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La Dent de l’Ours

16 avril 2011

seul.

Alpes, massif de la Chartreuse.

Un sommet bien difficile à atteindre…

La Dent de l’Ours depuis la prairie des Combes. A gauche, le couloir du col du Frêt. (« les 120 lacets »)

Je laisse la voiture sous les premiers arbres, au bout de la prairie des Combes au dessus des Arragons. Les lieux sont déserts et je me déshabille tranquillement à la voiture. Les habits sont dans le sac à dos et je pars avec, à tout hasard, mon short à la main.
Mon itinéraire rentre au bout de quelques dizaines de mètres dans la forêt par un chemin forestier assez pentu et creux.

Sur le chemin du départ.

Au niveau d’un panneau de l’ONF annonçant la forêt domaniale, un petit sentier mal tracé permet d’éviter par quelques lacets une très rude montée de la piste.

Plus haut, dans le versant, le sentier a été écrasé par la piste, cependant désormais assagie.

Quelques vieilles plaques de neige subsistent encore au fond des combes forestières.

Lorsque la piste franchis une crête, je descend sur l’autre versant par une trace presque imperceptible qui va me conduire à la tourbière des Granges de Bovinant. C’est là que je rejoins le sentier principal qui monte au col du Frêt. J’écoute longuement : aucun bruit anthropique. Le secteur semble désert.

La tourbière.

Cependant, très vite je repère des traces de pas, toutes fraiches, dans les rares plaques de neiges qui subsistent. Je suis donc précédé. Dans la montée des 120 lacets, la vue est souvent assez dégagée et je ne vois personne sur le sentier.

Après avoir déroulé les multiples zigzags dans le couloir et franchis une plaque de neige un peu délicate j’approche du col. Pour ne pas déboucher brusquement en tenue gênante sur des randonneurs faisant une pose derrière l’échancrure, j’enfile mon short. Mais il n’y a personne en cet endroit, sauf une paire de bâtons posés contre la paroi. J’en conclus que mon, ou mes, prédécesseurs sont engagés dans l’escalade de la Dent de l’Ours. Curieuse coïncidence que d’autres personnes aient entrepris cette escalade très peu fréquentée au moment même où je m’y rend.
Quelques pas de varappe, et je suis sur l’arête.

Sur l’arête de la Dent de l’Ours.

Malheureusement, cette dernière est encombrée de pins à crochets rabougris et très serrés qui rendent le passage difficile. Les branches mortes ou cassées par les tempêtes qui ici se déchaînent, m’égratignent de toute part. Il est plus raisonnable de se rhabiller .

Ce n’est pas l’escalade qui offre le plus d’obstacles à la progression, mais finalement le végétal.
Au bout d’un petit moment, je repère deux personnes non loin du sommet. Elles semblent redescendre. Elles sont encordées et progressent lentement. Quand nous nous croisons, elle me disent qu’il n’est pas possible d’aller jusqu’au sommet à cause d’une brèche qui barre le passage. Ce que je constate peu après. La végétation y est si touffue qu’il est impossible, même de poser une main courante (j’ai une corde dans mon sac). La suite n’est donc pas par là.
Déjà bien contusionné par de multiples griffes acérées, je n’insiste pas plus et fais demi-tour.
Les autres ont fuit l’arête et s ‘engagent pour redescendre dans de dangereuses pentes herbue à plus de 45°.
Lorsque je suis de retour au col, un homme arrive du versant Ouest. Je sort mon casse-croute et attend patiemment qu’il descende pour pouvoir me remettre nu. Au bout d’un moment, il s’engage dans le versant Ouest par lequel je suis monté. J’attends qu’il ait disparu et reprend ma tenue préférée. Malheureusement pour moi, je le rattrape, car il hésite sur la plaque de neige raide (35 à 40°). Je renfile le short et l’aide à passer, me plaçant en dessous de lui pour pouvoir le bloquer en cas de glissade.

Je laisse s’éloigner mon compagnon.

Ensuite, je le laisse repartir devant, fouillant dans mon sac. A partir de maintenant je ne rencontrerais plus personne et redescend sans craintes jusqu’à ma voiture entièrement nu.

Extrait de carte IGN.

Le Char de la Turche

7 avril 2011

Alpes, chaînon du Grand Arc.

En profitant de ces belles journées…
C’est une immense classique des Alpes du Nord, mais aujourd’hui il n’y a qu’une seule autre voiture au terminus de la piste forestière.
Des traces très fraiches dans la neige m’indiquent que je ne suis précédé sur l’itinéraire que d’une seule personne.
Dehabillé dès la voiture, je repère rapidement mon présécesseur au sommet du Char de la Turche. Je suis donc tranquille pour un moment.

La prairie peu après la voiture. En face, le versant nord de la chaîne de la Lauzière.

Alors que je monte à travers la lande de genévriers et d’épicéas nains, je suis du regard l’autre randonneur qui descend sur la crête. Manifestement, ma tenu l’intrigue et il s’arrête plusieurs fois pour m’observer. Alors que je me rapproche, il semble m’attendre, mais je ne souhaite pas le croiser de trop près et rejoint le sentier à une centaine de mètres au dessus de lui. Avait-il quelque chose à me dire?

le sentier sur la crête.

Tout en bas, au croisement des sentiers, se présente un groupe de quelques adultes et une dizaine d’enfants. Après quelques hésitations, ils prennent un autre itinéraire.

Le Versant sud est totalement déneigé.

Il fait très chaud depuis quelques jours, il ne gèle même plus la nuit à ces altitudes et des avalanches de neige pourrie ravagent les versants.

J’arrive au sommet du Char plus vite que je ne l’aurais pensé.

Vue sur la vallée de la Maurienne et le Pic de l’Étendard.

Vue plongeante sur la Combe De Savoie.

La suite de l’itinéraire à toute crêtes en direction du Grand Arc.

Mais là, les choses se compliquent, la crête redescend et devient neigeuse. Aucune trace.
Après l’avoir étudié, je mengage dans le passage, dès les premiers pas je m’enfonce dans la neige jusqu’aux genoux, un metre plus loin c’est jusqu’à l’entre-jambe. Piétinant la neige je trace une tranchée de près d’un metre de profond. Puis l’arête remonte et la neige porte mieux. Maheureusement, au delà de cette bosse, elle plonge en une pente à près de 45°. Dans ces conditions de neige ultra pourrie et avalancheuse, il est exclus de poursuivre. Était cela dont le randonneur voulait m’informer ?
Un peu déçu, car je comptais aller bien plus loin, je me résigne à faire demi-tour.

Non loin de la voiture je fais une pause casse-croute à la limite supérieure de la forêt.

Bien que l’on soit début avril, à 1700 m d’altitude, la forêt fremit de vie, la fourmillére grouille d’individus, les pipits écument la lande à la recherche d’insectes. Moins sympathique, quelques mouches viennent me déranger dans ma sieste.

Retour à la voiture.

Extrait de carte IGN

Les perce-neige

Alpes, massif de la Chartreuse.

Mars 2011

Au début du printemps, il est une clairière dans le vallon de Malissard ou surgissent des feuilles mortes une multitude de clochettes blanches avec une densité que je n’ai jamais observé ailleurs.
Il s’agit d’un biotope particulier, situé au débouché d’un couloir d’avalanche provenant des falaises des Lances de Malissard. Le sol, bien que constitué plutôt d’éboulis de roche calcaire est saturé d’eau pendant la fonte du culot de neige à quelques centaines de mètres en amont.
Le soleil pénètre largement entre les feuillus à cette époque glabres, alors que plus tard l’ombre y sera tamisée.
Il est probable qu’une ou deux fois par siècle, une avalanche exceptionnelle vienne régénérer la clairière en faisant du ménage parmi les arbres les plus entreprenants, tenant ainsi à l’écart les sombres épicéas, tueurs de presque toute autre vie.

Piège a insectes mis en place par l’ONF afin d’inventorier les populations.

Le Grand Roc

13 Novembre 2010.

Seul.

Alpes, massif des Bauges.

Le Grand Roc est un sommet des Bauges sur la crête qui domine la Combe de Savoie, au Sud d’Albertville.
Le départ se trouve sur la route du col de Tamié, un peu en dessous de ce dernier, coté Frontenex.

Après des semaines de pluie et de neige en montagne, voila enfin un jour de « grand beau ». Il me faut donc une rando qui ne soit pas trop en altitude et sans risque d’avalanche. Le Grand Roc, au dessus de Frontenex répond à ces critères.
Il y a quelques voirures de chasseurs au début du chemin et pas mal de traces de 4×4.
En conséquence , je décide d’attendre d’être entré dans la réserve naturelle des Bauges (interdite aux chasseurs) pour me mettre à nu. Le chemin monte raide et je suis vite en sueur. Je transige donc en me mettant torse nu.
Un « raider » solitaire (coureur) me surprend dans cette tenue, mais poursuit sans un mot… Il file très vite devant et bientôt disparait, j’adopte alors la tenue de peau.
Au bout de 3/4 h de marche j’atteind la neige. Elle est fondante et se transforme vite en gadoue. Une traversée en forêt, et je vais sortir à découvert au col du Haut du Four.
C’est alors que déboule le coureur, ce coup-ci en descente, je n’ai pas le temps de me rhabiller et il passe, bondissant, à coté de moi sans commentaires.
Au col, personne…
Une seul trace dans la neige, celle de mon prédécesseur.

Au col du Haut du Four.

Les chalets du Haut du Four désertés.

Je prend à gauche et remonte une prairie enneigée en direction de la crête. Un petit passage en forêt sous les épicéas, puis un sentier à l’ombre raide et pénible où la neige cache des trous et des blocs.
En haut de ce couloir, je retrouve avec plaisir le soleil.

La Pointe de Chaurionde et la Sambuie.

Vue plongeante sur Albertville.

Les traces s’arrètent sur un belvédère et font demi-tour.
Les derniers arbres sont dépassés. le vent à dégagé des plaques d’herbe et je navigue de l’une à l’autre, m’enfonçant parfois profondément dans les bras de neige qui les séparent.

Face au Mont Blanc.

Pointe D’armenaz et Mont Pecloz.

En dessous de moi, une importante installation d’alpage. Trois personnes s’élèvent difficilement dans les pentes en ma direction. Je serais loin lorsqu’ils atteindrons la crête ; d’autant plus que cette dernière est de plus en plus déneigée et que la progression est rapide.

Bien que l’air ne soit pas froid, un vent de sud-ouest, de plus en plus fort, balaye la crête et me contraint à enfiler une polaire.
Une crête étroite, où il faut faire attention à la corniche, et j’atteins le sommet du Grand Roc. Impossible de poursuivre plus au Sud, car la crête se termine abruptement sur un a-pic d’au moins 100 m.
Il y a là un vieux banc et je ne résiste pas à prendre la pose nu, le temps de la photo….

Au sommet du Grand Roc.

Majestueux sous la neige le Trelod.

Encore lui…

Une foi quitté le sommet, le vent est moins preignant, et comme, il me frappe de dos, mon sac me protège, je retrouve donc la tenue de peau.
Les 3 qui sélevaient péniblement dans le versant Est on fini par atteindre la crête et n’iront de toute évidence pas plus loin.
Pour eux, je suis à contre-jour, et ils ne doivent pas pouvoir bien distinguer mon manque d’habillement. Je descend un peu dans le versant Ouest et passe à quelques mètres d’eux sans qu’ils puissent me voir.
Aux premiers arbres de la descente, deux chiens me surprennent, comme il est vraisemblables qu’ils soient suivis de leur maître, je me rhabille (short et polaire) ; j’ai à peine fini qu’un couple ccompagné d’une ado débouchent. Ils ne m’auront pas vu nu…
50 m plus loin je suis à nouveau dans matenue préfèrée, pas tranquille pour longtemps, car voila encore quelqu’un. Un homme seul, il ne m’a pas vu, occupé à contempler le paysage.
Je continue la descente et me fais rattraper par le solitaire qui descend à son tour. Je suis au milieu d’un espace dégagé et il me semble qu’il serait ridicule de me rhabiller précipitamment.
L’homme me rejoint et ne fait aucune réflexion sur ma tenue. On discute un moment. Il me pose des questions sur les sommets environnants qu’il semble ne pas bien connaitre. Nous descendons ainsi ensembles jusqu’au col où je le laisse poursuivre pour faire encore une photo.

Là, j’ai péché par optimisme, j’ai continué à descendre sous le col dans ma tenue préfèrée. Au moment où j’entre dans la forêt, tout un groupe surgit de l’ombre. Surpris, je ne puis rien faire. Bonjour…, je n’ai en retour que des chuchottements réprobateurs …
10 m plus loin, je me rhabille définitivement, car je ne tiens pas à revivre ce type de rencontre, de plus le chemin est désormais à l’ombre, le soleil étant passé derrière une crête.
les passages répétes ont transformé le chemin en un bourbier de neige et de terre infâme. Je me paye deux chutes sur les fesses et apprécie alors d’être habillé.

Extrait de carte IGN

 

Le crêt du Grand Chat et le Rognier

29 septembre 2010

Seul.

Alpes, Massif de Belledonne Nord.

Une randonue des premières neiges.

Mercredi, était le seul jour de beau temps prévu dans la semaine. j’avais lancé un appel à randonue dans la liste Yahoo, mais personne n’était disponible pour m’accompagner.
j’ai donc décidé d’aller reconnaitre un itinéraire dans le Nord du massif de Belledonne qui m’était jusque là inconnu : la crête de la Mollarde. L’ascension en final de la Pointe du Rognier me semblant un complément intéressant.
Donc, du col du Grand Cucheron, je remonte en voiture la longue route forestière qui conduit aux cabanes de la Jasse.
10 h du matin. Au terminus, trois voitures sur le parking et deux ramasseurs de champignons qui sont sur le retour. Par contre, les deux autres voitures sont de toute évidence celles de chasseurs (étuis à fusils laissés à l’intérieur).
Je m’engage sur la piste qui monte à la tourbière du Leyat. Des traces toutes fraiches de 4×4 m’incitent à rester prudemment habillé.
De toute façon, je prend toujours le temps de m’échauffer, d’observer, d’écouter, de sentir l’ambiance de la montagne avant de me mettre nu.
Au bout de la piste, à 100 m de la tourbière, pas de voiture, mais, dans la boue, les traces d’un demi-tour.
Je suis donc probablement seul dans le secteur.

La tourbière du Leyat.

La tourbière resplendit au soleil, et je me déshabille pour une première photo.

Dans la forêt.

Le sentier s’enfonce dans une sombre forêt jusqu’au col de Champet ou je retrouve une prairie et une belle vue sur la Chartreuse.

Au col du Champet.

L’itinéraire s’élève ensuite sur la crête Nord de la Mollarde, zigzaguant entre des touffes d’arcosses. j’entend un peu en dessous le grelot d’un chien de chasse et me met à siffloter à chaque fois que je m’engage ou sort d’un buisson.

Mont Blanc.

La Grande lauzière.

Tout au fond, la pointe du Rognier, but de ma balade.

Les arcosses finissent par disparaitre et la crête devient herbue. Je suis alors reconnaissable de loin comme un humain (un peu spécial, mais un humain quand même) et angoisse un peu moins par rapport aux chasseurs.

Sur la crête de la Mollarde.

Grand Arc et Mont Blanc.

En approchant du sommet du Grand Chat, une tache de rouge vif attire mon regard juste à coté du cairn et je me rhabille craignant la présence d’un autre randonneur, en fait il s’agit d’un bouquet de fleurs déposé là en mémoire d’un montagnard décédé en ces lieux.

Tourbière.

De ce sommet sans importance, la vue est extraordinaire sur les Alpes fraichement enneigées : Mont Blanc, Grand Arc, chaine de la Lauzière, moyenne Maurienne, etc…

En descendant sur le col D’Arbéterant.

La descente sur le col d’Arbaretan est rapide et je traverse avec quelques précautions l’alpage où paissent encore des vaches et des chevaux. Mais point de berger en vue.

Col d’Arbéteran.

Autre tourbière, la Chartreuse en fond.

Lac des Grenouilles.

En direction du col de la Perche.

Le col de la Perche et les Grands Moulins.

Je trouve la neige dans la remontée au col de la Perche. Aprés avoir franchis la double barrière de fils électriques qui sépare les alpages des deux versants, je décide de poursuivre, malgré la neige, jusqu’au sommet de la Pointe du Rognier.

La remontée du vallon sous le Rognier.

Des traces de pas très fraiches me précèdent (grains de neige projetés sur des pierres qui fondent au soleil). Aucune trace de descente. Le, ou les, inconnus sont donc devant moi, pas très loin, et pour le moment je peux rester nu, car de toute évidence nous progressons dans le même sens.
Une longue traversée dans des éboulis où la vue porte sur plusieurs centaines de mètres, personne…
Par contre, je devrais faire attention au moment où je vais contourner un éperon pour rentrer dans le couloir qui monte à la crête et non loin de ce point je me rhabille (short, T shirt). J’ai bien anticipé, car juste à ce point débouche un chasseur qui redescend, couvert d’une lourde veste; le visage ruisselant de sueur.
Un petit brin de causette, « Et bien, vous êtes réchauffé vous… ». (s’il m’avait vu 5 mn avant !) Il me montre fièrement un chamois au guet sur qui se détache héraldique sur l’arête en face de nous, trop loin pour être tiré. Il est monté jusqu’au sommet du couloir où il a fait demi tour car il y a beaucoup de neige dans des passages un peu scabreux sur l’arête, mais il y accompagné « un jeune » qui a continué en direction du sommet avec piolet et crampons.
Bien sur, dès qu’il a tourné le dos, d’autant plus que je suis en plein soleil et à l’abri du vent, je retrouve ma tenue de peau.

Au sommet du couloir.

Au sommet du couloir, l’ambiance est plus froide. Le « jeune » à laissé de bonnes traces et je m’engage sur l’arête rocheuse à sa suite. De difficultés, il n’y en a pas, de bonnes têtes de rocher permettent de s’assurer avec les mains, dès que le pied est un peu incertain.
A la moitie du parcours de l’arête quelques crampes se font sentir dans mes mollets. Il serait bon que je fasse une pause pour boire et manger. Je m’assied sur une dalle sèche et à l’abri du vent du coté sud de l’arête.
Alors que je déballe le contenu de mon sac, le grincement de crampons sur le rocher m’indique le retour de « l’alpiniste ». Je le vois déboucher d’une petite brèche et s’engager sur la trace en ma direction. Je n’ai guère envie de me rhabiller, car cela nécessiterait une gymnastique peu appropriée avec l’inclinaison des lieux.
L’homme est fort embarrassé avec ses outils qui se coincent dans les pierres et bottent dans la neige mouillée. Affairés avec ses pieds, il passe à 3 m de moi sans même me voir….

Les crêtes par lesquelles je suis venu.

Approche du sommet.

A la croix sommitale.

Encore 10 mn et je suis à la croix du sommet. Vue magnifique sur toute la chaine de Belledonne et la vallée de la Maurienne, cependant, un petit vent du Nord m’incite à ne pas rester trop longtemps en ces lieux. J’entame la descente, mais au bout de 50 m des crampes atroces dans les mollets me clouent sur place. Je pense que le froid y est pour quelque chose et décide de me rhabiller sérieusement. enlever les chaussures, enfiler un pantalon, remettre les chaussures sont un supplice. Mais enfin avec une veste polaire, je retrouve la chaleur. Les crampes s’estompent et je puis reprendre ma route.
Le parcours de l’arête en sens inverse se fait sans histoire. Par contre, dans le couloir, je glisse sur des caillasses cachés sous la neige pourrie et part sur les fesses sur quelque mètres, ce qui me vaudra quelques égratignures à la cuisse et aux mains et un beau bleu. Si je n’avais pas été habillé à ce moment là, les dégâts auraient surement été plus importants.

Vers le Nord, la chaine de Belledonne.

La fontaine du refuge de l’Arbaretan.

Personne au refuge d’Arbaretan avec sa belle fontaine, où je ne manque pas de poser avec la Grande Lauzière en toile de fond.

Chalet de la Jasse.

Une longue traversée dans les vernes, puis dans la forêt me ramène, 6 h après mon départ , au parking déserté où je m’offre le luxe de baguenauder au soleil toujours nu un bon moment à proximité de ma voiture.

Le parking (presque) désert.

Extrait de carte IGN.

La cime de Pied Barry

Alpes : Massif des Ecrins, Vallée du Vénéon

9 août 2010

Belvédère exceptionnel sur le glacier de la Muzelle et sur tout le massif des Écrins.

Peu après le départ, le sentier passe au pied de la cascade de la Pisse.

J’avais repéré ce sommet comme devant être un beau belvédère sur le glacier Nord de la Muselle.
Sur l’I.G.N., un sentier rouge en tiretés permet d’y accéder depuis le village de Lanchatra. J’étais loin de me douter que cet itinéraire serait aussi aérien et exposé.
Je pars donc seul, car je n’ai pu trouver de compagnons, du Plan du Lac. Le sentier traverse d’abord la belle ripisylve des bordures du Vénéon On aimerait y musarder à l’ombre claire des saules et dans les chemins de sable. Mais 1400 m de dénivelé m’attendent.
Juste avant de monter dans le versant, le sentier enjambe par une passerelle le torrent de Lanchatra sous l’impressionnante cascade de la Pisse dont les embruns viennent jusqu’à moi.

Le chemin miletier s’éléve par de grans zig-zags au dessus du Vénéon.

Il s’élève ensuite en forêt par quelques grands zig-zags pour atteindre le hameau quelques 200 m plus haut. Ce hameau, bien qu’accessible uniquement par un chemin muletier, est habité au moins en période estivale, et il n’est donc pas question de le traverser nu.

Vallon de Lanchatra.
Les crêtes au delà du col de la Coche.

e chemin « de la Coche » démarre entre les maisons. Il est envahi par des herbes et de toute évidence peu fréquenté. Cent mètres plus loin, je tombe le short. Mais après deux ou trois lacets, je constate à travers les arbres que je suis suivi. Il s’agit d’un couple d’espagnols qui est parti en même temps que moi du parking. Je maintiens la distance. Le sentier s’engage dans des ressauts rocheux et il faut de temps en temps s’aider des mains. Je perd les espagnols de vue ; le sentier émerge progressivement de la forêt et au bout d’une heure de marche je ressend le besoin de m’arrèter pour me désaltérer et me restaurer. je choisis un des derniers endroits à l’ombre avant d’affronter les barres rocheuse qui me dominent. Je me couvre pour accueillir les deux qui effectivement ne tardent pas à me rejoindre. On discute un moment de l’itinéraire. Ils ont un topo-guide qui annonce quelques difficultés et la femme ne semble pas très à l’aise dans les petits passages d’escalade qui se multiplient de plus en plus.
Du coup nous repartons ensemble, donc pas question que je me remette nu. Je me dit qu’au prochain arrêt je leur demanderais si cela ne les dérangerait pas… Je n’en aurais pas besoin, car d’un coup, je me retrouve seul. Je musarde un peu, mais personne ne me rejoint, ils ont fait demi-tour. A moi la liberté.
Après avoir franchis les barres rocheuse de granit aux bonnes prises, le sentier s’engage, selon une sente de moutons,  dans une longue traversée hasardeuse dans une pente herbue à plus de 50° d’inclinaison sans aucune prise pour les mains. Je progresse en prenant appuis sur mes bâton, concentré sur le placement de mes pieds. Relever la tête ne servirait qu’ à m’exposer au vertige (500 m de vide en dessous !). Le passage est long (4 à 500 m) avec des montées et surtout des descentes plus délicates car il ne faut pas déraper sur des gravillons de schiste.
Enfin la pente s’adoucit et à travers de hautes herbes j’approche du col de la Coche lorsque je distingue un groupe qui s’y repose. Remise du short et arrivée au col. Bonjour, Bonjour… Ils redémarrent et je leur laisse prendre une bonne longueur d’avance sur la crête herbue qui suit avant de me mettre à nouveau nu. Quand j’arrive au sommet de la bosse, je les retrouve arrêtés, hésitants devant un obstacle impressionnant. La crête est devenue très étroite et chaque versant de chaque coté plonge à plus de 45°. Le seul cheminement possible consiste à progresser debout sur le fil constitué de schiste et large de 50 cm à 1 m. Ils finissent par s’engager prudemment et j’attends, masqué par une bosse du terrain qu’ils aient franchis le passage pour y aller à mon tour. Je ne pourrais pas renfiler un short sur le fil du rasoir !
Finalement, ils se regroupent sur un petit mamelon herbu plus sympathique. Et là je les vois aller et venir , buttant sur un nouvel obstacle que je ne puis voir d’où je suis. Finalement un s’engage, puis un autre, et le reste de la troupe suit ; et moi aussi, toujours à bonne distance.

Du col de la coche, vue plongeante sur Venosc, sur les Deux alpes et le massif des Grandes Rousses.

A la cabane des Freauts, les difficultés sont terminées. Ils s’accordent une nouvelle pause. Je me rhabille pour les doubler. Encore 300 m de dénivelé pour atteindre la cime de Pied Barry. le groupe ne suit pas, je suis à nouveau nu.

Le fond du cirque de Lanchatra.
En direction de la Barre des Écrins.

Je pose pour quelques photos face au paysage grandiose.

allon de la Selle. Au fond, Glaciers du Mont de Lans et le Râteau.
La Muzelle et son glacier suspendu.

Le sommet est une bosse herbue et caillouteuse à peine individualisée, couverte de merdes de mouton. Mais la vue ici est grandiose. D’abord en dessous de moi, le glacier Nord de la Muselle et en face le sommet. Tout autour les grands sommets de l’Oisans : Barre des Écrins, Ailefroide, tête des Fétoules, Aiguille de la Selle, Râteau, etc… Plus loin au delà de la station des Deux alpes, la chaine des Grande Rousses avec les glaciers de l’Étendard et celle de Belledonne.

Vers la Barre des Écrins.
J’entame la traversée du rasoir.

Le groupe a disparu. Je ne les ai pas vu retraverser les arêtes. Je reprend moi même le chemin de la descente par le même itinéraire qu’à la montée. Les arêtes ne m’impressionnent pas trop, mais j’appréhende la traversée de la grande pente. Au col de la Coche, je croise un autre groupe qui monte lourdement chargé.  Ils m’expliquent qu’en passant par la cime, et en redescendant sur le versant Ouest, ils vont gagner le refuge  de la Muzelle. La suite est effectivement plus impressionnante dans ce sens là car il y a plus de descentes aux graviers fuyants. Finalement tout se passe bien.

Au col de la Coche.
Dans la descente sur Lanchatra.

Seule la soif me fait languir d’arriver au village de Lanchatra. Et là, à la fontaine, je retrouve le groupe qui avait mystérieusement disparu. On m’explique qu’hésitant à repasser tous ces obstacles (crête, sentier aérien) dans le sens contraire, ils ont plongé dans le versant Est en direction de la cabane pastorale, sans rencontrer de grandes difficultés, hors de raides éboulis, et sont revenus au village par le chemin du fond de la vallée.

Vénéon plage.

Le col du Rochail

6 août 2010

Seul

Alpes, Oisans, col d’Ornon

Cascades, lac et haute montagne..

Le sentier s’élève au dessus du village de Chantelouve.

Le départ se fait un peu au sud du col du Glandon, dans un virage de la route départementale. Le sentier s’élève alors rapidement dans un versant raide, puis sur la crête d’une moraine. Malheureusement, un vent du Nord glacial ne permettait pas la nudité.

Le sentier rejoint le fond du vallon du torrent de la Malsanne.

Un arrêt à la fontaine est bienvenu.

Après avoir surmonté un grand ressaut par un sentier en zig-zag, j’arrive à la cabane de la Vache, modeste abris en tôle. Une jolie fontaine invite à une pause casse-croute.

De l’autre coté de la vallée, le Grand Armet et Plan-Col

La planéité est rare et suit un second ressaut blanchit par des cascades. Un couple de textiles me précède à bonne distance, mais voudrais-je cependant me mettre nu que le froid et le vent m’en dissuaderaient.

Cascades.

A 2500 m d’altitude, on débouche sur un vaste et profond lac occupant tout le fond d’une auge glaciaire. Quelques randonneurs s’abritent derrière des blocs. Après un petite pause, je décide de poursuivre ma route jusqu’au col du Rochail.

Un petit petit air d’Islande.

La montére de ce col se fait dans un paysage géologique extraordinaire. Nous sommes juste sur le contact entre le vieux socle granitque de l’Oisans et les formations plus récentes de l’ère secondaire. La transition (Trias) se fait par un épisode volcanique (basaltes, cinérites), d’aspect encore très frais malgré ses 250 millions d’années d’âge.

Quelques rares fleurs parmi les blocs de lave.

Noir des basaltes, taches plus claires des dolomies rousses.

Encore un effort…

J’arrive au col (2785 m) pour retrouver le vent.

récompensé pr la vue sur le Grand Renaud.

Au delà de la vallée de bourg d’Oisans, les massifs de Belledonne et des Grandes Rousses. A l’extrême droite, on repère les Aiguilles d’Arves.

La crête se poursuit en direction du pic du Rochail (3022 m)

Même habillé, le froid est mordant. Le versant Nord se pare de poupées de givre.
Pour la photo, je fais une tentative de nudité vite écourtée. En revenant dans le versant Ouest du col, un peu à l’abri, l’ambiance devient plus agréable et j’adopte la tenue de peau que je ne quitterais plus avant l’arrivée à la voiture.

Le vent et le froid me feront renoncer à poursuivre au sommet du point 2837 m

Rocher de la méduse.

Extrait de carte IGN

 

 

La Mariande

12 juillet 2010

seul.

Alpes, Oisans.

Grosse chaleur : 35° annoncés à Grenoble.
Après 2 h de route, à 9h du matin, je suis au hameau du Clot au Sud-Est de Saint Christophe en Oisans.
Je laisse la voiture au petit parking avant les premières maisons. Il n’y la pas plus de 4 autres véhicules, probablement ceux des résidents.

La passerelle sur le Vénéon.

Le sentier traverse au dessus des maison, puis s’enfonce dans la gorge de Vénéon. Après une centaine de mètres de descente on débouche sur une passerelle dominant le maelström du torrent.

En forêt, le sentier est un peu envahi par les herbes.

Sur l’autre rive, plusieurs itinéraires se proposent, je choisi celui que me semble à priori le moins fréquenté et me déshabille presque immédiatement.
Le sentier, un peu encombré d’herbes et d’orties, s’élève dans la forêt en rive droite du torrent de la Mariande pour arriver au bout d’une demi-heure de marche à quelques chalets abandonnés (La Gassaudière).

Le Premier clot.

A partir de là, il redescend légèrement et tout en traversant une barre rocheuse gagne le fond du ravin qu’il traverse par un pont de bois.
Le versant opposé est au soleil et très vite, malgré ma tenue de peau, je suis en sueur.
Une centaine de mètres de dénivelé et je fais la jonction avec le sentier qui vient du refuge de l’Alpe du Pin. Personne, du moins je le crois.
Car un peu plus loin relevant la tête, j’avise une femme seule qui d’un sentier au dessus du mien (raccourci) me contemple. Remise du short sans précipitation, puis je continue comme si rien n’était. J’envisage un moment de la laisser passer devant, mais comme elle s’arrête à tout moment, je décide plutôt d’accélérer un peu la marche pour augmenter la distance. Une centaine de mètres plus loin, je suis à nouveau nu.
Un long passage à l’ombre d’une haute paroi apporte une ombre et une fraicheur bienvenues.

Cirque de la Mariande.

Je retrouve le soleil avec les premiers éboulis, heureusement un vent frais s’est levé. Une pause pour m’enduire copieusement de crème solaire, et je reprend ma route.

A l’opposé, dans l’échancrure de la vallée, l’Aiguille du Plat de la Selle.

Face Nord de l’Aiguille des Arias.

Le paysage devient de plus en plus minéral tandis qu’apparaissent l’impressionnante face nord de l’Aiguille des Arias et son petit glacier suspendu au dessus d’une barre rocheuse.

Col de la Mariande.

Vers le passage de la Haute Pisse.

Cloué par des crampes, j’ai fait demi-tour sur la moraine vers 2500 m d’altitude.

Les cairns me conduisent à la crête de la moraine rive gauche que je remonte jusque vers l’altitude 2500 m. J’avais pour projet d’aller jusqu’au lac glacé de la Mariande, mais des crampes se font sentir et il est temps pour moi de faire demi tour. La descente risque d’être pénible.
Et elle le fut en effet…
Un peu avant le Premier clôt, un groupe fait une pause sur une des dernières taches d’herbe. Je les ai vu à plusieurs centaines de mètres et m’approche jusqu’à une centaine avant d’enfiler mon short sans me cacher. Le sentier passe à coté d’eux : bonjour – bonjour.
Cent mètre plus loin le short est à nouveau dans la poche du sac.
En arrivant sur le petit col de l’épaule je me fais surprendre par quelqu’un qui monte de l’autre coté. Pas le temps, ni d’ailleurs l’envie à cause des crampes de remettre ce foutu short, alors bonjour-bonjour cordial, pas de remarque. D’autres personnes suivent à bonne distance, là j’aurais remis le short.
Je rentre par le sentier principal sans rencontrer autre quidam. La remonté de la passerelle au hameau du Clot fut douloureuse.
C’était ma première « grosse sortie » de l’été, mais surtout j’ai négligé de boire suffisamment et nu on se déshydrate plus vite qu’habillé.

Extrait de carte IGN

Le Mont Granier

5 juin 2010

Seul.

Alpes, Chartreuse, Hauts plateaux.

Une randonue crépusculaire.

Libre au dernier moment, ce vendredi soir, et avant un week-end familial incontournable, je décide à 18 h, après le boulot de monter au Mont Granier.
Une petite demi-heure de voiture et je suis au bout de l’étroite route de « Vers le Mont ».
J’hésite à me déshabiller tout de suite et bien m’en a pris car en traversant le hameau de granges du même nom, je rencontre un agriculteur vaquant à des occupations.
Après la dernière grange, un chemin d’exploitation s’élève dans des prairies. Je tombe alors ce qui me reste d’habits.

Dernière grange du hameau.

En versant Est, le soleil, bien que bas sur l’horizon, tape sérieusement et je suis vite en sueur.
Au bout de la prairie, s’amorce une jolie traversée d’un vallon, dans une forêt clairsemée.

Elle conduit à la partie supérieure de la piste de ski de la station du Granier. Une petite pose pour écouter et observer les alentour, personne.

Le passage des barres se fait juste au dessus, là où la falaise est la moins haute.

Au sommet de la piste de ski.

C’est un longue pente herbue et raide que le sentier remonte frontalement jusqu’à l’arrivée du téleski.
Là, une centaine de mètres de pause dans l’inclinaison de l’itinéraire, mais trés vite, dans la forêt de fayards, le sentier fait économie des zig-zags et les mollets tirent sérieusement. Heureusement, une petite brise du Nord vient me rafraichir.

Dans la forêt de jeunes hêtres.

Quand je sort de la forêt quelques centaines de mètres sous la falaise de calcaire blanc, le sentier monte toujours droit dans les éboulis parsemés de rares genévriers.

La rude pente sous les barres.

C’est avec soulagement (pour mes mollets) que j’atteins le pied des barres. En effet à partir de là le sentier va cheminer horizontalement sur des vires et passer de l’une à l’autre en franchissant de petits murs.

Au pied des barres.

Sur le sangle.

Quelques pas d’escalade facile, mais auxquels je porte toute mon attention, car il ne s’agit pas de de se blesser car je suis seul, et personne ne sait où je suis.
Une courte cheminée ne retient un peu plus longtemps car étant nu, il n’est pas question de passer en ramonage…

Le haut de la vallée du Désert.

Encore une longue traversée horizontale vers la gauche, et je débouche sur la crête du Mont Granier.
Un coup d’oeil à droite et à gauche, personne sur le sentier. Tant mieux car de toute façon j’ai décidé de ne pas me rhabiller quoi qu’il arrive.

Arrivée en vue du Mont Blanc.

Le sentier passe légèrement sur le versant Ouest et je me retrouve à l’ombre pratiquement jusqu’aux abords du sommet. L’agréable brise de tout à l’heure est devenue un petit vent frisquet.

Le sentier est désert.

A 20 h je suis à la croix ; personne sur ce lieux habituellement si fréquenté.

Une courte pause au soleil qui va bientôt disparaître derrière les mont du Lyonnais, quelques photos en direction du mont Blanc et de la vallée de Chambéry qui s’enfonce doucement dans la nuit alors que la face Nord, sous mes pieds resplendit des derniers rayons du soleil.

Vue plongeante dans la face nord.

La combe de Chartreuse s’enfonce dans la nuit.

Maintenant, il s’agit de rentrer rapidement, le temps m’est compté. Le soleil daigne m’accompagner encore jusqu’à l’orée de la forêt, puis je plonge dans l’ombre. Je descend très vite et n’ai pas le temps d’avoir froid. A 21 h je suis à la voiture, toujours nu…

N.B. Les photographies qui illustrent cet itinéraire ont été prises en différentes saisons. Seules celles du sommet datent du 4 juin.

Extrait de carte IGN.