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Au Parmelan

Alpes : massif des Bornes

22 juillet 2020

Avec : Dominique et Guillaume.

Le plateau du Parmelan supporte un des plus beaux lapiaz des Alpes. Gouffres et glacières y sont innombrables.

J’ai récupéré Dominique au passage à Chambery et Guillaume nous rejoint directement au chalet de l’Anglettaz.

Le chalet de l’Anglettaz au bout d’une route étroite et défoncée.

Le ciel est plus gris que bleu, mais les risques de pluie semblent limités.

Deux femmes partent dans une direction opposée à la notre. A quelques m^tres du parking, Guillaume s’accroche un pied dans un fil de fer en franchissant une barrière et chûte se faisant mal à un genou. Il se tord de douleur, mais avec son courage habituel devant l’adversité décide de continuer. progressivement la douleur s’atténue. Nous sommes les seuls sur le chemin et ne tardons pas à opter pour la nudité.

Après une série de prairies, le sentier entre en forêt et en même temps dans les lapiaz.

Une petite variante par rapport au chemin principal va nous conduire au bord de la Grande Glacière. Impressionnante cavité avec un porche monumental.

La grande Glacière

Le cheminement prend alors la direction du Sud sur des dalles de calcaire balisées de place en place par des coups de peinture jaune.

La forêt s’éclaircit progressivement, ménageant de belles clairières.

Nous arrivons à une seconde glacière dans laquelle il est facile de descendre jusqu’au névé. Nous nous prenons en photo tours à tours quand les deux femmes de tout à l’heure nous surprennent en tenue de nudité. Elles semblent un peu surprises et ne répondent pas à nos bonjours.

Nous rejoignons le chemin qui vient directement de l’Anglettaz et abordons la partie dénudée du lapiaz.

Alors que nous cherchons un emplacement pour manger, nous tombons sur un groupe arrêté pour les mêmes raisons. On nous dit que notre tenue ne les gènes pas . Nous resterons cependant à l’écart dans une dépression à l’abri du vent et des regards.

L’itinéraire, heureusement bien balisé, monte doucement vers le sommet du Parmelan à travers des lapiaz de plus en plus compliqués.

Il faudra bien se rhabiller en vue du refuge Dunant ou quelques personnes sont attablées sur la terrasse.

Un promontoire permet d’avoir une vue panoramique sur le bassin d’Annecy et les montagnes environnantes malheureusement très embrumées.

Pour finir la boucle, nous allons maintenant revenir vers le Nord, vers l’Anglettaz, par un grand chemin. La probabilité de rencontrer quelqu’un devient plus élevée. Guillaume et Dominique prennent le risque de rester nus.

A un carrefour, un quidam arrive avant qu’ils aient pu se rhabiller. Nous nous excusons, mais celui-ci nous dit que cela ne le gêne pas, mais par-contre, aimerait bien voir une carte car il se sent un peu perdu…

Le Râteau des Rousses

Alpes : Grandes Rousses.

20 juillet 2020

Avec Patricia et Philippe

J’avais fait cette randonnée en juillet 2018 avec un groupe OVS, et la trouvant fort belle j’avais décidé de l’offrir à mes amis randonneurs naturistes.

Après une route un peu longue, nous sommes vers 10h au col de Sarenne.

Cime de la Muzelle

Comme pour toute belle journée d’été, pas mal de voitures occupent le parking.

Un sentier, en une longue traversée va nous conduire au vallon du Grand Sablat.

Mais pour le moment, ce sentier commence par descendre : autant à remonter au retour.

A peine hors de vue du parking, Philippe est nu. Je reste plus réservé et Patricia trouve qu’il fait encore un peu frais.

Progressivement, un couple avec un enfant dans un porte bébé nous rattrape. Il est préférable de se rhabiller. Nous les laissons prétextant grignoter quelques bricoles. Mais voila qu’ils s’arrêtent (bébé pipi ). On les dépasse à nouveau… Mais vite, ils sont sur nos talons. Pas possible d’être nus dans ces conditions.

Je tempère Philippe en lui disant qu’au Grand Sablat, où nous allons bientôt arriver, nous poursuivrons hors sentier et qu’il est peu probable que le couple nous y suive. D’ailleurs ce dernier s’est arrêté de nouveau et nous ne le reverrons plus. Retour à la nudité.

Alors que nous quittons le sentier au clos du Bœuf, deux trailers surgissent. Tant pis.

Maintenant, plus que des traces imprécises et souvent multiples : des sentiers de moutons. Nous ne reverrons plus personne pour un bon moment. Cà monte raide, puis nous entamons à nouveau une traversée horizontale jusqu’à un petit cirque où un ruisseau prend sa source.

Une nouvelle montée dans un vague vallon et nous sommes au plan des Malatres dominé par une jolie cascade.

Maintenant la montée va être progressive dans un décors de plus en plus minéral. Au dessus du Serre des Plonges, la neige apparaît, d’abord des plaques que nous contournons par des échines déneigées,

puis un grand névé qui nous conduit à 2888 m sur un vague col à la diffluence des glaciers des Malatres et des Quirlies.

Vue exceptionnelle à la fois sur les glaciers tout proches et les lointains : aiguilles d’Arve, La Meije, etc..

En s’avançant sur la crête facile du Râteau des Rousse, nous dominons le bas du glacier des Quirlies et le lac du même nom. Une petite collation et il faut bien redescendre.

Au plan des Malatres, une barre rocheuse, bien exposée au soleil va nous fournir un site parfait pour le repas principal. D’autant plus qu’une jolie cascade offre une petite vasque où Philippe, incorrigible, va tenter de sa baigner.

Le retour paraît bien long et la remontée finale au col de Sarenne (une centaine de mètres de dénivelé) tire sérieusement sur les mollets.

Rencontres avec des textiles

Je vous propose de raconter ici quelques rencontres impromptues de naturistes avec des textiles, positives ou négatives.

Allez, je commence par une de nos plus belles …

C’était au printemps dans les montagnes du Verdon. Nous étions un groupe de randonneurs naturistes d’une vingtaine de personnes, hommes et femmes.

Dans une prairie, les premiers du groupe voient arriver un couple de textiles et s’empressent de passer les jupettes.

« Ne vous dérangez pas » dit la femme, « cela ne nous gêne pas. »

Le reste du groupe arrive, tout le monde nu, puisque cela ne dérange pas.

On commence à discuter et expliquer notre bonheur de randonner nus.

Le couple nous demande si ils peuvent se prendre en photo avec nous.

Le groupe est dubitatif. Le couple insiste. Alors quelqu’un lance « OK si vous vous mettez nus vous aussi »

Alors à notre grande surprise la femme tombe ses habits et vient se placer entre nous tandis que son compagnon se recule pour prendre la photo.

« Et monsieur ? » dit le groupe doucement rigolard.

L’homme se déshabille, mais garde son slip, s’avance, puis se sentant ridicule l’abandonne, tends son appareil à un d’entre nous pour faire une nouvelle photo.

On discute encore un moment, puis devons nous séparer car nous prenons des directions différentes.

En s’éloignant, nous les voyons hésiter, puis finalement se rhabiller.

En Bretagne, sur le GR34

Notre groupe (une vingtaine de personnes) parcours le sentier côtier. Pas mal de monde vient en sens inverse. Dans toute la randonnée, l’un d’entre nous à compté 120 personnes croisées ou doublées.

Avec les premières rencontres, on se couvre, puis avec la répétition de moins en moins, jusqu’à ne plus nous rhabiller du tout.

Des sourires amusés, sauf …

Je suis en serre-file. Une femmes seule qui a croisé toute la file sans rien dire, m’interpelle.

« – c’est un pari ? »

« – Non Madame, on est une association de naturiste. »

Sèchement « – Vous voyez je suis aussi naturiste, mais je ne suis pas d’accord, c’est gênant, pas ici ! »

La randonnée finit sur une plage officiellement naturiste.

Voilà que l’organisateur se fait alpaguer par un naturiste sur serviette très agressif.

« – Vous n’avez pas le droit de circuler dans cette tenue sur le sentier côtier ». Notre ami, tente de lui expliquer notre démarche, lui précise que cette randonnée est organisée dans le cadre d’une association affiliée à la FFN, lui tend une plaquette de l’APNEL qu’il refuse de prendre.

Rien à faire.. le quidam nous poursuit de ses véhéments reproches alors que nous nous éloignons (sur la plage naturiste).

Dans les montagnes d’Ariège.

Nous sommes un groupe de de 5 ou 6 randonneurs nus. Nous avons parmi nous une amie textile qui s’est proposée pour passer devant et prévenir les éventuelles rencontres en leur demandant si cela ne les gêne pas.

Nous rattrapons un femme avec une gamine.

Notre amie la prévient et s’entend répondre :

« – Je vais demander à ma nièce si cela ne la dérange pas »

Conciliabule entre elle et la petite fille.

A bonne distance, nous attendons le verdict.

« -pas de problème vous pouvez rester nus »

On se croisera et re-croisera plusieurs fois dans la montée.

Chartreuse. Fin juin ?.

Je suis monté nu et en solitaire à la tombée de la nuit au Grand Som. Les lieux semblent déserts. Les chamois ont repris possession de la prairie sommitale.

A un moment, le sentier se faufile entre des blocs et pile, je me retrouve nez à nez avec un moine chartreux. Nous sommes tout autant surpris l’un que l’autre. Je m’excuse.

« – Non, non, vous n’avez pas à vous excuser, c’est tout naturel. Saint François d’Assise n’allait-il pas nu ? »

Grincheux.  Dans les montagnes de l’Ariège.

Nous somme quatre, dont une femme, et remontons un fond de vallée en tenue de nudité. Alors que nous sortons d’une zone arbustive, surgit, en sens inverse, une troupe de militaires (un bataillon à l’entrainement?).

Nous nous mettons de coté. La chenille passe en petites foulées, certains avec un sourire.

Le dernier, le serre file. S’arrête à notre niveau. C’est un homme de couleur. Il nous engueule.

« -Rhabillez-vous ! C’est scandaleux. Si je vous rencontrais avec ma femme et ma petite fille : qu’est ce je lui dirais !»

Et il repart à grande foulées pour rejoindre le reste de la troupe qui lui a mis une centaine de mètres dans la vue.

Dans les montagnes du Verdon.

Le groupe, une vingtaine de personnes, redescend d’un sommet ; quand on voit arriver une petite fille, seule, qui monte vers nous. En raison de sa petite taille, les genets qui bordent le sentier nous l’ont cachée jusqu’au dernier moment.

Alerte générale. Tout le monde se rhabille. Mais c’est certain la gamine nous a vu nus. Elle passe à coté de nous comme si rien n’était.

Les parents sont quelques cents mètres derrière. Très gênés, nous nous excusons platement.

« Mais non, ça n’a pas d’importance, ça ne risque pas de la choquer, Vous savez on habite en Allemagne, pour nous c’est tout naturel. »

Briançonnais

Nous sommes cinq dont une femme. Nous descendons nus à travers un vaste alpage. A la limite supérieure de la forêt, quelques randonneur, pour une collation, se sont abrités du vent dans une doline (une dépression du terrain). Nous les avons repéré de loin et en approchant, nous avons remis les jupettes.

Quand nous passons à proximité on nous interpelle.

« Pourquoi vous être rhabillés ? N’est-ce pas autorisé ? »

On leur explique que la loi est ambigüe et que de toute façon, autant que possible, on se rhabille par respect pour les personnes que l’on rencontre.

Au sud du Vercors.

Mars, raquettes nus.

Nous arrivons au sommet et voyons un randonneur textile qui vient d’une autre direction. Nous nous rhabillons précipitamment.

Il a une drôle de tenue qui ressemble beaucoup à la notre.

On discute. On dit que l’on est des randonneurs naturistes.

Eh bien lui aussi ! Il s’est rhabillé quand il nous a aperçu !

Septembre . Massif des Ecrins.

Un petit groupe de mes amis,randonneurs naturistes, approche d’un col. Un homme, assis sur un bloc, les observe avec des jumelles.

Quand ils passent le col, l’homme porte un uniforme : un garde du parc. Il se lève ; se tourne vers eux. Il discute, un téléphone à l’oreille. Il va les intercepter ? Non. Il se rassied range son téléphone et reprend ses jumelles.

Mai, Verdon.

Notre groupe (une vingtaine de personnes) randonne nus sur un itinéraire qui borde le lac de Sainte Croix.

Peu avant le retour au village, une jolie crique nous attire pour une ultime baignade. Mais il y a là une dame en bikini avec son chien.

Un “éclaireur“ va lui demander si nous la dérangerions en venant nous baigner nus. Elle répond que non, mais de faire attention, car le naturisme est interdit tout autour du lac. Cinq minutes plus tard, on est presque tous dans l’eau.

La dame nous rejoint pour papoter, pas du tout incommodée par notre absence de tenue, tandis que son chien batifole autour de nous.

Il faut bien repartir ; désormais sur une large piste. Certains continuent nus, d’autres se sont couverts.

C’est à ce moment là que surgit un homme qui nous invective, furieux.

Il nous a vu nous baigner nus. Il invoque l’interdiction municipale, ses enfants et sa femmes restés un peu plus loin au bord de l’eau, menace d’appeler les gendarmes. On essaye de discuter, rien à faire. Il est de plus en plus véhément.

Alors, tous rhabillés en innocents randonneurs, on reprend notre chemin, le laissant s’égosiller.

Dix minute après, on arrive au parking dans le village. Ouf ! pas de voiture bleue.

Dans le Cantal

Nous sommes une dizaine de randonneurs nus et sommes depuis quelques minutes à un sommet dans le brouillard. Deux femmes arrivent, emmitouflées, ciré, écharpes etc….

Notre tenue de peau ne semble guère les incommoder au point de venir nous demander si elles peuvent consulter notre carte..

Photo de Jacques Marie Francillon

Toujours dans le Cantal : rencontre avec deux chasseurs qui nous expliquent leur chasse et la faune locale.

Photo de Jacques Marie Francillon

Alors que je suis nu, un textile vient me monter des chamois.

La bataille de boules de neige

Haute Maurienne : Septembre 2025

J’ai pris de l’avance sur le groupe, et suis resté habillé, car j’avais froid.

Nous descendons du refuge du Carro au terme d’une magnifique rando dans la neige fraiche tombée dans la nuit.

Au carrefour du départ du sentier, je rencontre un couple de textiles qui, lui, monte.

De loin, la femme ressemble un peu, silhouette et vêtements, à notre amie Sylvie.

Nous discutons un peu, puis, la femme me fait la réflexion :

« Vos amis, qui arrivent, semblent avoir tous la même couleur ? » et se ravise aussitôt « Mais ils sont nus ! ».

J’explique que nous sommes un groupe de randonneurs naturistes.

Les autres arrivent, sans se rhabiller.

Notre jeunette ramasse une boule de neige et commence à bombarder sans discernement, nus et pas nus. Immédiatement, les boules fusent dans tous les sens.

Le couple de randonneur aura droit lui aussi quelques impacts.

Joyeuse bagarre, jusqu’à ce que certains se rendent compte que les textiles ne font pas partie de notre groupe.

Ils ne nous en voudront pas, ayant rigolé de tout cœur à la vue de nos ébats nus dans la neige.

La Tête de la Maye

Alpes : massif des Ecrins

31 mai 2020

Seul

Le confinement est levé depuis quelques jours et j’ai hâte d’aller respirer l’air de la haute montagne.

Je me suis décidé au dernier moment : le matin à 4 h. J’irais à la Tête de la Maye au dessus de La Bérarde. Je crois bien que je ne l’ai jamais faite.

C’est à priori une rando très fréquentée, et je n’imagine même pas que je puisse me mettre nu, surtout un dimanche.

Quand j’arrive vers 7 h du matin au bout de la grande ligne droite qui fait suite à Bourg d’Oisans ; je lis avec consternation un panneau lumineux qui indique “Route de la Bérarde fermée après Venosc“.

J’enrage, c’est la troisième fois en peu de temps que je me retrouve le bec dans l’eau à cause de travaux sur cette route.

Bon allons jusqu’à Venosc. Bien que cette perspective ne m’enchante pas, je pourrais peut-être monter au lac de la Muzelle.

A la sortie de Venosc, la route n’est pas barrée. Pourrais-je aller jusqu’au plan du lac ? Ce qui offrirait d’autres perspectives de rando plus intéressantes.

Ah voila l’obstacle. Un énorme bloc de rocher est venu se poser en travers de la route. Des techniciens du département (géologues ?) partent en reconnaissance pour expertiser la zone de départ.

Il a été poussé une bande de gravier du coté aval de la chaussée permettant à une petite voiture de passer. On ne me dit rien. Je passe …

Pour la suite, à part pas mal de cailloux sur la route, plus de problèmes jusqu’à la Bérarde.

Hors quelques camping-cars qui de toute façon sont bloqués, peu de voitures sur le parking, et pour cause.

Du coup, personne sur le sentier qui monte au Chatelleret, et encore moins après l’embranchement en direction de la Tête de la Maye. Dès que le soleil apparaît, je suis nu et le serais jusqu’au sommet.

C’est un itinéraire difficile franchissant des petites barres rocheuses équipées de câbles. Le vide est souvent présent.

A mi-hauteur une petite prairie suspendue sur un épaulement me tend les bras pour un arrêt collation et photo.

Le sommet est un long plateau herbu dominant de toute part des falaises.

Le panorama est exceptionnel car on se retrouve au carrefour des vallées avec vue aussi bien au Nord sur la face sud de la Meije, à l’est sur le glacier de Bonne Pierre et la haute face rocheuse des Ecrins, au sud sur le vallon de la Pilatte.

Il est encore tôt et je passe un bon moment à contempler toutes ces merveilles. Mais voilà qu’arrive un couple et je dois renfiler au moins le short.

J’entame la descente, prudemment dans les zones rocheuses.

Sur un replat un peu en dessous du sommet arrive une jeune femme seule. Elle est équipée comme pour faire une via-ferrata : baudrier, casque, longes.

Elle me dit qu’elle a été impressionnée par les passages câblés et angoisse de devoir redescendre par le même itinéraire (de toute façon, il n’y en a pas d’autre!).

J’ai faillis lui proposer de l’attendre pour la sécuriser dans sa descente. Mais dans ce cas plus de nudité…

Plus bas, c’est une petite famille équipée de tennis avec des gamins qui courent à droite et à gauche dans les rochers.

Maintenant, il est pas loin de midi, des gens montent et je dois me résigner à ne pas retrouver ma tenue préférée.

Quand je reprends la route dans l’autre sens, le contournement du gros bloc a été réaménage et l’interdiction a été levée.

Controverse sur l’article 222.32

Il s’agit là d’une controverse juridique sur le forum de Vivrenu sur l’article 222.32 entre le conseil juridique de l’APNEL (Jean François) et un magistrat (Christophe) ; suite à un arrêté de la Cour de Cassation concernant une “Femen“.

Le débat est de haut niveau et passionnant pour qui prend le temps de le lire (et relire).

Il nous éclaire sur la façon dont les magistrats peuvent interpréter l’article 222.32.

Pour ne pas trop rompre le fil de la discussion, j’ai supprimé quelques interventions de béotiens (comme moi) qui me semblaient pas apporter d ‘éléments essentiels ou n’ayant pas un rapport très direct au sujet principal.

L’ensemble des interventions est compilé dans un texte assez long (24 pages) que l’on peut consulter ici.

Mes conclusions

La loi est d’interprétation stricte.

ou “la Loi rien que la Loi“

Laissez moi sourire….

Je vais prendre un exemple.

Je suis nu sur ma serviette au bord de l’eau en train de lire (non ! pas un ouvrage porno)

Arrivent deux gendarmes. Pourquoi sont-ils là ?

– tournée de routine ?

– signalement par quelqu’un qui m’a vu ?

– plainte ?

Dans le premier cas :

– de leur propre initiative ?

– parce qu’un élu leur à demandé, ou que des signalements et plaintes sont fréquents à cet endroit ?

Dans le second cas :

Ils pouvaient venir ou pas

– on a autre chose à faire …

– c’est loin, il faut marcher longtemps…

– pas sur de trouver la personne qui aura pu partir ou se rhabiller ….

Dans le 3° cas, ils se trouvent obligés d’intervenir.

Bon, ils sont là, disent poliment bonjour.

– ils pourront se contenter de me demander de me rhabiller en me faisant un peu la morale…

– ou me convoquer à la gendarmerie pour signer un constat.

Le choix entre ces deux solutions va dépendre :

– des convictions personnelles du gendarme,

– des pressions d’un maire par exemple,

– des directives d’un procureur,

– de la fréquence des signalements à cet endroit (il va bien falloir finir par intervenir),

– du dépôt d’une plainte,

– etc…

les gendarmes m’ont convoqué à la gendarmerie.

Ils peuvent :

– discuter et à nouveau me dire que ce n’est pas bien et que la prochaine fois …

– rédiger un constat et me demander de le signer.

Il y a eu constat (signé ou non)

Il est transmis au procureur.

Celui-ci peut décider de poursuivre (ou non) en raison

– de son interprétation personnelle de la loi …

– de sa charge de travail…

– de directives supérieures …

– de pressions politiques locales …

– des circonstances …

– etc…

S’il poursuit, il peut

– se contenter d’un simple rappel à la loi …

– proposer une composition pénale avec amende …

– déférer au TG

Donc, jusqu’à ce stade, mon sort à a largement dépendu de circonstances aléatoires.

Je suis déféré au TG parce que

– j’ai refusé de signer le rappel à la loi…

– j’ai refusé la composition pénale …

– le procureur en a jugé ainsi …

– il y a récidive…

– etc…

Là, enfin, je puis espérer un peu plus de rigueur.

J’ai pris un avocat qui va brillamment me défendre.

La Loi, rien que la Loi“

Article 222.32

l’exhibition sexuelle imposée à autrui dans un lieu ouvert au regard du public est condamnée …“

Cela semble simple : une ligne, 12 mots.

Et bien, il a fallu 24 pages de discutions entre Jean François et Christophe, tous deux juristes pour en dégager quelques conclusions souvent contradictoires.

Mon avocat peut lui même avoir une opinion juridique (voire morale) sur mon cas et en conséquence me défendre avec plus ou moins de conviction.

Le juge est submergé d’affaires. Celle-ci est dune broutille. Il ne vas pas développer dans son raisonnement intérieur tous les attendus de Jean François et de Christophe. Ce n’est pas la première fois qu’il juge une affaire de ce type. Il s’est préparé depuis longtemps une réponse toute faite. Mon avocat sera prié d’être bref.

Exhibition sexuelle : le dol principal (je ne l’ai pas invente, c’est Christophe qui l’expose)

Je ne m’exhibais pas sexuellement j’étais simplement nu au soleil.

Ah oui ? Pas si sur…

La Cour de Cassation dans son arrêt du 26 février 2020 , évoque les “prévisions“ du délit.

Et bien, si j’ai bien compris, ce serait toute la “jurisprudence“ au sens large. La façon dont ont été jugées des affaires similaires dans le passé ; même au titre de l’article 333 aujourd’hui abrogé. Les multiples strates judiciaires accumulées (sédimentation comme le dit Christophe) dans lesquelles le juge peut puiser pour construire son appréciation du délit d’exhibition sexuelle. Et dans ces anciens jugements la nudité simple n’a pas forcément bonne presse !

Imposée à autrui : le dol spécial

je ne suis pas allé m’installer sous le nez d’autres plagistes ; j’ai même recherché un petit coin tranquille. J’étais à plus de 100 m d’autres personnes qui à cette distance ne pouvaient distinguer mon sexe. Oui cela peut se discuter.

Mais dernier argument (celui qui tue) :

ouvert au regard du public :

et là on trouve en filigrane : le dol éventuel.

C’est le fait que j’aurais pu être vu si quelqu’un serait passé par là puisque c’est ouvert au regard du public. (et même des enfants : quelle horreur. Ces sales gosses vont trainer partout.)

le dol spécial est indispensable et s’il est accompagné d’un des deux autres dols je suis condamnable.

Maintenant, ne ne nous affolons pas, notre juge a déjà pré-pensé tout cela. La structure de son jugement est déjà dans sa tête.

Et comme Madame BELOUBET (Ministre de la justice) nous le dit :

la question du nu, sans attitude obscène, fait l’objet d’une jurisprudence évolutive. La caractérisation du délit, en ce domaine, suit l’évolution des mœurs et de la notion de pudeur. Les décisions les plus récentes s’orientent ainsi vers une condamnation plus systématique de la nudité imposée à autrui.
Ainsi, le fait de se promener nu, y compris à proximité d’une plage ou bien de s’exhiber nu à la fenêtre de son domicile en attirant l’attention des passants caractérise l’infraction d’exhibition sexuelle. “

Ainsi, selon l’appréciation de l’évolution des mœurs de mon juge, je pourrais être :

– Relaxé (comme à Coutance)

– ou condamné (comme à Nîmes) !

Alors amis naturistes en liberté, autant que possible, ne vous faites pas pincer, parce qu’après, c’est très aléatoire.

Heureusement, les actions de l’APNEL, la banalisation de la randonue, on fait que peu de personnes rencontrées s’en offusqueront et encore moins penseront à appeler les gendarmes. Ceux-ci, eux même, ne sont, en général, pas trop enclins à intervenir, sauf s’il y a une plainte.

La loi est d’interprétation stricte.

ou “la Loi rien que la Loi“

Laissez moi rire….

Après, si vous êtes pris dans l’engrenage, faites vite appel à l’APNEL et/ou à la FFN. Ils sauront utilement vous conseiller et si nécessaire vous défendre.

Notre dernière randonue de l’année 2019

le 31 décembre 2019

Avec Patricia et Philippe

Après un mois de décembre de neige puis de pluie, le beau temps revient enfin pour la dernière semaine. En Chartreuse, la limite de la neige est remontée vers 1400 m.

Je propose sur notre liste de diffusion une dernière randonue en raquettes de l’année (le 31 décembre). Peu de réponses, seuls Patricia et Philippe se disent intéressés.

J’ai choisi le pas des la Porte pour son accès facile par le col de l’Alpette et la grande beauté du large plateau qui sépare les deux cols.

C’est une grande classique de Chartreuse et la montée au col est très fréquentée même un jour comme celui-ci. De plus on est tout le long à l’ombre, donc pas question de se mettre nu.

Tête du Lion au Mont Granier.

Mes compagnons râlent un peu : « si c’est ça ta randonue ! »

Au col de l’Alpette, le paysage se dévoile et le soleil est généreux. Un chasseur, sans fusil, nous indique où se trouvent des chamois.

Nous quittons le grand chemin qui conduit à la cabane et au col de l’Alpe. D’un coup, il n’y a presque plus personne sur cette partie du plateau. Une pause casse-croute sur un affleurement herbu nous verra nous mettre nus.

Un autre groupe, arrêtés comme nous sur une autre bosse à quelques centaines de mètres de là nous observe, mais nous n’en avons cure.

Après une assez longue pose, nous repartons toujours nus vers le pas de la Porte qui donne sur la vallée du Grésivaudan.

L’immensité du plateau nous permet de progresser à bonne distance des rares autres personnes. Le Mont Blanc se dévoile juste dans l’axe du vallon.

Au Pas, la vue sur les chaines plus internes des Alpes et la Combe de Savoie est exceptionnelle.

Au retour, un chamois nous offre sa présence à quelques dizaines de mètres sans fuir.

Il est temps d ‘accélérer notre retour alors que le soleil disparaît derrière les falaises du Pinet.

Rhabillage, d’autant plus que des groupes montent pour réveillonner à la cabane.

Le chemin est par endroit bien glacé et, afin de ne pas glisser, nous gardons les raquettes aux pieds, bien qu’il n’y ait presque plus de neige.

Demain, comme il fera toujours beau,  j’ai prévu la première randonue de l’année 2020, mais personne n’est disponible pour m’accompagner.

Au refuge de la Pilatte

Le 30 octobre 2019

Seul.

Samedi dernier, nous avions dû renoncer à gagner le refuge de la Pilatte à cause d’une passerelle retirée et d’un torrent infranchissable à gué.

Déçu, j’ai envisagé d’y retourner seul en utilisant le sentier moins classique de la rive gauche ayant pour avantage d’éviter cette traversée.

La route de la Bérarde étant fermée pour travaux en semaine, il ne me restait plus comme possibilité que de passer avant l’arrivée des ouvriers, soit, avant 7h1/2 du matin et de redescendre après 17h ; projet un peu fou compte-tenu de la distance entre mon domicile et mon objectif.

Tant-pis, je n’aime pas rester sur un échec. Donc, ce mercredi matin à 4h, j’ouvre mes volets pour constater que le ciel est étoilé. Il y a bien un petit voile blanchâtre au nord, mais c’est du coté de la Savoie.

Branle-bas, c’est décidé j’y vais. Petit déjeuner et faire le sac sont expédiés en une demi-heure.

Quand je pars vers 5h moins le quart, les étoiles se font plus rares. Tant pis on verra bien.

En descendant sur Saint Pierre de Chartreuse, je rentre dans le brouillard. Au col de Porte, les étoiles réapparaissent, puis brouillard, parfois épais, jusqu’à Grenoble.

Au petit jour, vers Venosc, des nuages discontinus s’accrochent aux sommets. A Saint Christophe, le chantier est encore désert et je puis passer.

A 7h, je suis, seule voiture, sur le parking à la Bérarde.

Le ciel n’est pas très engageant, mais la température est douce pour cette altitude et pour la saison.

J’hésite entre attendre pour voir si les choses s’améliorent ou partir de suite car je sais que la marche sera longue. Ce sera la seconde option que je retiendrais.

J’ai dit température douce, oui, c’est relatif… Il courre un petit vent catabatique qui descend la vallée. Je reste habillé.

Dans le demi-jour, je remonte le sentier emprunté samedi, mais pour un temps seulement.

Un peu avant le plan du Carrelet, je franchis la passerelle (pérenne, celle là!) et gagne la rive gauche. Une petite montée pour contourner un rocher, puis le sentier, étroit, se faufile dans les herbes qui se déchargent fraichement de la rosée de la nuit sur mes mollets. Il me reste encore un point critique : la traversée du torrent qui descend du glacier du Chardon. Super ! La passerelle est encore là. Une raide montée pour rejoindre le sentier principal m’échauffe suffisamment pour pouvoir enfin me mettre nu. De là, on domine le plan du Carrelet, puis les vaste épandages de graves où serpente le Vénéon.

Cet itinéraire, finalement est plus beau que celui du fond de vallée, car en hauteur, il ouvre de larges perspectives sur la rive droite.

Il va me conduire par un long parcours jusqu’au fond du vallon là où nous avions dû faire demi-tour, mais sur la rive opposée.

Désormais, ça monte sérieusement. Lacet après lacet on s ‘élève dans un monde minéral de moraines et d’éboulis. Autour de moi, les nuages se déchirent de plus en plus et les sommets enneigés s’illuminent de taches de soleil changeantes. Moi, par contre, je suis toujours dans l’ombre grisâtre des pierriers de roche mouillée.

400 m de dénivelé de montée soutenue, où je n’ai pas le temps d’avoir froid, vont me conduire au refuge que l’on ne découvre qu’au dernier moment avec le cirque de la Pilatte : immenses glaciers et parois enneigées. Loin en dessous, la langue de glace vient finir dans la gorge.

Vite quelques photos de nu et je vais me rhabiller pour manger aux rayons d’un pâle soleil contre le mur sud du refuge. D’un seul coup, le froid s’abat sur moi et je tremble au point d’avoir du mal à enfiler mes vêtements.

Je ne traine pas trop ici. La descente me réchauffera peut-être. Malheureusement, le sentier est à l’ombre de la montagne.

J’accélère autant que possible pour gagner, tout en bas, les premiers zig-zags ensoleillés. Une petite pose au soleil et je retrouve la nudité.

En montant, j’avais repéré dans le lit du torrent un bastain de bois, reste d’une passerelle emportée par une crue. Je me disais qu’il suffirait de le mettre en travers, calé sur quelques pierres, pour pouvoir traverser. Rien à faire ! Il est relié à un câble, lui même pris dans les graviers. Impossible de le déplacer. Mais en observant le lit du torrent, je repère un enchainement de blocs qui doit permettre de passer. J’hésite un moment, puis tente le coup, équilibré avec mes battons. Ça passe.

Voilà, je suis sur la rive droite et rejoint le grand chemin par lequel nous étions monté samedi. L’intérêt est qu’il est mieux exposé au soleil que l’itinéraire de rive gauche. Je n’en profiterais guère car un méchant nuage semble me poursuivre.

Je fais une jolie variante dans les pins en empruntant un sentier de jonction qui va en direction du refuge de Temple-Ecrins. Bien sur, je ne monte pas jusqu’à ce dernier, mais redescend dès que je rejoint le chemin principal.

Je me prend en photo, non loin du refuge du Carrelet, mais des cris d’enfants me font vite enfiler mon short. Je passe dans cette tenue, torse nu, devant une petite famille bouche-bée au point de ne même pas répondre à mon bonjour.

Peu après, l’ombre de la Grande Aiguille gagne sur le chemin. Des personnes montent (Ah les promeneurs de l’après-midi !). C’est donc habillé que je finirais mon périple.

Le vallon de la Pilatte

Le 26 octobre 2019

Avec : Bruno, Guillaume et Yves

La route de la Bérarde est fermée en semaine pour travaux, accessible seulement le week-end. Nous traversons difficilement Saint Christophe où une large tranché à l’endroit le plus resserré entre les maisons vomit ses entrailles annelées rouges, noires et vertes.

Les pluies de la semaine ont été violentes et la voiture doit négocier le passage entre les pierres laissés sur la chaussée par des torrent temporaires. Les sommets sont bien enneigés au dessus de 2500 m.

Il n’y a pas plus d’une dizaine de voiture sur le parking et plus que deux au départ de la randonnée.

A 10h, nous sommes encore à l’ombre des Ecrins alors que de l’autre coté du torrent le soleil gagne au pied de la Grande Aiguille. De plus un vent frisquet descend des sommets. Bien que nous soyons seuls, il n’est pas question de se dévêtir pour le moment. La première demi-heure de marche sera habillés.

Le mauvais temps des jours précédents a laissé des traces. Le sentier est sur-creusé par des écoulements erratiques et bientôt disparaît sous une vaste coulée de lave torrentielle où nous naviguons à vue dans un désert de cailloux et de blocs. Nous le retrouvons un peu plus loin, mais toujours en si mauvais état. Par endroits, même les dallages de grosses pierres construits par le Parc pour limiter l’érosion entropique, ont été emportés.

En dessous de nous, le Vénéon écume sur les roches.

L’or des bouleaux et le rouge des myrtilliers colorent la montagne.

Le soleil daigne enfin passer de notre coté et nous adoptons la nudité.

En approchant, du plan du Carrelet, la vue s’ouvre sur le vallon du Chardon et les sommets très enneigés du Vaccivier.

A la passerelle du Chardon, nous hésitons à passer sur l’autre rive, et restons sur le versant qui nous semble devoir être le plus ensoleillé. Ce sera une erreur, car toutes les passerelles au-delà auront été enlevées.

au refuge du Carrelet.

Nous quittons la pinède et le paysage devient plus minéral.

Le franchissement des torrents descendant des cirques de la Pilatte, de la Temple et de Cloute Favier est délicat (particulièrement ce dernier).

La vallée tourne à droite et l’on découvre le cirque de la Pilatte et le sommet des Bans. Le glacier et les sommets sont uniformément blancs.

Des personnes redescendent : La passerelle à été enlevée. Le torrent est infranchissable. Il n’est pas possible de gagner le refuge depuis cette rive.

Nous poussons quand même jusqu’au gros cairn qui marquait l’emplacement de la passerelle. Dépités nous cherchons un point où l’on pourrait traverser, mais même quand les eaux se divisent en plusieurs bras, celles- ci sont trop tumultueuses.

Il ne reste plus qu’à redescendre. Midi est largement passé et il est temps d’assouvir une petite faim.

Nous nous installons un peu à l’écart du sentier. Un couple passe et ne fait même pas attention à notre tenue. Nous sommes désormais les seuls dans le cirque. Au vent frais du matin s’est substituée une douce brise qui s’est chauffée sur les rochers et les prairies.

Nous faisons durer le plaisir et nous gavons de soleil. Nous resterions volontiers là jusqu’à ce que l’ombre nous chasse, mais il faut bien redescendre.

Le torrent de Cloute Favier a grossi avec la fonte de la neige dans son haut bassin et Guillaume, à cause de son handicap, hésite longtemps à faire le pas entre deux blocs et finit par passer les chaussures dans l’eau.

Barre des Ecrins.

Le soleil a tourné et l’éclairage a changé. La face nord de l’Ailefroide Occidentale, désormais bien éclairée, s’impose comme l’élément majeur du paysage.

Nous passons à l’ombre en dessous du plan du Carrelet. La température chute d’un coup, mais nos corps sont échauffés.

Poursuivrons nous nus jusqu’à la voiture ? Non ; car, non loin du parking, un couple nous précède et s’arrête même comme s’il voulaient vérifier ce qu’il ont entrevu.

Défense du droit à la nudité en public.

Suite à une rando organisé par l’ARNB (Association des randonneurs nus de Bretagne) , le 15/07/2019, le maire de la commune où se déroulait la randonue avait porté plainte pour exhibition sexuelle parce que les participants avaient  sans doute été vus nus sans que l’on ne sache vraiment où et par qui .
Lorsque le président de l’asso à été convoqué à la gendarmerie , l’association s’est réunie pour préparer cette audition demandée par le procureur. Verdict quelques jours plus tard , la plainte à été classé sans suite.
C’était leur premier soucis depuis la création de l’asso en août 2010 et 140 rando.
Grand merci à l’APNEL et la FFN pour leur aide rapide. Ça fait vraiment plaisir d’être épaulé lorsque l’on est confronté à ce genre de problème. Voila une belle preuve de l’utilité d’être affilié et licencié à la FFN.

Le communiqué officiel de la Fédération Française de Naturisme :

https://ffn-naturisme.com/wp-content/uploads/2019/11/Article-ARNB-Site-FFN-R%C3%A9seauxSociaux.pdf

Semaine de randonue à Névache

Du 21 au 28 septembre 2019

Avec Bernard, Bruno, Christian, Patricia et Sylvie

Samedi, avec Patricia, alors que nous faisons une pause sous le col du Lautaret, la Meige et les Agneaux se prennent progressivement dans les nuages.

Le ciel est désormais gris lorsque nous remontons la vallée de la Clarée. Nous sommes frappés par les restes imposants de laves torrentielles qui ont ensevelis la route , comblé le lit de la Clarée et emporté les rambardes d’un pont.

Nous apprendrons, plus tard que ces phénomènes ont eu lieu lors de deux violents orages début juillet, bloquant la circulation pendant près d’une semaine.

http://www.nevache.fr/2019/07/11/orages-debut-juillet/

Nous nous installons dans le sympathique chalet “Aouro“; mi-bois, mi-pierre ouvert sur une vaste prairie.

Arrivent Bernard et plus tard Christian et Sylvie.

Ce soir là, nous nous régalerons avec une omelette aux champignons et un délicieux “gâteau savoyard“ préparé par mon traiteur de Saint Pierre d’Entremont. Le tout couronnée d’une tarte aux myrtilles.

Dimanche matin, le temps est gris, mais les sommets visibles. La météo nous annonce un journée alternant faibles averses et éclaircies.

Nous décidons de ne pas aller trop loin et choisissons le fort de l’Olive comme objectif.

Après un petit cafouillage sur la rive droite de la Clarée, nous retrouvons le bon chemin, d’abord une piste forestière horizontale, puis un raide montée sous les arbres.

La pluie nous rejoint et seul Christian persiste vaillamment à rester nu. C’est dans cette tenue qu’il croisera une femme qui descend et qui ne s’en émouvra pas outre-mesure.

Christian, Sylvie et Bernard filent devant. Avec Patricia qui souffle, nous montons plus lentement.

Les premiers nous attendent au sec au poste de garde du fort, récemment rénové.

Le ciel s’éclaircit et nous repartons vers le fort lui-même (une centaine de mètres plus haut) alors que Patricia, pas très en forme, décide de redescendre.

Le premier bâtiment du fort que l’on voit lorsque l’on l’approche par l’arrière et la caserne, longue bâtisse de pierre aux fenêtres étroites et meurtrières.

 

Un porche, défendu par un pont de bois sur une douve permet d’entrer dans l’enceinte.

Peu de murs, mais un vaste plateau dominant des falaises. Un imposant merlon de terre protège la caserne des tirs qui pourraient venir du col des Thures.

Un réseau de galeries conduit à des chambres qui hébergèrent des canons jusqu’en 1940.

Nous visiterons ensuite la caserne abandonnée en imaginant la vie rude des soldats, particulièrement en hiver, à 2200 m, exposés au froid et aux courants d’air.

Malheureusement, cet ensemble architectural non entretenu, se dégrade rapidement et certains murs, au niveau des écuries, se sont écroulés.

https://wikimaginot.eu/V70_construction_detail.php?id=14318

Nous croiserons un couple en sortant du fort, mais compte-tenu du petit vent qui balaye le plateau, nous sommes tous rhabillés.

Lundi sera un jour de beau temps. Nous en profiterons pour aller faire une longue rando au fond de la vallée : le col des Muandes. Patricia, fatiguée restera à Roubion.

Nuages qui se déchirent, mais petit vent frais au parking de Laval.

Nous prenons la direction du refuge des Drayères, passant à proximité de parc ou l’on regroupe les moutons pour démontagner. Mais nous n’irons pas jusqu’à ce refuge et préfèrerons monter directement au Lac Long.

Au fur et à mesure de notre élévation se découvre l’impressionnante barrière de cimes dolomitiques des Cerces ; puis peu à peu, émergent des nuages, les grands sommets du massif des Ecrins.

Nous passons à proximité du lac rond et poursuivons dans un terrain bosselé rappelant les fjelds norvégiens.

Le froid et le vent s’imposent au col. Les roches et les pancartes sont givrées. Christian doit se résoudre à se rhabiller.

Il suffit de descendre un peu pour retrouver des conditions plus favorables et la nudité.

Un pécheur au Lac Long ne fait même pas attention à notre tenue et c’est ainsi que nous descendons presque jusqu’aux voitures.

Mardi, météo plus incertaine : éclaircies le matin pluie l’après-midi.

Cela ne nous empêchera pas d’entreprendre une boucle dans les aiguilles calcaires des Cerces : col de la Béraude, col du Chardonnet.

Nous sommes rattrapés dans la montée par quelques personnes, ce qui nous oblige à nous rhabiller temporairement.

Au delà du lac de la Béraude, engoncé au fond de son auge, le sentier monte en traversée dans des pentes d’éboulis fort raides où un pied sur est nécessaire.

Le vent et les nuages nous retrouvent au col. Les plus rapides ne nous ont pas attendu et sont descendu se réfugier sur l’autre versant.

Au début la descente dans des rochers est délicate, puis nous retrouvons Christian, Sylvie et Bernard sur une croupe où ils se rhabillent chaudement. Quelques gouttes de pluie sont apportées par le vent.

Une petite descente dans un cirque sous le col, puis nous entamons la longue traversée dans une impressionnante “casse“ sous la Tête de la Cassille.

Le sentier remonte vers le col du Chardonnet et passe devant une galerie de la mine de graphite et la tête su téléphérique qui servait à descendre le minerai.

http://www.paca.developpement-durable.gouv.fr/2000-la-mine-de-graphite-du-col-du-chardonnet-a-a981.html

Nous cassons la croute à l’abri d’un gros bloc et d’un rond de pierres à proximité du Lac de la Mine .

La descente se fera sous la pluie qui devient insistante et nous accompagnera presque jusqu’au parking de Foncouverte.

Au passage nous admirons les chalets en bois encoché du hameau de Queyrellin, ainsi que la petite chapelle de Sainte Appolonie.

De retour au gîte, une mauvaise surprise m’attend : la moité des photos de la journée sont inutilisables suite à une mauvaise manipulation.

Mercredi : Il a plu toute na nuit et le ciel est encore bien bouché. Cependant la météo annonce une amélioration dans l’après-midi.

Nous décidons de ne pas aller trop loin, afin de pouvoir rebrousser chemin si nécessaire. Le plateau du col des Thures nous paraît un bon objectif.

Comme cet hiver, nous sommes monté par le chemin directe depuis Roubion, nous choisissons une variante à partir de la route du col de l’Échelle. Le soleil pointant de plus en plus à travers les nuages, nous somme vite nus. Une montée assez raide en forêt dévoile des vues sur le col de l’Échelle et Bardonnèche.

 

Puis le sentier change de versant et nous nous retrouvons dans un décor digne du Vercors : prairies vallonnées parsemées de pins à crochets. En quelques ressauts le sentier quitte les derniers arbres et vient butter sur le pied de l’Aiguille Rouge.

De là, l’ascension de cette dernière semble raide et pénible, d’autant plus que désormais, nous somme exposés à un vent glacial.

Bernard, fatigué, renonce à monter au sommet. Moi-même, ne suis pas très motivé. Sylvie et Christian partent devant et finalement je les suis à mon rythme. J’essaye de garder la nudité, mais au bout d’une centaine de mètres je dois renoncer frigorifié.

Le sentier déroule ses zig-zags dans une “casse“ très uniforme inclinée à près de 45° ; autant dire que tout faux pas est interdit.

Il finit par rejoindre la crête non loin du sommet. Quelques pas d’escalade facile me séparent encore de Sylvie et Christian qui m’encouragent sans que je puisse les voir, abrités dans une petite cuvette au pied de la croix.

Du sommet, on a une vue vertigineuse sur la Vallée Étroite et les Trois Rois Mages en face.

 

Quelques photos et nous redescendons. Bernard nous attend en bas plus ou moins dans le vent. Nous croisons quelques randonneurs italiens qui montent depuis le col des Thures. De toute façon il fait trop froid pour être nu, donc pas de problème.

Bernard rejoint, nous descendons encore un peu pour trouver un lieu abrité pour le casse-croute de midi. Le fond d’une doline fera l’affaire.

Restaurés et requinqués, mes compagnons souhaitent aller au col des Thures. Nous suivons donc une grande traversée descendante qui nous amène sur le plateau. Désormais à l’abri du vent, nous retrouvons la nudité.

Dans la vaste prairie, des marmottes déboulent de partout à notre approche.

Nous contournons quelques grosses dolines (les thures) jusqu’à atteindre l’ancienne borne frontière et contempler à nouveau la Vallée Étroite.

Demi-tour. Un couple vient en sens inverse, nous nous écartons du chemin pour les croiser à bonne distance sans nous rhabiller. Les moutons sont descendus, mais par précaution, nous passons quand même au large de la cabane.

Juste avant d’attaquer la descente sur Roubion un groupe se repose à l’abri d’une thure.

Nous nous couvrons à leur approche. S’en suit une conversation surprenante :

Notre interlocuteur : « Je croyais que c’était autorisé. Il ne fallait pas vous rhabiller. »

Nous lui expliquons que la législation est imprécise et qu’en cas de plainte, la suite est incertaine. « De toute façon nous nous rhabillons par respect des personnes rencontrées. »

Une rapide descente en forêt, déjà parcourue cet hiver à raquettes, nous ramène sur la prairie de Roubion. Il faut désormais présenter une tenue correcte.

L’envie nous tenaille d’aller faire un tour dans cette Vallée Etroite, d’autant plus que certains d’entre nous y ont des souvenirs. Je propose alors une traversée d’une vallée à l’autre par le col du Vallon : rando un peu longue, mais à priori très belle.

Jeudi : Au matin, la pluie occupe l’horizon, mais la météo annonce le grand beau pour l’après-midi. D’ailleurs peut-être fait-il meilleur du coté italien ?

Nous franchissons en voiture le col de l’Échelle et remontons la Vallée Étroite jusqu’au terminus de la route : les Granges.

Nous avons été trop optimistes. Il pleut, pas trop fort quand même. Un couple part devant nous, les occupants d’un autre voiture restent au sec.

Sous les capes et les imperméables, nous remontons la vallée. Nous sommes les seuls sur le chemin. Christian et Bernard tentent la nudité (sous leurs capes !).

 

De temps en temps les nuages se déchirent laissant apparaître quelques sommets et rayons de soleil.

Un arc-en-ciel court sur l’alpage.

Au fur et à mesure de notre montée, la pluie s’atténue, se transforme en crachin. Les parois noircies par l’eau jouent à cache-cache avec les nuées.

Au col, le soleil se renforce et les sommets se dégagent du coté de la vallée de la Clarée. Le Vallon est une longue combe asymétrique : surplombée de hautes falaises dolomitiques en rive gauche et d’un relief plus doux de terrains cristallins en rive droite.

Un peu en dessous du col, nous retrouvons la nudité.

Une pause pour le repas de midi et le bleu du ciel s’impose.

La longue descente de la vallée n’est plus qu’un enchantement de couleurs, entre les sombres falaises, les jaunes des herbes et les rouges des myrtilliers.

Un peu avant d’arriver à la cabane pastorale, nous décidons d’une courte remontée au lac Noir que nous avions visité cet hiver en raquettes.

Le lac parcouru de rides bleues, enchâssé dans un cirque aux couleurs d’automne fait face à l’impressionnante chaine calcaire.

Nous ne résistons pas à une pause contemplative. Certains tentent la baignade, mais l’eau est bien froide !

Nous somme si bien, nus au soleil, caressés par une brise devenue agréable qu’il nous semble que l’on pourrait rester là éternellement. Mais nous savons que ce n’est qu’illusion, que le soleil va passer derrière la crête et le froid tomber d’un coup.

Nous reprenons notre marche vers Névache. Les plus rapides filent devant pour aller rechercher la voiture laissée aux granges de la Vallée Étroite. Avec Patricia, nous prenons tout notre temps, dégustant les minutes qui nous restent dans ce milieu enchanté. La chapelle Saint Michel, plantée sur un verrou rocheux au milieu de la vallée nous arrête un moment,

puis le sentier nous amène à regrets à la route goudronnée. Il faut se rhabiller.

Vendredi : Bernard nous a quitté à regret, pour des obligations professionnelles. Nous ne somme donc plus que quatre.

L’objectif de la journée est le Pic du Lac Blanc.

Nous voila à nouveau au parking de Foncouverte. Direction le refuge de Ricou.

Les alentours de ce dernier sont en plein travaux. Les propriétaires installent une pico-centrale hydraulique pour l’alimentation en électricité de leurs locaux.

http://www.hautes-alpes.gouv.fr/IMG/pdf/demande_autorisationr181_13.pdf

Le sentier suit et recoupe à plusieurs reprises le gros tuyau noir qui n’est pas encore enterré. Une famille avec enfants monte en même temps que nous. Nous devrons attendre encore pour nous mettre nus.

Pas grand monde au lac Laramon et encore moins sur le sentier qui monte.

Le soleil aidant, nous voilà trois nus (à l’exception de notre accompagnatrice textile : Sylvie).

Lac du Serpent, un pli spectaculaire dans les roches du socle métamorphique, lacs des Gardioles, paysage de lande à myrtilliers et genévriers nains. Le relief est plutôt doux et l’on s’élève lentement vers un col lointain. Le sommet apparaît comme une longue échine caillouteuse où il est difficile de repérer le point le plus haut.

Christian et Sylvie cavalent loin devant nous alors que j’accompagne Patricia.

Lorsque nous arrivons au col de du Grand Cros, les deux autres redescendent déjà.

Selon eux, la suite en direction du sommet ne vaut pas le coup : cheminement difficile dans des blocs instables, sommet imprécis.

Patricia est fatiguée, nous décidons d’en rester là. Je vais cependant m’avancer sur un promontoire au dessus de la vallée du Vallon (parcourue mercredi) et découvre un panorama sur la Vanoise qui semble toute proche. A l’opposé la vue porte jusqu’au Mont Viso et le Pic de Rochebrune.

Nous redescendons jusqu’à un des lacs des Gardioles pour pique-niquer à l’abri du vent.

Nous pensions nous y baigner, mais des algues vertes de mauvais aloi flottent à sa surface : eutrophisation liés aux déjection des trop nombreux moutons.

 

Nous tenterons de nous baigner plus bas dans le lac Laramon après avoir contourné à distance un couple qui regardait soupçonneusement notre nudité. Mais décidément, l’eau est trop froide !