De retour au gîte, Une des gérantes vient apporter le “kit de nettoyage“ en vue de notre prochain départ. Elle entre sans hésitation et tombe sur Patricia nue au soleil du “solarium“. Demi tour un peu précipité sans rien dire….

Je sévis encore une fois du coté de la cuisine avec des späzlis aux lardons.

Vendredi, le dernier jour de randonnée, j’avais prévu de monter au col des Acles, mais arrivé à Planpinet, le versant, rébarbatif, est à l’ombre, alors que des nuages venant d’Italie se déversent par dessus les crêtes. Changement de programme, nous reprenons le voitures jusqu’à Val des Prés et changeant de coté montons vers le village d’alpage de Granon. Jacques Marie vous en dira plus que moi. http://www.randonnues.fr/?p=5646 Ce fut une belle rando, pas trop fatigante, pratiquée presque tout le long nus.

A la fin de l’après-midi, Sylvie et Christian nous quittent.

Et le repas ? Eh bien : une grosse omelette aux champignons et au jambon.

Samedi matin sera consacré au nettoyage du gîte et au déménagement. Snif…

 

Même si la nudité ne put être que sporadique ou partielle en raison des conditions météo assez rudes, particulièrement les lundi et mardi, nous conserverons un bon souvenir de ces paysages magnifiques, de repas copieux et raffinés, d’un hébergement sympathique et d’une amitié renouvelée d’années en années.

La loi anglaise et le naturisme

Ci-joint

https://images-des-alpes.fr/Documents/College-of-Policing-statement-on-nudity.pdf

Un document remis aux policiers anglais lors de leurs formation et leurs stages de recyclage sur la façon de considérer la nudité en public.

Pas besoin de changer la loi française, juste obtenir une directive comme celle-ci.

Départ en randonnée d’un groupe de naturistes

Ma traduction pour ceux que l’anglais rebute.

Le naturisme est définit par « British Naturism“ comme une philosophie dont la nudité naturelle fait partie. Alors que beaucoup limitent leur nudité à leur domicile ou dans des clubs, sur des plages connues comme naturistes, d’autres pratiquent la randonnée dans la nature ou dans des parcs nationaux, espaces de loisir et espaces publics. Il n’y a pas de règle légale désignant des espaces spécifiques ou non.

Les naturistes ont droit à la liberté d’expression et ne sont répréhensibles vis à vis de la loi que s’ils ont des actes sexuels offensants ou des comportements volontairement anormaux susceptibles de causer par la vue ou l’ouie, harcellement, alarme ou détresse.

En conséquence, l’officier devra considérer chaque situation et adopter une approche adaptée du naturisme afin de maintenir la confiance dans la police et éviter un excès de pouvoir.

Lorsque le “Seaxual Offences Act 2003“ fut débattu au Parlement, il fut pris soin d’écrire la loi de telle façon à ne pas impacter les droits et les activités des naturistes.

En conséquence, la loi impose que la nudité en public soit associée à un  comportement sexuel offensant pour relever de la section 66 de la loi.

Cela comprend, l’exhibition délibérée des parties génitales envers une autre personne avec l’intention qu’elle le voit et cause alarme et détresse. (exhib ou posture indécente).

La loi sur l’outrage à la décence publique s’applique quand le comportement d’une personne est si lubrique, obscène ou dégoutant, qu’il puisse choquer une personne normale. La simple nudité en public ne relève pas de ce niveau.

Un naturiste dont l’intention est de pratiquer une activité légale nu n’est pas coupable d’exhibition sexuelle.

Dans les autres cas la conduite doit être considérée comme un outrage public.

Aide à la décision

Questions à poser à quelqu’un rapportant une nudité en public.

  • La personne est-elle à un endroit où se trouvent d’autres personnes ?
  • Est-ce dans sa maison ou son jardin ?
  • Que faisait la personne ?
  • Faisait-elle quelque chose de sexuel ou était-elle simplement nue ?
  • La personne vous a t-elle vu ?
  • A-t-elle dit ou fait quelque chose contre vous ?
  • Semblait-elle malade ou sous l’emprise de la boisson ou de drogue ?

Ensuite suit un tableau que je ne reproduirait pas.

On y lit que

une nudité passive en un lieu privé ou public telle que, bain de soleil, marche, cyclisme, nage, jardinage, travaux domestiques, etc.. est légale et que l’agent doit expliquer au plaignant qu’il n’y a pas d’offense.

A noter que “harcellement, alarme et détresse“ dépend de la personnalité (convictions, religion, vécu, etc..) du plaignant.

Telle personne sera choquée, telle autre pas du tout.

Donc, si en théorie la nudité est légale partout, en réalité elle ne doit pas provoquer de trouble à autrui.

Ainsi, par exemple, sur une plage, venir s’installer nu à coté d’une burkini serait répréhensible, de même jardiner nu chez soi en vue d’un voisin qui s’est déjà déclaré choqué, passer nu devant une école, entrer nu dans une église, etc..

A quand une telle circulaire en France ?

Le col de Marocaz

Massif des Bauges

Dimanche 25 février 2019

Avec l’exceptionnel beau temps qui règne en ce moment sur les Alpes, vendredi dernier j’avais entrepris une reconnaissance d’un itinéraire qui à priori sur la carte ne devait pas être extraordinaire.

En fait, celui-ci s’étant avéré très beau et varié, j’ai remplacé la sortie prévue ce dimanche au Roc de Tormery par ma nouvelle découverte.

Nous fûmes 10 randonneurs à profiter du chaud soleil.

La balade, part du hameau du Masdoux sur la commune de Cruet. Au pont, le sentier s’engage dans des gorges. La forêt dépourvue de ses feuilles laisse entrer un soleil généreux. Comme presque partout dans les Préalpes, on observe le lamentable spectacle des troncs des buis morts d’où pendent des lichen filamenteux.

Deux cent mètres après le départ, les plus courageux sont déjà nus. Le chemin monte doucement. Une première passerelle sur un joli torrent, puis une autre.

Quelques marches en rondins, et nous sortons temporairement de la gorge pour venir recouper la route départementale qui monte au col de Marocaz.

Court réhabillage, et nous sommes de nouveau tranquilles, bien cachés, progressant au fond d’un chemin creux qui progressivement nous ramène au fond du ravin.

Trois grosses pierres sur le ruisseau constituent le pont Romain ou des Moines (c’est selon les pancartes ou la carte).

Le sentier se dégage progressivement de la forêt pour cheminer entre des prairies à chevaux (sans les chevaux).

Il est midi, et je propose de faire halte ici un peu à l’écart du chemin au cas où quelqu’un viendrait à passer par là.

Jacques Marie sort sa désormais traditionnelle bouteille de vin, tandis que Jac et Murielle partagent une tarte aux pommes de leur fabrication.

Nous disposons en face de nous d’un large panorama sur les chaines de Belledonne et de la Lauzière enneigées.

Le lieux est idyllique et me faudra quelques efforts pour remettre la caravane en marche. Nous arrivons dans un petit hameau de fermes et il faut se rhabiller à contre cœur ; pas trop longtemps, car au bout d’une centaine de mètre sur le goudron nous replongeons dans la forêt par un chemin visiblement fort peu emprunté. Nous avons changé de versant et la neige apparaît. Elle est dure et gelée et nous n’enfonçons pas trop. La pente diminue, mais à la forêt ensoleillée de feuillus se substitue l’ombre froide des épicéas. A la Croix de fer (oui, il y a une croix en bordure du chemin), nous retrouvons une belle piste forestière, qui bien qu’en versant Nord s’ouvre largement au soleil.

Seule inquiétude, une trace bien damée de raquettes indique une fréquentation importante des lieux.

D’un autre coté, bien gelée, elle porte notre poids sans enfoncer. Cette piste va nous amener en traversée horizontale au col de Marocaz. Je marche un peu devant, habillé, afin de prévenir les suivants au cas où quelqu’un se présenterait. Finalement nous ne ferons pas de rencontre.

Au col, réhabillage obligatoire pour tout le monde. Quelques voiture passent alors que nous descendons d’une centaine de mètres sur la route pour vite plonger dans un chemin enneigé qui va nous ramener à notre itinéraire de montée au niveau de la ferme des Beaux.

Le soleil est toujours présent et la nudité retrouvée. Nous traversons la départementale en courant entre le passage de deux voitures.

Le fond de la gorge est maintenant à l’ombre et nous décidons de revenir par une variante un peu plus ensoleillée : la Chapelle Maillée.

C’est sur ce chemin que nous ferons nos seules rencontres de la journée. D’abord un piéton qui vient en sens inverse. En premier, j’ai eu le temps de renfiler mon short, et le prévient que derrière moi suivent des randonneurs naturistes. Pas de problème.

A la chapelle déboulent d’un coup trois vététistes. Les deux premiers passent sans s’arrêter, le dernier met pied à terre et discute un petit moment sans être gêné par notre tenue. Plus de rencontres jusqu’au parking. L’après midi se terminera au château des Allues, invité par son propriétaire, Stéphane, qui nous offre des rafraichissements et de délicieuses tartes.



Les rochers du Lorzier

31 dec. 2018

Deux jours plus tard, toujours le brouillard.

Cette fois ci, je n’ai pas envie d’aller trop loin. Il reste un petit coin de Chartreuse où il y a fort longtemps que ne j’ai pas mis les pieds car l’accès n’en est pas facile depuis le cœur du massif depuis que la route forestière du col de la Charmette est fermée à partir de Currière.

Je décide donc de prendre la direction des Rochers du Lorzier par Pomarey.

A Pomarey, la route du col est fermée. Du moins deux panneaux d’interdiction de circuler sont bien en place, plus une pancarte en travers de la route un peu plus loin. Cependant, pas de neige avant pas mal de kilomètres.

Ma rando commence donc par 2 Km sur le goudron jusqu’au lieu dit du Fourneau où une piste forestière descend au fond de la vallée. On traverse le torrent, bien maigre à cette époque, sur une passerelle de béton.

Sur l’autre rive, le chemin monte dans une traversée très raide. Je rattrape l’anglais qui était parti un peu avant moi du parking. Avec l’effort, je commence à avoir trop chaud et m’arrête pour retirer ma polaire. Du coup l’anglais disparaît de ma vue. Je ne le reverrais pas. Le chemin passe en dessous de la gare supérieure d’un vieux téléphérique, puis s’enfonce dans une combe. Tout ce parcours dans le brouillard me paraît particulièrement sinistre.

A ma surprise, je n’en avais pas souvenir, la piste débouche sur une route forestière parfaitement carrossable. C’est aussi à ce moment que j’émerge au dessus de la mer de nuages.

Quelques virages sur la route que je quitte rapidement pour un sentier plus discret. Le soleil est généreux et la forêt assez clairsemée m’abrite du vent que j’entends siffler dans les cimes des arbres. Je me déshabille.

Un peu plus haut la neige apparaît et je chausse les raquettes. Ce ne serait pas bien indispensable car cette dernière est gelée, mais ainsi je bénéficie des crampons.

Un replat me ramène à l’ombre. Mais le froid est supportable. Suit une traversée bien exposée au Sud et je gagne la prairie de Vararay.

Dans l’alpage, à découvert, le vent du nord commence à se faire sentir. Plus je monte, plus il est fort.

Je sort mon casse-croute à l’abri du tronc énorme d’un épicéa pluri-centenaire torturé par les éléments. J’approche du col d’Hurtière et il faut me résoudre à me rhabiller à cause du vent. Sur la crête, celui-ci est tempétueux et glacial. Je cherche les gants dans mon sac. Le vent arrache mes bâtons qui partent dans la pente. Descente pour les récupérer et remontée au col.

J’avais prévu d’aller au sommet des rochers de Lorzier. J’affronte le vent qui me coupe le souffle et me gèle les oreilles malgré le bonnet de laine. Les dernières pentes sont raides et gelées. Je me contenterais d’une petite brèche avec la vue sur la mer de nuages à l’infini vers l’Ouest.

Je prends rapidement quelques photos du magnifique panorama qui s’étend au delà des sommets proches de la Chartreuse au Mont Blanc, Belledonne, Dévoluy, Mont Aiguille. Je ne m’attarde pas et bascule dans le versant sud. Le calme revient. Je puis à nouveau me mettre à nu. De temps en temps une rafale vient me rappeler que l’on est bien le dernier jour de décembre. Je retrouve temporairement l’ombre dans le fond du vallon de Vararay, puis à nouveau le soleil sur le sentier dans la forêt. Surgit un couple qui monte, surpris de me voir dans cette tenue, mais pas particulièrement choqué. Comme d’habitude, la question qui m’est posée est celle du froid. Essayez et vous verrez, cela n’a rien d’extraordinaire ! Je retrouve la route forestière. Dernières photos avant de plonger dans la mer de nuages.

Je me rhabille définitivement avant que le froid ne soit trop mordant. A proximité du téléphérique je croise deux femmes qui montent. Je leur annonce que le soleil n’est pas bien loin au dessus ; puis ce sont deux chasseurs lourdement chargés qui vont réveillonner dans je ne sais quelle cabane.


A la crête de Brouffier

le 29 dec. 2018

Massif de Taillefer

Brouillard..

De Saint Philibert à l’Alpe du Grand Serre, je ne suis pas sorti un instant de cette épaisse couche de nuages qui étouffe toutes les vallées.

La route du Poursollet est ouverte sur 2 Km et, miracle, au parking à proximité de l’émetteur radio, un bleu pâle perce au travers de la brume.

Quelques voitures sur ce parking. Un couple de skieurs part devant moi sur la route enneigée.

Espérant pouvoir randonner un minimum nu malgré le froid, j’ai choisi un itinéraire peu skiable.

Je suis la route un certain temps, puis bifurque pour un chemin légèrement descendant qui conduit au cirque de Prévourey.

Le soleil m’a rattrapé et je suis désormais au dessus de la mer de nuages. Je décide de me mettre nu et c’est au moment où je bataille avec une fermeture éclair coincée, une jambe et une fesse à l’air que déboulent mes deux skieurs de tour à l’heure. Partis devant, les voilà qui me rattrapent qu’ont t-ils fait ? Bonjour.. bonjour… Qu’en ont-il pensé ?

Du coup je garde le pantalon, le secteur semble plus fréquenté que je le pensais ?

Au chalet, je quitte le grand chemin pour une raide montée dans la forêt. La neige se fait rare ; totalement inskiable ! Je passe à ma tenue préférée. Suit une agréable progression en raquettes dans une suite de clairières bien ensoleillées.

Une traversée dans des pentes aux arbres clairsemés m’amène à une combe à la limite supérieurs de la forêt.

Le vent du Nord devient mordant et je ne puis que me rhabiller.

D’ailleurs voilà des skieurs qui remontent le vallon.

On va se suivre jusqu’à proximité du Lac de Brouffier. Là, ils bifurquent vers le refuge.

Je poursuis sur le plateau jusqu’à la crête afin d’avoir la vue sur l’autre versant. Le vent est brutal et glacial. Je n’ai pas trop de tout le contenu en habits de mon sac. J’irais bien jusqu’au lac de La courbe, mais l’heure avance et je me retrouve tout seul sur l’immense plateau. Il est plus raisonnable de faire demi-tour. La cote 2300 m sera mon maximum.

Dans la descente, j’ai le vent dans le dos et de plus, celui-ci faiblit. Je retrouve la nudité.

Dans la combe deux skieurs attardés montent. Je coupe à gauche pour ne les croiser que de loin. Mais j’entends des commentaires peu amènes accompagnés de rires gras.

Dans la forêt, le vent ne se fait plus sentir et ma situation est des plus agréable. Il faut remonter la piste de ce matin.

A un virage, elle va plonger dans l’ombre. Je décide donc de me rhabiller à la dernière tache de soleil. Je n’en ais pas le temps. Un chien déboule, vite suivi de ses maîtres. Le couple ne semble pas gêné. On échange quelques mots. Je casse une petite croute tout en m’habillant. Bien m’en a pris, car arrive un accompagnateur avec une douzaine de jeunes clients.

Retour à la voiture. La route me semble bien plus longue qu’à l’aller !


Un petit bilan des randonues du groupe du Dauphiné et des Savoies en 2018.

Ce groupe internet rassemble des randonneurs naturistes de la région Rhône-Alpes plus quelques extérieurs (Suisses, Belges, etc…) qui participent principalement aux séjours.

Les sorties sont proposées par des membres sur une liste de diffusion.

Bilan de l’année

38 sorties ont été organisées.

42 personnes différentes y ont participé (sur environ 80 inscrits sur la liste de diffusion).

232 journées . personnes.

Au sommet du Grand roc dans les Bauges.

Trois séjours :

  • Raquettes à neige en Beauchène du 18 au 24 mars, 8 participants

Départ de rando dans le Beauchêne

  • Ariège du 23 au 28 septembre, 9 participants

Ariège

  • Haute Ardèche du 1° au 4 novembre, 4 participants

Massif du Tanargue en Haute Ardèche.

Auquel on peut ajouter la participation de trois d’entre nous à la semaine au Petit Arlane organisée par Jean de Visan et Gilbert de Lyon (du 20 au 26 mai). Ce rassemblement réunissait environ 30 personnes venant de toute la France.

Sur les chemins du bas Verdon.

Nous avons également été trois à participer au rassemblement Vivrenu à la Genèse toujours en mai, et deux à la semaine organisée en juin dans les gorges du Tarn par Chantal de l’Aveyron.

Un jugement historique en faveur du naturisme en liberté

Gilles de Backer a été arrêté par les gendarmes sur dénonciation alors qu’il ramassait nu des coquilles d’huitres sur une plage de Normandie.

Ayant refusé toutes transactions, l’affaire a été jugée et il a été relaxé.

Voici son témoignage.

Bonjour,
Je tiens à vous remercier pour tout ce que vous avez pu faire pour m’aider à me défendre devant ce tribunal de Coutances le 13 novembre 2018.
Voici un texte passé sur Facebook… Pardonner moi pour toutes les fautes…

« Le Naturisme enfin libéré !

Je vous demande un peu d’indulgence et un peu de patience car je suis épuisé, je ne dors plus car tout ceci me tracasse. J’ai pu hier m’évader une heure sur la pointe d’Agon-Coutainville car l’air pur de la mer me manque.

Durant ces trois dernières semaines, je me suis consacré uniquement à cette journée du 13 novembre 2018.

Je ne vous dis pas la joie sur les visages des personnes me connaissant sur la pointe d’Agôn car il avait déjà en leur possession un article du journal parlant de ma comparution…

Néanmoins, la presse ne nous dit pas tout ; voire, elle nous désinforme en indiquant sur Ouest France du mercredi 14 novembre 2018 « La nudité est susceptible de choquer. Je vous invite à adopter une tenue adaptée »

Tout ceci est totalement faux !

Je rappelle qu’à l’audience le Procureur de la République (dont je n’ai pas encore le nom) à précisé qu’il n’y avait en aucun cas d’exhibition sexuelle et que depuis 1994, date du changement du code pénal,(il a complètement repris à l’audience le texte de l’APNEL) il n’y avait aucune infraction à retenir contre moi et qu’il fallait envisager le terme « naturiste » dans la loi.

La juge de ce tribunal a précisé que j’étais en droit de ramasser des coquillages sur un espace naturel habillé de la façon que je le souhaitais. Elle nous a juste conseillé d’avoir à portée de la main, une serviette (j’ai indiqué, un linge) afin de se protéger si et seulement si il y avait des passants qui pourraient avoir subi un traumatisme dans leur enfance (en regardant les plaignants) et ensuite, que je pouvais retirer cette serviette…

Très clairement la juge du tribunal de Coutances m’a donné, nous a donné, l’autorisation d’être naturistes sur les plages et ou espaces naturels français en nous protégeant des passants qui pourraient avoir subis un traumatisme dans leur enfance…

C’est assez fort tout de même, imaginez le regard de mon avocat… Tout comme moi, il n’en revenait pas !

Elle n’a nullement parlé de rappel à la loi ou de short ou autre avertissement etc…

Elle m’a permis tout simplement de continuer mon activité comme je le souhaitais.

Je rappelle également qu’elle ne m’a pas fait attendre la fin des délibérés pour me libérer mais que devant toutes les personnes présentes dans ce tribunal, elle m’a prié de bien vouloir sortir librement en me considérant comme la victime de ce procès.

Je vous rappelle également qu’elle considère que tous les français, et ce dans la majorité, ne sont pas prêts à accepter notre art de vivre et que pour « un bon vivre ensemble » il faudrait modérer notre développement.

Mais et pour finir elle autorise le naturisme partout sur nos plages en France.

Maitre Marc Letanneur sollicite un rendez-vous auprès de Jacques pour l’APNEL et Yves pour la FFN afin de faire un communiqué de presse en commun pour faire connaitre cette décision importante pour la communauté naturiste Française.

Très cordialement,
Gilles de Backer »

Une grande avancée qui fera certainement jurisprudence. A nous de nous en servir.

Un Week-end en Ardèche

Jeudi 1° novembre 2018.

Du col de l’Escrinet, c’est tout noir sur les Cévennes et bientôt la pluie vient battre le pare-brise.

Le torrent que suit la route en remontant vers Valgorge roule des eaux furieuses.

Vers 11h, nous arrivons au gîte. La pluie s’est un peu calmée. Le sympathique accueil de la propriétaire vent mettre un peu de lumière dans la grisaille météorologique.

Dans l’après-midi, Yolande et moi tentons une sortie sur une route forestière, mais une averse nous ramène au village. Les nuages se déchirent sur le Tanargue et apparaissent quelques pâles taches de ciel bleu.

Nous repartons, cette fois-ci visiter le village du Chastanet, son château et sa vielle église, ses maisons de granite et ses étroites ruelles.

Vers 16 h, arrivent Patricia et Guillaume et George seul dans sa voiture. Un dénommé Laurent qui devait covoiturer avec lui ayant fait défection sans avertissement.

En soirée, le ciel clair gagne du terrain et la météo nous annonce du beau temps pour les 3 prochains jours.

Vendredi 2 novembre 2018.

Nous gagnons par de petites routes Valousset où nous avons des difficultés à trouver un parking. Finalement, ce sera à proximité d’un calvaire, tout en haut du village. Cela nous arrange pour le départ, mais nous obligera à une remontée pour le retour.

Aujourd’hui, nous sommes 5 : George, Guillaume, Patricia, Yolande et moi-même.

La montée commence dans les châtaigneraies et Yolande entame sa récolte.

Progressivement, le sentier sort de la forêt et devient plus irrégulier (blocs de granite de toute taille). Sur les crêtes ventées et aussi dans les restes du terrible incendie de 2005, de chaque coté du sentier, une lande à genets et bruyères dans lesquels s’enlacent des ronces constitue un impénétrable maquis.

 

Un petit passage aérien sur un arête et nous gagnons le col du Merle. Les panneaux indicateurs sont criblés de trous de balles de gros calibre, défoulement de connards frustrés d’une chasse bredouille.

Nous passons brièvement en versant nord et donc à l’ombre pour remonter un couloir qui contourne un gendarme de l’arête.

Cette dernière s’élargit d’un coup devenant un vaste plateau de lande et d’herbages. Je voulais pousser jusqu’au sommet pour bénéficier de la vue sur le versant nord, mais les ventres en décident autrement et la pause repas se fera au début de la descente à l’abri de grands genets.

La descente se poursuit par l’arête de la Vernade. Le vent sur la crête nous a fait rhabiller. Heureusement, car je déboule sur un couple arrêté à l’abri d’un rocher. Il sont montés par cet itinéraire et nous préviennent que nous allons rencontrer quelques passages un peu délicats. Tant-pis, nous n’avons pas le choix pour le retour. Une d’entre nous peu à l’aise dans ce type de terrain nécessitera pas mal de persuasion dans certains passages.

Puis la pente se calme et nous rentrons en forêt. Un chemin, bien balisé, nous conduit sur une magnifique dalle de granite dominant la vallée de la Baume. Un pose s’impose, un peu trop longue, mais il fait si bon nus au soleil.

Nous reprenons la descente en suivant des cairns, mais de petits passages en escalade arrêtent les moins habiles. Il faut remonter pour retrouver le sentier principal. Le reste de la descente se fait par un beau chemin bordé de murettes qui débouche sur une piste forestière.

Long retour à Valousset par cette piste, alors que l’obscurité gagne, suivi d’une remontée finale dans le village qui tire sur les jambes fatiguées.

Le soir, au gîte, c’est bombance. George a apporté une choucroute, Guillaume , une crosiflette. Nourriture trop riche, George sera malade dans la nuit et nous abandonne à regret pour la rando suivante.

Statistiques (pour ceux qui râlent parce que c’est trop long, trop haut, etc…) : D+ 877 m L 11 Km

Samedi 3 novembre 2018.

Départ dans un virage de la route un peu avant Chalas le haut. Quand nous sortons de la forêt, une rumeur d’aboiements, de cris humains devient progressivement vacarme.

Une battue est en cours dans le vallon en dessous de nous. D’ailleurs, nous distinguons réparti sur une piste en face des points oranges, autant de chasseurs à l’affut. Nous hésitons à faire demi-tour, mais pour le moment, notre itinéraire ne semble pas concerné.

Le très beau chemin muletier que nous empruntons, soutenus d’impressionnants murs de pierres sèches (un travail titanesque) contourne une arête et nous tombons nez à nez avec un chasseur posté. Nous pouvons passer, nous ne risquons rien. Cependant les chasseurs se succèdent et la meute qui bat le vallon se rapproche. Des coups de fusil éclatent, certains à quelques mètres de nous. Nous ne sommes pas du tout rassurés. Je passe à Yolande un gilet qui traine au fond de mon sac pour ce type d’occasion. La voilà transformée en poulet orange !

Le chemin s’élève par de multiples lacets dans des pentes très raides, entre des blocs et des tours rocheuses. Une fois de plus, nous sommes admiratifs du travail des anciens qui ont déplacé toutes ces lourdes pierres de granite pour constituer murs et plateformes.

Nous finissons par déboucher sur le plateau du sommet de Méjan. Une halte à l’abri de la forêt nous permet de retrouver pour un temps la nudité et de casser la croute.

Nous poursuivons par le sommet d’où nous pouvons admirer un panorama à 180° allant du plateau enneigé du Mont Lozère aux Alpes (Dévoluy, Ecrins, Vercors).

Nous entamons la descente et commençons par retrouver nos amis les chasseurs dont les luxueux 4×4 sont montés jusque là. Mais la chasse se termine et de plus nous leur tournons le dos pour entrer dans la forêt du Tanargue. Un long parcours horizontal sur piste nous ramène au bord du plateau où nous retrouvons avec plaisir le soleil sur notre peau. La descente est d’abord très raide (Bruno, je ne passe pas par là, j’ai peur !) puis se calme.

Dernier obstacle ; depuis un moment j’entends grossir le grondement d’un torrent qu’il va falloir traverser. La carte ne note pas de passerelle. Effectivement, il n’y en a pas ! Le débit est important et impétueux. Heureusement, un câble amarré aux arbres permet de passer de blocs en blocs. Peu arriveront de l’autre coté les pieds secs.

Suit un beau chemin bordé de murettes et aux châtaignes abondantes qui nous ramène au village.

Statistiques (pour ceux qui râlent parce que c’est trop long, trop haut, et surtout pas ce qui était prévu…) : D+ 979 m L 12 Km

Le soir, nous étions invités par nos logeurs à une sympathique “rôtie“ de châtaignes. Nous avons pu échanger avec eux sur la culture du châtaignier (ils sont propriétaires récoltants) et bien d’autres sujet et aussi avec les locataires de l’autre gîte.

Dimanche 4 novembre 2018.

La troupe qui reste est fatiguée. De plus il faut ranger et nettoyer le gîte avant le départ qui du coup est tardif.

l’objectif du jour est le Rocher d’Abraham à partir de la vallée du Lignon.

Quand nous arrivons au point de départ, dans un virage de la D19, un autre battue est en cours sur le versant. Nous hésitons à partir, puis la chasse semble se terminer. Compte tenu de l’heure, nous partons désormais avec des ambitions revues à la baisse. Nous nous contenterons du col de Barbejo, histoire d’avoir une vue sur l’autre versant.

Très vite, le sentier se révèle encombré de genets qui cachent des ronces. Pas idéal pour des randonneurs nus. Nous nous faisons surprendre dans cette tenue par un couple qui descend. Pas de problème. Ils nous disent que le sentier s’améliore plus haut, ce qui rassure ceux qui commençaient à avoir les jambes bien griffées.

Longue pose au col et au soleil et puis il faut bien redescendre. On a des heures de route à faire pour rentrer chez nous.

Dans la descente, nouvelle alerte, le grelot d’un chien nous fait découvrir une silhouette orange un peu au dessus de nous. Nous chantons bruyamment pour nous signaler. Ce qui n’est pas du goût du chasseur qui nous invective méchamment en nous disant que nous sommes sur sa propriété privée, ainsi que nos voitures garées au bord de la route.