Le vallon de la Pilatte

Le 26 octobre 2019

Avec : Bruno, Guillaume et Yves

La route de la Bérarde est fermée en semaine pour travaux, accessible seulement le week-end. Nous traversons difficilement Saint Christophe où une large tranché à l’endroit le plus resserré entre les maisons vomit ses entrailles annelées rouges, noires et vertes.

Les pluies de la semaine ont été violentes et la voiture doit négocier le passage entre les pierres laissés sur la chaussée par des torrent temporaires. Les sommets sont bien enneigés au dessus de 2500 m.

Il n’y a pas plus d’une dizaine de voiture sur le parking et plus que deux au départ de la randonnée.

A 10h, nous sommes encore à l’ombre des Ecrins alors que de l’autre coté du torrent le soleil gagne au pied de la Grande Aiguille. De plus un vent frisquet descend des sommets. Bien que nous soyons seuls, il n’est pas question de se dévêtir pour le moment. La première demi-heure de marche sera habillés.

Le mauvais temps des jours précédents a laissé des traces. Le sentier est sur-creusé par des écoulements erratiques et bientôt disparaît sous une vaste coulée de lave torrentielle où nous naviguons à vue dans un désert de cailloux et de blocs. Nous le retrouvons un peu plus loin, mais toujours en si mauvais état. Par endroits, même les dallages de grosses pierres construits par le Parc pour limiter l’érosion entropique, ont été emportés.

En dessous de nous, le Vénéon écume sur les roches.

L’or des bouleaux et le rouge des myrtilliers colorent la montagne.

Le soleil daigne enfin passer de notre coté et nous adoptons la nudité.

En approchant, du plan du Carrelet, la vue s’ouvre sur le vallon du Chardon et les sommets très enneigés du Vaccivier.

A la passerelle du Chardon, nous hésitons à passer sur l’autre rive, et restons sur le versant qui nous semble devoir être le plus ensoleillé. Ce sera une erreur, car toutes les passerelles au-delà auront été enlevées.

au refuge du Carrelet.

Nous quittons la pinède et le paysage devient plus minéral.

Le franchissement des torrents descendant des cirques de la Pilatte, de la Temple et de Cloute Favier est délicat (particulièrement ce dernier).

La vallée tourne à droite et l’on découvre le cirque de la Pilatte et le sommet des Bans. Le glacier et les sommets sont uniformément blancs.

Des personnes redescendent : La passerelle à été enlevée. Le torrent est infranchissable. Il n’est pas possible de gagner le refuge depuis cette rive.

Nous poussons quand même jusqu’au gros cairn qui marquait l’emplacement de la passerelle. Dépités nous cherchons un point où l’on pourrait traverser, mais même quand les eaux se divisent en plusieurs bras, celles- ci sont trop tumultueuses.

Il ne reste plus qu’à redescendre. Midi est largement passé et il est temps d’assouvir une petite faim.

Nous nous installons un peu à l’écart du sentier. Un couple passe et ne fait même pas attention à notre tenue. Nous sommes désormais les seuls dans le cirque. Au vent frais du matin s’est substituée une douce brise qui s’est chauffée sur les rochers et les prairies.

Nous faisons durer le plaisir et nous gavons de soleil. Nous resterions volontiers là jusqu’à ce que l’ombre nous chasse, mais il faut bien redescendre.

Le torrent de Cloute Favier a grossi avec la fonte de la neige dans son haut bassin et Guillaume, à cause de son handicap, hésite longtemps à faire le pas entre deux blocs et finit par passer les chaussures dans l’eau.

Barre des Ecrins.

Le soleil a tourné et l’éclairage a changé. La face nord de l’Ailefroide Occidentale, désormais bien éclairée, s’impose comme l’élément majeur du paysage.

Nous passons à l’ombre en dessous du plan du Carrelet. La température chute d’un coup, mais nos corps sont échauffés.

Poursuivrons nous nus jusqu’à la voiture ? Non ; car, non loin du parking, un couple nous précède et s’arrête même comme s’il voulaient vérifier ce qu’il ont entrevu.

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