Le Grand Chatelard

25 octobre 2020

Avec : Guillaume, Dominique, Alain, Brigitte, Philippe, Patricia

Un dimanche de beau temps annoncé dans une semaine de pluie et de grisaille. De plus le re-confinement menace. Autant en profiter. Ce sera peut-être la dernière randonue de l’année !

Guillaume est arrivé avant Dominique et moi sur la parking de la mairie de Jarrier. Alain et Brigitte ne tardent pas à nous rejoindre. Mais Patricia et Philippe se font attendre. Nous en profitons, tous masqués, pour nous étonner devant l’église au clocher penché.

Enfin, les voila. Nous reprenons la route pour le départ de la randonnée. A quelques dizaines de mètres du stationnement, un sentier bien tracé déroule ses zig-zags dans une pente raide dépourvue d’arbres. Nous sommes en versant sud, à peu près à l’abri du vent, et le soleil est déjà généreux. Très vite, la plus part d’entre nous se retrouvent nus.

Mais voila qu’un couple apparaît derrière nous. Ils marchent vite et nous rattrapent. Brigitte, habillée, est en serre file et les prévient de notre nudité. Patricia ne les a pas vu venir et est en train de se déshabiller quand ils surgissent à son niveau.

Nous les laissons passer. A leurs tête, il ont l’air de ne pas avoir trop apprécié notre tenue.

Afin de nous tenir à distance du chemin principal, nous coupons à travers l’alpage. De raides montées sont entrecoupées de replats bien venus pour souffler.

Lorsque nous arrivons sous le ressaut sommital, le vent forcit et nous amène à nous rhabiller.

Quelques personnes occupent le sommet, mais finissent par s’en aller. Dominique en profite pour se faire fièrement photographier nu à proximité de la croix et se rhabille immédiatement.

Nous cherchons sur le plateau une dépression un peu abritée pour le repas de mi-journée. Rien ne convient vraiment. Il faudra se résigner à conserver les vêtements.

Nous nous installons à bonne distance les uns et des autres afin de respecter les gestes barrière. A l’arrêt, le froid devient vite perçant et nous devons écourter la pause. Au fur et à mesure que nous descendons vers le col de Cochemin/

Le vent se calme. Une nouvelle pause, cette fois ci bien à l’abri et au soleil, sera dédiée à finir notre repas et à partager le gâteau apporté par Dominique.

Il faut bien reprendre la descente. Encore quelques textiles au col, puis nous plongeons dans la descente sur Jarrier à travers les prairies, hors sentier. Ce qui nous vaut quelques franchissements acrobatiques de barbelés et clôtures électriques.

Vers la fin de la descente un troupeau de moutons dans un parc est protégé par deux gros chiens de berger, un blanc et un brun.

Nous contournons l’enclos, quitte à passer dans des broussailles et franchir de nouveaux barbelés. Mais déchaînons cependant leur fureur. Heureusement, ils se cantonnent à leur parc.

Nous n’aurions pas aimé subir l’attaque de l’impressionnant molosse roux.

Randonues en Cantal

Du 17 au 24 septembre 2020

Je suis parti quelques jours en avance par rapport aux dates de la location du gîte afin de faire un peu de tourisme.

Mercredi après-midi, j’arrive, après une longue route encombrée de travaux et déviations, au camping de Saint Jacques des Blats.

Une pluie fine s’estompe rapidement pour laisser place à un ciel bleu.

« installez vous et venez vous inscrire entre 17 et 18 h », informe une affiche sur la porte du bureau.

Je choisi un espace gazonné non loin des sanitaires et monte ma petite tente.

A l’heure dite je m’inscrit et paye d’avance pour trois nuits.

La soirée arrive et après un repas simplifié, je me retire dans ma tente.

Je n’y avais pas fait attention dans la journée, mais le bruit du trafic incessant de poids lourds qui descendent la route nationale en frein moteur devient insupportable et m’empêche de dormir.

Vers 23 h, n’en pouvant plus, je décide de déménager et d’aller dormir ailleurs dans ma voiture.

En effet, en rabattant les sièges (y compris celui du passager) je dispose d’une surface presque plane de près de 2 m de long.

Je remonte une petite route pour gagner le col du Perthus et m’installe sur un parking ce soir vide.

Le lendemain matin (jeudi) je retrouve ma tente au camping et, compte tenu de la modicité de la prestation, décide de l’y laisser afin de profiter des commodités du lieu.

Aujourd’hui, le géologue a prévu d’aller visiter les volcans les plus récents d’Auvergne : le lac Pavin (- 6000 ans) et le Puy de Montcineyre (-5800 ans).

C’est un peu loin de ma base de départ, mais, tant-pis, je suis curieux.

Le Montcineyre est un modeste cône volcanique qui a barré un vallon permettant ainsi l’établissement d’un lac à son amont. La coulée de lave est bien identifiable sur les cartes, mais sur place recouverte de forêt, hors la surface très bosselée, il ne reste rien en surface des laves cordées de la “cheire“ que j’espérais observer.

Front de la coulée de lave du Montcineyre (env. – 5800 ans)

Le cône comporte deux profonds cratères, mais dont on ne peut voir le fond à cause de la végétation. La vue du sommet est entravée par les arbres. Un raide chemin de descente m’amène au bord du vaste lac. D’ici l’ambiance est sauvages, pas de construction visible, une ceinture de forêt et quelques prairies.

J’aurais bien tenté une petite baignade nu, mais interdiction : l’eau du lac est utilisée pour l’alimentation humaine. Les vaches ne savent pas lire les panneaux et bousent sur la plage de sable gris et même dans l’eau.

Retour à la voiture par de belles prairies jaunies par la sécheresse de l’été où paissent de nombreuses salers à la toison rouge et aux cornes effilées.

Si j’ai pu faire cette première petite rando nu presque tout du long, il n’en sera pas de même pour la suivante : le lac Pavin, haut lieu touristique.

L’ambiance est tout de suite donné dès le parking où stationnent quelques centaines de voitures et de camping-cars. Je ne serais certainement pas seul.

Le lac, tout rond, de près d’un kilomètre de diamètre, enchâssé dans un cercle de forêt et de rochers est impressionnant, surtout quand l’on sait qu’il s’agit du cratère d’une énorme explosion volcano -phréatique qui a dû propulser dans les airs près d’un Km3 de roches broyées.

Ce phénomène appelé “maar“ est dû à la rencontre en profondeur d’une montée de lave avec une nappe phréatique abondante.

Le lac est dominé par le volcan du Montchal.

Là, un bon chemin monte au sommet partiellement dégagé de la forêt, ménageant un large panorama sur le Puy de Sancy, malheureusement massacré par la station de ski de Super Besse.

Le cratère, déboisé, est bien moins profond et mystérieux que ceux du Montcineyre.

Cratère du Puy de Montchal

Je finis ma petite boucle par la rive opposée.

Retour au camping. Je dormirais encore ce soir dans ma voiture sous un ciel extraordinairement étoilé. Dans les Alpes, proches des villes, on a perdu l’habitude de voir la Voie lactée.

La météo est très pessimiste pour notre semaine de randonue collective. Je décide donc de monter en avant première au Puy de Peyre Arse, depuis Lavigerie, une des plus belles randos que l’on puisse faire ici. Ce sera toujours cela de pris.

Le puy de Niermond qui sera l’objet d’une prochaine randonnée.

Le ciel est presque sans nuages. Hors des chevaux, personne en vue, mais j’observe cependant des traces de pas récentes dans la boue du chemin. Je ne suis pas seul sur cet itinéraire entièrement déboisé. Qu’importe, la vue porte loin. Je puis me mettre nu.

En effet, je rattrape progressivement un couple qui me voit nu de loin. Ils font une pause aux ruines de Peyre Arse. J’enfile mon short et les dépasse. Bonjour … bonjour, pas de réflexion. Cent mètres plus loin, je suis à nouveau nu.

D’une large croupe, l’arête devient de plus en plus effilée et rocheuse. J’adore ces passages qui nécessitent un peu d’escalade.

Un violent vent du sud (heureusement chaud) balaye les crêtes et par moment, je crains de me faire bousculer.

Un couple (un autre) s’abrite derrière un gros bloc sur le dernier col. Il faut bien me rhabiller, d’autant plus que le sommet est occupé et que d’autres personnes montent par la voie normale.

Descente sur le col de Cabre.

Je gagne le col de Cabre et descend sur Lavigerie par le vallon des 3 cols. Un joli chemin creux bordé d’arbres me ramène à la civilisation. Je ne me rhabillerais qu’au goudron.

Jacques Marie me téléphone pour me dire qu’il sera sur le Cantal dès ce soir avec son petit camping-car. Nous nous donnons rendez-vous pour passer la nuit au col du Perthus où j’ai désormais mes habitudes.

Samedi matin, la météo a tourné. Les sommets fleurtent avec les nuages. L’après-midi est réservé pour faire des courses. Nous décidons d’aller du col au Puy Griou peu éloigné. Une erreur d’itinéraire de ma part (je voulais absolument éviter les larges pistes tracées dans la forêt) nous conduit au Puy de l’Usclade. Beau panorama, mais un peu ennuagé. Retour. La pluie menace.

Les courses indispensables réalisées à Murat, nous prenons le chemin du gîte à la Gravière, hameau de Lavigerie.

C’est une grande maison de pierre sur trois niveaux. Les seules ouvertures donnent au Sud.

Au rez-de-chaussée, une large salle avec une immense cheminée : le Cantou où l’on peut se tenir assis autour du poêle qui en occupe le centre. Ce niveau comporte aussi une grande chambre avec un lit double et une salle de bain attenante.

Un vaste salon occupe le premier étage. On y trouve aussi une chambre, un cabinet de toilette et une alcove.

Le dernier étage, sous le combes, toujours aussi vaste, n’est malheureusement éclairé que par de toutes petites fenêtres et stagne dans une demi obscurité assez déprimante.

Les amis arrivent les uns après les autres. Ce soir nous seront dix. Chantal ne viendra que lundi soir.

Dimanche matin, le ciel est gris et un petit crachin flotte dans l’air. La météo annonce une amélioration dans la journée. Je propose le plateau du Limon et le Puy de Niermond comme première randonue en groupe. Après quelques cafouillages dans un hameau, un bon chemin nous monte au plateau.

Nous sommes déjà presque tous nus quand un chasseur en quad nous rattrape et nous double sans s’arrêter. Ils nous a certainement aperçu nus.

D’autres chasseurs sont dissimulés sur une crête rocheuse. Une harde de cerfs fuit au travers des prairies. Nous admirons l’aisance avec laquelle ils sautent les barbelés.

Le plateau du Limon est un immense plan peu incliné (une planèze) ou ne s’élève aucun arbre. Des petits troupeaux de vaches s’égaillent sur sa surface jaunie.

Mais on est dans le massif Central, les barbelés, souvent en double et sur trois rangées découpent l’espace et si l’on ne trouve pas des passages aménagés, obligent à de périlleuses gymnastiques. Nous suivons un temps un vieux chemin bordé d’énormes cairns : le sentier des Quirous. Les quirous sont ces balises de grosse pierres placées tous les dix mètres qui évitent depuis des siècles au passant de se perdre dans le brouillard ou la neige.

La longue montée vers le Puy de Niermond s’éternise.

Le sommet espéré s’avère plusieurs fois n’être qu’une antécime. Enfin… Une barre rocheuse dans le brouillard nous arrête à son sommet.

Deux femmes arrivent. Certains d’entre nous ne se rhabillent pas. Elles ne semblent pas troublées par notre nudité. Elles discutent avec nous sur l’itinéraire et demandent à consulter notre carte.

Le retour que j’ai prévu quitte les chemins pour s’engager dans des prairies pentues et des landes à genets. Nous naviguons à l’estime et au GPS. J’ai observé avant hier depuis Peyre Arse que des barres rocheuses nous séparent de la route. J’impose donc une traversée horizontale dans un bois qui commence à prendre les couleurs d’automne pour rejoindre une zone plus favorable. Un triple barbelé nous en sépare. Il faut se glisser en dessous en rampant.

Finalement, nous gagnons une maison, puis une route et un chemin nous ramène au point de départ.

Lundi matin, la météo annonce de la pluie pour midi. Une rando courte s’impose. Ce sera le Puy de Seycheuse qui fait face à notre gîte.

Un chemin creux bordé d’arbres monte en diagonale dans le versant jusqu’à une large selle de prairies occupée par quelques ruines d’une ancienne vacherie. La vue se dévoile sur la vallée de Murat, mais les plus hauts sommets restent obstinément cachés dans des nuages.

Une cavalcade attire notre attention : comme hier, il s’agir d’une harde de cerfs qui s’enfuit.

Nous remontons la crête en direction du sommet et sommes bientôt engagés dans ces mêmes nuages.

Vision fantomatique de corps nus dans le brouillard et bientôt de la solide croix sommitale à proximité de laquelle nous prenons une petite collation.

L’ambiance étant quand même un peu fraîche, nous entamons assez rapidement la descente sur l’arête Est. Une déchirure dans les nuages nous fait brièvement apparaître le sommet d’où nous venons.

Le retour sera hors sentier, à travers des prairies.

Derrière des rochers, nous distinguons des silhouettes humaines : des chasseurs postés. L’éclat d’une paire de jumelles trahis que nous sommes observés.

Un peu plus à droite, monte un groupe de randonneurs qui s’arrête pour également regarder.

Quelques franchissements hasardeux de barbelés plus bas nous arrivons au village. Nous sommes de retour un peu avant midi et le gros de la troupe décide d ‘aller manger au restaurant à Murat.

Un quart d’heure après notre arrivée, une pluie battante s’abat et durera une bonne partie de l’après-midi.

Le soir, Notre amie Chantal vient renforcer le groupe et apporte force victuailles locales.

La météo pour mardi est encore indécise. La pluie n’est pas prévue et une éclaircie devrait égayer l’après-midi.

Afin de ne pas trop s’engager j’ai choisi une rando plutôt courte avec un retour facile : l’Élancèze depuis la ferme de Lagat.

Un bon chemin carrossable monte au col du même nom. Un timide soleil nous accompagne. Dès la ferme perdue de vue, certains sont déjà nus. Mais voila que surgit un quad. Ils n’ont pas le temps d’enfiler les shorts. Pas de réflexion.

Au delà du col l’itinéraire est tout droit sur un plateau faiblement incliné. Partout des vaches et quelques taureaux. Quelques uns d’entre nous ne sont pas du tout rassurés et font de larges détours pour contourner les troupeaux.

Le grand plan incliné devient arête, dominant à droite un grand versant boisé, à gauche une large combe de prairies.

Le relief se précise et nous débouchons sur un petit col entre deux bastions rocheux qui constituent les sommets. Une brève trouée dans les nuages nous permet d’admirer, loin en dessous de nous, les vertes prairie de la vallée de la Jordanne.

Le soleil revenu, du sommet Ouest, une belle combe herbue va nous permettre de descendre sur les ruines de la vacherie d’Ascout qui nous avait servi d’abri, il y a cinq ans en arrière sous la neige.

Avant, il faut encore franchir une double ligne de barbelés, chaque propriétaire établissant la sienne à 50 cm de celle du voisin !

Aujourd’hui, nous n’aurons pas besoin du toit de la ruine pour nous protéger. Nous nous installons pour casser la croute au soleil devenu chaud dans un enclos de pierres qui nous abrite du vent.

Guillaume se plaint d’avoir mal à un genou. La douleur devient de plus en plus preignante dans la descente. Arrivé au col de Lagat, il ne peut presque plus marcher. Nous pressons Dominique de monter avec son duster. Ce dernier renâcle un peu de peur d’abimer sa voiture pourtant 4×4. Finalement, il se décide et Guillaume est évacué.

Mercredi sera la seule journée de grand beau. Du coup je propose Peyre Arse, bien que je l’ai fait le vendredi précédent car que je considère cette rando comme la plus belle du secteur.

Aujourd’hui pas de vent violent, mais un doux soleil.

Nous faisons un détour pour aller voir un petit cirque de cheminées de fées entaillé dans des brèches volcaniques et, déjà nus, tombons sur deux chasseurs. Nous les laissons partir devant, mais bientôt les rejoignons sur le chemin. Une conversation s’engage sur la faune locale sans qu’ils semblent gênés par notre tenue.

La crête finale, rocheuse et étroite effraye une partie du groupe qui préfère couper par une traversée sous le sommet.

Au petit col avant ce dernier, alors que je suis nu, un randonneur textile me hèle pour me montrer des chamois.

Une pause au sommet, puis nous retrouvons les autres dans une petite prairie, bien verte, abritée entre des blocs un peu à l’écart du sentier. Ce sera le lieu de la pause de midi.

Au col de Cabre, sachant que nous bénéficions du dernier jour de beau temps de la semaine, nous décidons de poursuivre jusqu’au Puy Griou par une longue traversée. Nous ne serons que peu à faire l’ascension des rochers terminaux.

Le Puy Griou

Arrivée au sommet du Puy Griou

Puy de Peyre Arse

Retour au col de Cabre et descente sur Lavigerie.

Un peu avant les premières maison, alors que je suis devant avec Dominique, une femme monte vers nous. Nous avons eu le temps de nous rhabiller et engageons la conversation.

Elle a en main une tondeuse et une étrille. Elle va pomponner ses vaches (de magnifiques salers rouges) rien que pour le plaisir, pour qu’elles soient belles !

Jeudi matin, le ciel est bas et la pluie menace. Je propose une petite rando pour aller voir des maars au dessus de Murat. Mais une fois arrivé sur place la pluie s’installe durablement et il faut bien renoncer.

Du coup le gros de la troupe décide de rentrer chez eux dès cet après-midi et nous ne nous retrouvons plus qu’à quatre pour déguster le délicieux aligot que Chantal avait apporté.

Il pleut et vente toute la nuit. Au matin les sommets sont gris de neige fraiche. Je rends les clefs du gîte.

Au Grand Colombier

Montagnes du Jura (Ain)

10 septembre 2020

Seul

La météo annonçait un temps mitigé sur les Alpes, mais par contre, pour une fois, il fallait aller chercher le beau temps au Nord.

Du coup, j’avais repéré depuis quelques temps cette randonnée sur les carte et décidais (au dernier moment, une autre rando dans le Vercors n’ayant au matin plus de participants) d’aller explorer le Sud des monts du Jura.

Une heure et demi de route me conduisent un peu en dessous du col de la Biche au parking de la croix de Famban. Curieux petit parking entouré de barbelés afin que les vaches qui paissent librement sur le plateau ne viennent pas dégrader les voitures !

Quatre femmes s’apprêtent à partir en rando, chaudement vêtues, car, bien que venant du Sud, à 1300 m d’altitude, le vent qui court sur la prairie est loin d’être chaud.

Ma tenue minimale (short et Tshirt ) les interroge : « vous allez avoir froid! ». Q’auraient-elles pensé si elles avaient su que je tomberais ces derniers dès qu’elle auront disparu de ma vue ?

Pour commencer, je tourne le dos au Grand Colombier et me dirige vers le Nord afin de faire une boucle, jugeant que l’accès direct un peu court.

Du coup, je pat dans le sens inverse du groupe de femmes et au bout d’une centaine de mètres, je suis nu.

Assez vite, je rentre dans la forêt qui m’apporte l’abri du vent. Je rejoint une crête rectiligne qui vers le sud me conduit au col de la biche.

Il y a là un 4×4 arrêté au bord de la route et stationné un peu plus bas, dans un virage, une voiture. Je renfile le short pour traverser la chaussée et le garde un moment car un agriculteur progresse avec un quad non loin de là dans la prairie.

Je retrouve la nudité et, ne voyant venir personne m’installe pour faire un selfie (sortir le pied photo, installer le tout) et à ce moment là arrive un couple qui me surprend dans mes opérations. Bonjour – bonjour. Qu’en ont-ils pensé ?

J’ai renfilé le short et les suit à quelques distances. Ils marchent plus vite que moi, mais comme souvent, s’arrêtent à plusieurs reprises, ce qui fait que je les rattrape.

Je les double au petit sommet de la Griffe du Diable qui semble devoir être le terminus de leur rando.

Plus personne, je retrouve la nudité jusqu’au col de Charbenière.

La montée vers la croix su Grand Colombier dans la forêt de hêtres tordus par le vent est assez raide et pénible. Au moment de sortir de la forêt, un peu en dessous du plateau sommital, un homme avec un comportement bizarre, cherche à s’enfoncer dans la forêt particulièrement touffue à cet endroit, comme s’il voulait se cacher.

Quoi qu’il en soit, je suis très proche du sommet et il est plus sur de se rhabiller. Ce qui m’est presque immédiatement confirmé par l’arrivée d’un groupe engagés dans la descente.

Du sommet, la vue s’étend jusqu’au lac du Bourget.
Et le Rhône d’autre part.

Je casse-la-croute, abrité un peu en dessous de la croix où un homme vient à ma rencontre pour discuter du Tour de France qui doit passer ici dans deux jours.

En effet, tout un barnum de tentes et de camions est en train de s’installer sur le col à une centaine de mètres de là.

Retour par le même chemin ; mais difficile d’être nu, c’est l’après-midi et sans arrêt, des personnes montent en sens inverse et risquent de me surprendre sur le sentier étroit et tortueux en forêt.

Revenu à la Griffe du Diable, je quitte la crête pour une large combe de prairie où je puis voir de loin et à nouveau me mettre nu.

Sorbier.

Je traverse deux troupeaux de vaches et me rhabille en vue de la croix de Famban alors que plusieurs groupent viennent vers moi avec des chiens.

Surprise, le parking est plein de voitures et campings cars. Des tentes se dressent. Ce sont pour la plus part des belges et des hollandais. Il s’installent là, 48 h avant, pour voir passer le Tour de France. Ma voiture est coincée au fond de l’enclos et je dois insister pour que l’on me laisse le passage !

La brèche de Pacave

Alpes : Massif des Ecrins

8 septembre 2020

Seul.

Depuis un certain temps j’avais repéré sur les cartes le lac de Puy Vachier et le refuge Evariste Chancel qui semblaient pouvoir être le but d’un belle randonnée.

Mais avec le téléphérique des Glaciers de la Meije à proximité, le secteur risquait d’être très fréquenté et donc ne guère se prêter à la randonue.

Or voila que je découvre qu’à partir du mois de septembre, le téléphérique est fermé en semaine. C’était l’occasion rêvée de visiter ces lieux tranquille.

Lever 5 h, départ 6 h, sur place vers 9h30.

Le départ du sentier n’est pas évident. Une lave torrentielle récente a chamboulé les rives du torrent et probablement emporté la signalisation. Il me faudra deux faux départs avant de trouver le bon chemin.

Village de La Grave.

D’ailleurs ce dernier est large et presque carrossable jusqu’à un second torrent à proximité duquel passe une piste de ski.

Arrive aussi une piste de VTT que je vais recouper sans arrêt (on monte à 3200 m en téléphérique et on descend jusqu’à 1400 m, un dénivelé record !).

Hameau des Terrasses.

Au chemin fait suite un sentier bien tracé qui monte dans le forêt claire de mélèzes. A partir de là, je vais être nu pour la plus grande partie de la rando.

Je sors brièvement de la forêt dans ls prairies du Puy Vachier supérieur et bénéficie d’une superbe vue sur la face nord de la Meije.

Le sentier principal monte en raides zig-zags sous les câbles de la remontée mécanique, ce qui n’est pas pour m’enchanter. Je lui préfère une traversée en forêt vers la Pierre Farabo. Quand je sorts de la forêt sous le lac, j’aperçois deux personnes qui montent à plusieurs centaines de mètres devant moi. Je m’applique à garder les distances sans me rhabiller pour autant.

Au delà du plateau d’En Paris, la chaine des Grandes Rousses.

Mais au fait, où est-il ce lac ? J’ai déjà 900 m de dénivelé dans les pattes et après chaque bosse où j’espère arriver, une autre se profile…

Voici, enfin, le déversoir. Un cirque presque parfait, bordé de falaises, tel un cratère, abrite un lac sombre et profond.

Je renfile mon short pensant que les deux qui me précédaient seront au bord du lac. Non, ils ont disparu. Mais par contre, un homme seul fini une pause repas. J’arrive, il repart. On se croise et on discute un petit moment. Il compte passer par la brèche de Pacave et descendre par les Vallons de la Meije. Il me vante la grande beauté de l’itinéraire. Je décline l’invitation considérant le dénivelé qui me resterait à avaler (encore 400 m). Je dis que je vais me contenter d’aller jusqu’au refuge.

Il part ; et moi je m’installe nu au soleil pour ma collation de mi-journée. Je tentes même une baignade, mais l’eau est vraiment trop froide à mon goût. Je ne dépasserais pas mi-cuisses !

Je ne vais pas redescendre sans être allé au moins jusqu’au refuge, 100 m plus hauts, bien visible sur une bosse rocheuse. Un bon chemin de quad y conduit en quelques zig-zags. Les lieux semblent déserts et je me contente de passer un peu au large sans me rhabiller.

De là, la Brèche de Pacave paraît tout proche.

Le Doigt de Dieu pointe derrière la crête.

Les incitations de ma rencontre de tout à l’heure me font hésiter. J’ai encore quelques forces et finalement, je tente le coup me disant que de toute façon, je pourrais toujours redescendre par où je suis monté. Le petit sentier contourne la base d’un éperon rocheux puis se perd dans les éboulis d’un vaste plan incliné. Les traces piétonnes et de VTT se mêlent et je n’ai pas trop du GPS pour ne pas m ‘égarer.

J’aperçois brièvement quelques silhouettes sur le col ; humains ou chamois ? Une traversé légèrement descendante dans un champ de gros blocs m’amène à la brèche. Sur l’autre versant, un fantastique panorama de parois, de pics et de glaciers se déroule.

Mon interlocuteur de tout à l’heure avait bien raison de m’inciter à monter jusqu’ici. L’appareil photo ne chôme pas.

Une descente dans les éboulis, puis un joli plan herbu (le Clot de la Cala), malheureusement sous les câbles du téléphérique.

Je suis des balises de peinture et me retrouve sur une affreuse piste caillouteuse taillée à coup de bull, dans le versant. J’ai loupé l’embranchement pour le sentier plus sympathique que je vois serpenter plus bas sur la crête de la moraine.

La piste, en fait, le retour skieurs à la gare intermédiaire du téléphérique, me ramène à celle-ci. Inutile de se rhabiller, tout est désert et je ressent une étrange impression à traverser, nu, devant la terrasse du restaurant avec tables et chaises, les jeux pour petits et grands, le stade de découverte de l’activité VTT, etc..

La descente se poursuit dans de belles clairières herbues enchâssées dans la forêt.

A nouveau, malgré le balisage, je me perds entre sentiers VTT et sentiers piétons. Peu importe, tous descendent. D’ailleurs, elle s’éternise cette descente et mes genoux commencent à souffrir…

Au Puy Vachier Supérieur, je retrouve le chemin de montée. Ce sera là, ma seule rencontre impromptue avec un couple de textiles qui ne semblent pas apprécier ma tenue. Ah les promeneurs de fin de journée !

Craignant de nouvelles rencontres, je finis la descente habillé.

Le tour de la Pointe de la Lavoire

Alpes : chaîne de Belledonne

28 août 2020

Seul

Sur le versant est de Belledonne, une belle et longue randonue.

A partir du Premier Villard, une piste forestière s’élève en multiples zig-zags dans la forêt du Nant.

Un embranchement conduit au lieu-dit “Les Granges“ au départ de la Combe du Merlet.

Le goudron disparaît au bout d’un Km et me voila sur une piste cahotante qui n’en finit pas.

Un peu avant le lieu dit de l’Echaut, craignant pour l’intégrité de mon véhicule, je laisse ce dernier dans une épingle.

Je suis encore loin du point de départ visé et me rajoute 200 m de dénivelé à l’ombre sous un petit vent frais.

Deux voitures (des 4×4) sont stationnées aux Granges. L’une juste au départ du sentier qui doit me mener à la Croix de Triandou.

Vallon de la Vieille Route

C’est un cheminement très raide, montant souvent droit dans la pente, et mal tracé.

Dans ce versant sud, le soleil est de la partie et je suis rapidement nu. La pente diminue un peu et au niveau d’un petit bois, je perçois une tache de couleur. Je me rhabille et poursuit ma montée. Ce sont des sacs à dos et doudounes marquées du sigle ONC, posés là. Leurs propriétaires ne doivent pas âtre très loin. En effet, je les aperçois armés de pioches et de pelles en train de refaire le sentier.

Ils progressent en descendant (moins fatiguant) et une fois croisé, je les perd assez vite de vue. Retour à la nudité.

Le sentier vient finir sur une large croupe à coté d’une croix et d’un panneau indicateur qui, malheureusement, n’affiche pas la direction que je veux prendre. Une vague trace semble partir vers la Combe du Bacheux Je la suis, mais au lieu de descendre, comme je m’y attendais, monte de plus en plus.

Nouvelle consultation de la carte. Non il faut descendre sur la crête à travers des prairies ou le sentier s’est effacé pour retrouver le bon chemin un peu plus bas.

Vallon du Bacheux

Suit une longue traversée descendante dans des vernes. Encore du dénivelé de perdu,  qu’il faudra compenser plus loin !

Après avoir traversé un couloir d’éboulis, je débouche dans l’alpage du Bacheux je me rhabille en vue des chalets ; mais finalement ceux-ci sont déserts.

Une petite pause nu au soleil à l’abri des dernières vernes pour grignoter quelques fruits secs et je repart.

Le sentier disparaît progressivement et je me retrouve à surmonter un verrou dans des pentes raides et herbues avant de déboucher sur un replat de moraine. Déception, les lacs se font encore attendre. Un nouveau ressaut et je suis au bord du premier, peu profond et bordé d’un beau chaos de blocs qu’il faut franchir pour arriver au lac principal, nettement plus étendu.

Le Grand lac.

Ce sera ici la pause repas de la journée, nu au soleil derrière un bloc.

J’appréhende la dernière étape : la montée du col car je commence à être sérieusement fatigué et sent venir des crampes dans les mollets. Ceci-dit, je n’ai pas le choix, tout retour en arrière est inenvisageable car il m’amènerait à redescendre par une autre vallée que celle celle où se trouve ma voiture.

Il reste 200 m à gravir, alors, je vais y aller doucement, sans jamais forcer. Au début, je suis une vague trace qui fini par se perdre dans un éboulis instable. Je retrouve un semblant de sentier juste sous le col où se dresse une belle pancarte toute neuve.

D’ici, par temps clair, la vue porte loin, jusqu’à la chaine du Valais Suisse (Alpes pennines).

Aperçu sur la Meije

Je suis tiré d’affaire, il n’y a plus qu’à descendre. Un petit sentier zigzague dans une pente forte, puis plus rien. Il n’existe plus que sur la carte ! Il n’y a plus qu’à plonger au mieux dans des prairies et des éboulis. La pente reste forte, entrecoupée de petits ressauts rocheux. Dans ces conditions, ce sont les cuisses, déjà bien fatiguées qui souffrent.

Au Plan des sources, je rejoint le bon sentier qui monte des chalets de la Vieille Route au col du Merlet. Arrive un couple et je dois renfiler le short. Les chalets sont habités, il y a du linge qui sèche dehors et de la vaisselle sur une table. Toujours pas question de se mettre nu. Je coupe droit dans la pente pour m’éloigner de la piste carrossable.

Mais je suis à un niveau de fatigue où je n’ai même pas le courage d’enlever à nouveau mon short. Suit une interminable descente jusqu’à la voiture.

Au Parmelan

Alpes : massif des Bornes

22 juillet 2020

Avec : Dominique et Guillaume.

Le plateau du Parmelan supporte un des plus beaux lapiaz des Alpes. Gouffres et glacières y sont innombrables.

J’ai récupéré Dominique au passage à Chambery et Guillaume nous rejoint directement au chalet de l’Anglettaz.

Le chalet de l’Anglettaz au bout d’une route étroite et défoncée.

Le ciel est plus gris que bleu, mais les risques de pluie semblent limités.

Deux femmes partent dans une direction opposée à la notre. A quelques m^tres du parking, Guillaume s’accroche un pied dans un fil de fer en franchissant une barrière et chûte se faisant mal à un genou. Il se tord de douleur, mais avec son courage habituel devant l’adversité décide de continuer. progressivement la douleur s’atténue. Nous sommes les seuls sur le chemin et ne tardons pas à opter pour la nudité.

Après une série de prairies, le sentier entre en forêt et en même temps dans les lapiaz.

Une petite variante par rapport au chemin principal va nous conduire au bord de la Grande Glacière. Impressionnante cavité avec un porche monumental.

La grande Glacière

Le cheminement prend alors la direction du Sud sur des dalles de calcaire balisées de place en place par des coups de peinture jaune.

La forêt s’éclaircit progressivement, ménageant de belles clairières.

Nous arrivons à une seconde glacière dans laquelle il est facile de descendre jusqu’au névé. Nous nous prenons en photo tours à tours quand les deux femmes de tout à l’heure nous surprennent en tenue de nudité. Elles semblent un peu surprises et ne répondent pas à nos bonjours.

Nous rejoignons le chemin qui vient directement de l’Anglettaz et abordons la partie dénudée du lapiaz.

Alors que nous cherchons un emplacement pour manger, nous tombons sur un groupe arrêté pour les mêmes raisons. On nous dit que notre tenue ne les gènes pas . Nous resterons cependant à l’écart dans une dépression à l’abri du vent et des regards.

L’itinéraire, heureusement bien balisé, monte doucement vers le sommet du Parmelan à travers des lapiaz de plus en plus compliqués.

Il faudra bien se rhabiller en vue du refuge Dunant ou quelques personnes sont attablées sur la terrasse.

Un promontoire permet d’avoir une vue panoramique sur le bassin d’Annecy et les montagnes environnantes malheureusement très embrumées.

Pour finir la boucle, nous allons maintenant revenir vers le Nord, vers l’Anglettaz, par un grand chemin. La probabilité de rencontrer quelqu’un devient plus élevée. Guillaume et Dominique prennent le risque de rester nus.

A un carrefour, un quidam arrive avant qu’ils aient pu se rhabiller. Nous nous excusons, mais celui-ci nous dit que cela ne le gêne pas, mais par-contre, aimerait bien voir une carte car il se sent un peu perdu…

Le Râteau des Rousses

Alpes : Grandes Rousses.

20 juillet 2020

Avec Patricia et Philippe

J’avais fait cette randonnée en juillet 2018 avec un groupe OVS, et la trouvant fort belle j’avais décidé de l’offrir à mes amis randonneurs naturistes.

Après une route un peu longue, nous sommes vers 10h au col de Sarenne.

Cime de la Muzelle

Comme pour toute belle journée d’été, pas mal de voitures occupent le parking.

Un sentier, en une longue traversée va nous conduire au vallon du Grand Sablat.

Mais pour le moment, ce sentier commence par descendre : autant à remonter au retour.

A peine hors de vue du parking, Philippe est nu. Je reste plus réservé et Patricia trouve qu’il fait encore un peu frais.

Progressivement, un couple avec un enfant dans un porte bébé nous rattrape. Il est préférable de se rhabiller. Nous les laissons prétextant grignoter quelques bricoles. Mais voila qu’ils s’arrêtent (bébé pipi ). On les dépasse à nouveau… Mais vite, ils sont sur nos talons. Pas possible d’être nus dans ces conditions.

Je tempère Philippe en lui disant qu’au Grand Sablat, où nous allons bientôt arriver, nous poursuivrons hors sentier et qu’il est peu probable que le couple nous y suive. D’ailleurs ce dernier s’est arrêté de nouveau et nous ne le reverrons plus. Retour à la nudité.

Alors que nous quittons le sentier au clos du Bœuf, deux trailers surgissent. Tant pis.

Maintenant, plus que des traces imprécises et souvent multiples : des sentiers de moutons. Nous ne reverrons plus personne pour un bon moment. Cà monte raide, puis nous entamons à nouveau une traversée horizontale jusqu’à un petit cirque où un ruisseau prend sa source.

Une nouvelle montée dans un vague vallon et nous sommes au plan des Malatres dominé par une jolie cascade.

Maintenant la montée va être progressive dans un décors de plus en plus minéral. Au dessus du Serre des Plonges, la neige apparaît, d’abord des plaques que nous contournons par des échines déneigées,

puis un grand névé qui nous conduit à 2888 m sur un vague col à la diffluence des glaciers des Malatres et des Quirlies.

Vue exceptionnelle à la fois sur les glaciers tout proches et les lointains : aiguilles d’Arve, La Meije, etc..

En s’avançant sur la crête facile du Râteau des Rousse, nous dominons le bas du glacier des Quirlies et le lac du même nom. Une petite collation et il faut bien redescendre.

Au plan des Malatres, une barre rocheuse, bien exposée au soleil va nous fournir un site parfait pour le repas principal. D’autant plus qu’une jolie cascade offre une petite vasque où Philippe, incorrigible, va tenter de sa baigner.

Le retour paraît bien long et la remontée finale au col de Sarenne (une centaine de mètres de dénivelé) tire sérieusement sur les mollets.

La Tête de la Maye

Alpes : massif des Ecrins

31 mai 2020

Seul

Le confinement est levé depuis quelques jours et j’ai hâte d’aller respirer l’air de la haute montagne.

Je me suis décidé au dernier moment : le matin à 4 h. J’irais à la Tête de la Maye au dessus de La Bérarde. Je crois bien que je ne l’ai jamais faite.

C’est à priori une rando très fréquentée, et je n’imagine même pas que je puisse me mettre nu, surtout un dimanche.

Quand j’arrive vers 7 h du matin au bout de la grande ligne droite qui fait suite à Bourg d’Oisans ; je lis avec consternation un panneau lumineux qui indique “Route de la Bérarde fermée après Venosc“.

J’enrage, c’est la troisième fois en peu de temps que je me retrouve le bec dans l’eau à cause de travaux sur cette route.

Bon allons jusqu’à Venosc. Bien que cette perspective ne m’enchante pas, je pourrais peut-être monter au lac de la Muzelle.

A la sortie de Venosc, la route n’est pas barrée. Pourrais-je aller jusqu’au plan du lac ? Ce qui offrirait d’autres perspectives de rando plus intéressantes.

Ah voila l’obstacle. Un énorme bloc de rocher est venu se poser en travers de la route. Des techniciens du département (géologues ?) partent en reconnaissance pour expertiser la zone de départ.

Il a été poussé une bande de gravier du coté aval de la chaussée permettant à une petite voiture de passer. On ne me dit rien. Je passe …

Pour la suite, à part pas mal de cailloux sur la route, plus de problèmes jusqu’à la Bérarde.

Hors quelques camping-cars qui de toute façon sont bloqués, peu de voitures sur le parking, et pour cause.

Du coup, personne sur le sentier qui monte au Chatelleret, et encore moins après l’embranchement en direction de la Tête de la Maye. Dès que le soleil apparaît, je suis nu et le serais jusqu’au sommet.

C’est un itinéraire difficile franchissant des petites barres rocheuses équipées de câbles. Le vide est souvent présent.

A mi-hauteur une petite prairie suspendue sur un épaulement me tend les bras pour un arrêt collation et photo.

Le sommet est un long plateau herbu dominant de toute part des falaises.

Le panorama est exceptionnel car on se retrouve au carrefour des vallées avec vue aussi bien au Nord sur la face sud de la Meije, à l’est sur le glacier de Bonne Pierre et la haute face rocheuse des Ecrins, au sud sur le vallon de la Pilatte.

Il est encore tôt et je passe un bon moment à contempler toutes ces merveilles. Mais voilà qu’arrive un couple et je dois renfiler au moins le short.

J’entame la descente, prudemment dans les zones rocheuses.

Sur un replat un peu en dessous du sommet arrive une jeune femme seule. Elle est équipée comme pour faire une via-ferrata : baudrier, casque, longes.

Elle me dit qu’elle a été impressionnée par les passages câblés et angoisse de devoir redescendre par le même itinéraire (de toute façon, il n’y en a pas d’autre!).

J’ai faillis lui proposer de l’attendre pour la sécuriser dans sa descente. Mais dans ce cas plus de nudité…

Plus bas, c’est une petite famille équipée de tennis avec des gamins qui courent à droite et à gauche dans les rochers.

Maintenant, il est pas loin de midi, des gens montent et je dois me résigner à ne pas retrouver ma tenue préférée.

Quand je reprends la route dans l’autre sens, le contournement du gros bloc a été réaménage et l’interdiction a été levée.

Notre dernière randonue de l’année 2019

le 31 décembre 2019

Avec Patricia et Philippe

Après un mois de décembre de neige puis de pluie, le beau temps revient enfin pour la dernière semaine. En Chartreuse, la limite de la neige est remontée vers 1400 m.

Je propose sur notre liste de diffusion une dernière randonue en raquettes de l’année (le 31 décembre). Peu de réponses, seuls Patricia et Philippe se disent intéressés.

J’ai choisi le pas des la Porte pour son accès facile par le col de l’Alpette et la grande beauté du large plateau qui sépare les deux cols.

C’est une grande classique de Chartreuse et la montée au col est très fréquentée même un jour comme celui-ci. De plus on est tout le long à l’ombre, donc pas question de se mettre nu.

Tête du Lion au Mont Granier.

Mes compagnons râlent un peu : « si c’est ça ta randonue ! »

Au col de l’Alpette, le paysage se dévoile et le soleil est généreux. Un chasseur, sans fusil, nous indique où se trouvent des chamois.

Nous quittons le grand chemin qui conduit à la cabane et au col de l’Alpe. D’un coup, il n’y a presque plus personne sur cette partie du plateau. Une pause casse-croute sur un affleurement herbu nous verra nous mettre nus.

Un autre groupe, arrêtés comme nous sur une autre bosse à quelques centaines de mètres de là nous observe, mais nous n’en avons cure.

Après une assez longue pose, nous repartons toujours nus vers le pas de la Porte qui donne sur la vallée du Grésivaudan.

L’immensité du plateau nous permet de progresser à bonne distance des rares autres personnes. Le Mont Blanc se dévoile juste dans l’axe du vallon.

Au Pas, la vue sur les chaines plus internes des Alpes et la Combe de Savoie est exceptionnelle.

Au retour, un chamois nous offre sa présence à quelques dizaines de mètres sans fuir.

Il est temps d ‘accélérer notre retour alors que le soleil disparaît derrière les falaises du Pinet.

Rhabillage, d’autant plus que des groupes montent pour réveillonner à la cabane.

Le chemin est par endroit bien glacé et, afin de ne pas glisser, nous gardons les raquettes aux pieds, bien qu’il n’y ait presque plus de neige.

Demain, comme il fera toujours beau,  j’ai prévu la première randonue de l’année 2020, mais personne n’est disponible pour m’accompagner.

Au refuge de la Pilatte

Le 30 octobre 2019

Seul.

Samedi dernier, nous avions dû renoncer à gagner le refuge de la Pilatte à cause d’une passerelle retirée et d’un torrent infranchissable à gué.

Déçu, j’ai envisagé d’y retourner seul en utilisant le sentier moins classique de la rive gauche ayant pour avantage d’éviter cette traversée.

La route de la Bérarde étant fermée pour travaux en semaine, il ne me restait plus comme possibilité que de passer avant l’arrivée des ouvriers, soit, avant 7h1/2 du matin et de redescendre après 17h ; projet un peu fou compte-tenu de la distance entre mon domicile et mon objectif.

Tant-pis, je n’aime pas rester sur un échec. Donc, ce mercredi matin à 4h, j’ouvre mes volets pour constater que le ciel est étoilé. Il y a bien un petit voile blanchâtre au nord, mais c’est du coté de la Savoie.

Branle-bas, c’est décidé j’y vais. Petit déjeuner et faire le sac sont expédiés en une demi-heure.

Quand je pars vers 5h moins le quart, les étoiles se font plus rares. Tant pis on verra bien.

En descendant sur Saint Pierre de Chartreuse, je rentre dans le brouillard. Au col de Porte, les étoiles réapparaissent, puis brouillard, parfois épais, jusqu’à Grenoble.

Au petit jour, vers Venosc, des nuages discontinus s’accrochent aux sommets. A Saint Christophe, le chantier est encore désert et je puis passer.

A 7h, je suis, seule voiture, sur le parking à la Bérarde.

Le ciel n’est pas très engageant, mais la température est douce pour cette altitude et pour la saison.

J’hésite entre attendre pour voir si les choses s’améliorent ou partir de suite car je sais que la marche sera longue. Ce sera la seconde option que je retiendrais.

J’ai dit température douce, oui, c’est relatif… Il courre un petit vent catabatique qui descend la vallée. Je reste habillé.

Dans le demi-jour, je remonte le sentier emprunté samedi, mais pour un temps seulement.

Un peu avant le plan du Carrelet, je franchis la passerelle (pérenne, celle là!) et gagne la rive gauche. Une petite montée pour contourner un rocher, puis le sentier, étroit, se faufile dans les herbes qui se déchargent fraichement de la rosée de la nuit sur mes mollets. Il me reste encore un point critique : la traversée du torrent qui descend du glacier du Chardon. Super ! La passerelle est encore là. Une raide montée pour rejoindre le sentier principal m’échauffe suffisamment pour pouvoir enfin me mettre nu. De là, on domine le plan du Carrelet, puis les vaste épandages de graves où serpente le Vénéon.

Cet itinéraire, finalement est plus beau que celui du fond de vallée, car en hauteur, il ouvre de larges perspectives sur la rive droite.

Il va me conduire par un long parcours jusqu’au fond du vallon là où nous avions dû faire demi-tour, mais sur la rive opposée.

Désormais, ça monte sérieusement. Lacet après lacet on s ‘élève dans un monde minéral de moraines et d’éboulis. Autour de moi, les nuages se déchirent de plus en plus et les sommets enneigés s’illuminent de taches de soleil changeantes. Moi, par contre, je suis toujours dans l’ombre grisâtre des pierriers de roche mouillée.

400 m de dénivelé de montée soutenue, où je n’ai pas le temps d’avoir froid, vont me conduire au refuge que l’on ne découvre qu’au dernier moment avec le cirque de la Pilatte : immenses glaciers et parois enneigées. Loin en dessous, la langue de glace vient finir dans la gorge.

Vite quelques photos de nu et je vais me rhabiller pour manger aux rayons d’un pâle soleil contre le mur sud du refuge. D’un seul coup, le froid s’abat sur moi et je tremble au point d’avoir du mal à enfiler mes vêtements.

Je ne traine pas trop ici. La descente me réchauffera peut-être. Malheureusement, le sentier est à l’ombre de la montagne.

J’accélère autant que possible pour gagner, tout en bas, les premiers zig-zags ensoleillés. Une petite pose au soleil et je retrouve la nudité.

En montant, j’avais repéré dans le lit du torrent un bastain de bois, reste d’une passerelle emportée par une crue. Je me disais qu’il suffirait de le mettre en travers, calé sur quelques pierres, pour pouvoir traverser. Rien à faire ! Il est relié à un câble, lui même pris dans les graviers. Impossible de le déplacer. Mais en observant le lit du torrent, je repère un enchainement de blocs qui doit permettre de passer. J’hésite un moment, puis tente le coup, équilibré avec mes battons. Ça passe.

Voilà, je suis sur la rive droite et rejoint le grand chemin par lequel nous étions monté samedi. L’intérêt est qu’il est mieux exposé au soleil que l’itinéraire de rive gauche. Je n’en profiterais guère car un méchant nuage semble me poursuivre.

Je fais une jolie variante dans les pins en empruntant un sentier de jonction qui va en direction du refuge de Temple-Ecrins. Bien sur, je ne monte pas jusqu’à ce dernier, mais redescend dès que je rejoint le chemin principal.

Je me prend en photo, non loin du refuge du Carrelet, mais des cris d’enfants me font vite enfiler mon short. Je passe dans cette tenue, torse nu, devant une petite famille bouche-bée au point de ne même pas répondre à mon bonjour.

Peu après, l’ombre de la Grande Aiguille gagne sur le chemin. Des personnes montent (Ah les promeneurs de l’après-midi !). C’est donc habillé que je finirais mon périple.