Le Grand Roc

13 Novembre 2010.

Seul.

Alpes, massif des Bauges.

Le Grand Roc est un sommet des Bauges sur la crête qui domine la Combe de Savoie, au Sud d’Albertville.
Le départ se trouve sur la route du col de Tamié, un peu en dessous de ce dernier, coté Frontenex.

Après des semaines de pluie et de neige en montagne, voila enfin un jour de « grand beau ». Il me faut donc une rando qui ne soit pas trop en altitude et sans risque d’avalanche. Le Grand Roc, au dessus de Frontenex répond à ces critères.
Il y a quelques voirures de chasseurs au début du chemin et pas mal de traces de 4×4.
En conséquence , je décide d’attendre d’être entré dans la réserve naturelle des Bauges (interdite aux chasseurs) pour me mettre à nu. Le chemin monte raide et je suis vite en sueur. Je transige donc en me mettant torse nu.
Un « raider » solitaire (coureur) me surprend dans cette tenue, mais poursuit sans un mot… Il file très vite devant et bientôt disparait, j’adopte alors la tenue de peau.
Au bout de 3/4 h de marche j’atteind la neige. Elle est fondante et se transforme vite en gadoue. Une traversée en forêt, et je vais sortir à découvert au col du Haut du Four.
C’est alors que déboule le coureur, ce coup-ci en descente, je n’ai pas le temps de me rhabiller et il passe, bondissant, à coté de moi sans commentaires.
Au col, personne…
Une seul trace dans la neige, celle de mon prédécesseur.

Au col du Haut du Four.

Les chalets du Haut du Four désertés.

Je prend à gauche et remonte une prairie enneigée en direction de la crête. Un petit passage en forêt sous les épicéas, puis un sentier à l’ombre raide et pénible où la neige cache des trous et des blocs.
En haut de ce couloir, je retrouve avec plaisir le soleil.

La Pointe de Chaurionde et la Sambuie.

Vue plongeante sur Albertville.

Les traces s’arrètent sur un belvédère et font demi-tour.
Les derniers arbres sont dépassés. le vent à dégagé des plaques d’herbe et je navigue de l’une à l’autre, m’enfonçant parfois profondément dans les bras de neige qui les séparent.

Face au Mont Blanc.

Pointe D’armenaz et Mont Pecloz.

En dessous de moi, une importante installation d’alpage. Trois personnes s’élèvent difficilement dans les pentes en ma direction. Je serais loin lorsqu’ils atteindrons la crête ; d’autant plus que cette dernière est de plus en plus déneigée et que la progression est rapide.

Bien que l’air ne soit pas froid, un vent de sud-ouest, de plus en plus fort, balaye la crête et me contraint à enfiler une polaire.
Une crête étroite, où il faut faire attention à la corniche, et j’atteins le sommet du Grand Roc. Impossible de poursuivre plus au Sud, car la crête se termine abruptement sur un a-pic d’au moins 100 m.
Il y a là un vieux banc et je ne résiste pas à prendre la pose nu, le temps de la photo….

Au sommet du Grand Roc.

Majestueux sous la neige le Trelod.

Encore lui…

Une foi quitté le sommet, le vent est moins preignant, et comme, il me frappe de dos, mon sac me protège, je retrouve donc la tenue de peau.
Les 3 qui sélevaient péniblement dans le versant Est on fini par atteindre la crête et n’iront de toute évidence pas plus loin.
Pour eux, je suis à contre-jour, et ils ne doivent pas pouvoir bien distinguer mon manque d’habillement. Je descend un peu dans le versant Ouest et passe à quelques mètres d’eux sans qu’ils puissent me voir.
Aux premiers arbres de la descente, deux chiens me surprennent, comme il est vraisemblables qu’ils soient suivis de leur maître, je me rhabille (short et polaire) ; j’ai à peine fini qu’un couple ccompagné d’une ado débouchent. Ils ne m’auront pas vu nu…
50 m plus loin je suis à nouveau dans matenue préfèrée, pas tranquille pour longtemps, car voila encore quelqu’un. Un homme seul, il ne m’a pas vu, occupé à contempler le paysage.
Je continue la descente et me fais rattraper par le solitaire qui descend à son tour. Je suis au milieu d’un espace dégagé et il me semble qu’il serait ridicule de me rhabiller précipitamment.
L’homme me rejoint et ne fait aucune réflexion sur ma tenue. On discute un moment. Il me pose des questions sur les sommets environnants qu’il semble ne pas bien connaitre. Nous descendons ainsi ensembles jusqu’au col où je le laisse poursuivre pour faire encore une photo.

Là, j’ai péché par optimisme, j’ai continué à descendre sous le col dans ma tenue préfèrée. Au moment où j’entre dans la forêt, tout un groupe surgit de l’ombre. Surpris, je ne puis rien faire. Bonjour…, je n’ai en retour que des chuchottements réprobateurs …
10 m plus loin, je me rhabille définitivement, car je ne tiens pas à revivre ce type de rencontre, de plus le chemin est désormais à l’ombre, le soleil étant passé derrière une crête.
les passages répétes ont transformé le chemin en un bourbier de neige et de terre infâme. Je me paye deux chutes sur les fesses et apprécie alors d’être habillé.

Extrait de carte IGN