TRILOGIE AUTOMNALE 3

Le col de Tricot (2120 m, Massif du Mont-Blanc)

le 14 octobre 2025

Avec Alain, Brigitte et Bruno

J’avais lu sur internet un récit enthousiaste accompagné de belles photos de la montée hors saison au “Nid d’Aigle“ sur la route ultra-classique du Mont Blanc. Nostalgie, nostalgie…

C’était un peu loin de chez moi (2h 1/2 de route), mais l’attrait des glaciers et d’un itinéraire mythique firent que je persuadais mes amis de m’y accompagner.

Dans sa préparation, à la lecture des cartes, le projet se modifia en peu. Le Nid-d’Aigle ne devait pas présenter d’aussi belles vues en raison du manque de recul par rapport au glacier de Bionassay.

L’itinéraire du col de Tricot, au contraire, permettrait d’avoir une vue dégagée sur les sommets.

Mais l’état de mon genou droit, suite à la rando précédente dans Belledonne, m’inquiète. J’ai cherché sur ma route une pharmacie ouverte pour acheter une genouillère, mais il est trop tôt. Tant pis, j’essaierai de ne pas trop le solliciter.

Donc, nous voila au hameau des Bettières vers 10h du matin, par une belle journée d’automne.

Le début de la rando se déroule dans de larges prairies, peu pentues exposées au sud et dès les derniers chalets laissés derrière nous. Au Planet, Alain tombe les habits.

La tranquille balade prend fin peu après ce lieu-dit et se transforme en une raide montée, en forêt, encombrée de blocs. Un petit plateau où la vue se dégage sur les 4000 puis une descente raide vers le torrent de Bionassay. C’est à ce moment-là qu’un jogger nous double sans faire de remarques sur notre nudité.

Un joli lac bleu au front du glacier, se dévoile à travers les arbres, puis après une nouvelle descente raide, nous découvrons une passerelle himalayenne enjambant un torrent furieux issu du glacier.

Alors que nous prenons de nombreuses photos de ce lieu romantique, un couple nous rattrape. Alain n’a pas vu venir et reste nu. Nous expliquons le concept de randonue.

Je souffle un peu dans la montée aux chalets de Tricot, mais le panorama extraordinaire sur le glacier qui descend en cascade de séracs du plateau supérieur, et l’amphithéâtre de sommets qui le dominent valaient bien l’effort.

Alain et moi, avons retrouvé depuis pas mal de temps notre tenue de peau, alors que Brigitte reste réservée.

La suite se présente comme une douce montée dans un alpage ou trainent encore quelques plaques de neige d’un épisode précédent. Une courte traversée nous amène sur la crête nord-est du Mont Vorassay et nous prodigue un panorama 360° à la fois sur les 4000 enneigés de frais qui nous font face et à l’opposé, au-delà de la mer de nuages qui englouti la vallée, sur les sommets des Aravis et des Fiz.

J’ai une pensée pour ma fille qui habite à Sallanches sous cette crasse, et ne verra pas le soleil de la journée.

Un peu plus loin, alors que le sentier quitte la crête pour une douce traversée en direction du col, Alain nous quitte pour suivre cette dernière par une vague trace vers le sommet du Mont Vorassay.

Avec Brigitte, nous gagnons rapidement la large selle du col de Tricot.

Rhabillé à cause de la présence de deux femmes abritées du vent derrière un bloc, et qui ne semblent pas envisager de partir de sitôt, nous trouvons une plate-forme bien exposée au sud pour attendre au soleil Alain qui tarde à descendre du sommet.

Alors que nous commençons à nous inquiéter de son sort et de celui du casse-croute de Brigitte qui se trouve dans son sac, nous l’apercevons qui descend la raide pente herbue sous le sommet.

La pause, face aux Dômes de Miages ne s’éternise pas trop, car la descente va s‘avérer un peu longue.

Mon genou a tenu le coup jusqu’ici. Mais là, dès la remise en route, sur un sentier pourtant très peu pentu, je ressens une douleur d’abords vague, puis qui se précise.

Tout va à peu près jusqu’à la passerelle, où nous décidons, histoire de changer d’itinéraire, de revenir par le passage des Recorbes.

Rapidement, la pente, en forêt, sur la crête d’une moraine à blocs, s’avère raide. Mon genou n’apprécie pas du tout et me fait de plus en plus souffrir. Je n’en vois pas la fin. Une pause biologique m’amène à poser mon sac et mon appareil photo. Cinquante mètres plus bas, lorsque je veux prendre en photo d’une belle cascade, je m’aperçois que l’appareil est resté à mon dernier arrêt. Cinquante mètres de remonté douloureuse pour le récupérer.

Mes amis m’ont, du coup, pris une belle avance.

Enfin, le sentier débouche sur un chemin horizontal qui nous conduit à une passerelle sur le torrent. On sort de la forêt, pour de belles prairies et de magnifiques chalets en bois encoché avec une dernière vue sur les grands sommets au-delà des ors de la forêt automnale.

Le long retour en voiture voit les muscles et les articulations s’ankyloser, au point qu’arrivé chez moi, j’ai le plus grand mal à descendre de voiture.

La nuit fut douloureuse et aussi les jours suivants. Je me retrouvais handicapé, au point de devoir renoncer à de nouvelles randonnées pour tout le début de l’hiver.

TRILOGIE AUTOMNALE 2

Le col du Fort (2145 m, massif de Belledonne).

11 octobre 2025

Avec : Alain, Brigitte, Bruno, Guillaume.

En poursuivant nos merveilles de l’automne.

Interminable montée en voiture sur les petites routes forestières au-dessus de Saint Remy en Maurienne. Nous posons notre véhicule à la croisée des chemins au point IGN 1342 m. Nous sommes seuls, même pas des chasseurs ! Du coup, la nudité s‘impose dès le départ.

Une piste forestière s’élève en traversée ascendante dans un raide versant de forêt pour rejoindre le fond du vallon de la Frèche.

L’alpage du même nom est en partie en ruine et désert. La combe s’élargit au pied des sévères parois des Grands Moulins dans des prairies déjà roussie par l’automne.

On contourne par la gauche une zone d’éboulis où se cache le petit lac de la Frêche que nous avions visité quelques années auparavant.

Un quidam descend en courant du col du Fort. Allons nous devoir nous couvrir ? Non. Il disparaît à notre vue, montant probablement vers le col de la Frêche. Pour notre part, à la bifurcation, nous prenons à droite en traversée dans des éboulis.

Une raide pente, sous le col, tire les mollets, alors que deux traileurs sont à notre poursuite à un rythme d’enfer. On se couvre au col pour les laisser passer. Une petite discussion s’engage. Partis de Valpelouse, Il n’ont pas de carte et s’enquièrent de la suite pour revenir à leur point de départ en passant par le Rognier. Nous ne jouons pas dans la même cour. Leur itinéraire nous impressionne.Notre tranquillité et la nudité retrouvées, et après le casse-croute, nous entamons le descente sur le versant nord pour un cheminement tortueux dans une moraine à gros blocs.

Juste en dessous du col de Saint Remy, nous plongeons à droite dans une belle combe agrémentée de bouleaux au feuillage d’un jaune éclatant plantés au milieu du tapis de myrtilliers d’un rouge profond.

Puis, après une clairière d’herbes sèches au centre de laquelle git la dépouille blanchie d’un grand et vieil épicéa, nous pénétrons dans la forêt.

Le sentier, devenu très raide, impose une grande attention pour ne pas glisser sur les aiguilles de pins. Les mollets et les genoux souffrent. Enfin, la route et la voiture apparaissent entre les arbres. Le dernier raidillon fini de me massacrer les genoux.

Nous discutons d’une nouvelle rando la semaine prochaine dans le massif du Mont-Blanc. J’espère que les quelques jours qui nous séparent de cette nouvelle sortie, me permettrons à mes genoux de récupérer.

TRILOGIE AUTOMNALE

La crête du Gargoton (chaîne de Belledonne)

17 août et 8 octobre 2025

Avec : Bruno, Jacques-Marie, Jean-Paul, Thierry, Raoul.

Du sommet de la Grande Montagne, au-dessus de Valpelouse, on voit un petit sentier qui suit une belle arête. Plus bas, il disparaît dans les bois. Un sentier en pointillés noirs sur la carte, semblait confirmer la faisabilité de l’itinéraire.

À chaque fois que je passais dans ces lieux, je me disais que j’irais tenter la balade un jour en randonue.

Le 17 août 2025, je partais en reconnaissance, seul, montant depuis la vallée du Jourdron, je cherche le départ du sentier qui devrait s’embrancher un peu en dessous des sources du Gargoton. Rien, que des pentes raides dans une forêt très encombrée d’arcosses et de fougères. Impénétrable.

Je poursuis en direction des sources, en me disant que la carte est peut-être fausse et que le départ du sentier se situe un peu plus haut.

J’allais abandonner quand un couple sort d’une toundra serrée qui recouvre un éboulis. Je pense qu’ils reviennent d’une cueillette de myrtilles, mais ils me détrompent en disant qu’ils descendent de la crête du Gargoton. Ils ont perdu le sentier et ont dû poursuivre la descente à travers la végétation.

Si je veux monter à la crête, il me suffit de suivre leurs traces et quelques vagues explications.

Je tente le coup.

Au début, je risque dix fois de me casser une jambe entre des blocs cachés par les myrtilliers et les fougères. Puis la pente s’accentue et je navigue au hasard, me coulant par endroits à quatre pattes sous les arcosses.

Je finis, quand même, par rejoindre la crête ou je trouve un reste de sentier.

Il ne me reste plus qu’à la suivre jusqu’au sommet.

Déçu de mon échec, confiant dans mon sens de l’orientation et dans la carte, je me propose de reprendre, un autre jour, l’itinéraire en sens inverse, soit à la descente, et de trouver la bonne trace.

Je propose donc à des amis de m’accompagner, tout en précisant que le final pourrait être “en sanglier“ (expression qui caractérise la fait de se frayer, hors sentier, un passage de force dans une végétation serrée).

Nous voila, donc, le 8 octobre, à 10 h du matin au bout de la route du Remou. La vallée est à l’ombre et n’en sortira pas de sitôt. Pas super pour des randonneurs nus !

Nous décidons, alors, de laisser une voiture au bord du torrent et de monter avec l’autre à Valpelouse et de profiter du soleil sur les crêtes. En fin de compte, ce sera une traversée au lieu d’une boucle.

De Valpelouse, nous gagnons rapidement le sommet de la Grande Montagne par le bon sentier.

Puis attaquons, nus, la descente en direction du Gargotton.

Ça commence super, petit sentier sur une crête, couleurs d’automne invraisemblables, large panorama.

Casse-croute dans une clairière assis sur des blocs, puis le sentier s’amenuise et commence à se perdre dans les bouleaux et les arcosses. Je comptais suivre, coûte-que-coûte, le tracé de la carte, en m’aidant du GPS ; mais Jean-Paul file devant, au hasard, sans vouloir tenir compte de mes appels. Nous n’avons plus qu’à le suivre et descendre des pentes raides et glissantes, droit dans les myrtilliers et fougères qui cachent les trous entre les blocs de granite (JMF en gardera, quelque temps, un souvenir cuisant aux fesses) pour atteindre le bon sentier aux sources du Gargotons et revenir par ce dernier au Remou.

Echec ET MAT.

Quelques remarques des participants :

Jean Paul : Mais non ! Jamais blasé : couleurs extraordinaires, lumière divine, paysage époustouflant et douce température ! … Et dévalade dans le maquis : mé-mo-rable !!!

Raoul : Par contre, je préfère quand même les sections où on ne s’arrache pas une oreille dans une branche, on ne se prend pas la cheville entre deux pierres, où on ne se rabote pas les fessiers sur les rochers ou encore, on ne se déchire pas les mollets dans les broussailles. Toute une affaire de goût. Mais c’était vraiment de très belles couleurs et une super sortie, merci à Bruno !!

Itinéraire du 17 août.

Le refuge du Carro (2759 m)

le 25 septembre 2025,
Cinquième rando d’un séjour d’une semaine à Bonneval sur Arc.

Avec : Bruno, Stéphane, Thierry, Christian, Sylvie, Pierre, Madeleine, Chantal, Bernard, Gwenaël, Cyril, Fabienne, Guillaume, Antoine.

Ce matin, la montagne a mis sa parure hivernale (15 cm de neige fraiche). Mais le ciel, d’un bleu pur, annonce une belle journée.

Malheureusement, Patricia ne pourra pas nous accompagner, touchée à son tour par la gastro.

La couche de neige est peu importante et les risques d’avalanche sont nuls. Nous allons tenter de monter au refuge du Carro.

Parant du hameau de l’Ecot, nous suivons, chaudement couverts, une piste carrossable, presque horizontale qui suit le torrent.

Nous croisons plusieurs 4×4 d’agriculteurs qui partent à la recherche de leurs vaches. Des couvreurs travaillent sur la toiture d’un chalet. Toute cette activité dissuade les plus acharnés de se mettre nu.

Il y a un moment de flottement lorsqu’il faut quitter la piste relativement déneigée pour le sentier qui monte au refuge qui disparaît par moment sous la neige.

Munis de chaussures hautes, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, je m’engage résolument, brassant jusqu‘aux chevilles et finalement, tout le monde suit. Dans le versant l’épaisseur de neige diminue et le soleil réchauffe les plus frileux.

Les habits tombent, d’autant plus volontiers que nous ouvrons notre trace et ne risquons guère de rencontrer quelqu’un d’autre.

Au fur et à mesure que nous nous élevons, se dévoile un paysage somptueux de cimes et de glaciers.

Nous traversons sur un petit pont de pierres, un ruisseau provenant d’une belle cascade, puis quittons le sentier principal pour celui qui, par une traversée ascendante, monte au refuge.

Des nuages commencent à occulter le soleil et la température ressentie baisse sensiblement. Presque tous se rhabillent. Nous brassons dans une neige désormais plus profonde. Nous n’irons pas plus loin que le refuge.

Ce dernier est fermé, mais nous profitons de son abri du vent pour le casse-croute.

Retour par le même chemin. Les nuages se déchirent, le soleil revient et avec lui la nudité.

Des chamois, pas du tout effarouchés, nous font le plaisir de leur présence à quelques dizaines de mètres en dessous du chemin.

Attention aux coups de soleil. L’expérience de Névache, ce printemps, en a refroidi quelques-uns.

Pour ma part, ma peau étant sensibilisée par mon traitement contre le cancer, je me suis rhabillé.

Je n’aime pas trainer dans les descentes, je trouve moins fatiguant d’adopter une marche dynamique que de me bloquer à chaque pas.

Du coup, quand j’arrive à la piste, au fond de la vallée, j’ai pris une bonne avance vis-à-vis du reste du groupe. Là, je croise un couple qui s’arrête pour me demander l’état du sentier.

Alors que nous discutons, ils s’étonnent de voir des gens qui semblent nus s ‘échelonner dans les zigzags.

J’explique que nous sommes der randonneurs naturistes. Entre temps, les autres arrivent et ont pris les textiles pour quelques-uns d’entre nous qui se seraient rhabillés.

Les plus jeunes, nus, engagent une joyeuse bataille de boules de neige à laquelle la femme réplique en rigolant ; jusqu’à ce que les participants prennent conscience de la confusion.

Les forts de l’Esseillon (Haute Maurienne)

le 24 septembre 2025
Quatrième rando d’un séjour d’une semaine à Bonneval sur Arc.

Avec : Bruno, Thierry, Christian, Sylvie, Pierre, Madeleine, Chantal, Bernard, Cyril, Fabienne, Antoine.

Pluie annoncée toute la journée. Il ne nous reste plus qu’à faire du tourisme. Pourquoi n’irions nus pas visiter les forts de l’Esseillon. On peut espérer de trouver un abri si nécessaire.

Entre les malades (cette foutue gastro) et ceux peu motivés, nous ne nous retrouvons plus que onze.

Pendant que nous descendons la vallée, la météo s’améliore peu à peu et de timides rayons de soleil percent de temps en temps les nuages.

Évidemment, ce ne sera pas une randonue en raison de la fréquentation des lieux et de l’atmosphère bien fraiche. Mais c’est l’occasion de sortir plutôt que de rester enfermés toute la journée dans le gîte.

Ceci-dit, les lieux sont presque déserts et nous pouvons déambuler à notre aise d’un fort à l’autre sans être pressé par le flot touristique habituel à la belle saison.

Et, finalement, la visite vaut le coup, entre les impressionnants forts étagés dans la pente et la spectaculaire gorge de l’Arc que franchis une passerelle haut perchée.

Personne ne regrettera cet aparté culturel.

Le refuge d’Avérolle (2210 m, Haute Maurienne)

le 23 septembre 2025
Troisième rando d’un séjour d’une semaine à Bonneval sur Arc.

Avec : Bruno, Thierry, Christian, Sylvie, Pierre, Madeleine, Bernard, Cyril, Fabienne, Antoine, Stéphane, Guillaume, Patricia.

Ce matin, à Bonneval, météo grise et froide. On se donne un objectif patrimonial, le village d’Averolle.

On remonte la petite route jusqu’au parking obligatoire. Comme nous commençons à partir, un berger nous demande d’enlever nos voitures, car il doit déplacer son troupeau.

Ceci-fait, nous voila bien couverts à pied sur la petite route sous un plafond de nuages bas uniforme.

Afin d‘éviter au maximum le goudron, nous empruntons un sentier parallèle.

Nous arrivons assez rapidement au village, désert ; alors que le soleil commence à percer au travers de la couche de nuages.

Nous apprécions l’architecture traditionnelle relativement bien conservée et mise en valeur. La lumière orangée qui baigne les lieux nous fait penser que nous allons bientôt passer au-dessus d’une mer de nuages.

Il est donc décidé de poursuivre en direction du refuge.

En effet, nous émergeons des nuages et au soleil après 10 minutes de marche. La vallée se découvre.

Le refuge apparaît, au loin, perché sur un verrou en rive droite du torrent. Le chemin monte doucement jusqu’à l’entrée de la gorge qui entaille le ressaut. Un groupe, avec un accompagnateur, progresse bien en vue sur l’autre rive, dissuadant les plus réchauffés d’entre nous qui auraient pu envisager la nudité malgré la bise qui descend la vallée.

D’un coup, la montée est rude et l’accès au refuge, bien que tout proche, se paye dans les mollets.

Casse-croute à l’abri du vent contre le mur du refuge. J’ai froid et presse le retour d’autant plus que le ciel devient menaçant.

Au bas du ressaut, une passerelle permet de passer sur la rive opposée et ainsi de varier le retour par un sentier, par moment étroit et exposé.

Un dernier regard en arrière.

Un pont sur le torrent nous ramène à la route à quelques centaines de mètres de nos voitures. C’est alors qu’une déchirure dans les nuages dévoile brièvement les glaciers ensoleillés de Charbonnel qui flottent irréels à plus de 2000 m au-dessus de nous. Et les nuages se referment avant même que nous n’ayons le temps de faire une photo.

Le refuge des Evettes (2590 m, Haute Maurienne)


22 septembre 2025

Seconde rando d’un séjour d’une semaine à Bonneval sur Arc.

Avec : Bruno, Stéphane, Thierry, Christian, Sylvie, Pierre, Madeleine, Patricia, Chantal, Bernard, Gwenaël, Cyril, Fabienne, Guillaume, Antoine.

Je me réveille brusquement à 3 h du matin, pris d’une envie subite de vomir. Je n’ai pas le temps de sortir de la chambre et gagner les toilettes pourtant à 5 m de là, de l’autre côté du palier.

Je gerbe et en mets partout sur mon trajet. S’ensuivra une heure de nettoyage approximatif, faute d’outils appropriés, aidé par mon compagnon de chambrée.

À peine sommes-nous recouchés que le même scénario se produit dans la chambre d’à côté.

Au repas du matin, manque Christian, aussi malade que moi.

Tous les deux, nous renonçons à la rando, laissant les autres partir pour le refuge des Evettes.

Vers dix heures, Christian n’a toujours pas émergé de sa chambre. Il se repose, nous a dit sa femme Sylvie. Dehors, un beau ciel bleu s’affiche effrontément et le soleil s’infiltre par les fenêtres. Je ne puis, quand même, pas rater cette rando qui est une des plus belles du programme. J’ai repris un peu de forces et décide de rejoindre les valides. Je vais frapper à la porte de la chambre de Christian. Veut-il venir ?

OK. On prépare rapidement les sacs et on est parti.

Nous garons notre voiture au parking de l’Écot coté de celles de nos amis. Et attaquons la montée.

Le sentier semble désert. Avec le soleil, nous sommes rapidement nus et enchainons lacets après lacets.

Un moment, une personne nous précède. Devrons-nous nous rhabiller ? Non, elle disparaît à une bifurcation.

Mais le ciel se couvre de plus en plus et le soleil nous abandonne. Il n’y a plus qu’à sortir les vêtements des sacs.

Au col des Evettes, Christian se sent fatigué et m’abandonne, alors que je poursuis jusqu’au refuge où j’espère retrouver les autres.

Personne ! J’en devine quelques-uns sur un promontoire au-dessus du lac. Les autres ont disparu.

Je m’abrite tant que mal dans un recoin de la terrasse du refuge, à l’abri relatif du petit vent froid qui s’est levé, et admire le cirque de sommets et de glaciers qui malheureusement se dérobent de plus en plus dans les nuages.

Alors que je finis mon casse-croute, les autres reviennent au refuge. Sylvie s’inquiète de son mari. Il est resté au col. D’ailleurs le voila, qui se remet en marche et nous rejoint.

Pierre, Cyril et Madeleine (les jeunes …) sont allés jusqu’au front du glacier.

La descente, désormais sous un ciel devenu menaçant, nous semble un peu longue.

Les jours suivants, la gastro apportée par un des participants, viendra frapper, tour à tour, presque tout le monde. Peu en réchapperont, et les rangs s’éclairciront lors de nos prochaines sorties.

Le cirque du Vallon (2388 m, Haute Maurienne)

Le 21 septembre 2025

Première rando d’un séjour d’une semaine à Bonneval sur Arc.

Avec : Bruno, Stéphane, Thierry, Christian, Sylvie, Pierre, Madeleine, Patricia, Chantal, Bernard, Gwenaël, Cyril, Fabienne, Guillaume, Antoine.

Pour un premier jour, ce matin, la météo n’est pas vraiment au rendez-vous. Je choisis le cirque du vallon comme objectif, car ce n’est pas trop long et ne nécessite qu’un petit transfert en voiture.

Nous traversons le hameau du Villaron puis empruntons pour quelques-temps la route du Mollard.

Les nuages se déchirent peu à peu et certains adoptent rapidement la tenue de nudité.

Un sentier permet de couper les lacets de la route. N’étant pas au mieux de ma forme, je reste derrière, avec Patricia.

Au fur et à mesure que nous nous élevons, la vue s’étend sur la vallée et Bessans, face aux sommets portant glaciers de la Pointe de Charbonnel.

Quelqu’un, des femmes et un enfant, monte derrière nous. Patricia n’a pas vu venir et se fait surprendre nue. Quand le groupe arrive à ma hauteur, j’ai, bien-sûr, renfilé un short et je leur explique que nous sommes des randonneurs naturistes et qu’il y a un plus grand groupe de ces originaux devant nous. Cela ne semble pas les déranger plus que cela et nous cheminons et devisons ensemble jusqu’à ce qu’ils me quittent pour gagner un chalet d’alpage où ils vont participer à une petite fête.

Nous retrouvons la piste carrossable sur un épaulement, en vue du cirque où le gros du groupe nous attend.

La piste franchis un torrent et nous conduit vers un important chalet d’alpage en activité devant lequel nous devons passer. Il faut donc se rhabiller.

Tout au fond, une belle cascade marque le terminus sous un imposant ensemble de barres rocheuses. Les plus hardis contournent le premier ressaut pour gagner le haut de la cascade. Il n’est pas raisonnablement possible d’aller plus loin.

Alors que nous redescendons par l’itinéraire de montée, les autres reviennent par des sentes sur le versant opposé, ce qui leur évite de devoir se rhabiller.

Pierre et Madeleine qui trouvent la rando un peu courte, nous quittent pour une longue traversée à flanc de versant qui les conduira directement à Bonneval.

L’arête de Brouffier (2454 m, au Taillefer)

le 8 août 2025

Avec : Bruno, Raoul.

J’avais parcouru une partie de cet itinéraire en hiver en raquettes à neige ; suivant notamment un ancien sentier porté sur la carte.

Je proposais sur Le Site de la Randonue de le reprendre en été.

Nous voila, Raoul et moi, au départ de la piste du Louvet. après l’interminable route de La Morte.

Par une petite marche tranquille, nous arrivons à proximité du lac de Prévourey.

La cabane des militaires est occupée par quelques bidasses qui ne se soucient pas de nous.

Tout du long du sentier, nous observons de petits drapeaux comme des balises de trail.

Une de ces courses serait-elle en cours ? Peu probable un jour de semaine. Peut-être ont-ils été places préalablement à la manifestation.

Dans une petite prairie, nous quittons le sentier aux petits drapeaux pour un raccourci pris en raquettes.

Impossible de retrouver le sentier de cet hiver, même à l’aide du GPS. Nous devons nous résoudre à considérer qu’il a disparu et qu’avec une bonne épaisseur de neige les myrtilliers, saules nains, aulnes, etc.. dans lesquels nous bataillons étaient enfouis.

La pente est raide et il nous arrive de glisser sur des branches cachées dans les fougères. Et comme nous sommes nus, nous avons droit à quelques égratignures.

Quand, enfin, sortant de la forêt après une bonne partie de “sanglier“, nous sommes bons pour nous rhabiller précipitamment, car à quelques dizaines de mètres au-dessus de nous, au bord du sentier retrouvé, et de ses petits drapeaux, un soldat est assis sur une pierre.

On passe à côté de lui et on s’enquiert de la signification de ce balisage. Il s’agit d’une épreuve de résistance des jeunes recrues que d’ailleurs, nous devrions ne pas tarder à croiser.

En effet, quelques centaines de mètres plus loin, descend en trottinant un militaire muni de son arme et de son barda, puis deux autres, puis nous découvrons toute une petite troupe qui s’échelonne sur notre sentier.

Toujours pas question d’être nus.

Enfin, arrivent les serre-fils ; eux allégés, petits sacs et sans armes. Même une femme en civil.

On va peut-être pouvoir se mettre à nouveau nus ? Et bien non ; car parait un berger avec son troupeau de moutons. Nous nous arrêtons pour les laisser passer sans effrayer les bêtes.

Enfin seuls dans l’alpage. Du moins on l’espère. Retour à la tenue de nudité.

On passe le Pas de la Mine et on s’installe pour le casse-croute au soleil dans un petit creux à l’écart du sentier, face aux sommets du Dévoluy.

Un couple passe assez loin pour que nous n’ayons pas à nous rhabiller.

Mais il faut bien repartir, et nous nous engageons dans la partie que je ne connaissais pas encore ; la crête de Brouffier.

Une descente sur une crête herbue, sans difficultés, jusqu’à atteindre le lac de Brouffier. On aurait bien tenté la baignade nus, mais il y a du monde sur la rive opposée.

On poursuit par la raide descente en direction du lac de Prévourey. Un moment d’inattention, et je mets un pied en dehors du sentier et boule dans la pente. Je m’arrête rapidement et m’en tire sans égratignures. Raoul a eu plus peur que moi.

On repasse devant la cabane des militaires. Plus personne. Le crapahut est terminé.

La montagne d’Outray (2349 m, Beaufortin)

le 19 juin 2025

Avec : Alain, Brigitte, Bruno et Guillaume.

Presque deux heures de route depuis chez moi, pour se trouver arrêté à Hauteluce au début de la route forestière qui conduit au parking de départ de rando ! La raison : une exploitation forestière.

Moment de flottement.

L’étude de la carte nous propose un autre accès à partir du Plan du Mont sur la commune de Beaufort.

Pas le choix, il faut redescendre, quasiment jusqu’à Beaufort, pour trouver la nouvelle montée.

On récupère Guillaume à la sortie de Beaufort puis on remonte jusqu’à 1500 m d’altitude par une route étroite et pleine de lacets.

Belle vue depuis le parking sur le sud et l’ouest du massif.

Du coup, il est aux alentours de 11h quand on se met en marche.

Un couple aux voitures, mais il part sur une piste forestière en sens opposé. On attend qu’ils prennent un peu de distance et on se met nus. Le chemin, en forêt, monte d’abord très raide, puis, alors que le soleil perce au travers des arbres, devient un calme sentier en travers de la pente. Nous sommes nus déjà depuis un bon moment quand nous sortons dans l’alpage et rejoignons un autre sentier au niveau d’une combe.

C’est à ce moment-là, qu’apparaissent en dessous de nous les deux personnes parties des voitures en même temps que nous, mais en sens inverse.

Devrons-nous, nous recouvrir ? Non, ils font une pause et ne semblent plus devoir repartir.

Nous progressons désormais dans un alpage au milieu des rhodos et des myrtilliers.

C’est alors que d’autres personnages pointent, à nouveau, derrière nous et montent rapidement. De loin, ils semblent curieusement harnachés et bientôt, nous comprendrons qu’ils portent des vélos.

De temps en temps, ils les enfourchent sur quelques dizaines de mètres.

Couverts, nous les attendons. Ils progressent avec des vélos électriques, mais lorsque le terrain est trop accidenté doivent porter à l’épaule ces engins horriblement lourds. Nous discutons un peu, puis, ils filent à un rythme que nous ne risquons pas de suivre.

La tranquillité retrouvée, la nudité l’est aussi.

Nous finissons par déboucher sur une épaule et découvrir l’autre versant. Une pause en-cas s’avère bien venue. Puis, nous reprenons notre route.

Les deux du départ pointent leur nez. Alors, nous partons, hors sentier, et ainsi évitons de les rencontrer. Finalement, ils se poseront un peu plus bas à côté d’une cabane et ne bougeront plus.

Après un petit lac, mare à canards, très peu profond, dommage pas de baignade possible, Guillaume, Brigitte et moi nous contentons d’un endroit un peu à l’abri du vent, avec un splendide panorama, pour entamer notre casse-croute, tandis qu’Alain poursuit jusqu’à la crête sommitale de la Montagne d’Outray.

Retour par le même chemin sans faire de nouvelles rencontres.