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À propos Randonue.Chartreuse

Auteur et gestionnaire du site.

Semaine de randonue au col de l’Hers en Ariège (6° jour).

Vendredi : Les sources chaudes de Merens

Plutôt que de participer à la balade, je décide pour ma part d’aller visiter uneource d’eau chaude à Merens les Vals, à une heure de route du refuge. Guillaume m’accompagne. A un quart d’heure de marche à peine sur un GR, nous trouvons cette source au bord du chemin. Quelques petites vasques ont été aménagées avec des pierres. L’eau est à 37° . Quel plaisir et quelle détente de s’allonger dans ce bain. Quelques autres randonneurs s’arrêtent aussi ou passent. C’est le genre d’endroit qu’on ne trouve malheureusement pas dans les Alpes.

Vendredi : Le tour du Pic de Séron (pour les courageux).

Jacques Marie et Guillaume nous ont lâché pour aller goûter aux sources chaudes de Mérens.

Une route tortueuse nous conduit par Aulus à la station de ski de Guzet-neige. Nous poursuivons encore en voiture sur des pistes jusqu’au cirque de Gerac (1827 m).

Le ciel est obstinément bleu, le lieu quasiment désert, hors une pelle mécanique qui au loin aménage une piste. Mais pour le moment le soleil se cache derrière les crêtes. Nous ne le retrouverons qu’au col de Cerda, gagné par un bon sentier. Nudité pour tout le monde.

Changement de décor ; nous passons des schiste herbus au granites à blocs. Le sentier, d’un coup plus difficile, se perd souvent dans des éboulis, heureusement bien balisé par des marques jaunes.

A l’issue d’une montée dont on ne voyait plus la fin, nous débouchons au dessus du lac (Etang d’Aubé), sombre œil noir enchâssé entre de raides parois.

Un petit sentier nous conduit à son bord. Rapidement, les inconditionnels de la baignade sont à l’eau. Un peu fraîche à mon goût !

Tout en nous restaurant, nous supputons sur la suite de l’itinéraire qui d’ici semble quasi impossible dans un ensemble très raide de barres rocheuses et de chaos de blocs.

Finalement après avoir croisé un couple qui nous a rejoint au bord du lac et nous tourne ostensiblement le dos pour ne pas voir notre nudité, nous trouvons des balise rouges qui s’engagent dans le versant.

Un replat avec quelques mares, puis on rentre dans le vif du sujet. Les mains ne sont pas de trop dans certains passages et le vide se creuse en dessous de nous.

Progressant et escaladant dans des blocs de toute taille, nous finissons, enfin, par atteindre une épaule juste sous le sommet du Pic de Seron.

La vue s’étend sur toute la chaine frontière, désert de granite.

Du col, le versant opposé semble tout aussi encombré de blocs, mais finalement, le sentier, astucieusement tracé évite la plus grande partie des obstacles et nous arrivons rapidement à la cabane de Turguilla où nous faisons une longue pause. Une femme passe et renonce à monter jusqu’à nous (en raison de notre tenue ?).

La descente, facile, reprend en fond de vallée vers l’Etang d’Astou, très sombre, très noir,

puis celui de la Piède.

De là, une traversée en versant doit nous ramener à travers des barres rocheuses au cirque de Gérac.

La perspective d’un premier passage câblé à travers une dalle effraye les moins expérimentés d’entre nous. Deux pécheurs nous doublent sans faire attention à notre tenue. Un second passage dans des barres se présente bientôt et de loin semble impossible. Mais les pécheurs disparaissent rapidement au sommet de la barre. En réalité pas de difficultés : des échelles ont été scellées dans le rocher.

Le soleil commence à baisser sur l’horizon et les ombres des sommets s’agrandissent lorsque nous retrouvons nos voitures. A regret, il faut bien se rhabiller.




Fin

Le refuge du Pigeonnier (Valgaudemar)

13 septembre 2017

C’était pour moi une rando inachevée, interrompue par un sale accident en septembre 2015.

Quinze jours avant, j’avais fini la semaine de randonue sur le GR34 dans le Finistère avec une tendinite au talon gauche.

j’étais l’organisateur d’une semaine en Valgaudemar et j’avais consacré les 15 jours de battement entre ces deux séjours à soigner ma tendinite à coup de crêmes et anti-inflamatoires.

Funeste pratique qui masquant la douleur ne résolvait pas le problème.

La sanction fut la rupture du tendon d’Achille un peu en dessous du refuge du Pigeonnier lors d’un faux pas.

La descente fut difficile et douloureuse, mais le plus dur à supporter fût la longue immobilisation qui suivit l’opération réparatrice.

Aujourd’hui, je reviens sur les lieux avec Patricia, Philippe, Pierre et sa fille avec la ferme intention de conjurer le sort.

Beaucoup de voitures et de randonneurs au chalet du Gioberney. La plus part prennent la même direction que nous : le lac du Lauzon. Jusqu’au lac peu de nudité, d’autant plus que l’air est frais et que le soleil se fait attendre derrière des nuages.

Finalement, le gros des randonneurs ne va pas plus loin que le lac et avec l’effort et le soleil qui enfin s’impose, nous tombons nos derniers habits.

Une cascade avec de belles vasques offre aux moins frileux un jacusi un peu frais, mais occasion de belles photos.

Plus personne dans la montée au refuge qui semble déserté. Cependant, les gardiens ne doivent pas être très loin, car tout est ouvert.

Nous nous installons comme il y a deux ans en arrière, sur les tables et bancs à l’extérieur et comme personne ne se manifeste restons nus pour le casse croute de midi.

Nous masquons mollement, d’un short même pas enfilé, nos parties intimes quand un alpiniste arrive au refuge. Puis un peu plus tard c’est un couple qui passe sans trop s’attarder.

Il faut maintenant poursuivre la boucle et contourner l’éperon qui supporte le refuge. D’un coup, une vue à couper le souffle se révèle sur le vallon de la Condamine et le sommet des Bans.

Puis le sentier devient plus exposé et vertigineux, franchissant de petits ressauts rocheux ou des dalles inclinées. La pente est forte et la moindre chute serait catastrophique.

Le sentier se calme pour un moment jusqu’à une descente tortueuse vers un pont de bois qui franchis un torrent. Mais ce pont à une drôle d’allure. Il a été à moitié renversé par une crue et une des deux poutres qui supportent son tablier de bois est brisée. Impensable de passer dessus. Heureusement le ruisseau est bas et il est possible de le traverser de pierre en pierre.

La descente se poursuit jusqu’à l’abri du Vaccivier constitué d’une cavité aménagée sous un gros bloc, fermée d’un mur et d’une porte. Un petit troupeau de moutons paresse sous l’auvent naturel et il faut les bousculer un peu pour pouvoir accéder à l’entrée. Aucun aménagement intérieur, sauf une dalle de béton. Un berger y stocke son sel et des clôtures de parcs.

Sous le Vaccivier le sentier emprunte un raide couloir qui finit dans le vallon de la Condamine. Dès lors le retour est sans problème jusqu’au parking du Gioberney.

Le ciel s’est sérieusement couvert et un petit vent froid dévale de la montagne. Nous nous rhabillons presque avec soulagement.

Après un chocolat chaud au bar du chalet, nous quittons à regret Pierre et sa charmante fille qui demain rentreront vers leur domicile en Allemagne.



N.B. j’ai utilisé indifféremment des photos de 2015 et de 2017.

Le lac de Montfroid (Chaîne des Grandes Rousses)

Appelé aussi lac Nicolas

le 5 septembre 2017

avec : Bruno, « Gérard » et JMF

On s’est levé tôt pour venir rejoindre “Gérard“ à Roche Taillée. Un peu trop tôt peut-être.

En effet, quand nous arrivons à l’amont du lac de Grand-Maison le versant rive gauche du lac, très raide, est pour encore longtemps dans l’ombre. Du coup, la vallée étant plus évasée en amont, nous décidons d’inverser le sens de parcours.

C’est donc à travers des prairies et des tourbières que nous remontons la vallée en direction des chalets du Plan du Suet. Un peu avant ces derniers, une passerelle en mauvais état permet de passer en rive gauche. Le soleil à rejoint ce versant et nous nous mettons nus. Une raide montée hors de tout sentier nous permet de rejoindre la crête nord du Mont Froid, longue, herbeuse et peu pentue. La vue se dégage très vite sur la chaîne de Belledonne en face et sur le Mont Blanc qui apparaît dans l’axe de la vallée, derrière le col du Glandon.

Mais voilà que déboule un troupeau de moutons qui descend vers le Suet. Pas farouches, les meneurs viennent se faire caresser par ces humain aux tenue étranges, peut-être moins que nous le pensons, en verra cela plus tard !

Le troupeau passe et Jacques Marie qui est devant enfile sa jupette. Le troupeau est suivi du berger.

Pendant que, couverts, nous rejoignons Jacques Marie, ce dernier discute avec le berger. Puis le berger le quitte pour rejoindre sa cabane à quelques centaines de mètre de là. Et quelle n’est pas notre surprise de le voir se mettre nu et de vaquer à ses occupations dans la même tenue que nous.

La pente de la crête s’adoucit et une traversée nous conduit au col du Mont Froid. Au passage je tombe sur un joli crapaud jaune.

 

Au dessus du col, on change de géologie. On passe des schistes gris du Lias aux croupes molles au gneiss du socle primaire du massif des Grandes Rousses. Une courte montée nous amène sur un fjell bosselé où en l’absence de cairns, il serait difficile de trouver le lac. On débouche sur ce dernier par un sorte de couloir entre des roches moutonnées. Le lac est proche du rebord du plateau et la vue porte loin tout autour, notamment sur les spectaculaires aiguilles de l’Argentière, le Rocher blanc et bien sur, sur le Mont blanc.

 

Le lac est peu profond et bordé d’herbes aquatiques dont les lacis dans l’eau sont comparables à ceux de posidonies de la Méditerranée.

Nous contournons le lac pour trouver un emplacement pour le pique-nique. Jacques Marie tente la baignade et finalement tire quelques brasses dans une eau très fraiche.

 

Après cette longue pose, nous prenons le chemin de la descente. On repasse au col du Mont Froid, mais au lieu de reprendre l’arête par laquelle nous sommes monté, nous basculons dans son versant nord vers la cabane du Mont Froid, nichée dans un petit cirque occupé par un beau rock-glacier et une petite tourbière.

Il serait tentant de descendre droit sur le lac de Grand-Maison, d’un bleu profond, que nous dominons, mais les pentes herbeuses sont extrêmement raides et quasiment infranchissables.

L’itinéraire traverse à l’horizontale, en balcon, toujours vers le nord pour atteindre la cabane de la Lauze à laquelle est accolé la tente d’un berger. Mais pas de berger à l’horizon.De la discussion avec celui que nous avons rencontré à la montée, nous avons appris que les bergers couchent désormais sous une tente afin de mieux entendre l’émoi que la venue d’un loup lèverait dans le troupeau.

Enfin, le sentier se décide à descendre et par des zig-zags à travers des pentes impressionnantes.

Nous rejoignons le chemin de rive gauche du lac.

Ce dernier, avec encore quelques montées et descentes, nous ramène en quelques kilomètres au pont sur le torrent à partir duquel nous nous rhabillons.

Au parking, des espagnols sont arrêtés et “Gérard“ en profite pour tester ses connaissances dans cette langue, et bien sur, leur parler de randonue !



Le lac d’Ambin et le col de l’Agnel.

Le dimanche 20 août 2017.

Avec Alain, Bruno et Guillaume.

Le topo que j’avais trouvé sur internet parlait d’une rando “sauvage“ et peu fréquentée. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant une vingtaine de voitures sur le parking à 8h ½ du matin !

C’était apparemment mal parti pour la randonue. De toute façon, la vallée était encore à l’ombre et la température de 6°. Plutôt que de nous déshabiller, nous avons enfilé les doudounes…

Peu après le parking, une odeur pestilentielle agresse nos narines. Nous découvrons en bordure du chemin la charogne d’un mouton, puis d’autres de part et d’autre dans l’herbe. Les restes d’une attaque de loups ?

La vallée est longue et monte peu. D’autres personnes nous accompagnent peu ou prou jusqu’au refuge où nous trouvons le soleil. Une petite pose casse-croute derrière un rocher, puis nous repartons. Beaucoup de monde devant et derrière nous, pas question de se mettre nus.

Après un petit ressaut apparait une bifurcation. Le sentier de droite traverse le torrent et les personnes qui nous accompagnaient jusque là s’en vont vers le lac Noir. Nous, nous poursuivons en direction du lac d’Ambin.

Enfin, les distances s’étalent entre les randonneurs et si nous gardons nos distances par rapport à ceux qui sont devant, nous pouvons opter joyeusement pour la nudité au soleil.

Devant nous un couple peine dans les bloc et nous les rattrapons insensiblement. Nous avons décidé de nous rhabiller qu’au dernier moment. Du coup, ils ont perçu notre nudité et un peu en dessous du lac s’arrêtent au niveau d’une petite prairie. Les shorts renfilés, nous les abordons. Nous discutons un moment de nos objectifs respectif et puis au bout d’un moment nos interlocuteur se risquent à poser la question : « -Vous êtes des randonneurs nu ? ». « – Eh oui, pourquoi nous en cacher ? Mais on s’est rhabillés par respect. » Et nous apprenons qu’ils pratiquent également le naturisme, mais n’oseraient pas la randonue.

Puisque c’est comme ça, nous repartons nus vers le lac. Après un petit passage câblé sans difficultés, nous arrivons au but. Nouvelle alerte, des enfants courent dans les rochers au dessus du lac. Les adultes nous montrent des étagnes avec leurs petits. D’où l’excitation des enfants.

Le lac, vaste, presque circulaire, dominé par de hautes falaises noires, est d’un bleu profond. A l’opposé au pied des barres rocheuses des névés viennent baigner dans l’eau. Se baigner ? Un peu rude pour nous. Il nous manque Philippe pour tenter l’exploit.

Après une pause au bord du lac, à nouveau nus, nous quittons les sentiers balisés pour nous diriger vers le col de l’Agnel à travers d’abord des croupes rocheuses, puis dans une moraine à petits blocs. Nous côtoyons 3 lacs, ou plutôt mares, puis les choses se compliquent sous forme d’un chaos de gros blocs où Guillaume peine à progresser en raison de son handicap. Enfin, nous rejoignons la trace balisée de peinture jaune du col de l’Agnel. Il faudra encore se rhabiller, car plusieurs personnes descendent.

Au col (3090 m) nous pouvons découvrir le versant italien qui tombe très vite sur la plaine du Pô.

 

A la descente, nous sommes précédé par des randonneurs qui s’arrêtent tout le temps. Alors, nous nous accordons un large pause afin de les laisser filer devant nous. Là broutent quelques moutons à tête noires. Pas de berger ni de chien de protection. Futures proies des loups ?

Plus personne jusqu’à ce que l’on rejoigne le fond de la vallée. Mais surgit une femme avec un chien. Nouveau rhabillage, Elle marche très vite et disparaît à un tournant du sentier. Nous reprenons notre tenue préférée, mais voilà que le chien remonte et sa maitresse le suit. Ras le bol, nous restons nus. Elle fait comme si elle n’avait pas noté notre nudité et excuse son chien qui n’est pas très obéissant.

Le refuge se rapproche, de plus en plus de monde sur le sentier. La suite jusqu’à la voiture sera plus ou moins habillé…

En fait quand même pas mal de nudité, malgré la fréquentation. Et puis ce n’est pas l’essentiel, nous sommes d’abord là pour les paysages.



Le belvédère de la Grande Aiguille de la Bérarde.

Jeudi 17 août 2017

Cet un itinéraire peu attractif quand on regarde la carte car il ne se termine sur aucun sommet ou col. Pourtant, compte tenu de sa situation centrale, juste au dessus de la Bérarde, je me disais que les paysages devaient valoir le coup. Histoire de faire quand même quelque chose qui ressemblait à un sommet, je m’étais fixé pour objectif une épaule de l’aiguille vers 2800 m d’altitude.

Nous sommes trois au parking de la Bérarde vers 9h du matin : Bruno, G.R. et Jacques Marie. Le Vénéon est encore à l’ombre des grandes parois et une petite polaire n’est pas de trop. Le soleil nous rattrape dès le début de la montée sur un cône de déjection herbu et nous tombons tous nos vêtements. Quel plaisir, nus au soleil dans l’air frais du matin ! Le sentier ne finasse pas, il doit nous faire avaler 900 m de dénivelé en 2 Km, alors ça monte…. en se faufilant entre les barres rocheuses.

Un beau gendarme de granit, des belvédères dominant la Bérarde tellement directement que l’on se croirait en hélicoptère.

Depuis un moment, j’avais repéré de rares traces de pas qui semblaient être du matin. Quelqu’un devait nous précéder. En effet, au détour du sentier et dans une petite escalade, se présente une femme qui descend. Je remet posément mon short, préviens les autres et explique que nous sommes des randonneurs naturistes et nous rhabillons par respect des personnes rencontrées.

Notre randonneuse ne s’en offusque pas et nous dit que nous pouvons nous remettre nus sans crainte car, elle descendue, il n’y a plus personne là haut.

Dans toute cette montée, nous avons une vue remarquable sur le vallon des Etançons, le Râteau et la Meije, le Grande Ruine, etc… Les Ecrins dominent l’ensemble, mais pour le moment sont dans l’ombre.

La Grande Ruine.

La rude montée dans les barres rocheuses et les arcosses débouche sur un cirque suspendu, niché sous la Grande Aiguille, témoin d’un ancien glacier aujourd’hui disparu.

Le sentier cesse d’un coup vers 2400 m et laisse place à un cheminement mal cairné dans des moraines terreuses et fort pentues.

G.R. Fait itinéraire à part et s’embarque dans des pentes raides et instables. Nous suivons sa progression avec inquiétude car il ne s’agit pas de glisser et de partir sur les fesses (nues de surcroit) dans une pente qui frise les 45° ! A un moment, il s’accroche à un gros bloc, rampe presque puis finit par rejoindre une zone herbeuse.

Suit un chaos de blocs de rochers rouges, et compte tenu des exploits de notre ami, de l’heure du repas, du grandiose paysage tout azimut qui nous entoure, nous nous accordons une halte casse-croute.

Dôme et Barre des Ecrins.

La suite, oui la suite vers l’épaule, ne nous paraît du coup plus indispensable et finalement, nous n’irons pas plus loin.

La descente par le même itinéraire sera rapide, sans difficultés autres qu’un ou deux passages nécessitant l’usage des mains.

En vue du camping de la Bérarde, il faudra nous résoudre à nous rhabiller.

Encore une pause à la terrasse d’un café, et nous reprenons la route vers Grenoble.



Randonue au Rognier par le Plan du Lai.

Le Rognier par le versant Est (Maurienne).
Le 6 aoüt 2017

Avec Bruno et Guillaume.

Le Rognier est de dernier sommet d’importance au Nord de la chaine de Belledonne.
L’accès par le versant mauriennais est peu fréquenté et sauvage.
Après une interminable piste forestière qui zig-zag après zig-zag nous hisse de 1000 m par rapport au fond de la vallée nous finissons par atteindre le départ du sentier ou un petit élargissement nous permet de laisser la voiture.
Le plafond est bouché et les sommet sont avalés par les nuages. Notre voiture est la seule en ce lieu et la probabilité de rencontrer quelqu’un d’autre est extrêment faible. En conséquence, nous sommes nus dès le départ.
Le Rognier : 3h annonce une pancarte. En fait, il nous faudra bien une demi heure de plus.
Au début, large chemin de débardage qui monte très raide. Nous arrivons à une petite clairière herbue : le pré Remy. Un coup d’œil au GPS nous indique que nous avons loupé une bifurcation. Redescente jusqu’au point d’embranchement selon la carte. Pas le moindre sentier. La carte est fausse. Nous repartons vers le haut. La piste de Pré Rémy se poursuit, et dans la bonne direction. mais alors que nous reprenons espoir, nous buttons sur un cul-de-sac.
Il n’y a plus qu’à redescendre. Nous passons le point où est sensé se trouver l’embranchement et 20 ou 30 m plus bas découvrons le départ d’un sentier marqué par une rubalise à laquelle je n’avais pas prêté attention à la montée.
Cette fois ci, c’est la bonne, des marques jaunes apparaissent de loin en loin sur les arbres et même, suprême luxe, le sentier a été nettoyé au rotofif !
Raide montée dans la forêt. A un moment, nous entrapercevons un chevreuil, puis débouchons enfin sur un replat : le Plan du Lai. La présence en ce lieu d’une cabane non indiquée sur la carte nous surprend. Le bâtiment est de construction récente avec des panneaux solaires et même une antenne de télévision. Il est soigneusement fermé.
D’abord étroit couloir, le plan du Lai s’élargit sur les restes d’un ancien roc-glacier*, impénétrable chaos de blocs de toutes tailles.
Le sentier le contourne par la droite et commence monter à nouveau. A partir de là, nous rentrons dans le brouillard et suivons une sente pas toujours bien tracés entre rochers et éboulis.
Enfin, la crête rocheuse déchiquetée du Rognier se révèle au grès des coups de vent qui lacèrent le brouillard.

La crête.

Une petite descente en versant Ouest permet de contourner un gendarme et nous débouchons juste sous la croix et la table d’orientation (inutile).

Au sommet.

Un creux de roche nous abrite le temps du casse-croute et nous redescendons par le même itinéraire.
Les nuages se déchirent un petit peu et nous dévoilent des crêtes granitiques acérées et fantomatiques.

La météo s’améliore progressivement et nous regagnons la voiture avec quelques rayons de soleil.
100%  de nudité.

* roc-glacier : une forme de glacier composée d’un mélange de glace et de rochers, blocs, etc.. L’ensemble avance comme un glacier, du moins tant que la masse comporte de la glace.

Ancien roc-glacier du Plan du Lai.



Arrêtés municipaux et naturisme

L’article 222-32 sur l’exhibition sexuelle qui, d’ailleurs, apparait de plus en plus inadapté à restreindre la pratique de la simple nudité, cache à notre attention une autre pratique pour interdire le naturisme.

Il s’agit des arrêtés municipaux que toute commune peut promulguer, interdisant le naturisme sur une partie ou la totalité de son territoire.

Le motif en est le plus souvent : “d’assurer l’ordre, la sécurité et la tranquillité publique“ ou “le respect des règles élémentaires de pudeur et de bien vivre ensemble“, etc…

Il est peut-être possible de défendre que la pratique du naturisme n’atteint pas à l’ordre et la sécurité et la tranquillité publique et d’obtenir l’annulation ou l’abrogation de l’arrêté pat le Préfet. Mais ce recours doit avoir lieu dans les deux mois qui suivent la promulgation de l’arrêté.

Ensuite, compte tenu de la modicité de l’amende (38€), il faudrait être particulièrement motivé (à moins d’être une association) pour aller contester au Tribunal Administratif.

De plus la publicité des arrêtés communaux est des plus restreinte (affichage municipal ou publication dans un journal à diffusion suffisante) et échappe à la majorité des personnes éventuellement concernées. Ce qui fait que lorsque l’on en découvre l’existence, il est en général trop tard pour contester.

Ainsi, de nombreuses communes (possédant des plages maritimes ou des plans d’eau ou en bordure de lacs ou rivières) ont pris des arrêtés de ce type (souvent à la suite de plaintes ou de pratiques douteuses), restreignant de plus en plus les possibilités de naturisme libre.

Ces arrêtés sont souvent pris pour essayer de s’opposer aux rencontres libertines en pleine nature abusivement confondues avec le naturisme ; sans réelle efficacité car le libertin est le plus souvent habillé et se cache pour ses pratiques, ce qui fait que même l’article 222-32 est difficilement applicable puisque qu’une des conditions est que l’acte soit “imposé à la vue d’autrui“, ce qui n’est pas vraiment le cas s’il a lieu au fond d’un fourré.

En Vanoise, Gébroula, col du Soufre, Col du Grand Infernet …

Randonue en Vanoise

Le refuge du Saut, le vallon de Gébroula, le col du Soufre, le col du Grand Infernet, le lac du Mont Coua et le passage du Mont Coua.

Avec : Bruno, Laurent, Philippe.
le 27 juillet 2017

A 6h du matin, nous retrouvons Laurent qui a dormi dans sa voiture sur le parking de Tuéda, au terminus de la route de Méribel-Mottaret.

Le jour est encore indécis et le fond de l’air bien frais quand nous contournons le lac de Tuéda.

Un peu plus loin, une pancarte nous envoie sur un raccourci et nous commençons à nous élever en direction de l’Aiguille du Fruit qui semble barrer le fond de la vallée. Nous retrouvons  la piste à 4 x4 qui monte au refuge du Saut. La montée est soutenue, mais pas assez pour nous inciter à nous déshabiller.

Suit le long plan du Fruit, puis encore une petite montée et nous arrivons au refuge du Saut vers 7h45. Je montre à mes compagnons les haldes et les entrées de l’ancienne mine d’or. Alors que nous quittons le refuge, nous croisons un personnage qui rembobine un fil électrique. Il se dit chercheurs sur les papillons de nuit qu’il attire avec de puissants projecteurs.

Nous avons quelque mal à repartir car l’homme est bavard. Le soleil nous rejoint alors que nous sommes dans la montée du vallon de Gébroula encore à quelques centaines de mètres du refuge. Nous adoptons alors la tenue d’Adam.

Deux personnes nous précèdent et progressivement nous les rattrapons. Une petite pose casse-croute nous permet de les laisser s’éloigner.

Après avoir franchis le torrent émissaire du glacier sur une longue passerelle, nous prenons pied sur la moraine et découvrons le glacier de Gébroula saupoudré, comme les sommets d’une fine couche de neige fraiche.

A notre gauche, le massif chaotique et coloré des gypses du Roc du Soufre attire de la part de mes amis de nombreuses questions sur leur origine et leur évolution.

Devant nous, le haut du glacier de Gébroula flirte avec les nuages. Nous pouvons suivre le pointillé de grosses cordées qui progressent lentement vers le Dôme de Péclet.

Nous, on tourne à gauche vers le col du Soufre que nous atteignons par un névé et des dolomies rousses qui sont certainement à l’origine de son nom.

Nos deux prédécesseurs se sont un peu éloignés du chemin, probablement pour s’abriter du vent. Il ont certainement perçu notre nudité, mais à 2 ou 300 m de distance, nous jugeons inutile de nous couvrir.

Nous découvrons l’autre versant (vallée de Pralognan), la branche Est du glacier et le lac Blanc (en réalité bleu en raison des eaux glaciaires). Entre les gypses blancs à ocres, la falaise jaune de quartzites qui nous fait face, le lac et les glacier, c’est un festival de couleurs.

Nous descendons légèrement sur le versant Est pour remonter rapidement au col du Petit Infernet en dérangeant une petite harde de bouquetins femelles.

Un peu partout, des blocs arrondis blancs purs et cristallins nous intriguent. S’agit-il de glace, mais d’où proviendrait-elle ? En réalité, ils sont composés d’anhydrite, forme déhydratée du gypse.

A partir de là nous sommes totalement hors sentier et la navigation se fait à la lecture du paysage et à la carte, aidé du GPS.

Nous descendons le versant nord du col dans une combe entre les gypses du Roc du soufre et des gneiss du socle de la Vanoise. Par endroits l’anhydrite est si blanche que l’on pourrait croire que la montagne est saupoudrée de neige !

Le vallon vient butter sur un chaos de bloc, en réalité un rock glacier qui occupe avec un petit lac le cirque sous la Pointe des fonds. Heureusement, la traversée du chaos ne dure pas trop longtemps et nous retrouvons un terrain plus agréable pour progresser. Je fais à l’occasion remarquer à mes compagnons des sols polygonaux, témoins de la présence d’un permafrost.

Un peu plus loin, un petit vallon nous abrite du vent pour le repas de midi.

La progression se poursuit vers le Nord en suivant le front du rock-glacier jusqu’à une petite selle qui donne sur le grand lac du Mont Coua. Philippe aimerait bien se baigner, mais nous avons déjà entamé la remontée vers une épaule qui débouche sur un autre vallon et il doit bien finir par nous suivre.



Promis on pourra se baigner au lac de Chanrouge. Tiens, un Bouquetin, un mâle avec ses grandes cornes qui se laisse approcher. Il porte un collier émetteur et à notre grande surprise des étiquettes dans les oreilles, comme une vache !

Un champ de blocs, un névé à descendre et nous attaquons une courte remontée au Passage du Mont Coua qui doit nous donner accès au vallon Chanrouge. Des gneiss du substratum, nous sommes passés en quelques mètres dans des calcaires gris. Au début la descente est sans problème dans des bandes herbues, mais très vite le terrain se transforme en un affreux lapiaz crevassé et armé de lames tranchantes. Nous zigzagons au mieux, désescaladant de petites barres rocheuses, bien souvent pour remonter en face, car en dessous cela ne passe pas.

Au fur et à mesure que nous perdons de l’altitude la pente générale s’accentue et l’ensemble du lapiaz semble se finir sur la vallée par une barre rocheuse. Nous ne sommes plus qu’à une cinquantaine de mètre de l’herbe, mais pas de passage. Enfin Laurent finit par découvrir une sorte de rampe-couloir qui permet de franchir l’obstacle. Un textile solitaire nous attend en bas. Un espagnol qui apparemment était curieux de notre tenue et de notre progression.

Le lac de Chanrouge n’est plus qu’à quelques pas. Philippe va pouvoir enfin se baigner !

L’eau est fraiche et le bain bref (quelques brasses). De l’autre coté du lac deux textiles cassent la croute.

Mais voilà un groupe qui débaroule et vient s’installer non loin de nous. Un homme se met immédiatement nu et s’engage dans le lac. Les autres, dont des femmes, restent plus réservés.

Pour notre part, si l’un d’entre eux est nu, nous n’avons pas de raison de nous rhabiller.

Il faut bien quand même quitter le lac et rejoindre le refuge. A partir de là, c’est un incessant va-et-vient de promeneurs. La descente du refuge se fera habillés.

N.B. Je déconseille fortement le passage par le lapiaz du Mont Coua, dangereux, encore plus par mauvais temps ou brouillard. Il es possible depuis le lac du même nom de descendre par un sentier sur le vallon de Gébroula.

Considérations géologiques : Les couleurs extraordinaires d’une partie de cet itinéraire sont dues à la présence de gypse.

Il s’agit d’une roche saline déposée au Trias au fond d’une mer qui s’évaporait. La forme originale est l’anhydrite cristalline. En présence d’eau elle s’hydrolise et devient du gypse, et cela avec une forte augmentation de volume, ce qui explique l’aspect “explosé“ de certains affleurements.

Le gypse, comme tout sel, est soluble dans l’eau qui y creuse des galeries et des entonnoirs de dissolution. Des impuretés (notamment des dolomies rousse) sont à l’origine des diverses colorations observées.


Lac du Cerisier et plan du Grand Sablat (Grandes Rousses)

Avec, Bruno, « Gérard » et Patricia.

Après avoir placé une voiture sur le chemin du Pont Ferrand, nous partons du col de Sarenne dans le brouillard.
Le sentier travers d’abord des pente herbues et raides coupées de ravines et petits glissements de terrain. Malgré les nuages, il ne fait pas vraiment froid et nous sommes très vite nus. Après quelques kilomètres de marche en courbe de niveau, alors que la brume se lève, “Gérard“ s’engage à monter hors sentier dans la pente en direction du cirque du Cerisier.

 

Nous côtoyons un troupeau de moutons tout en contournons deux barres rocheuses par des pentes d’herbe et débouchons sur un replat encombré de blocs, résidus de la moraine frontale de l’ancien glacier du Cerisier.

Cirque sinistre de roches sombres, sous l’éclairage d’un ciel d’orage.
Je chemine entre les blocs à la recherche du lac, mais ne trouve qu’une vaste dépression chaotique aux rochers noirs où l’on distingue nettement par le changement de couleur la limite de plus hautes eaux. Mais d’eau, plus rien, le lac est désespérément à sec.


Les sommets restent accrochés par des nuages qui courent dans le ciel poussés par un vent de sud de plus en plus fort. Pour casser la croute, nous trouvons au fond du lac asséché une anfractuosité de roche qui nous protège du vent. Cependant, faute d’activité physique, le froid nous gagne rapidement et nous devons nous couvrir. Clin d’Oeil, au nom des lieux j’ai apporté des cerises fort appréciées pour le dessert.

“Gérard“ veut aller cueillir du génépy dans le vallon voisin du Grand Sablat, et nous nous remettons en marche.

Le ciel s’éclaircit de plus en plus et les glaciers de la Meije, du Râteau et du Mont de Lans s’imposent en face de nous.

Nous arrivons dans un chaos de gros blocs, où poussent de rares touffes de la précieuse plante. Nous sommes en bordure d’un large plan alluvial où le torrent se divise en plusieurs branches. De sévères parois rocheuses soutiennent un glacier de crête qui se perd dans les nuages.

“Gérard“ nous revient au bout d’une demi-heure avec sa récolte et nous descendons sur la cabane du Clos Chevaleret.

La porte est ouverte, mais pas de berger. Nous poursuivons la descente nus, jusqu’à proximité du grand chemin du lac des Quirlies. En fin d’après-midi, pas mal de personnes montent est descendent et nous sommes contraints de nous rhabiller.

Cascade du Ferrand

Le Gros Peyron d’Etache

Haute Maurienne, vallon d’Ambin.

Personne d’intéressé par ma proposition de randonue…
Donc, je suis seul ce mardi matin au terminus de la petite route qui remonte le vallon d’Etache.

Le soleil n’est pas encore arrivé en fond de vallée et un petit vent frais dévale de la montagne.
Seul randonneur aussi, car le parking est vide.

Le sentier contourne la ferme, puis suit le vallon par son fond. Une petite descente pour traverser le torrent sur un pont de bois et le sentier remonte de plus en plus raide sur le versant opposé.

Le soleil me rattrape et me voilà nu. J’ai parcouru à peu près les deux tiers quand un groupe apparaît tout en bas dans les premiers lacets. Sa progression est impressionnante. Les jambes s’activent en cadence comme les bielles d’une machine à vapeur. A ce rythme, ils ne vont pas tarder à me rattraper ! Alors qu’ils se rapprochent, je perçois un ricanement et une réflexion sur le “cul-nu“. Quand la distance entre nous se réduit à moins de 100 m, je renfile mon short au détour d’un lacet. Bientôt la machine me double (plutôt, me pousse pour passer), puissante, coordonnée, à grande enjambées, tirant sur les bâtons, sans un mot.

Les six traileurs s’accordent une courte pose au plateau du “Piquet à neige“ où je les rejoins. Un bref bonjour et les voilà repartis, avalant la montagne.

Je profite d’un petit en-cas et de quelques photos pour que s’établisse entre nous un espace suffisant pour que je puisse me remettre nu.



Nouveau raidillon pour rejoindre le plateau supérieur qui s’élève tout doucement à travers des prairies et un lapiaz de cargneules orangées jusqu’au col d’Etache.

Les nuages venant d’Italie, se déversent par dessus le col, poussée par un fort vent de sud, puis se dissolvent miraculeusement. Par moment, une bourrasque m’apporte un peu de pluie, alors que le ciel au dessus de ma tête est bleu. Bien que puissant, le vent est doux et sa caresse sur la peau nue est un délice.


Au col désert, je fais une petite pose casse-croute et hésite à gagner le sommet du Gros Peyron sur lequel les nuages se déchirent.





Finalement, je me décide et entreprend la montée facile dans un dédale de dalles et éboulis de quartzites. Un sentier, même, se dessine par intervalles. Une antécîme de dolomie rousse m’envoie sur le versant italien et je viens buter sur une petite barre rocheuse, juste sous le sommet. Un bref couloir nécessitant l’usage des mains me conduit au cairn sommital.



Malheureusement, les nuages occupent tout l’autre versant et je ne puis apercevoir que très brièvement quelques roches élancés au travers des nuées qui défilent à grande vitesse.

Versant Nord, la vue porte sur la Vanoise, où les grands sommets sont cependant encapuchonnés.

En dessous de moi, un petit lac vert aux contours compliqués égaye les lapiaz blanc-pâles de quartzite.

Du sommet, le chemin de descente que j’avais perdu à la fin de la montée est bien évident, tracé et cairné. Dans ma descente, je rencontrerais successivement deux couples que je contournerais sans avoir à me rhabiller.

Encore une petite pause au “Piquet à neige“, puis le raidillon qui tire sur les cuisses et endolori les genoux. Sur la passerelle, un couple prend le frais. Il faut bien que je finisse par me vêtir du minimum.