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À propos Randonue.Chartreuse

Auteur et gestionnaire du site.

Les gorges du Drac

11 mars 2022

Avec : Jean Paul, Jacques Marie, Patricia, Alain, Brigitte, Bruno.

Une sortie initiée par Jean Paul qui connaît les lieux.

Ici pas de sommet au programme, mais une descente au bord du lac de Notre Dame de Commiers à partir de Monteynard en utilisant partiellement l’ancienne voie ferrée du Petit Train de la Mure.

Tout en cassant la croute, nous attendons Jean Paul à coté de l’église, blottis derrière le monument aux morts, essayant de nous protéger d’un vent du sud glacial et rageur.

Ne pouvant plus tenir, nous reprenons la route pour rejoindre le point de départ qui, oh! bonheur, se trouve être à l’abri du vent.

Jean Paul finit par nous retrouver là et nous pouvons commencer la descente sur le lac.

Nous traversons quelques prairies puis entrons dans la forêt par un sentier descendant. L’atmosphère étant plus calme, certains sont rapidement nus.

Nous atteignons rapidement l’ancienne voie ferrée au niveau d’une maison de cantonniers. Les rails et les traverses ont été déposés.

Le sentier plonge immédiatement en dessous pour gagner une crête après une traversée en forêt. La vue se dégage alors sur le lac et quelques prairies nous amènent au bord de ce dernier à l’eau d’un bleu délavé.

Une pancarte nous avertis de l’extrême danger à se baigner en ce lieu à cause de possibles lâchers d’eau du barrage du Monteynard en amont.

Après une pause, nous entamons la remontée par le même chemin jusqu’à l’ancienne voie ferrée, puis l’empruntons vers le sud.

Les frontales sortent des sacs pour franchir trois tunnels dont nous ressortons pour découvrir un vaste panorama sur les lacs et les montagnes.

Nous franchissons un viaduc, puis à proximité d’une nouvelle baraque de cantonnier, Jean Paul avise un sentier peu marqué qui remonte vers Monteynard.

Une prairie sèche, où nous retrouvons le vent, nous amène à une crête ascendante vers “le Château“, point culminant de la rando.

Suit une descente au Nord, un court moment en mode “sanglier“ puis une prairie en fond d’un vallon où nous nous faisons surprendre par des VTTistes. Quelques barbelés difficiles à franchir et nous sommes de retour aux voitures.

Le Chapotet

2076 m

Chaîne de Belledonne

20/11/2021

Avec : Alain, Brigitte, Patricia, Jacques-Marie, Bruno

La voiture cahote longuement sur un chemin de terre par endroits un peu difficile pour arriver avec le soleil à une prairie où la vue se dégage sur la Combe de Savoie et les Bauges au-delà de la mer de nuages.

Une petit chapelle toute ronde veille sur les lieux.

Une autre voiture nous a précédé et ses occupants semblent vouloir prendre la même direction que nous.

On discute et on annonce que nous allons randonner nus dès que la température sera favorable. Pas de problème.

Une montée à l’ombre dans la forêt ou traine encore quelques restes de neige fraiche n’incite pas à se déshabiller de suite.

Au sortir de la forêt, et avec l’effort, les vêtements tombent ; d’autant plus que nous remontons une raide pente herbue.

La crête s’aplatit et cache dans une dépression un petit lac bien glacé. Le sommet n’est pas loin et nous ouvre un large panorama sur les sommets enneigés du Nord de la chaîne de Belledonne, et au-delà de la vallée, la Chartreuse, les Bauges, et au loin le Mont Blanc.

Pause casse-croute un peu en dessous, au soleil et à l’abri du vent. Pause qui s’éternise un peu car on est si bien nus au soleil.

L’ombre vient vite en cette saison et le froid avec. Nous dévalons sur le col de la Perche.

Dernier coup d’oeil au Mont Blanc, puis par une traversée descendante gagnons le refuge des Platières. Nos randonneurs du matin sont là. Mais pourquoi se rhabiller puisqu’il sont prévenus et nous ont dit que cela ne les dérangeait pas.

Il y a du monde au refuge de la Grande Montagne et nous préférons nous couvrir, d’autant plus que nous retrouvons la forêt qui va nous dérober aux derniers rayons du soleil.

Du col du Sabot au lac de la Jasse

Chaîne des Grandes Rousses

2460 m

le 25 octobre 2021

Avec : Patricia, Philippe, Guillaume, Bruno, Mickaël, Christian.

Au col du Sabot, à 10h, le soleil n’est pas encore arrivé jusque là et la température bien fraiche, d’autant plus qu’un petit vent du Sud vient rajouter son grain de sel (de givre plutôt).

Ça traine un peu à se préparer et j’attends avec impatience le moment de passer de l’autre coté du col où règne le soleil.

Enfin, nous voila partis. Une petite descente dans une combe d’où part une chemin tout récemment tracé que nous ne prendrons pas pour le moment. Sur l’épaule la vue plonge sur le lac de Grandmaison d’un bleu profond dominé par les aiguilles de l’Argentière.

Là un panneau nous annonce que le sentier de la Cochette traversant le raide versant nord au dessus du lac est dangereux et interdit.

Après quelques hésitations, nous décidons de l’emprunter quand même.

Le passage est passablement vertigineux mais semble possible. Il s’agit d’un versant de schistes noirs coupé de ravines canalisant les pierres. Mais aujourd’hui, tout est gelé et rien ne bouge. La plateforme est par endroits soutenues par des gabions grillagés.

Un premier couloir nous pose quelques problèmes avec un cône de pierraille de schiste encombrant le chemin. Il faut aider Guillaume, mais le passage est court.

Presque à la fin des difficultés un second couloir nous oppose un obstacle bien plus sérieux.

Une langue de glace de deux mètres de large occupe son fond, plongeant dans un toboggan parfaitement lisse jusqu’au fond de la vallée, 400 m plus bas.

Philippe se met à essayer de tailler des marches dans la glace avec une pierre ; disant qu’en suite, il lui suffirait d’un petit bond pour atteindre le sol sec en face.

Je m’oppose à une telle tentative, imaginant avec horreur un corps dévalant dans la goulotte.

La raison l’emporte et nous faisons demi-tour.

Retour à l’épaule du Sabot. Un groupe vient vers nous. Nous leur expliquons la situation. Ils poursuivent rien que pour voir le paysage.

Maintenant, nous sommes presque tous nus et rejoignons le sentier nouvellement tracé, laissé à notre droite tout à l’heure.

Une famille descend. On s’est couvert. Ils font demi-tour car le sentier est boueux et glissant.

A partir de là, nous serons seuls et bien-sur nus autant que possible.

En effet, le terrassement est récent et la plateforme terreuse. Avec le dégel une petite couche très superficielle se liquéfie et glisse sur le fond encore gelé.

Bon, à part que ce soit assez désagréable, il n’y a pas de danger. Et puis on peut marcher sur l’herbe d’un coté ou de l’autre.

Ce cheminement contourne l’obstacle du chemin de la Cochette en franchissant la crête des Aiguillettes tout en nous offrant de très belles vues sur des ravines et des aiguilles de schistes.

Vers 2400 m, nous découvrons la haute barrière des Grandes Rousses et des glaciers, fraichement ré-enneigés. Une pause casse-croute, puis basculons sur le vallon de la Cochette et le col de Couard.

Notre objectif initial était un lac glaciaire au front du glacier de la Barbarate. Mais compte tenu du temps perdu au départ, nous nous contenterons du lac de la Jasse.

Le retour tardif nous offre les belles couleurs d’un coucher de soleil et nous arrivons aux voitures à la tombée de la nuit.

Le col de l’Aigleton

Chaîne de Belledonne

2266 m

21/10/2021

Avec : Alain, Brigitte, Guillaume, Bruno

Nous re-voila au Pré-de l’Arc, ancienne colonie de vacances au dessus de Prapoutel.

Au lieu de partir su fond de la vallée du Muret, cette longue traversée en flanc nous permet de gagner 250 m de dénivelé et d’arriver au Habert d’Aiguebelle sans effort.

Comme cette variante est très peu connue, nous sommes les seuls sur les lieux de départ et l’exposition sud nous permet d’être nus au sortir de la voiture.

Malheureusement, il faudra nous rhabiller à l’approche du refuge et jusqu’au Pas de la Coche, pas mal fréquenté. C’est sans regrets car la pente sous le col est exposée plein nord et le soleil n’y parvient que fort tard dans la journée.

Le petit lac de la Coche n’est pas très attrayant car à cette saison l’eau est plutôt glauque.

Nous tournons à gauche en direction du Col de la Vache, tournant le dos aux autres randonneurs.

Une longue traversé à flanc, bien ensoleillée, (le Pas du Pin) va nous conduire dans un beau cirque sous La Dent du Pra.

Le lieu est trop accueillant et un arrêt “en-cas“ s’impose.

Nous quittons le GR pour de vagues traces dans des pentes herbues et d’éboulis.

Le col d’ici n’est pas visible et nous hésitons un moment sur la direction à suivre. Finalement, Alain trouve le bon passage et nous débouchons sur le col qui nous offre une vue magnifique sur les crête de Belledonne en direction du Sud.

L’endroit est un peu venté, et il nous faudra descendre un peu sur l’autre pour trouver un emplacement ou poser nos fesses pour le déjeuner tiré des sacs.

Sur le versant Ouest, vu d’ici, la descente semble très raide et au bour de quelques dizaines de mètres les traces disparaissent.

Nous descendons au mieux, dans un goulet nécessitant brièvement l’usage des mains puis gagnons par un éboulis de gros blocs le lac inférieur du Vénetier.

De là nous rejoignons le sentier bien fréquenté du Pic de la Jasse. Nous gardons la nudité le plus longtemps possible en tenant nos distances par rapport à d’autres randonneurs, mais il faut bien se résigner à se couvrir à l’approche du Habert.

Nous retrouverons avec délice notre tenue préférée sur le chemin du Pré de l’Arc, bien exposé au soleil qui commence à décliner.

El Madrès (Roc Nègre : 2459 m)

Pyrénées Orientales

le 24 septembre 2021

Avec : Bernard, Bruno, Jean-Paul, Patricia, Philippe, Stéphane, Yannick.

Dans le cadre d’un séjour de randonnée naturiste proposé par Bruno du 18 au 25 septembre avec l’appui de l’association R.S.V.Nat.

Nous découvrons une longue vallée abritant le bourg de Mosset aux maisons étagées serrées accrochées à leur éperon rocheux.

Au col de Jau, déception, la route forestière qui mène à Callau est interdite à la circulation : deux kilomètre de plus, heureusement à l’horizontale.

Quelques personnes sur le parking, mais qui semble-t-il vont aux champignons.

Il fait encore frais et nous restons habillés sur la piste sous le couvert d’une belle forêt de pins et de hêtres.

La piste finit par arriver à ce qui aurait dû être notre départ : la prairie de Callau. Un grand bâtiment gris frise la ruine. Est-ce le refuge annoncé sur la carte ? Ou une maison plus modeste dans la prairie ?

Des panneaux nous avertissent que nous rentrons sur un domaine de chasse privé appartenant à Groupama. Qu’un assureur qui se dit militant ait investit dans la chasse nous laisse interloqué. Mais nous constaterons plus loin qu’il s’agit aussi de protéger une magnifique forêt primaire de toute exploitation forestière.

L’ambiance s’étant réchauffée et les lieux déserts, nous adoptons la tenue de peau.

La piste monte doucement et longuement dans la forêt jusqu’à ce que nous l’abandonnions pour un sentier plus discret qui se glisse sous un couvert de pins cembros mêlés de hêtres centenaires. Pas une seule trace de coupe de bois. Les arbres morts, aux troncs percés par les pics pourrissent sur place hébergeant champignons et larves de toutes sortes.

Vers 1800 m d’altitude, après la traversée du ruisseau, la forêt s’éclaircit et passe progressivement à l’estive.

Une montée un peu plus raide conduit à un épaulement d’où l’on domine un vaste « pla » : la Balmetta. Au delà s’ouvre un cirque glaciaire taillé dans le granite au centre duquel s’élève une aiguille élancée. Un orri en bon état sera le prétexte d’un arrêt casse-croute et le terminus des moins courageux.

Nous continuons à trois vers le fond du cirque et commençons à contourner l’aiguille par la droite.

Bernard nous abandonne et nous ne sommes plus que deux. Derrière l’aiguille, des éboulis nous conduisent à la crête. Tiens un chamois (pardon un isard!). Ce sera le seul animal que nous rencontrerons.

Des randonneurs, loin sur la crête, un adulte un enfant, ne nécessitent pas de nous rhabiller.

La zone sommitale et un plateau herbu. Aucun point le paraît nettement plus élevé qu’un autre. Nous suivons des sentes vers l’Est et arrivons sur une brèche qu’il faut franchir par quelques pas d’escalade. Une plaque scellée au rocher rappelle le souvenir d’un randonneur décédé en ces lieux. Au delà de de la brèche un sommet couronné de quelques blocs sera notre terminus (En fait le roc Nègre, plus bas de neuf mètres par rapport à El Madrès).

Le panorama est exceptionnel, mais malheureusement très brumeux.

Chaudement rhabillés le temps de la pose sommitale, nous retrouvons la nudité avec l’action dans la descente.

Plus personne à l’orri de la Balmetta. Nous retrouverons nos amis plus bas à la limite de la forêt.

La fatigue se fait sentir et nous pressons le pas pour rejoindre le col de Jau, d’autant plus que le soleil a disparu.

Non loin du col, une voiture descendant du refuge (probablement les gardiens) nous dépasse. Certains disparaissent discrètement dans le bois. D’autres , comme moi, restent nus.

Malgré le froid, les plus téméraires mettront un point d’honneur à arriver nus jusqu’au parking, à cette heure, désert.

Gorge de la Carença

Vallée de la Têt (Pyrénées Orientales)

23 septembre 2021

Avec : Bernard, Bruno, Jacques-Marie, Jean-Paul, Patricia, Philippe, Stéphane, Yannick.

Dans le cadre d‘un séjour de randonnée naturiste proposé par Bruno du 18 au 25 septembre avec l’appui de l’association R.S.V.Nat.

La rando (la balade ? ) incontournable dans la vallée de la Têt.

A 10h du matin, le parking (payant) se remplis rapidement.

Un peu au hasard, nous choisissons le sentier de rive droite. Le gros des visiteurs part en rive gauche. En fait la rive droite est moins spectaculaire et plus escarpée et difficile de parcours que l’autre.

Du coup nous sommes presque seuls et nus (autant que la fraicheur de la gorge et l’absence de soleil le permet!).

On chemine d’abord le long du torrent sans grandes difficultés, puis le sentier se met à monter dans la forêt en s’éloignant du chemin de l’eau. Quelques beaux belvédères permettent d’observer la progression des autres randonneurs sur le chemin en encorbellement au milieu de la falaise en rive gauche. Beaucoup plus impressionnant à voir d’ici que lorsque l’on y sera dans l’après-midi.

La montée devient raide, rocheuse, encombrée de blocs et l’on domine de plus en plus la gorge, bien plus haut que ceux d’en face.

Maintenant, çà redescend jusqu’à une passerelle qui permet de passer sur la rive opposée. Une couple nous fait nous couvrir.

Nous discutons de la suite quand passent deux personnes en courant nous disant qu’il y a un blessé plus haut dans la gorge et qu’il cherchent un endroit où le téléphone passerait pour appeler les secours.

En tant qu’ancien Accompagnateur en Montagne, j’ai quelques connaissance en secourisme et une trousse qui pourrait être utile dans mon sac.

La décision s’impose, continuer vers l’amont et voir si je peux apporter une aide. Le reste du groupe me suit. Du coup, on oublie derrière Yannick qui a pris beaucoup de retard.

Une passerelle nous ramène en rive gauche, puis une rampe accrochée à la paroi est gagnée par une échelle. Elle se termine sur une passerelle himalayenne assez impressionnante à cause du balancement imprimé par les pas.

A nouveau en rive droite, encore quelques obstacles et j’arrive au lieu de l’accident. Une femme est couchée sur le dos. Elle est consciente. Elle a dû tomber de 3 ou 4 m de la rampe au dessus.

Un accompagnateur en montagne s’est occupé d’elle ; l’a calée avec des vêtements afin qu’elle soit le moins inconfortable possible et protégé du froid. Elle n’a pas d’hémorragie grave et je ne puis rien faire de plus.

Nous poursuivons alors vers l’amont empruntant la rampe à l’origine de l’accident qui ne présente pas de difficultés.

A l’autre bout, un groupe d’une vingtaine de personnes est stationné. Ce sont les clients de l’accompagnateur.

Une femme a observé nos étranges tenues et me demande si nous ne serions pas des randonneurs naturistes. Je lui répond que c’est exact, mais que nous nous sommes couvert par respect des autres randonneurs. Elle me dit alors qu’elle aimerait bien essayer la randonue, que ce doit être très agréable…

Encore quelques rampes accrochées au parois, des passerelles ondulantes et nous arrivons à une plateforme au bord du torrent. Un peu de soleil perce dans ces profondeurs. Ce sera notre terminus et le lieu du repas. Des groupes passent et repassent devant nous. Nous mangerons habillés.

Retour par le même chemin jusqu’à la passerelle qui permet de revenir en rive gauche pour prendre le cheminement en encorbellement dans la falaise.

Nous espérions que Yannick nous attendrait là, mais plus personne. Plus, car des gens nous disent l’avoir vu passer nu ! et prendre la direction du retour par la rive gauche.

Rassurés, nous suivons le même chemin. Spectaculaire, mais suffisamment large pour ne pas être vertigineux. Tout le monde va dans le sens de la descente. Nous pouvons retrouver la nudité. Jacques Marie et Stéphane ont décidé de ne plus se rhabiller. Stéphane aborde, nu, les textiles rencontrés et leur explique avec un sourire désarmant que nous sommes des randonneurs naturistes et leur propose de nous couvrir si cela les dérange. La réponse amusée est toujours négative. Alors chacun fait comme bon lui semble.

Un hélicoptère arrive enfin et nous l’entendons passer à plusieurs reprises sans le voir à cause de la végétation. La blessée est évacuée.

Au bar, nous retrouvons Yannick qui me reproche sévèrement de l’avoir oublié…

Le Puig Carlit ( 2921 m )

Pyrénées Orientales (Par Bouillouse, versant Est)

22 septembre 2021

Avec : Bernard, Bruno, Jacques-Marie, Jean-Paul, Patricia, Philippe, Stéphane, Yannick.

Dans le cadre d’un séjour de randonnée naturiste proposé par Bruno du 18 au 25 septembre avec l’appui de l’association R.S.V.Nat.

Une classique incontournable, malheureusement très fréquentée, même hors saison et en semaine.

A neuf heures du matin, le parking sous le barrage de Bouillouse se remplit rapidement.

Passé l’hôtel, le chemin démarre en forêt dans des blocs. Conséquence de l’hyper-fréquentation, les cheminements sont multiples. Une fois les randonneurs les plus lents doublés, les plus hardis d’entre nous optent pour la nudité.

Brièvement couverts, nous doublons trois personnes qui, bloc-note à la main, étudient le réaménagement de l’itinéraire. Quelques bribes de conversation captées m’informent qu’ils ne sont pas dupes de notre tenue.

Finalement, l’espace est vaste. Des cheminements parallèles nous permettent de garder nos distances et la nudité.

Les lacs se succèdent au cœur d’une forêt agréablement clairsemée de pins cembros, au point que cela devient banal.

Les estomacs ont faim. Une pose est décrétées sur une sorte de petit col. Quelques personnes passent. Nous restons nus.

Le cirque sous le Carlit se rapproche et la forêt laisse place aux pelouses d’estive. Yannick et Jean-Paul nous abandonnent pour un retour tranquille par une variante.

Maintenant, après des kilomètres presque à plat, la montée se précise. Le plus gros reste à faire.

A une traversé dans un pierrier sous la Tossal Colomer, suit un petit passage dans des rochers nécessitant brièvement l’usage des mains.

Nous ne sommes plus que cinq, au petit lac, dans le cirque sous le sommet. Il commence à y avoir un peu plus de monde et compte tenu d’un terrain peu propice pour se rhabiller rapidement, nous enfilons les shorts et jupettes.

Une nouvelle, mais brève montée nous amène sur une épaule herbue.

Patricia et Bernard décident d’en rester là et de nous attendre dans un abri de pierres.

Jacques Marie et Stéphane ont filé devant et je les ai perdu de vue.

Maintenant la progression se fait en semi-escalade dans des rochers brisés. Cela semble passer un peu partout et il est vite fait de se retrouver dans des difficultés. Un couloir terreux débouche sur une brèche et il n’y a plus qu ‘à suivre l’arête pour arriver au sommet occupé par pas mal de monde.

Le ciel a tourné au gris et l’ambiance ne se prête plus trop aux photos. Nos amis nous attendent plus bas. Je presse Stéphane et Jacques-Marie de redescendre.

Sur l’épaule, Patricia et Bernard, un peu frigorifiés, ne nous ont pas attendu. Nous les retrouverons un peu plus bas en compagnie de Philippe.

Nous décidons de revenir par une variante.

Les nuages se décident à laisser passer un peu de soleil et nous retrouvons la nudité. La lumière devient très belle et illumine de nouveaux lacs.

Nous doublons encore quelques personnes sans nous rhabiller, mais il faut bien s’y résoudre quand non, loin de l’arrivée, nous rejoignons un groupe bruyant d’une cinquantaine de “troisième âge“ qui galèrent dans un chaos de blocs.

Le Chemin des canons

21 septembre 2021

Vallée de la Têt

Avec : Bernard, Bruno, Jacques-Marie, Jean-Paul, Patricia, Philippe, Stéphane, Yannick.

Dans le cadre d’un séjour de randonnée naturiste proposé par Bruno du 18 au 25 septembre avec l’appui de l’association R.S.V.Nat.

Ce mardi matin, le ciel est gris et la météo peu optimiste. Du coup, nous optons pour une randonnée proche et peu engagée.

Ce « Chemin des Canons » est une route historique nommée ainsi car c’est par là que le général Luc Dagobert de Fontenille, commandant en chef des armées des Pyrénées achemina son artillerie pour vaincre et repousser les Espagnols au col de la Perche à Mont Louis le 28 août 1793. Quelques jours plus tard, le 4 septembre, il livre une autre bataille au dessus de Canaveilles pour déloger et vaincre les troupes du général La Pena.

La route qui monte à Canaveilles est sinueuse et étroite et nous prions pour ne pas devoir croiser quelqu’un qui descendrait.

Sur la place de l’église, la signalétique n’est pas évidente et nous prenons la piste forestière faute d’avoir trouvé le sentier.

Eh bien, un peu plus loin le voila, et il monte raide. Il se transforme rapidement en chemin creux bordé de murettes. Si les canons sont monté par là, ça du être un sacré boulot !

On ne risque guère de rencontrer quelqu’un, mais la température très fraiche, et un petit vent dissuadent le gros de la troupe de se dévêtir. Au loin, il pleut sur le massif du Madrès.

Une pelle mécanique entrapercue brièvement, travaille quelque part au dessus de nous à tracer une nouvelle piste. Mais, finalement, nous ne passeront pas à proximité.

Au dessus d’une source aménagée avec un bachat, la pente diminue et nous permet de souffler.

On change alors de versant pour entrer dans une belle forêt de pins et de hêtres sous le couvert de laquelle se trouvent des triages à bestiaux en bois.

A l’abri du vent, nous commençons à nous dévêtir.

Une lente montée nous conduit à un col et une piste forestière bordée de tas de bois. Tiens voila quelqu’un. Pas de problème, ils sont un peu perdus et apprécient notre carte.

Un second petit col et nous revenons dans le versant sud. Un sentier raide descend vers le village de Llar alors que le soleil tente une timide percée.

Nous cherchons désormais un emplacement propice pour la pause repas. Un virage du sentier dans des blocs pour s’assoir et une belle vue sur la vallée feront l’affaire.

Plus loin, nous traversons le village de Llar, incroyablement accroché à un versant très raide avec vue plongeante sur la vallée de la Têt.

Un petit bout de route goudronnée, un détour pour aller voir la chapelle de Saint André.

Puis nous retrouvons le sentier en direction de Canaveilles et en même temps la nudité.

Ce sentier, dans une forêt clairsemée, nous offre de belles vues sur le fond de la vallée très encaissée, la voie du Train Jaune et ses ouvrages d’art, la gorge de la Carença en face.

Nous nous rhabillerons à quelques dizaines de mètres des premières maisons de Canaveilles.

Il est encore tôt et une autre excursion incontournable pour certains d’entre nous, s’impose : la source chaude de Canaveilles tout au fond de la gorge de la Têt.

Jacques Marie, qui y est venu il y a fort longtemps, trouve du premier coup le départ du chemin non balisé qui nous conduit au bord du torrent.

Mais la source est sur l’autre rive et il faut d’abord affronter jusqu’à mi-cuisses l’eau froide pieds nus sur des galets glissants.

Trois petits bassins sont isolés du lit principal par un cordon de galets. Un homme est allongé dans le plus en amont. Il a gardé son short pour se baigner et tourne ostensiblement le dos à ces nouveaux venus en tenue de peau.

Qu’importe, nous nous installons dans le second bassin, le plus grand. L’eau provient d’une source au pied du versant et sourd aussi à travers le sable du fond. Gare à ne pas se brûler car elle est diablement chaude !

Au bout de peut-être une heure, nous retraversons le torrent dont l’eau fraiche nous semble maintenant bienvenue et remontons aux voitures.

Le sentier côtier de Banyuls

le 20 septembre 2021

Avec : Bernard, Bruno, Jacques-Marie, Jean-Paul, Patricia, Philippe, Stéphane, Yannick.

Dans le cadre d’un séjour de randonnée naturiste proposé par Bruno du 18 au 25 septembre avec l’appui de l’association R.S.V.Nat.

Ce lundi matin, la météo n’était pas des plus favorable : ciel bas et gris, pluie qui menace. Par contre, les prévisions étaient plus favorable sur la côte.

Nous voila donc partis pour 100 Km et une heure et demi de route pour gagner Banyuls et sons sentier côtier.

Une petite route nous amène en haut de falaises à proximité d’une station d’épuration, d’ailleurs fort bien intégrée dans le paysage.

Un fort vent du nord (la Tramontagne) a balayé les nuages et la mer d’un bleu profond est parcourue par un houle vigoureuse qui moutonne et se brise en gerbes éclatantes de blancheur sur les roches et écueils.

Nous ne seront pas les seuls, mais tenterons cependant d’être nus autant que possible.

Le sentier commence par descendre dans un ravin au milieu d’une lande à genets puis remonte vers le cap de la Vella. Quelques personnes nous suivent et nous cherchons à emprunter des cheminements parallèles sans devoir nous couvrir.

On redescend ensuite vers la plage de Taillelauque où arrive une piste carrossable. Quelques personnes, un camping car. Une voiture de la police municipale passe. Ouf, on était rhabillés.

Toujours en suivant le sommet des les falaises au plus près, jolie remontée vers les Espérades où nous découvrons de petites vignes accrochées au rocher jusqu’à l’extrême bord du précipice. Il reste après les vendanges quelques grappes de raisin très doux et appréciées.

Une nouvelle montée nous amène au point culminant du parcours (120 m) à un belvédère au bord de la route départementale. Il y a, bien sur, pas mal de monde et nous redevenons des randonneurs ordinaires.

Descente vers un fond de vallon. Un sentier qui part vers une crique offre un espoir de baignade. En effet, il nous conduit jusqu’au rivage, mais point de sable, juste des rochers plutôt agressifs. Par contre, si la mer rugit au large, nous sommes ici abrités du vent et la houle s’est transformée en un clapotis.

Ce sera notre halte repas.

Un homme passe, se dit non choqué par notre tenue et discute un moment.

Mais l’envie de se baigner tenaille les plus hardis. Stéphane, bon nageur, tente le premier et montre que la chose est faisable. Yannick s’y risque à son tour.

A mon tour, je progresse précautionneusement, nu pied, sur les rochers acérés. Yannick m’a montré le chemin. Une fois glissé dans l’eau ; le fond se révèle tapissé de feuilles de posidonies qui protègent un peu des aspérités. Je suis un couloir entre des écueuils pour gagner une eau un peu plus profonde ou je peux nager. Mais, même assez loin du bord on garde pied.

La troupe, une fois rassasiée, n’a plus envie de poursuivre plus loin en direction de Cerbère, d’autant plus que la suite semble nettement plus urbanisée et des nuages venus d’Espagne commencent à ternir le bleu du ciel.

Le retour par le même chemin est décidé. Moins de monde qu’à l’aller : plus de nudité.

Pic des Tres Estelles (2099 m)

le 19 septembre 2021

Massif du Canigou

Avec : Bernard, Bruno, Jacques-Marie, Jean-Paul, Patricia, Philippe, Stéphane, Yannick.

Dans le cadre s’un séjour de randonnée naturiste proposé par Bruno du 18 au 25 septembre avec l’appui de l’association R.S.V.Nat.

Le pic des Tres Estelles, un peu à l’écart de la chaine principale du Canigou offre une vue large et étendue sur tous les sommets des Pyrénées Orientales.

Une route étroite et sinueuse nous amène au Coll de Mantet (1750 m), classé grand site en raison des vues exceptionnelle de part et d’autre.

Pas mal de voitures sont garées là et des groupes de randonneurs partent, heureusement, à l’opposé de notre destination.

Du col, le sentier que nous allons emprunter est bien visible et semble désert. Du coup, les plus hardis d’entre nous sont vite nus.

Le sentier, facile, monte doucement dans une forêt de pins clairsemée accrochée à un versant rocheux granitique.

Nous arrivons assez vite à un large replat : le Coll de la Menta qui est bien venu pour un premier “en-cas“ d’autant plus que d’ici la vue est magnifique.

Le sentier continue à monter dans un versant est, de plus en plus dégarni pour atteindre une barrière d’estive quelque 50 m sous le sommet.

Un couple, puis une famille avec des enfants nous suivent et se rapprochent de plus en plus de nous.

Un homme est au sommet et nous dit que notre tenue ne le dérange pas.

Un coup d’œil à la boite surmontée de trois étoiles dorées qui contient un cahier.

Puis nous descendons un peu sur la crête est pour trouver un emplacement à l’abri du vent derrière des pins et nous éloigner du passage.

Nous nous sustentons tout en regardant le paysage, malheureusement un peu brumeux,qui s’étend jusqu’à la mer.

Le couple avec enfants vient s’installer à quelques dizaine de mètres de nous. Ils nous ont déjà vu nus de loin. S’ils le font c’est en toute connaissance de cause. Nous ne nous couvrirons pas.

Le repas terminé, retour toujours nus par le même chemin. La brune s’est un peu dissipée et une longue pause au coll de Menta est l’occasion de faire un panoramique photo.