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Semaine de randonue en “Verdonnie”

Pour moi, du 26 au 31 mars 2019

Le séjour était organisé par Jean et Gilbert.

C’est devenu une tradition depuis pas mal d’années.

Cette fois ci, après deux années d’infidélité, nous sommes revenus pour la troisième fois au camping naturiste de Castillon de Provence, à coté de Castellane.

L’accueil par son propriétaire et gérant, Justus, est toujours aussi sympathique, allant jusqu’à nous prêter sa salle de restaurant et sa cuisine pour nos soirées.

Nous étions logés, pour un prix raisonnable (on est hors de saison) dans de confortables chalets, très propres et bien entretenus.

Le groupe comportait un vingtaine de personnes venues d’un peu toutes les régions de France et même de Suisse.

Personnellement, je n’ai été présent que du 26 au 31 mai et n’ai donc pu participer qu’à cinq sorties.

Le lundi, la météo étant peu favorable, nous avons ré-édité une rando déjà faite 4 ans auparavant, juste au dessus du camping : l’Aulp.

Cette fois-ci, nous avons évité de “barasser“ sur la crête, quitte à faire un détour. Quelques uns, inquiets d’un éventuel orage, nous ont abandonné à mi-chemin.

Vue sur le Pic des Trois Évéchés

La remontée de la prairie sous le sommet se fit sur un rythme très rapide devant la menace de l’arrivée de la pluie. Dommage, car l’extraordinaire tapis de fleurs méritait de nombreuses photos.

Au sommet nous retrouvons deux membres du groupe, pas mal égratignés, qui avaient décidé de monter par l’arête et qui nous confirment que celle-ci est encore moins praticable qu’il y a 4 ans.

La pause casse-croute s’éternise un peu, alors que de lourds nuages s’accumulent au dessus de nos têtes. La descente est enfin décidée. Pierre et Dominique ont repéré sur l’arête sommitale des cairns qui semblent indiquer une descente directe sur le camping ; mais non portée sur la carte.

Nous prenons le risque. Les cairns sont bien là et nous nous engageons dans le raide versant Sud. Nous suivons au début une trace qui finit par se perdre dans une profonde roubine parcourue par un ruisselet : terrain raide et glissant. Une prairie en cours de re-colonisation par une végétation plutôt agressive nous conduira, grâce au secours du GPS à un bon chemin. Un peu au dessus du Mandarum, nous retrouvons notre itinéraire de monté.

Les premières gouttes de pluie nous accueillent au camping. Ce soir c’est repas en commun dans la salle du restaurant.

Mardi, la météo est toujours aussi incertaine. Pas de sommet cette fois-ci. Gilbert nous propose le tour du Robion, petite montagne proche de Castellane. Le départ se fait sur une ancienne route désaffectée, puis se poursuit sur une large piste forestière.

Quand c’est barré, c’est barré…

Nous traversons, rhabillés, le village de Robion qui réveille des souvenirs de 2015.

A la Basse de la Doux (un col), une voiture de l’ONF est stationnée et sa conductrice vient juste de rentrer à son véhicule. Bien que nous ayons enfilés nos shorts rapides, elle a perçu notre nudité et vient vers nous pour nous demander où nous allons dans cette tenue et précise que cela ne la dérange pas, mais nous conseille de nous rhabiller avant la fin de notre parcours car nous risquons de rencontrer des enfants.

Le col suivant sera le lieu du casse croute. Puis nous passons dans le raide versant nord.

Le sentier étroit et parfois vertigineux s’éternise. Une petite remontée nous ramène aux voitures sans que nous ayons rencontré personne d’autre. La pluie nous rejoint pour la soirée.

Mercredi, Guy nous propose une superbe rando dans des gorges, un peu éloignée de notre base, mais selon lui valant vraiment le coup.

Nos voitures remontent la vallée du Verdon jusqu’à proximité de Beauvezer, puis s’engagent sur une petite route qui devient rapidement une piste chaotique. Au terminus, déjà quelques voitures : nous ne seront pas les seuls. Rien que d’ici, la vue est époustouflante. Un canyon s’enfonce entre de hautes parois qui rappellent les Dolomites. Un panneau, un peu dissuasif, précise que l’on rentre dans une zone de haute montagne et des photos, notamment du sentier traversant une paroi verticale grâce à une vire surplombant plusieurs centaine de mètres de vide, nous impressionnent.

Sur les premières centaines de mètres, jusqu’à une passerelle, le sentier est étroit et exposé.

Ensuite, la vire est large tout du long. En fait, il s’agit d’un ancien chemin muletier qui servait à accéder à des pépinières de mélèzes établies en amont de la gorge.

Le chemin s’élève doucement et le vide se creuse en dessous de nous.

La plus-part du temps, il n’est même pas possible de distinguer le torrent caché dans l’ombre, quelques 200 m plus bas, alors que le soleil éclabousse la blancheur des parois qui nous dominent.

Un virage en encorbellement offre une vue sur un étroit canyon ou rugit une cascade. De la paroi en face jaillit une résurgence.

Nous rattrapons progressivement un groupe de randonneur. A la sortie amont de la gorge, nous nous faisons surprendre et apparaissons nus. Notre tenue n’est visiblement pas très appréciée.

Maintenant, le chemin s’élève dans une calme forêt de mélèzes et de pins. A la maison forestière, le groupe qui nous précède s’installe sur les tables et les bancs de la terrasse, alors que nous restons un peu en dessous, hors de leur vue, près d’une grange.

Le repas terminé, nous décidons de poursuivre par un boucle dans le versant. Nous passons, habillées, devant nos prédécesseurs qui ne nous rendent pas notre bonjour. Le sentier s’engage dans un vallon chauve, constitué de multiples gradins de roche. Malheureusement, un ruisseau gonflé par la fonte des neiges et les pluies de la veille nous barre le passage. Demi-tour.

A la descente, nous ferons un détour par la chapelle Saint Pierre où se trouve une géocache que je trouve et subtilise au nez de Gilbert. Je le laisse chercher un moment, puis, bon enfant, la lui remet au milieu des rires.

Jeudi  C’est encore Guy qui propose cette rando. Elle se veut courte et reposante, mais avec un très beau paysage.

Nous abandonnons nos voitures à l’entrée du village de la Sagne pour le traverser. Il s’agit d’un village typiquement provençal enserrant une rue étroite, aux maisons aux murs de pierre épais et quelque peu inclinés et ventrus ; petites fenêtres et volets colorés.

A l’autre extrémité du village, la rue devient chemin de terre et s‘élève parmi l’or des genets vers un petit col.

L’autre versant est plus bucolique, large combe herbue descendant mollement.

Au bout de quelques centaines de mètres, Guy nous fait quitter le bon chemin pour une sente marquée de quelques balises blanches entourant des arbres. Nous progressons en lente montée de prairies en bois de chênes et de buis. Quelques arbres couchés nous imposent des détours embroussaillés.

Nous sortons progressivement de la forêt pour un lande à genêts et à buis. Le panorama sur la chaîne frontière enneigée se révèle peu à peu.

Nous gagnons la crête à un petit col. Ce sera le lieu du repas à un abri du vent relatif derrière quelques buissons.

Quelques uns d’entre nous escaladent les rocher qui conduisent au sommet.

Dominique se fait photographier sur un éperon dominant le vide.

En dessous de nous, coté sud , nous pouvons observer le camping naturiste du Petit Chandelalar que nous irons visiter tout à l’heure.

Retour par le même chemin parmi les fleurs que nomme Danièle et les morilles que certains ramassent pour une fricassée du soir.

Dame d’onze heures

Lotier

Récolte de morilles.

Nous sommes accueillis par la patronne du camping du Chandelalar qui nous invite à visiter son domaine et nous reçoit dans la salle de son restaurant pour discuter longuement, nous contant notamment l’histoire de son camping.

Le petit Chandelalar, prochain lieu de séjour ?

Vendredi  Réclamé aux G.O., bien que déjà parcouru, il y a 4 ans, Le sentier de l’Embut au fond des gorges du Verdon.

Ce coup ci, nous l’aborderons par la descente des Cavaliers.

Désagréable surprise, au départ du sentier : un panneau nous annonce que ce dernier est interdit suite à un éboulement. Alors que nous hésitons sur la conduite à tenir, un couple nous rejoint et nous dit que selon leur hébergeur, le sentier passe sans problème.

En effet, nous trouverons quelques blocs encombrant le chemin dans la partie basse, n’induisant pas de difficultés.

Arrivés au bord du Verdon, il faudra se rhabiller, car l’endroit est des plus fréquenté. Tout un groupe défile devant nous prenant la direction de l’Embut. D’autres proviennent de la rive opposée par la passerelle.

Nous suivons le flot. Beaucoup font demi-tour devant les premiers passages un peu exposés. Finalement, nous nous retrouvons à peu près seuls et adoptons à nouveau la nudité.

Au Styx, nous sommes rattrapés par quelques personnes qui ne s’offusquent pas de notre tenue.

En fait, pendant toute la randonnées, nous croiserons de nombreux randonneurs, nous rhabillant quand il y a des enfants, puis de moins en moins souvent, vu que nous ne rencontrons pas d’opposition.

A l’Embut, nous privatisons pour le repas l’unique plage accessible (le Verdon est en légère crue).

Certains d’entre nous décident de poursuivre jusqu’au Baou Béni à travers un chaos de blocs.

Un vingtaine de personnes sont arrêtées sur une grande dalle plate à coté de laquelle nous devons passer. C’est à ce moment que dans un passage d’escalade, mon short rapide décide de se dégrafer et tombe à mes pieds dévoilant mes parties intimes. Grand éclat de rire de part et d’autre.

Malgré un balisage à la peinture, le cheminement dans des blocs décamétriques n’est pas évident, surtout à la descente.

Le Chaos franchis, nous abordons sur une belle plage alors que devant nous la gorge se referme ne laissant le passage que pour l’eau rapide et profonde.

Retour. Nous remonterons par le sentier Vidal qui comporte des passages câblés et des échelles. Impossible dans ces lieux plutôt vertigineux d’enlever et de remettre les shorts et jupettes à chaque instant.

Une jeune femme avec deux enfants nous accompagne. Il nous ont déjà vus nus à d’autres passages. Du coup, certains comme moi se drapent de leurs shorts, d’autres restent nus. Là non plus pas de remarques, juste des sourires amusés, voire une certaine complicité.

Nous n’allons quand même pas prendre le goudron pour rentrer aux voitures. Nous traversons la route et remontons sur une centaine de mètres de dénivelé dans la forêt pour retrouver un piste horizontale qui va nous ramener au belvédère des Cavaliers.

Ce soir, dernier repas en commun. Nous fêtons l’anniversaire de Jean Pierre et Pierre, mais ne nous éternisons pas car la fatigue de la randonnée du jour se fait sentir.

Samedi : retour avec Georges qui a du renoncer à participer à toutes ces belles randos en raison d’une mauvaise forme.

D’autres resteront encore un ou deux jours pour découvrir d’autres paysages.

Raquettes nu à Névache

Du 23 au 30 mars 2019

Comme Jacques Marie m’a devancé et a déjà publié sur son site, avec talent, le récit des randos auxquelles il a participé, je vais donc me contenter de vous raconter les à-cotés de notre séjour.

Guillaume et moi sommes arrivés dans la vallée de la Clarée, samedi vers 13 h. Nous avons profité de notre avance pour reconnaître quelques départs de rando.

L’enneigement est très contrasté. Les ubacs sont fortement enneigés jusqu’en fond de vallée alors que sur les adrets la neige est remontée au delà de 2300 m environ.

Après avoir fait un tour jusqu’au village pour constater que la route était fermée au delà de Ville Haute, nous sommes partis à la recherche du chalet “le Baouba“. Arrivés à pied devant ce dernier, nous tombons sur une des deux charmantes gérantes des locations, qui nous inscrit et nous ouvre la porte.

Ce chalet est d’un aspect bien particulier : tout de mélèze vêtu, un délire d’architecte, avec plusieurs toitures imbriquées.

Le rez-de-chaussée comporte une salle de séjour assez vaste avec un coin cuisine et un angle salon.

Un petit appendice, genre solarium, donne, en façade sud, sur une vaste prairie où subsiste encore quelques plaques de neige, toujours au RDC : une chambre avec un salon de toilette.

A l’étage, 3 chambres, une salle de bain avec baignoire !

Le samedi, nous avons des voisins prenant le soleil devant leurs gîtes à gauche et à droite. La nudité doit rester discrète. En fait, ces deux premiers jours, nous resterons la plus part du temps habillés dans la maison.

Arrive Jacques Marie, puis Christian et Sylvie. Un peu plus tard, un inconnu, crâne rasé, vient pousser la porte. A près un moment de stupéfaction, nous reconnaissons Franck à sa voix : un accident de coiffeur !

Ce soir, le repas est à base de lasagnes, préparées par mon traiteur de Saint Pierre d’Entremont.

Demain, nous irons au col de Thures, dans le vallon qui s’ouvre juste derrière le chalet.

Levé à 7 h, j’admire le lever de soleil sur les montagnes du fond de la vallée, alors que cette dernière est encore dans l’ombre.

Petit déjeuner copieux, puis nous remontons le grand glacis au dessus du hameau aux premiers rayons du soleil.

Pour la description de la rando, Jacques Marie m’a précédé sur son site. Je vous laisse donc vous y rendre : http://www.randonnues.fr/?p=5646

Exercice DVA

Je n’ai pas trop fait attention à la réverbération du soleil sur la neige du plateau des Thures (et je ne suis pas le seul) et ce soir le dessous des cuisses et les fesses me brûlent.

De retour au chalet, nous espérons la venue incertaine de Patricia. Un coup de téléphone m’apprend qu’il ne faut pas l’attendre avant mardi soir.

Ce soir, je me lance dans la grande cuisine : endives au jambon. La recette est fort appréciée et le cuisinier félicité.

La fin du W.E. voit nos voisins disparaître et nous nous sentons plus libres de vaquer à nos occupations dans notre tenue de nudité préférée.

Lundi matin, le soleil est toujours aussi présent ; mais une bise traitresse dévale la vallée. Nous prenons la direction du col de la Buffère. La route de la haute vallée est toujours officiellement fermée et nous hésitons à outrepasser le panneau. Ce sera donc un départ sur le goudron.

Pour la rando : bis repetita, voir le récit de Jacques Marie  http://www.randonnues.fr/?p=5646.

Comme demain, la rando, ce sera du sérieux, nous louons des DVA pour ceux qui n’en ont pas. Finalement, ils ne seront pas utiles, la neige étant gelée et dure.

Guillaume, qui a fait un petit malaise lors de la sortie du jour et Franck qui craint pour sa cheville et un genoux s’abstiendront.

Ce soir là, c’est le tour de Sylvie et Christian de se mettre aux fourneaux. Il nous ont prévu une soupe aux légumes. Jacques Marie et Franck sont tirés de leurs ordinateurs pour participer à la pluche.

Mardi matin, l’aube est toujours aussi lumineuse et glaciale. La rando est peu fréquentée, La trace est discrète et nous comprendrons vite pourquoi. Jacques Marie vous raconte dans son blog  http://www.randonnues.fr/?p=5646.

En fin d’après-midi nous attendons “la Princesse“ qui se perd un peu dans le hameau de Roubion à la recherche du Baouba. Joie des retrouvailles.

C’est encore Sylvie et Christian qui assurent le dîner avec un poulet au citron.

Demain (mercredi) nous prévoyons un grand tour d’abord en fond de la vallée, puis par un sentier balcon en altitude, en rive gauche.

Tout le monde va se coucher tôt, sauf Jacques Marie qui ne peut abandonner son ordinateur.

Mercredi, toujours grand beau, et le vent est tombé. Tous, à l’exception de Sylvie qui n’est pas naturiste, seront nus plus ou moins longtemps. Pour les détails, voir le récit de Jacques Marie. http://www.randonnues.fr/?p=5646

Franck nous quitte à regrets, ne pouvant prolonger plus ses congés.

Le soir, je reprends ma part de cuisine en réalisant des diots au vin blanc accompagnées de crozets.

Jacques Marie se sent un peu faible : mal à un genoux. Patricia se ménage. Pour eux deux, demain sera journée de repos.

Jeudi me voilà repartis avec Guillaume et les deux “culottes courtes“ dans le vallon du “vallon“. C’est original comme nom!

Nous remontons la route de la chapelle sur quelques centaines de mètres pour trouver le sentier qui s’élève en direction du vallon. Des skieurs attendent au bord de la route d’autres compagnons. Nous montons en versant sud et la chaleur nous pousse à nous dévêtir des les premiers mètres.

Après une traversée en forêt le paysage s’éclaircit. La vallée est étroite et les versants pentus. Heureusement la neige a presque disparu et le risque de coulées est inexistant. Au fond se dresse une impressionnante muraille, faisant penser aux Dolomites.

Un ressaut dominé d’une chapelle (Saint Michel) barre la vallée. Nous le surmontons grâce à des pentes de neige un peu plus raides mais stables. Les skieurs pointent loin derrière nous. Pas de crainte à avoir, nous pouvons rester nus.

A partir de là, la vallée s’élargit. Les pentes s’adoucissent. Voilà la cabane d’alpage avec un banc et une fontaine.

Nous nous élevons, raquettes aux pieds, par un large mouvement tournant dans des pentes molles en rive droite du talweg pour gagner assez rapidement notre but : le lac Noir. Qui, couvert de glace et de neige, aujourd’hui ne mérite guère son nom. Nous cassons la croute à l’abri d’un rocher.

A la descente, un homme monte en notre direction. Sylvie, la seule textile de notre groupe est envoyée en ambassadeur l’avertir qu’elle est suivie de trois “zozo“ nus. Pas de problème.

A la chapelle, nous avisons, trop tard, qu’une femme est assise sur les marches de l’édifice. Tant pis.

De retour au gîte, Une des gérantes vient apporter le “kit de nettoyage“ en vue de notre prochain départ. Elle entre sans hésitation et tombe sur Patricia nue au soleil du “solarium“. Demi tour un peu précipité sans rien dire….

Je sévis encore une fois du coté de la cuisine avec des späzlis aux lardons.

Vendredi, le dernier jour de randonnée, j’avais prévu de monter au col des Acles, mais arrivé à Planpinet, le versant, rébarbatif, est à l’ombre, alors que des nuages venant d’Italie se déversent par dessus les crêtes. Changement de programme, nous reprenons le voitures jusqu’à Val des Prés et changeant de coté montons vers le village d’alpage de Granon. Jacques Marie vous en dira plus que moi. http://www.randonnues.fr/?p=5646 Ce fut une belle rando, pas trop fatigante, pratiquée presque tout le long nus.

A la fin de l’après-midi, Sylvie et Christian nous quittent.

Et le repas ? Eh bien : une grosse omelette aux champignons et au jambon.

Samedi matin sera consacré au nettoyage du gîte et au déménagement. Snif…

 

Même si la nudité ne put être que sporadique ou partielle en raison des conditions météo assez rudes, particulièrement les lundi et mardi, nous conserverons un bon souvenir de ces paysages magnifiques, de repas copieux et raffinés, d’un hébergement sympathique et d’une amitié renouvelée d’années en années.

Le col de Marocaz

Massif des Bauges

Dimanche 25 février 2019

Avec l’exceptionnel beau temps qui règne en ce moment sur les Alpes, vendredi dernier j’avais entrepris une reconnaissance d’un itinéraire qui à priori sur la carte ne devait pas être extraordinaire.

En fait, celui-ci s’étant avéré très beau et varié, j’ai remplacé la sortie prévue ce dimanche au Roc de Tormery par ma nouvelle découverte.

Nous fûmes 10 randonneurs à profiter du chaud soleil.

La balade, part du hameau du Masdoux sur la commune de Cruet. Au pont, le sentier s’engage dans des gorges. La forêt dépourvue de ses feuilles laisse entrer un soleil généreux. Comme presque partout dans les Préalpes, on observe le lamentable spectacle des troncs des buis morts d’où pendent des lichen filamenteux.

Deux cent mètres après le départ, les plus courageux sont déjà nus. Le chemin monte doucement. Une première passerelle sur un joli torrent, puis une autre.

Quelques marches en rondins, et nous sortons temporairement de la gorge pour venir recouper la route départementale qui monte au col de Marocaz.

Court réhabillage, et nous sommes de nouveau tranquilles, bien cachés, progressant au fond d’un chemin creux qui progressivement nous ramène au fond du ravin.

Trois grosses pierres sur le ruisseau constituent le pont Romain ou des Moines (c’est selon les pancartes ou la carte).

Le sentier se dégage progressivement de la forêt pour cheminer entre des prairies à chevaux (sans les chevaux).

Il est midi, et je propose de faire halte ici un peu à l’écart du chemin au cas où quelqu’un viendrait à passer par là.

Jacques Marie sort sa désormais traditionnelle bouteille de vin, tandis que Jac et Murielle partagent une tarte aux pommes de leur fabrication.

Nous disposons en face de nous d’un large panorama sur les chaines de Belledonne et de la Lauzière enneigées.

Le lieux est idyllique et me faudra quelques efforts pour remettre la caravane en marche. Nous arrivons dans un petit hameau de fermes et il faut se rhabiller à contre cœur ; pas trop longtemps, car au bout d’une centaine de mètre sur le goudron nous replongeons dans la forêt par un chemin visiblement fort peu emprunté. Nous avons changé de versant et la neige apparaît. Elle est dure et gelée et nous n’enfonçons pas trop. La pente diminue, mais à la forêt ensoleillée de feuillus se substitue l’ombre froide des épicéas. A la Croix de fer (oui, il y a une croix en bordure du chemin), nous retrouvons une belle piste forestière, qui bien qu’en versant Nord s’ouvre largement au soleil.

Seule inquiétude, une trace bien damée de raquettes indique une fréquentation importante des lieux.

D’un autre coté, bien gelée, elle porte notre poids sans enfoncer. Cette piste va nous amener en traversée horizontale au col de Marocaz. Je marche un peu devant, habillé, afin de prévenir les suivants au cas où quelqu’un se présenterait. Finalement nous ne ferons pas de rencontre.

Au col, réhabillage obligatoire pour tout le monde. Quelques voiture passent alors que nous descendons d’une centaine de mètres sur la route pour vite plonger dans un chemin enneigé qui va nous ramener à notre itinéraire de montée au niveau de la ferme des Beaux.

Le soleil est toujours présent et la nudité retrouvée. Nous traversons la départementale en courant entre le passage de deux voitures.

Le fond de la gorge est maintenant à l’ombre et nous décidons de revenir par une variante un peu plus ensoleillée : la Chapelle Maillée.

C’est sur ce chemin que nous ferons nos seules rencontres de la journée. D’abord un piéton qui vient en sens inverse. En premier, j’ai eu le temps de renfiler mon short, et le prévient que derrière moi suivent des randonneurs naturistes. Pas de problème.

A la chapelle déboulent d’un coup trois vététistes. Les deux premiers passent sans s’arrêter, le dernier met pied à terre et discute un petit moment sans être gêné par notre tenue. Plus de rencontres jusqu’au parking. L’après midi se terminera au château des Allues, invité par son propriétaire, Stéphane, qui nous offre des rafraichissements et de délicieuses tartes.



Les rochers du Lorzier

31 dec. 2018

Deux jours plus tard, toujours le brouillard.

Cette fois ci, je n’ai pas envie d’aller trop loin. Il reste un petit coin de Chartreuse où il y a fort longtemps que ne j’ai pas mis les pieds car l’accès n’en est pas facile depuis le cœur du massif depuis que la route forestière du col de la Charmette est fermée à partir de Currière.

Je décide donc de prendre la direction des Rochers du Lorzier par Pomarey.

A Pomarey, la route du col est fermée. Du moins deux panneaux d’interdiction de circuler sont bien en place, plus une pancarte en travers de la route un peu plus loin. Cependant, pas de neige avant pas mal de kilomètres.

Ma rando commence donc par 2 Km sur le goudron jusqu’au lieu dit du Fourneau où une piste forestière descend au fond de la vallée. On traverse le torrent, bien maigre à cette époque, sur une passerelle de béton.

Sur l’autre rive, le chemin monte dans une traversée très raide. Je rattrape l’anglais qui était parti un peu avant moi du parking. Avec l’effort, je commence à avoir trop chaud et m’arrête pour retirer ma polaire. Du coup l’anglais disparaît de ma vue. Je ne le reverrais pas. Le chemin passe en dessous de la gare supérieure d’un vieux téléphérique, puis s’enfonce dans une combe. Tout ce parcours dans le brouillard me paraît particulièrement sinistre.

A ma surprise, je n’en avais pas souvenir, la piste débouche sur une route forestière parfaitement carrossable. C’est aussi à ce moment que j’émerge au dessus de la mer de nuages.

Quelques virages sur la route que je quitte rapidement pour un sentier plus discret. Le soleil est généreux et la forêt assez clairsemée m’abrite du vent que j’entends siffler dans les cimes des arbres. Je me déshabille.

Un peu plus haut la neige apparaît et je chausse les raquettes. Ce ne serait pas bien indispensable car cette dernière est gelée, mais ainsi je bénéficie des crampons.

Un replat me ramène à l’ombre. Mais le froid est supportable. Suit une traversée bien exposée au Sud et je gagne la prairie de Vararay.

Dans l’alpage, à découvert, le vent du nord commence à se faire sentir. Plus je monte, plus il est fort.

Je sort mon casse-croute à l’abri du tronc énorme d’un épicéa pluri-centenaire torturé par les éléments. J’approche du col d’Hurtière et il faut me résoudre à me rhabiller à cause du vent. Sur la crête, celui-ci est tempétueux et glacial. Je cherche les gants dans mon sac. Le vent arrache mes bâtons qui partent dans la pente. Descente pour les récupérer et remontée au col.

J’avais prévu d’aller au sommet des rochers de Lorzier. J’affronte le vent qui me coupe le souffle et me gèle les oreilles malgré le bonnet de laine. Les dernières pentes sont raides et gelées. Je me contenterais d’une petite brèche avec la vue sur la mer de nuages à l’infini vers l’Ouest.

Je prends rapidement quelques photos du magnifique panorama qui s’étend au delà des sommets proches de la Chartreuse au Mont Blanc, Belledonne, Dévoluy, Mont Aiguille. Je ne m’attarde pas et bascule dans le versant sud. Le calme revient. Je puis à nouveau me mettre à nu. De temps en temps une rafale vient me rappeler que l’on est bien le dernier jour de décembre. Je retrouve temporairement l’ombre dans le fond du vallon de Vararay, puis à nouveau le soleil sur le sentier dans la forêt. Surgit un couple qui monte, surpris de me voir dans cette tenue, mais pas particulièrement choqué. Comme d’habitude, la question qui m’est posée est celle du froid. Essayez et vous verrez, cela n’a rien d’extraordinaire ! Je retrouve la route forestière. Dernières photos avant de plonger dans la mer de nuages.

Je me rhabille définitivement avant que le froid ne soit trop mordant. A proximité du téléphérique je croise deux femmes qui montent. Je leur annonce que le soleil n’est pas bien loin au dessus ; puis ce sont deux chasseurs lourdement chargés qui vont réveillonner dans je ne sais quelle cabane.


A la crête de Brouffier

le 29 dec. 2018

Massif de Taillefer

Brouillard..

De Saint Philibert à l’Alpe du Grand Serre, je ne suis pas sorti un instant de cette épaisse couche de nuages qui étouffe toutes les vallées.

La route du Poursollet est ouverte sur 2 Km et, miracle, au parking à proximité de l’émetteur radio, un bleu pâle perce au travers de la brume.

Quelques voitures sur ce parking. Un couple de skieurs part devant moi sur la route enneigée.

Espérant pouvoir randonner un minimum nu malgré le froid, j’ai choisi un itinéraire peu skiable.

Je suis la route un certain temps, puis bifurque pour un chemin légèrement descendant qui conduit au cirque de Prévourey.

Le soleil m’a rattrapé et je suis désormais au dessus de la mer de nuages. Je décide de me mettre nu et c’est au moment où je bataille avec une fermeture éclair coincée, une jambe et une fesse à l’air que déboulent mes deux skieurs de tour à l’heure. Partis devant, les voilà qui me rattrapent qu’ont t-ils fait ? Bonjour.. bonjour… Qu’en ont-il pensé ?

Du coup je garde le pantalon, le secteur semble plus fréquenté que je le pensais ?

Au chalet, je quitte le grand chemin pour une raide montée dans la forêt. La neige se fait rare ; totalement inskiable ! Je passe à ma tenue préférée. Suit une agréable progression en raquettes dans une suite de clairières bien ensoleillées.

Une traversée dans des pentes aux arbres clairsemés m’amène à une combe à la limite supérieurs de la forêt.

Le vent du Nord devient mordant et je ne puis que me rhabiller.

D’ailleurs voilà des skieurs qui remontent le vallon.

On va se suivre jusqu’à proximité du Lac de Brouffier. Là, ils bifurquent vers le refuge.

Je poursuis sur le plateau jusqu’à la crête afin d’avoir la vue sur l’autre versant. Le vent est brutal et glacial. Je n’ai pas trop de tout le contenu en habits de mon sac. J’irais bien jusqu’au lac de La courbe, mais l’heure avance et je me retrouve tout seul sur l’immense plateau. Il est plus raisonnable de faire demi-tour. La cote 2300 m sera mon maximum.

Dans la descente, j’ai le vent dans le dos et de plus, celui-ci faiblit. Je retrouve la nudité.

Dans la combe deux skieurs attardés montent. Je coupe à gauche pour ne les croiser que de loin. Mais j’entends des commentaires peu amènes accompagnés de rires gras.

Dans la forêt, le vent ne se fait plus sentir et ma situation est des plus agréable. Il faut remonter la piste de ce matin.

A un virage, elle va plonger dans l’ombre. Je décide donc de me rhabiller à la dernière tache de soleil. Je n’en ais pas le temps. Un chien déboule, vite suivi de ses maîtres. Le couple ne semble pas gêné. On échange quelques mots. Je casse une petite croute tout en m’habillant. Bien m’en a pris, car arrive un accompagnateur avec une douzaine de jeunes clients.

Retour à la voiture. La route me semble bien plus longue qu’à l’aller !


Un Week-end en Ardèche

Jeudi 1° novembre 2018.

Du col de l’Escrinet, c’est tout noir sur les Cévennes et bientôt la pluie vient battre le pare-brise.

Le torrent que suit la route en remontant vers Valgorge roule des eaux furieuses.

Vers 11h, nous arrivons au gîte. La pluie s’est un peu calmée. Le sympathique accueil de la propriétaire vent mettre un peu de lumière dans la grisaille météorologique.

Dans l’après-midi, Yolande et moi tentons une sortie sur une route forestière, mais une averse nous ramène au village. Les nuages se déchirent sur le Tanargue et apparaissent quelques pâles taches de ciel bleu.

Nous repartons, cette fois-ci visiter le village du Chastanet, son château et sa vielle église, ses maisons de granite et ses étroites ruelles.

Vers 16 h, arrivent Patricia et Guillaume et George seul dans sa voiture. Un dénommé Laurent qui devait covoiturer avec lui ayant fait défection sans avertissement.

En soirée, le ciel clair gagne du terrain et la météo nous annonce du beau temps pour les 3 prochains jours.

Vendredi 2 novembre 2018.

Nous gagnons par de petites routes Valousset où nous avons des difficultés à trouver un parking. Finalement, ce sera à proximité d’un calvaire, tout en haut du village. Cela nous arrange pour le départ, mais nous obligera à une remontée pour le retour.

Aujourd’hui, nous sommes 5 : George, Guillaume, Patricia, Yolande et moi-même.

La montée commence dans les châtaigneraies et Yolande entame sa récolte.

Progressivement, le sentier sort de la forêt et devient plus irrégulier (blocs de granite de toute taille). Sur les crêtes ventées et aussi dans les restes du terrible incendie de 2005, de chaque coté du sentier, une lande à genets et bruyères dans lesquels s’enlacent des ronces constitue un impénétrable maquis.

 

Un petit passage aérien sur un arête et nous gagnons le col du Merle. Les panneaux indicateurs sont criblés de trous de balles de gros calibre, défoulement de connards frustrés d’une chasse bredouille.

Nous passons brièvement en versant nord et donc à l’ombre pour remonter un couloir qui contourne un gendarme de l’arête.

Cette dernière s’élargit d’un coup devenant un vaste plateau de lande et d’herbages. Je voulais pousser jusqu’au sommet pour bénéficier de la vue sur le versant nord, mais les ventres en décident autrement et la pause repas se fera au début de la descente à l’abri de grands genets.

La descente se poursuit par l’arête de la Vernade. Le vent sur la crête nous a fait rhabiller. Heureusement, car je déboule sur un couple arrêté à l’abri d’un rocher. Il sont montés par cet itinéraire et nous préviennent que nous allons rencontrer quelques passages un peu délicats. Tant-pis, nous n’avons pas le choix pour le retour. Une d’entre nous peu à l’aise dans ce type de terrain nécessitera pas mal de persuasion dans certains passages.

Puis la pente se calme et nous rentrons en forêt. Un chemin, bien balisé, nous conduit sur une magnifique dalle de granite dominant la vallée de la Baume. Un pose s’impose, un peu trop longue, mais il fait si bon nus au soleil.

Nous reprenons la descente en suivant des cairns, mais de petits passages en escalade arrêtent les moins habiles. Il faut remonter pour retrouver le sentier principal. Le reste de la descente se fait par un beau chemin bordé de murettes qui débouche sur une piste forestière.

Long retour à Valousset par cette piste, alors que l’obscurité gagne, suivi d’une remontée finale dans le village qui tire sur les jambes fatiguées.

Le soir, au gîte, c’est bombance. George a apporté une choucroute, Guillaume , une crosiflette. Nourriture trop riche, George sera malade dans la nuit et nous abandonne à regret pour la rando suivante.

Statistiques (pour ceux qui râlent parce que c’est trop long, trop haut, etc…) : D+ 877 m L 11 Km

Samedi 3 novembre 2018.

Départ dans un virage de la route un peu avant Chalas le haut. Quand nous sortons de la forêt, une rumeur d’aboiements, de cris humains devient progressivement vacarme.

Une battue est en cours dans le vallon en dessous de nous. D’ailleurs, nous distinguons réparti sur une piste en face des points oranges, autant de chasseurs à l’affut. Nous hésitons à faire demi-tour, mais pour le moment, notre itinéraire ne semble pas concerné.

Le très beau chemin muletier que nous empruntons, soutenus d’impressionnants murs de pierres sèches (un travail titanesque) contourne une arête et nous tombons nez à nez avec un chasseur posté. Nous pouvons passer, nous ne risquons rien. Cependant les chasseurs se succèdent et la meute qui bat le vallon se rapproche. Des coups de fusil éclatent, certains à quelques mètres de nous. Nous ne sommes pas du tout rassurés. Je passe à Yolande un gilet qui traine au fond de mon sac pour ce type d’occasion. La voilà transformée en poulet orange !

Le chemin s’élève par de multiples lacets dans des pentes très raides, entre des blocs et des tours rocheuses. Une fois de plus, nous sommes admiratifs du travail des anciens qui ont déplacé toutes ces lourdes pierres de granite pour constituer murs et plateformes.

Nous finissons par déboucher sur le plateau du sommet de Méjan. Une halte à l’abri de la forêt nous permet de retrouver pour un temps la nudité et de casser la croute.

Nous poursuivons par le sommet d’où nous pouvons admirer un panorama à 180° allant du plateau enneigé du Mont Lozère aux Alpes (Dévoluy, Ecrins, Vercors).

Nous entamons la descente et commençons par retrouver nos amis les chasseurs dont les luxueux 4×4 sont montés jusque là. Mais la chasse se termine et de plus nous leur tournons le dos pour entrer dans la forêt du Tanargue. Un long parcours horizontal sur piste nous ramène au bord du plateau où nous retrouvons avec plaisir le soleil sur notre peau. La descente est d’abord très raide (Bruno, je ne passe pas par là, j’ai peur !) puis se calme.

Dernier obstacle ; depuis un moment j’entends grossir le grondement d’un torrent qu’il va falloir traverser. La carte ne note pas de passerelle. Effectivement, il n’y en a pas ! Le débit est important et impétueux. Heureusement, un câble amarré aux arbres permet de passer de blocs en blocs. Peu arriveront de l’autre coté les pieds secs.

Suit un beau chemin bordé de murettes et aux châtaignes abondantes qui nous ramène au village.

Statistiques (pour ceux qui râlent parce que c’est trop long, trop haut, et surtout pas ce qui était prévu…) : D+ 979 m L 12 Km

Le soir, nous étions invités par nos logeurs à une sympathique “rôtie“ de châtaignes. Nous avons pu échanger avec eux sur la culture du châtaignier (ils sont propriétaires récoltants) et bien d’autres sujet et aussi avec les locataires de l’autre gîte.

Dimanche 4 novembre 2018.

La troupe qui reste est fatiguée. De plus il faut ranger et nettoyer le gîte avant le départ qui du coup est tardif.

l’objectif du jour est le Rocher d’Abraham à partir de la vallée du Lignon.

Quand nous arrivons au point de départ, dans un virage de la D19, un autre battue est en cours sur le versant. Nous hésitons à partir, puis la chasse semble se terminer. Compte tenu de l’heure, nous partons désormais avec des ambitions revues à la baisse. Nous nous contenterons du col de Barbejo, histoire d’avoir une vue sur l’autre versant.

Très vite, le sentier se révèle encombré de genets qui cachent des ronces. Pas idéal pour des randonneurs nus. Nous nous faisons surprendre dans cette tenue par un couple qui descend. Pas de problème. Ils nous disent que le sentier s’améliore plus haut, ce qui rassure ceux qui commençaient à avoir les jambes bien griffées.

Longue pose au col et au soleil et puis il faut bien redescendre. On a des heures de route à faire pour rentrer chez nous.

Dans la descente, nouvelle alerte, le grelot d’un chien nous fait découvrir une silhouette orange un peu au dessus de nous. Nous chantons bruyamment pour nous signaler. Ce qui n’est pas du goût du chasseur qui nous invective méchamment en nous disant que nous sommes sur sa propriété privée, ainsi que nos voitures garées au bord de la route.

Semaine de randonue en Ariège

Du 22  au 29 septembre 2018

Les acteurs : Jacques-Marie (JMF), Nicole et François, Christian et Sylvie (pas naturiste), Guillaume, Richard et Sandra, Philippe (le boulch), Jean Pierre (pour un jour) et moi-même : Bruno.

Samedi à 8 h, j’ai fait les dernières courses au village. A 9h Guillaume est amené par son père. Le temps de charger les dernières provisions et nous sommes en route. Un peu de circulation sur l’autoroute, mais pas de ralentissement sensible. Les impressionnants aménagements à proximité de Montpellier fluidisent la circualtion et vers 16h, nous sommes à Tarascon sur Ariège où après avoir pris rendez vous avec un agent de l’ONF, nous récupérons les clefs du gîte.

Nous remontons la route étroite du col de l’Hers à travers la forêt de feuillus, contrairement à l’année dernière, pas encore parés des couleurs d’automne et retrouvons avec plaisir la maison au milieu de sa prairie entourée de vaches, de noirs chevaux de Mérens et d’ânes.

Jacques Marie nous a précédé avec son camping car et est déjà en tenue de nudité.

Nous déchargeons ma voiture et voyons arriver progressivement les autres : François et Nicole, Christian et Sylvie, Philippe.

Nicole, affectée d’une tendinite au tendon d’Achille déclare forfait pour les randos. Son mari, François doit impérativement, pour des raisons médicales, se protéger intégralement du soleil. Il randonnera toute la semaine entièrement couvert, un comble pour un randonneur naturiste !

La soirée avance. Les anglais, Richard et Sandra manquent à l’appel. Un contact de Jacques Marie avec ce dernier nous apprend qu’un incident les a retardés et qu’ils n’arriveront que le lendemain.

Dimanche matin, lever à 7h1/2 et départ à 9h vers les Orris de Carla. Objectif : les étangs de la Gardelle.

Le parking est déjà bien rempli et nous redoutons de multiples rencontres préjudiciables à notre tenue. Finalement, nous laissons partir quelques personnes devant nous puis attaquons une rude montée. La vallée se creuse rapidement et nous dominons le lac de Soulcem d’un bleu profond.

Le sentier, typiquement ariègois, très irrégulier, monte raide dans un étroit couloir.

Juste avant de déboucher sur un premier replat, notre groupe rattrape une femme et deux fillettes. François, qui est habillé cavale devant et avertis la femme qu’il est l’éclaireur d’une bande de « culs nus ». La dame consulte les deux fillettes et lui dit que celles-ci n’y voient pas de problème, que nous pouvons rester nus. On double et en se retournant, nous voyons le trio arrêté et la mère qui donne des explications. Un nouveau sévère raidillon nous porte au premier lac dominé par les hauts sommets du Pic de Canalbonne et de la Pique d’Estat.

Surprise, une large tente est dressée au bord du lac. Personne aux alentours : des pêcheurs probablement.

Une petite montée nous donne accès à un promontoire dominant le second lac, mais il faut descendre jusqu’à ce dernier par un couloir herbu.

Au bord du lac, une petite prairie et sur l’herbe verte deux petites tomates bien rouges oubliées là !

Les plus courageux tentent la baignade : Jacques-Marie, bien sur, moi aussi qui fait un bref petit tour dans une eau que je trouve, pour ma part,un peu trop froide.

Tout le monde tient la forme et il est décidé de passer le col qui nous domine pour redescendre par le vallon de Roumazet.

Il y a du monde au col, dernier lieu où l’on cause, et nous renfilons les shorts. Les bavards se dispersent et nous pouvons entamer la descente sur l’autre versant.

La pente est raide. Avec Sylvie et Christian, nous suivons François qui s’est engagé dans un couloir peu sympathique. Pentes d’herbe raides et gravillons qui roulent sous le pied. Il est hors de question de glisser et nous maudissons celui qui nous a entrainé dans ce traquenard. Les autres on suivi un chemin plus calme et arrivent en bas de la pente bien avant nous. Nous nous regroupons au niveau d’une tourbière parmi de splendides vaches blondes aux belles cornes et leurs veaux aux oreille joliment ourlées de poils blancs.

Le sentier, un moment horizontal, vient finir en balcon sur la vallée de Soulcem quelques centaines de mètre plus bas.

Encore une raide descente et désormais nous cheminons au fond d’une large vallée glaciaire qui va nous ramener au point de départ.

Dès le début de la descente, Philippe ressent des craquements dans un genoux. La chose s’amplifie dans la plongée finale sur la vallée. Le lendemain le genoux sera enflé et douloureux. Plus question d’affronter les rudes sentiers des montagnes ariègeoises.

Nicole a accueilli Richard et Sandra que nous trouvons à notre retour au gîte. Richard est un ami anglais de Jacques-Marie.

Il ne parle pas du tout français et Sandra est allemande et pas plus doués pour notre langue. S’en suit des traduction multiples : Français → anglais → allemand (et vice versa), assez pénibles. Nos amis sont également accompagnés de deux chiens : Polly, un border-collie et un micro chien aussitôt baptisé par les français “la crevette“.

Lundi matin, le temps est couvert et il pleut faiblement. La météo n’annonce pas d’amélioration avant le soir et nous décidons d’aller visiter une grotte aménagée. Compte tenu des fermetures du fait que ce soit un lundi, des obligations de réservation, notre choix se fait par défaut sur la rivière souterraine de Labouiche.

Nous voilà donc partis un peu après le repas de midi pour Foix éloigné de pas plus d’une dizaine de kilomètres de notre objectif.

Mais voilà qu’à Foix, les choses se compliquent. Le GPS nous envoie dans des rues plus ou moins interdites. Aucun panneau n’indique cette direction ! Après pas mal d’aller et retours, nous finissons sur un pont barré pour travaux et découvrons que les panneaux “Labouiche“ ont été masqués avec un adhésif noir.

Une bonne vieille carte Michelin est appelée à la rescousse. Finalement, il faut faire un grand détour par des petites routes de campagne pour rallier la grotte. Richard, qui nous suit avec son camping-car et ne comprend pas grand chose à nos pérégrinations chaotiques jette l’éponge et rentre “at home“.

La visite de la rivière souterraine en bateau ne laissera pas des souvenirs extraordinaires (aménagement brutal, éclairage banal).

De retour au gîte, Jacques Marie va faire un petit tour dans les prairies environnantes et revient avec une brassée de belles columelles. Ce soir, ce sera omelette aux champignons.

Une discussion s’engage sur la sortie du lendemain. J’avais envisagé d’aller au cirque de Cagateille, mais selon les topos que j’avais consulté, le circuit comporte une passage en escalade avec des échelons et des câbles. Il est donc peu probable que les chiens puissent passer.

j’ai dans “mes cartons“ une autre boucle du même genre dans le massif d’Aston : Col de Juclar → Fontargente. Là, pas de passages en escalade annoncés. Inconvénient : c’est loin, 1h1/2 de voiture.

Mardi, nous partons donc un peu plus tôt que d’habitude pour être vers 10 h au point de départ de la rando.

Pas mal de voitures sur le parking pour un jour de semaine. Des hommes habillés de sombre circulent sur l’estive.

Nous partons en même temps qu’un autre groupe de randonneurs et Polly, la border-collie, gambade joyeusement devant. Un peu plus haut, les groupes se séparent, nous en direction du refuge de Juclard, les autres vers les étangs de Fontargente. Polly n’a pas eu le temps de bien identifier les personnes qui accompagnent son maitre et file dans la mauvaise direction. Richard s’en aperçoit avec un peu de retard et reste en arrière pour rechercher son chien qui a disparu.

Arrivés au soleil, nous tombons les derniers habits. Richard nous crie qu’il abandonne la rando pour se consacrer à son chien.

Alors que nous approchons du refuge, Polly se décide à revenir et son maitre revient vers nous à grands pas.

François, toujours habillé, nous précède et annonce au refuge le passage des “culs nus“. Ce qui pour le gardien ne pose aucun problème. Par contre, nous avons droit à une remarque sur le chien qui devrait être tenu en laisse.

Du refuge, le sentier descend en traversée vers le lac de l’Estagnol lové sous une imposante barre rocheuse. A un moment, nous perdons le chemin et nous retrouvons dans un amas de très gros blocs nécessitant une quasi escalade pour les franchir.

Pour rejoindre le lac supérieur, il faut contourner la barre par la droite dans un couloir de blocs et pierrailles très raide. Impressionné, Richard hésite à cause des chiens, parle de faire demi-tour et finalement nous suit.

La “crevette“, dont nous ne donnions pas cher dans un tel terrain, se faufile prestement entre les blocs, disparaît dans les bas-fonds et ressort miraculeusement plus loin. Admiratifs, nous la rebaptisons “Crevette agile“.

Le verroux rocheux surmonté, l’Etang de Juclard nous propose la pose de midi et nous tend les bras pour une petite baignade.

Sandra ne résiste pas à l’invitation et sandales au pied se précipite à l’eau comme si elle était sur une plage de méditerranée. Une petite danse et la voilà en train de nager. L’onde est froide et cette façon de se mettre à l’eau sans précautions n’est pas des plus conseillée.

Retour rapide à la berge, frigorifiée. Le pantalon, la polaire et un anorak enfilés n’arrivent pas à la réchauffer d’autant que souffle un petit vent frais.

J’ai prévu de monter jusqu’au col frontière de Juclard et de tenter de passer sur le cirque de Fontargente par les crêtes. Richard et Sandra, cette fois çi, nous abandonnent. Rendez-vous à la voiture, à défaut à la maison.

Sur le col de Juclard, le versant andorran se dévoile avec deux beaux lacs.

Nous tentons, comme je j’avais envisagé de suivre ou contourner la crête frontière vers l’Ouest et le cirque de Fontargente. Mais le passage devient scabreux et l’heure avançant, nous renonçons et redescendons, à une petite variante près, par notre itinéraire de montée.

Quelle n’est pas notre surprise de voir que le camping car de Richard est encore sur le parking et nos amis pas encore rentrés.

Inutile de tous les attendre. Une voiture redescend et je reste avec Christian, Sylvie et Guillaume. Le temps passe et l’inquiétude grandit, d’autant plus que le soleil disparaît derrière les crêtes. A chaque randonneur qui arrive au parking, nous demandons s’ils n’ont pas vu un couple avec deux chiens. Finalement, alors que le crépuscule s’installe et que nous étions sur le point d’appeler les secours, les voilà qui arrivent. Avec un flegme tout britannique, Richard nous annonce qu’il vont se faire un petit café avant de rentrer. Nous les plaquons là, plutôt mécontents de leur insouciance.

Mercredi matin, nous avons la surprise de voir arriver Jean Pierre, une connaissance de l’année précédente, pour participer à la rando du jour. Sandra est affecté de sévères courbatures (l’eau froide du lac ?) et Richard nous annonce qu’ils renoncent à nous accompagner.

Nous seront donc sept à prendre la direction de l’Etang Bleu au dessus d’Aulus.

La montée commence par un agréable chemin en forêt, qui monte doucement, malheureusement du coté de la vallée à l’ombre. Il nous conduite à une vaste clairière en fond de vallée où paisse un troupeau gardé par une bergère. Inutile de nous rhabiller, François l’a déjà prévenue…

Nous changeons de versant et trouvons le soleil. Désormais cela monte sérieusement à la façon ariègeoise, c’est à dire très irrégulièrement avec franchissement de hautes marches, voire de blocs.

Nous arrivons au pied d’une belle cascade, déversoir de l’Etang Garbet et encore un effort et nous sommes au lac un peu avant midi.

Arrêt casse croute. Je tente la baignade là où des dalles de granite peu pentues constituent une sorte de plage. Il y a même comme une baignoire suffisamment profonde pour se mouiller jusque au cou, séparée du reste du lac par un petit seuil de rocher.

Doucement, je laisse mon corps s’équilibrer avec la fraicheur de l’eau, puis franchis le seuil. Le rocher est très glissant et il est impossible de se tenir debout. Je nages quelques brasses et reviens vers le bord. c’est tellement glissant, qu’il faut quasiment ramper et s’accrocher à des prises du rocher pour revenir sur la berge.

Ma démonstration faite, les autres ne peuvent se dérober et même Sylvie et Christian finissent par aller à l’eau.

Nous somme bien ici, nus au soleil, et l’envie de poursuivre jusqu’à l’Etang Bleu s’estompe d’autant plus qu’une haute barre rocheuse nous en sépare. D’ici, la suite semble difficile et exposée. Une certaine indolence nous gagne.

Un vieux monsieur passe et discute sans que nous ayons à nous rhabiller. Un jeune couple nous contourne à bonne distance pour aller s’installer sur un belvédère un peu plus loin.

Il faut bien, quand même, redescendre. Une variante pour le retour nous tente. Mais elle arrive à un point différent de celui du départ. François se dévoue pour revenir aux voitures par le chemin de l’aller et le reste du groupe prendra l’autre itinéraire.

Une longue traversée dans le versant rive droite de la vallée, sur un épaulement au dessus de barres rocheuses, nous amène près d’un petit lac où la présence de quelques personnes nous incite à enfiler temporairement les shorts.

Nous passons à proximité d’une ancienne mine et un bon sentier nous ramène à la route départementale où François nous attend avec sa voiture. Un petit tour des chauffeurs pour aller chercher le second véhicule à quelques kilomètres de là et le tour est joué.

Je reviens au gîte avec François qui tient à rapporter un morceau de cette roche unique et mystérieuse provenue des profondeurs de la terre appelée lherzolite. Nous repérons un affleurement et son choix se porte sur un bloc de quelques décimètres cubes. Mais que cette pierre est dense ! et c’est avec peine qu’il arrive à la déposer dans son coffre.

Jean Pierre passe la soirée avec nous avant de retourner sur Toulouse.

Une réclamation monte pour aller demain aux sources chaudes de Mérens. Afin de ne pas perdre la journée j’y associe comme préalable une randonnée dans le vallon de Mourgouillou qui part de ce village. Richard et Sandra proposent de nous faire un repas de leur cru pour jeudi soir. Une liste des ingrédients nécessaires est établie. Nous devions les acquérir en revenant de Mérens.

Au matin, contre-ordre, Richard et Sandra nous quittent car leur chien s’est blessé. Nous n’auront pas de repas bavarois !

François, grand adepte des source thermales, nous abandonne pour y passer la journée. Du coup nous ne somme plus que cinq.

Jeudi. Depuis Mérens, une route forestière nous mène jusqu’à une prise d’eau EDF. Ensuite, le sentier, pour une fois bien tracé et même dallé s’élève dans une belle forêt de feuillus.

Un gué nous ramène en rive gauche, à l’adret, au paysage plus ouvert.

D’un coup, déboule un groupe de jeunes gens, en fait un escadron de militaires qui s’égrènent le long du sentier. Surpris, nous n’avons pas eu le temps de nous couvrir. Les premiers n’ont cure de notre tenue, mais vers la fin un gars de type magrébin nous prend à partie : «  Et si je je me promenais avec ma petite fille de 4 ans, qu’est ce que je lui dirais ? ». Je n’ai pas le temps de répondre, il court à nouveau après ses compagnons.

Le chemin nous amène à l’étang de Couart, à l’eau peu engageante (baignoire des vaches). Nous revenons alors en arrière pour suivre le GR qui s’élève brusquement dans des pentes forte sous le vallon suspendu de Lherbés.

Il faut garder du temps pour aller aux sources chaudes et nous nous contentons d’un beau belvédère sur la vallée et les montagnes environnantes. Un couple passe et nous dit qu’ils sont aussi naturistes et que nous avons bien raison de randonner nus. Mais ils n’osent pas s’y lancer…

Comme à chaque rando, Jacques Marie a monté une bouteille de vin et même des gobelets. Nous cassons la croute entre quelques gros blocs de granite à proximité d’une source fraiche. La pause se prolonge. Nous n’irons pas plus haut.

A la descente nous faisons une petite variante en revenant par l’ubac, ce qui nous vaut une bonne séance de gymkhana dans un chaos de blocs. Dans la forêt, nous rattrapons un petit vieux qui nous dit que ce n’était pas la peine de nous couvrir. Retour à la voiture et direction Mérens.

Jacques-Marie, qui est déjà venu sur ces lieux l’année dernière, nous conduit. Nous garons la voiture un peu en dessous d’une très belle église romane en ruines, puis d’abord à travers le hameau, puis par un raide chemin creux gagnons la source.

Trois bassins d’eau chaude et un d’eau froide s’étagent sous un couvert clair de bouleaux. Les bassins inférieur sont déjà occupés par des jeunes qui semblent installés pour durer, sirotant des bières et des verres de vin ou d’alcool. Nous investissions le bassin supérieur, le plus chaud (35 ° ?). Nous n’y passeront qu’un quart d’heure ; décevant Jacques-Marie qui serait resté bien plus longtemps.

Demain matin (vendredi), François et Nicole partiront pour des obligations familliales. Jacques-Marie décide de ne pas nous accompagner dans la dernière rando pour s’entrainer pour un marathon et surtout passer l’après-midi sans contraintes aux sources de Mérens.

Pour le dernier jour : la plus belle rando, conseillée par Jean Pierre quelques jours auparavant : les lacs et le cirque de Cagateille. Malheureusement, suite aux multiples défections, nous ne sommes plus que quatre.

Au parking, au fond de la vallée, un chasseur, appuyé sur une table, observe les crêtes avec des jumelles. A notre retour, 8h plus tard, il sera toujours au même endroit et dans la même position.

Le chemin commence par descendre au fond de la vallée pour traverser le torrent sur une passerelle puis remonte dans des prairies envahies de fougères. Mais très vite, la forêt nous avale et, à la surprise de mes compagnons, je tarde à me déshabiller car le fond de l’air est frais. j’attendrais que nous émergions au soleil.

A un bon chemin (ancien accès à une mine) succède une série de zig-zags dans un raide couloir herbu, bordé à notre gauche par une barre rocheuse. Celle ci finit par s’interrompre et nous laisser partir à gauche en direction du premier lac.

La carte permettait d’augurer pour un facile sentier horizontal, mais il n’en est rien. Quelque petites barres rocheuses demandent l’emploi des mains pour être franchies.

Une courte descente nous amène au pied d’une petite cascade qui doit être le déversoir du premier lac (l’Etang d’Alet). Mais le sentier repart en montant pour nous amener à une crête rocheuse d’où nous découvrons une étrange paysage. Le lac, très noir et surement très profond, se situe au fond d’un cratère creusé dans le granite, entouré de toutes parts par de hautes barres rocheuses. Il semble pratiquement impossible d‘accéder à l’eau, à moins de tirer un rappel.

Le site est grandiose, mais un plutôt sinistre. Nous ne nous y attardons pas et poursuivons vers le second lac. Le sentier surmonte un petit col au dessus d’une belle arête dentelé, puis traverse un vaste plan incliné de dalles de poli glaciaire encombré de sévères chaos de blocs qui mettent à l’épreuve Guillaume à cause de son handicap.

Après avoir franchis une dernière crête, l’Etang de la Hillette nous apparaît, bien plus souriant que le lac précédent. D’un contour très découpé, il comporte des iles et presque-iles dont une supporte une cabane. Nous descendons jusqu’à une petite plage, idéale pour se baigner. Ce sera la pause de midi.

C’est semble-t-il (ou parce que l’on s’habitue!), le moins froid des lacs que nous avons visité et chacun pourra s’y baigner assez longuement.

Mais il faut bien finir par redescendre. Mais pour le moment, le retour passe par le franchissement d’un ressaut rocheux en escalade aidé par des barreaux scellés et des chaines.

Suit une longue descente en estive puis en forêt sur un chemin meilleur que d’habitude en Ariège.

Une longue prairie en fond de vallée permet une belle vue sur le cirque de Cagateille que l’on vient de descendre; une passerelle et retour à nouveau en forêt jusqu’au parking de départ.

Demain matin, ce seront les adieux de ceux qui sont restés jusqu’au bout.

Le Grand Roc (massif des Bauges)

le 30 juin 2018

Jac nous a concocté un bel itinéraire de randonue dans le massif des Bauges, et en plus, à réussi à réunir onze personnes.

L’objectif premier était le col de la Fougère, modeste rando en forêt ayant l’avantage pour un jour de canicule d’être presque tout le long à l’ombre.

Au dernier parking au fond du vallon de Bellevaux, pas mal de voitures. Mais nous quittons rapidement les grandes pistes pour un petit sentier encombré de hautes herbes qui monte en zig-zag dans un versant raide.

Des arbres couchés barrent de temps en temps le chemin et les hautes herbes cachent orties et petites ronces. Il en faudrait plus pour décourager la troupe qui jouit de la nudité et de l’air encore frais.

On sort de la forêt un peu avant le col et la vue se dégage sur l’impressionnante face nord triangulaire du Pécloz au sud et la crête rocheuse allongée de l’Arcalod à l’Ouest.

Du col, nous dominons la large vallée de la Combe de Savoie et au delà, la vue s’étend de la chaine de la Lauzière à la Meije, au Rateau et aux glaciers du Mont de Lans.

Un randonneur textile passe. Sourire amusé, quelques mots échangés.

Nous décidons de nous éloigner un peu du sentier pour le casse-croute de midi. Une prairie malheureusement un peu trop inclinée, à la limite de la forêt prodigue soleil et ombre en fonction des désiratas de chacun.

De là on peut observer le passage dans des barres rocheuses qui selon Jac permet de rejoindre le sommet du Grand Roc.

Jac nous propose de l’emprunter pour ceux qui s’estiment avoir le pied sur. Les autres pourront descende aux voitures en empruntant le chemin ordinaire.

photo Jacques V.

Du coup, nous ne sommes plus que six pour aller au sommet. Nous commençons par remonter péniblement une raide pente d’herbe et de cailloutis qui roulent sous le pied pour arriver sous une première barre de 2 à 3 m de haut. Un corde fixe est sensée aider à son franchissement, mais finalement, il est moins athlétique de négocier le passage en escalade. Suit une vire herbeuse étroite et déversée vers le vide. La moindre glissade serait fatale. La seconde barre se passe avec une petite escalade et débouche sur une longue pente d’herbe inclinée entre 40 et 45° qu’il faut remonter. Là encore, tout faux pas serait catastrophique. Finalement, essoufflés nous débouchons sur l’arête et gagnons facilement le sommet. C’est l’occasion de photos et d’une longue pose.

Devant la dangerosité du passage que nous venons de franchir, il est décidé que seul Jac redescendra par là pour prévenir ceux restés en bas de notre changement de programme et les cinq autres descendront par le col du Haut du Four.

Le cheminement sur l’arête herbue du Mont d’Orisan ménage des magnifiques vues, un peu embrumées, sur toute la chaîne des Alpes.

Nous commençons à manquer d’eau et justement une fontaine coule devant les chalets du Haut du Four. Mais ceux-ci sont habités et il nous faut nous rhabiller.

Nous sommes accueillis par un sympathique papy, propriétaire des lieux et qui tient à nous raconter sa vie. Difficile de s’arracher, mais le reste du groupe doit nous attendre plus bas.

Au premier virage du sentier, à l’entrée dans la forêt, nous retrouvons la nudité.

Le sentier, bien que GR de pays, est encombré d’arbres couchés et souvent interrompu par des arrachements de terrain et les reste de coulées d’avalanches. Nous rattrapons le reste de nos compagnons qui descendaient doucement.

Un important groupe monte nous obligeant à nous rhabiller à nouveau. Puis la descente se poursuit, un peu longue à mon goût. Enfin la piste et la route ; mais le torrent sous le petit pont offre de belles vasques et certains ne résistent pas à la tentation de se baigner.

photo Jacques V.

La journée se terminera un verre à la main au café d’Ecole en Bauges.



Une semaine de randonue au pays du Verdon.

Avec (pour les Rhône-alpins) Bruno, Georges, Gilbert et Patricia.

Organisé par Jean et Gilbert, ce séjour a rassemblé une trentaine de randonneurs naturistes (hommes et femmes)  au camping du Petit Arlane à Valensole.

Arrivés parmi les premiers le 20 mai, la première impression est plutôt négative. Des flaques de boues encombrent les allées et nous découvrons notre logement : un gîte vaste, mais plutôt humide et froid.

Nous partagerons ce dernier pour la semaine à quatre (Bruno, Georges , Patricia et Yves).

Dimanche, Gilbert a prévu une rando de mise en forme (peu de dénivelé) autour de Allemagne en Provence, sur le plateau de Valensole.

En passant, nous admirons le château de Castellane puis nous élevons sur la colline qui le domine.

Sur la crête, la chapelle Saint Marc est l’occasion d’une première halte, d’autant plus que Gilbert y recherche une géocache.

La tombe d’un seigneur de Castellane se situe un peu plus loin. Puis la crête devient un plateau couvert de champs de blé et de lavande. Le soleil y tape dur et malgré notre nudité, c’est avec soulagement que nous retrouvons la fraicheur d’un vallon arboré qui nous conduit à un fond de vallée. La présence d’une route départementale et la proximité d’une ferme, nous obligent à nous rhabiller. La traversée à gué d’un ruisseau boueux ajoute un peu de piment à l’aventure.

Puis nous suivons une petite route peu fréquentée où les plus extrémistes retrouvent la nudité. Nous rejoignons le GR4 qui monte sur le plateau en face au niveau d’une énorme machine d’abattage au pied d’une coupe rase dans la forêt : spectacle affligeant.

Un moment d’inattention des premiers et une partie du groupe qui traine en arrière (nous sommes une trentaine) continue tout droit sur la route.

Arrivés sur le plateau après un raide montée, nous nous rendons compte de leur absence. Nous les attendons en collationnant à l’angle d’un champ.

Alors que l’orage menace, quelques uns redescendent à leur recherche. Finalement une liaison téléphone nous informe de leur erreur. Compte tenu de la pluie imminente, ils préfèreront renter directement au village par la route.

Sur le plateau, les premières gouttes viennent nous rafraichir à coté d’une ruine. Les capes de pluie sortent des sacs. Pour ma part, je préfère rester nu, mes habits étant bien au sec dans mon sac.

Le soleil revient alors que nous empruntons une petite route. Certains se rhabillent, mais deux amies plongées dans leur discussion ne se rendent même pas compte du changement de décor. Une ou deux voitures passent, quelques piétons qui ne font pas de réflexion. Un raide sentier en descente nous ramène finalement au village où les dissidents de tout à l’heure sont déjà au bar.

Lundi : Pas terrible les plateaux de Valensole, unanimité pour aller en montagne, aux gorges de Trévans. La rando commence par la remontée des gorges le long d’un torrent impétueux (pas surprenant après les pluies de ces derniers jours).

Passages en corniche et passerelles agrémentent l’itinéraire.

La nudité est vite adoptée par la majorité d’entre nous, mais pour certains en conservant un Tshirt car le fond de l’air est encore frais. Un détour nous amène aux ruines de la chapelle Saint André sur un piton dominant les gorges.

On croise un couple de textiles, pas effarouchés par notre tenue. Redescente en fond de vallée et poursuite vers la cabane forestière de Valbonette.

Ensuite le sentier monte à travers une sapinière aux troncs élancés vers un belvédère que nous occupons pour le casse-croute.

Des textiles pointent leur nez, deux passent devant nous et vont s’installer un peu plus loin. Un groupe reste en arrière sur l’éperon. Obligés de passer devant eux pour le retour, nous aurons une remarque imbécile et graveleuse.

Le sentier maintenant descend alors que l’orage quotidien nous rejoint. J’adopte la même stratégie que la veille : nu et tous les habits dans le sac. A un croisement de chemin, alors que je suis le premier, je tombe nez à nez avec une petite famille. Ma tenue m’attire une remarque désagréable. Puis un dialogue s’instaure et Gilbert initie les enfants et les parents au géocaching.

La fin de la boucle est une descente raide en forêt, un peu glissante à cause de la pluie. L’orage se calme et nous arrivons aux voitures avec un rayon de soleil.

Mardi : Pluie toute la matinée. Patricia, Georges et moi, profitons d’une éclaircie pour aller brièvement visiter Moutier Sainte Marie et monter au fond de la gorge à la chapelle Notre Dame de Beauvoir, sanctuaire à “répit“ ou l’on pratiquait la “sucitation“.

La solution des limbes (limbus puerorum), inventée pour adoucir un dogme qui vouait des enfants à un enfer, devint insupportable puisque l’innocent ne pourrait jamais entrer en paradis. De plus un clergé rigoriste ne permettrait pas aux mort-nés d’être baptisés ou enterrés en terre consacrée. D’où la nécessité des sanctuaires à répit où le petit défunt était porté en toute hâte. Parrain et marraine le posaient sur l’autel et priaient pour qu’il reprenne vie un instant afin qu’un prêtre effectua le baptême et que son âme s’en fût au paradis.

Mercredi : Le soleil retrouvé (un peu orageux quand même), nous voilà partis à Quinson pour parcourir les basses gorges du Verdon par le chemin du garde canal. En effet, un ancien canal désaffecté est accroché au flanc de la falaise et constitue une voie de pénétration dans ce monde aquatique et vertical.

Le sentier semble très fréquenté en saison touristique avec escaliers et rambardes en fer.

Au départ, le temps de me mettre à nu, je traine un peu en arrière et me fait rattraper par une petite famille avec chien. Bien que, torse nu, ayant gardé le short, on me fait les gros yeux.

Je rattrape progressivement le gros de la troupe. Escaliers et corniches se succèdent ménageant de belles vues sur l’eau bleue du Verdon enchâssé entre les falaises de calcaire blanc et jaune. En face, quelques chèvres broutent sur les vires.

Au bout d’un moment le sentier descend dans le canal asséché, et juste après la maison du garde canal, s’engage dans un tunnel assez long. Heureusement, nous avons prévu les frontales. Cependant une mauvaise surprise nous y attend : des flaques d’eau plus ou moins profondes, plus ou moins étendues.

Les premiers d’entre nous réalisent des exploits d’équilibre pour passer sur les bords en s’aidant des bâtons, mais arrive, non loin de la fin, une flaque plus prononcée et beaucoup rempliront les chaussures. Le reste du groupe décide d’enlever tout simplement celles-ci et de passer pied nu.

Le dernier arrivé, rassemblés sur une passerelle au dessus du canal, nous voyons émerger du tunnel un textile solitaire qui fait demi-tour immédiatement. Est-ce la nudité du groupe qui lui a fait peur ?

L’itinéraire quitte la gorge pour remonter longuement un vallon sec. Paysage étrange de troncs et branches dénudés d’où pendent de grandes draperies de mousses.

Un embranchement, nous conduit à la chapelle Sainte Maxime sur un éperon dominant les gorges, puis retour au fond du vallon.

On finit par sortir sur le plateau dans la garrigue. Un bon chemin nous conduit à proximité d’un petit aven : la Baume des Pierres. C’est l’occasion de s’arrêter pour le repas de midi et pendant que certains se restaurent et discutent, les plus téméraires se lancent dans l’exploration de la cavité en tenue de naissance. Quelques angoisses, car nous les voyons pas tous ressortir. Pierre repart à leur rencontre et les ramène à la surface.

Le retour se fait à travers la garrigue sous une chaleur lourde sous un ciel de plus en plus orageux. Une raide descente nous conduit à notre point de départ au bord du Verdon.

Jeudi : Un sommet : le Montdenier, belvédère au dessus du pittoresque village de Saint Jurs.

Gilbert nous emmène d’abord voir l’ancienne source située en dessous de ce dernier. Puis nous remontons les rues étroites passant devant un ancien hospice. La rue se transforme en chemin. Un petit détour par l’église posée sur un piton à coté des ruines d’un château, puis nous remontons la piste forestière qui monte au col de Saint Jurs.

Un 4×4 passe alors que certains sont déjà nus. Heureusement la piste est doublée sur la plus grande partie de son parcours par un sentier plus direct et plus discret. Une grande plateforme dénudée matérialise le col et nous profitons de la vue sur les montagnes environnantes tout en prenant un premier “en-cas“.

Un sentier s‘élève sur l’arête nord du Montdenier d’abord en forêt, puis dans les prairies d’alpage. Le sommet n’est pas loin, mais le groupe décide de l’arrêt de midi à l’abri du vent, derrière une petite crête rocheuse. Le sommet sera pour plus tard quand tout le monde sera reposé.

Et puis c’est la descente. Les quelques trente participants nus, s’échelonnent dans la prairie quand surgit à notre grande surprise une petite fille toute seule. Les shorts et les paréos sont vite en place, mais elle ne peut avoir manqué de nous voir nus. Elle nous croise, pas perturbée du tout, en disant gentillement bonjour. Nous trouverons plus bas les parents auprès desquels nous nous excusons. En fait, pas de problème, il s’agit d’un couple franco-allemand pour qui la nudité est naturelle en balade avec une autre famille également allemande.

Le reste de la descente se fit sans nouvelles rencontres et se termina par une visite du village, habillés, conduite par Gilbert.

Vendredi : le lac de Sainte Croix.

Citation Vivrenu : Certains font du naturisme sauvage au bord des lacs mais au bord du lac de Sainte Croix il y a un arrêté d’interdiction suite à des débordements.

Gilbert nous a préparé une rando autour de la péninsule de Bauduen. A partir du village nous remontons une piste dans un vallon sous un soleil généreux. Montée ralentie par la recherche de quelques géocaches. C’est avec soulagement (au moins pour moi) que nous atteignons un petit col où nous rentrons sous le couvert de la forêt. Quelques pieds de fraxinelles en bord du chemin font crépiter les appareils photos.

La descente se termine sur une piste, au moment même où passe une voiture. Certains ont eu le temps de se couvrir d’autres non.

Le chemin vient à border le lac. Ce dernier est très haut et les arbres en bordure sont en partie noyés. Nous nous précipitons vers la première plage, qui ne convient pas à tous.

Une seconde sera le lieu du repas et des premières baignades. Après un long farniente, nous nous remettons en route, toujours au bord du lac, toujours nus. Personne, les plages sont à nous.

Un nouvelle plage de sable plus belle que la première sera l’occasion d’une seconde baignade. Puis le chemin remonte dans des rochers. La progression devient pénible dans un lapiaz tourmenté masqué par la garrigue.

Nous sommes rattrapés par deux textiles, mais tout le monde est trop occupé dans sa progression pour s’offusquer de notre tenue.

Une raide descente (désescalade) nous ramène au bord de l’eau à une jolie plage ombragée. Une femme et son chien sont installés là. Les premier lui demandent si notre nudité la dérange. Pas du tout, mais elle nous avertis que le naturisme est interdit par la commune. Nous passons outre et bavarde, elle nous rejoint, seins nus, dans l’eau. Nous jouons un long moment avec le chien, puis il faut bien renter. C’est alors que nous commençons à nous rhabiller qu’un homme, que nous n’avions pas vu jusque là, nous interpelle violemment. Il semble prêt à en venir aux mains. Vas-t-il finir à l’eau ? Non. Nous prêchons le calme et le laissons vociférer alors que nous nous éloignons. Nous rejoignons le parking correctement habillés. Ouf, pas de gendarmes.

Ce soir est le dernier repas en commun dans la grande salle du camping, les plus pressée repartiront demain matin. Jean et Danielle ont préparé leur désormais traditionnelle omelette aux truffes et une délicieuse mousse au chocolat.

Samedi : Avec les départs, le groupe est réduit à une dizaine. Sur ma proposition à Gilbert, nous repartons dans la montagne, au Grand Margès, sommet entre gorges du Verdon et Grand plan de Canjuers. Les voitures sont laissées au point de retour au col d’Illoire.

Nous remontons un moment la départementale sous un soleil pesant, puis un chemin sous bois jusqu’à rejoindre le GR99 sur l’arête. La vue se dégage progressivement sur les gorges du Verdon tandis que Gilbert part en chasse de nombreuses géocaches (pas toujours avec succès).

Un joli plan herbu “le Clot de la Glacière“ est l’occasion d’un premier casse-croute pendant que Gilbert fait bande à part à la recherche d’un nouvelle géocache.

Nous le retrouverons plus haut à proximité du sommet. Arrêt pour pour le vrai repas. Le gros du groupe est réfugié à l’abri du vent dans une toute petite clairière. Gilbert et moi préférons la vue depuis le sommet.

On se remet en route un peu dans le désordre pour la descente sur le pas de Garimbau. A partir de ce point on rentre dans le camp militaire de Canjuers et de nombreux panneaux nous signifient qu’il est interdit de sortir du sentier.

Le groupe s’étire dans la garrigue. A un moment, je me retrouve seul. Je force le pas pour rattraper ceux que je suppose devant. Mais en fin de compte j’arrive au col en premier. Pas grave, je vais attendre, c’est un passage obligé. Un peu d’ombre, une petite sieste, mais personne n’arrive. Je commence à m’inquiéter. Laissant là mon sac, je remonte sur environ un kilomètre, toujours personne. Auraient-ils fait demi-tour ? Je reviens au col, reprend mon sac, du coup, décidé à refaire tout le chemin jusqu’au sommet s’il le faut. Enfin, je retrouve le groupe. On m’explique que Jean Pierre a fait un malaise. Ce dernier s’est remis en marche, mais d’un pas mal assuré.

Il faut finir la boucle au plus court. Cela tombe bien, notre itinéraire coupe la route départementale un peu en dessous du pas de Garimbau. Nous irons rechercher une voiture au col d’Illoire en faisant du stop. Tant pis pour le reste du parcours.

Au bord de la route, Jean Pierre est couché dans l’herbe. Nous nous concertons, qui va chercher une voiture ? Au cas ou aucune voiture ne voudrait s’arrêter, personne n’a bien envie de se faire 7 km sur le goudron en plein soleil (et en montée en plus). De l’avis de mes compagnons, je suis le plus présentable. Rhabillé, avec le sac et les bâtons à la main (le parfait randonneur) je m’engage sur le bord de la route. Une voiture arrive dans le virage, je tend le pouce et elle s’arrête. Des allemands. Extraordinaire, je n’aurais pas attendu plus que quelques secondes ! Trente minutes plus tard, je suis de retour avec la voiture de Pierre.

Dimanche, c’est à notre tour de partir. Recharger la voiture, faire le ménage du gîte, aller dire les derniers “au-revoirs“ : la matinée s’étire lentement en faisant reculer le plus possible l’échéance.

Le malaise de Jean-Pierre ? Un embarras gastrique ou hépathique, semble-t-il, qui passera en 48 heures.

Les itinéraires

Dimanche : plateau de Valensole


Lundi : Gorges de Trevans


Mercredi : Basse gorges du Verdon


Jeudi: Le mont Denier


Vendredi : Presque ile de Bauduen

Samedi : Le Grand margès


 

Le canyon de Malissard

Seul

Alpes, Chartreuse.

C’est un petit canyon sans grandes difficultés, à coté de chez moi.
La plus part des obstacles peuvent être contournés, mais l’intérêt est de suivre au maximum le fil de l’eau.
A cette fin j’ai posé quelques spits dans des passages plus délicats afin de pouvoir mettre en place une corde si nécessaire.

Le départ se situe au pont de Malissard en aval de Saint Philibert d’Entremont. La progression se fait vers l’amont.

Peu après le pont.

La marmite la plus profonde.

Pour le plaisir..

 

un peu d’équilibre.

rue d’eau.

Il restait encore une plaque de neige. Mais l’eau du ruisseau était tout à fait tempérée.

Extrait de carte IGN.