Grande randonue sauvage en largement hors sentiers face à la Grande Casse.
Une météo défavorable avait plusieurs fois reporté cette rando. Ce qui fit que finalement, je me retrouve tout seul. A prés un peu moins deux heures de route je laisse ma voiture sur le parking du Laissonnay. La vallée est encore à l’ombre, mais la neige fraiche des sommets resplendit au soleil.
Le Grand Bec.Le soleil est juste derrière le virage.
Après ½ h sur le chemin carrossable qui conduit au refuge de la Rosière, je quitte les itinéraires balisés pour un cheminement de mon cru.
Il s’agit de rejoindre le plateau des Barmés en passant à proximité d’une étrange tour de poudingue. Je suis vite hors de portée de vue du chemin et adopte la nudité à travers des pentes herbues soutenues.
Au delà de la tour, mon itinéraire rejoint le plateau et s’élève toujours hors trace, de ressauts herbus en ressauts herbus jusqu’à un ensemble de petites barres rocheuses un peu plus délicates à franchir.
Pointe de la GlièrePointe du Rocher Noir.La Grande Casse.La Grande Motte.Glacier de la Grande Casse.Une pointe anonyme avec un belle face calcaire.
Je prends pied alors dans une combe lapiazée sous la Pointe de Vallaissonnay (Oh les spéléos, il y a des trous par là!). Un dernier ressaut dans des dalles précède le col de Roche Noire.
Lapiaz et pointe de Vallaissonnay.Dernier éffort avant le col.
Vue circulaire sur la face Nord de la Grande Casse, le Grande Motte, le Mont Pourri, le sommet de Bellecôte, le Grand Bec, et encore bien d’autres grands sommets.
Sommet de Bellecôte.Mont Pourri.Glaciers du Grand Bec.
La descente dans les lapiaz en versant Nord nécessite un recours attentif à la carte pour ne pas finir en haut d’un barre infranchissable. Finalement tout se passe bien et je rejoint je sentier au dessus du refuge de Plaisance. Je détecte à temps un quidam qui monte et me rhabille définitivement.
Refuges de Plaisance.
L’enclos du refuge abrite une joyeuse troupe autour d’un barbecue. Puis je plonge avec le sentier vers le Laisonnay d’en haut et sa cascade.
Pointes de l’Épéna et de la Glière.Cascade du Laisonnay.
Un des beaux vallons sauvages et peu fréquentés de la vallée du Vénéon.
A mon arrivée, Philippe m’attendait sur le parking s’enduisant copieusement de crème solaire, au milieu des nombreux grimpeurs qui préparaient leur matériel. Après avoir traversé le Vénéon, nous choisissons de prendre le sentier de la rive gauche moins fréquenté, comme me l’avait recommandé René. Après quelques lacets, ayant constaté que nous ne sommes pas suivis de près, nous optons pour la nudité. Vers la sortie de la forêt, une passerelle permet de rejoindre la rive droite et le chemin principal. Nous lui préférons une petite sente toujours en rive gauche. De notre rive, nous pouvons voir un couple avec un enfant qui chemine parallèlement à nous sur la rive opposée. Il peuvent parfaitement percevoir notre nudité, mais compte tenu de la distance nous estimons que nous ne risquons qu’au plus de les intriguer.
Au sortir de la forêt, le vallon se dévoile.De l’autre coté du Vénéon, le massif du Soreiller
Plus haut, les deux rives se rapprochent et nous allons être très proches d’eux, alors nous sortons de la trace pour garder une distance raisonnable. Ils s’arrêtent pour un longue pose ; ce qui nous permet de prendre une confortable avance.
Pointe du Vallon des Etages.Sur la moraine
Nous rejoignons la crête de la moraine que nous allons suivre jusqu’à ce qu’elle vienne butter sur des dalles rocheuses au fond du cirque.
A l’approche des glaciers.
Ayant parcouru cet itinéraire, il y a environ une trentaine d’années en arrière, je suis frappé par le recul du spectaculaire glacier qui a laissé place à un désert de pierrailles.
La crête de la morainePose au sommet de la moraine.
Arrivé au terminus de la moraine, nous passons un bon moment à « buller » au soleil. Mais voilà que se profilent sur la crête de la moraine les trois restés en arrière. Quand ils ne sont plus qu’à cent mètres de nous, nous enfilons les shorts et les attendons pour entreprendre la descente. Mais nous ne voyons rien venir. Au bout de 10 mn, nous nous levons quand même et prenons la direction du bas, persuadé de les croiser derrière la bosse qui les masque. Personne. Finalement nous les repérons en dessous de nous sur le glacier. Le descente a dû être périlleuse en raison de la raideur et de l’instabilité du flanc de la moraine. Ont-il fait cela pour nous contourner à cause de notre tenue ?
Sur le retour.
Quoi qu’il en soit, nous poursuivons, à nouveau nus, notre descente sans rencontrer qui que ce soit. La chaleur devient pesante et nous pressons le pas pour rejoindre l’ombre fraiche de la forêt. Nous ne nous rhabillerons qu’aux premières maisons du hameau des Etages.
Un parcours très ensoleillé sur un sommet proche d’Albertville.
On quiite la vallée industrieuse de la basse Tarentaise à La Bathie pour une petite route qui s’éléve en multiples lacets dans un adret boisé peuplé de nombreux hameaux (Le Mondon le Daru, le Pichu, etc…)
Puis la route s’engage dans une profonde vallée et se termine vers 1600 m d’altitude à proximité d’une prise d’eau EDF.
A dix heures, le soleil n’est pas encore arrivé dans ce fond encaissé et le givre couvre les prairies. Je ne suis pas tout à fait seul dans la montagne, puisque deux voitures sont garées là.
Les chalets du Soufflet.
Après avoir traversé les derniers arbres de la forêt, le sentier débouche dans l’alpage du Soufflet, où je retrouve le soleil.
Vue vers la Grande Lauzière, au fond la vallée de la Tarentaise.
Les riches pâturages à l’origine du célèbre fromage sont sillonnés de pistes carrossables pour accéder aux différents bâtiments d’alpage.
La chaîne : Grand Fond – Pierra Menta.
Les pâturages sont à cette époque roussis et déserts.
Lac de Layouet.
Lac Sans fond.
Il n’est plus nécessaire de le présenter…
Arête sommitale.
Lorsque j’arrive au col, un couple descend l’arête. Il y a aussi trois personnes au sommet dont une très voyante veste orange.
Je m’installe un peu à l’écard pour casser une croute face au Mont Blanc, le temps de laisser passer ceux qui descendent.
Au sommet on s’agite pas mal, mais pas de descente. Au bout d’un moment d’observation, je conclus qui’ls sont en train d’améliorer le cairn sommital.
Las d’attendre, je me décide à monter à mon tour.
Je débouche, toujours nu, sur une antécime à une vingtaine de mètres d’eux et m’y installe sur le versant opposé. j’en profite pour faire quelques photos.
Albetville, au croisement des vallées.
Le sommet est occupé.
Finalement, les 3 du sommet, après avoir contemplé leur oeuvre, reprennent leurs sacs. Il font un détour pour passer à proximité de moi et discuter un peu.
Apparemment ce n’est pas ma nudité en elle même qui les intrigue le plus, mais le fait qu je ne craigne pas le froid…
J’avais mis une annonce de randonue sur la liste Yahoo-Group et Denis s’est dit interessé. Cependant, compte tenu de son lieu de villégiature, seul le massif de Belledonne ne lui imposerait pas trop de route. Je lui proposais alors la traversée du Grand Replomb au dessus de Sainte Agnès, rando que j’avais déja effectué ce printemps (voir un billet précédent). Le rendez vous est fixé à « Pré Marcel » à dix heures du matin. Une quinzaine de voitures sont stationnées sous les arbres, dont celles de chasseurs qui ont bien du mal à discipliner leurs chiens.
La cuvette de Grenoble.
Pré Marcel baigne dans l’ombre glaciale et il n’est guère question de se déhabiller tout de suite. De plus, le sentier que nous suivons en direction du refuge Jean Collet est un itinéraire normalement très fréquenté. Cependant, nous ne croisons ou rattrapons personne et au sortir de la forêt alors que le soleil est désormais de la partie, Denis ne résiste pas à l’envie de se dénuder. Je ne tarde pas à en faire autant.
Cabane, à proximité du refuge Jean Collet.
Nous coupons hors sentier un peu avant le refuge, afin de ne pas perturber les personnes présentes sur la terrasse et passons à proximité de cette curieuse petite cabane.
Vallon du col de la Mine de Fer.
Nous remontons le début du vallon du col de la Mine de Fer à travers un chaos de blocs, puis nous engageons dans un raide couloir qui remonte entre deux des sommets du Grand Replomb.
Remontée d’un raide couloir.
Arrivés à la crête, un large paysage se déroule sous nos yeux.
Pics enneigés de Belledonne.
Un groupe de trois personnes monte par la voie normale. Ayant apperçu de loin notre nudité, ils semblent hésiter à gagner le sommet. Nous leur laissons la place en faisant un petit détour afin de ne pas les croiser de trop près.
Au sommet.Denis enlève ses chaussures.
Denis adore marcher pied nu. Même le sol froid, voire gelé, ne le rebute pas. Ainsi, il enlèvera et remettra plusieurs fois ses chaussures au cours de la rando en fonction de la rugosité du sentier.
et entreprend un petit tour de lac.
Le retour se fait par Orionde. Il y a du monde à la cabane et, là aussi, nous coupons hors chemin sans nous cacher. Plus bas, dans la prairie, un coureur (un trailer pour les initiés) nous rattrape. Nous nous contentons de lui céder le passage en lui disant bonjour. L’homme semble ne pas apprécier notre nudité et nous avertis d’un ton un peu sec qu’il y a des enfants derrière lui. Un peu plus bas nous croisons un couple qui monte, mais nous avons eu le temps de renfiler les shorts.
La montée au refuge du Soreiller peut se faire par deux itinéraires différents, ce qui a pour avantages d’une part de pouvoir réaliser une boucle et d’autre part d’être pratiquement sur de ne renconter personne sur la montée la plus longue et la moins connue. Je monterais donc par le « vallon d’en bas » et reviendrais par le sentier normal.
Sur le sentier du » vallon d’en bas »
Depuis le parking des Étages, il faut parcourir environ un Km vers l’aval sur la route avant de trouver le départ du sentier qui permet d’accèder au « Vallon d’en bas ». A dix mètres de la route, je suis nu !
Première vue sur le cirque du Soreiller au débouché sur une crête. A gauche, l’Aiguille Dibona.En face, le vallon de la Lavey.Dans le « Vallon d’en Bas ». Un col à droite permet de rejoindre le cirque du Soreiller.Un peu de soleil fait du bien.
Aucune rencontre jusqu’au col, hors quelques marmottons. Par contre, quand je débouche à ce dernier j’apperçois un randonneur solitaire qui monte depuis le refuge en ma direction. Je renfile le short quand il arrive à une centaine de mètres de moi et le laisse passer.
Cirque du Soreiller. Noter la disparition totale des glaciers.A droite l’Aiguille Dibona.Face au vallon des Etages. A droite la Tête des Fétoules.Refuge du Soreiller.
Il y a du monde autour du refuge et on m’a probablement identifié comme nu. Cependant je me rhabille avant de passer à proximité et d’aller m’assoir à quelques dizaines de mètres de là pour casser la croute. Un groupe monte depuis la vallée. Je vais attendre qu’ils soient arrivés pour descendre et me remettre nu, d’autant plus qu’en aval, à perte de vue, le sentier est désert. C’est alors qu’un groupe d’alpinistes entame également la descente. Ils sont rapides et j’enchaîne à quelques centaines de mères derrière eux.
« la Dibona »
Peu de temps après, un deuxième groupe s’engage derrière moi sur le sentier. Je vais donc gérer ma nudité en restant au mieux à mi-distance des deux. Heureusement, tout le monde descend au même rythme.
et encore elle, selon son profil le plus connu. On devine le refuge au pied.Gorge en descendant sur Les Etages.
En dessous de la gorge, le sentier remonte légèrement. C’est alors que j’entrevois pendant une seconde une tache de couleur. mes prédécesseurs étant tous vêtus de noir, j’en déduit que quelqu’un monte en notre direction. Je renfile le short avant un détour du chemin. Mon observation était bonne. Je croise rapidement un couple de promeneurs. Le groupe amont se rapproche, et comme je me suis revêtu, j’en profite pour grignoter un Mars et les laisser passer. Ainsi, je puis tranquillement reprendre me tenue préférée jusqu’à quelques dizaines de mètres du hameau des Etages.
Vallée du Vénéon.Descente sur le hameau des Etages.Pointe du Vallon des Etages.
Pour cet itinéraire très fréquenté en été, j’avais choisi une belle journée d’automne en semaine.
Au parking se trouvaient deux voitures et un alpagiste qui démontagnait.
Tête Lauranoure.
Le ressaut avant le refuge.
Durant les deux premières heures de marche, il ne fut pas question de se déhabiller, le sentier restant obstinément à l’ombre, parfois à quelques dizaines de mètres du versant ensoleillé, et un petit vent catabatique glacial descendant la vallée.
Je dépasserais deux hommes qui ont du faire assez rapidement demi-tour, car je ne les reverrais plus.
Enfin au soleil , enfin nu….
Faces Nord du Soreiller.
Refuge de la Selle.
En me retournant, je devine, loin, très loin, deux personnes qui montent derrière moi.
Tête du Replat, refuge de la Selle, versant Nord du Soreiller.
Les alentours du refuge, fermé pour l’hiver, sont totalement déserts.
La dernière avant l’arrivée de la glace et de la neige.
Glacier de la Selle. Le Rateau et la Tête du Replat.
Les conditions météo sont optimales, grand soleil et un petit vent, même pas froid, qui courre sur la peau.
C’est avec regret, l’heure avançant, que je dois m’arracher à ce coin de paradis (très temporaire…) pour rejoindre la vallée.
Pointe de Burland, Aiguille du Plat de la Selle.
Le long chemin du retour.
Le long retour sera interrompu de rencontres. D’abord un homme un peu en dessous de refuge que j’encourage à aller jusqu’au bout, ensuite sa compagne assise au bord du chemin. C’est en me relevant après avoir puisé des vivres dans mon sac que je l’apperçois. Elle m’a de toute évidence vu dans ma tenue préfèrée. Je passe à proximité d’elle sans me rhabiller alors qu’elle me tourne ostensiblement le dos et ne répond pas à mon bonjour.
Plus bas ce seront deux hommes que je croiserais toujours nu.
Le soleil commence à devenir pesant et quelques passage à l’ombre sont bienvenus.
C’était selon Météo-France le dernier beau jour d’une longue période « d’été indien ». Ce matin, sans transition, la neige doit recouvrir tous ces paysages.
J’avais donc décidé d’en profiter une dernière (?) fois et pris une journée de congé.
Le soleil est radieux, une agréable brise parcourt la montagne et cette fois ci je me suis concocté un itinéraire presque entièrement ensoleillé.
Dans le dernier lacet de la route. En arrière plan le Grand Jarnalet.
Comme j’ai prévu d’effectuer une boucle, j’ai laissé la voiture dans un virage au point de retour et continue à pied jusqu’au terminus. Comme il est possible que d’autres randonneurs soient au terminus du goudron, je reste habillé jusque là.
A la cabanne ONF, personne. Désormais je serais nu jusqu’au retour à la voiture.
Rateliers paravalanche.
Les innombrables ratelier et filets qui parsément le versant protègent Saint Colomban des villards des avalanches qui dans le passé furent meurtrières.
Après une rude montée à travers les paravalanches, l’itinéraire maintenant mal tracé redescend dans une combe pour remonter sur l’autre rive.
Les Grandes Rousses : glacier de l’Étendard.
Les Aiguilles Grises.
En haut du Planard de Combe Rousse apparait un magnifique panorama.
Planard de Combe Rousse.
Combe Rousse et la Pointe du Villonet.
Un peu avant Combe Rousse, une harde de bouquetins contemple du haut d’un promontoir cet humain étrangement déhabillé.
Désagreable surprise : le sentier redescend d’une centaine de mètres pour gagner le fond de Combe Rousse.
Rare point d’eau.
Une petite pause casse-croute en haut de Combe Rousse.
Au col du Villonet, au fond la brêche de la Passoire.
Le glacier du Villonet n’existe pus que sur les cartes et est remplacé par un gros tas de cailloux (glacier rocheux).
Du Mont Blanc au Cervin.
Le ciel est particulièrement clair et la vue très dégagée. Sur l’horizon, on reconnait Le Mont Blanc, bien-sur, puis à droite les Grandes Jorasse, et toujours plus loin, le Grand combin, la Dent d’Herens et le Cervin.
A la brêche de la Passoire.
Je serais bien allé à la pointe de l’Aup du Pont, comme je l’avais envisage au départ, mais ce versant est peu engageant (raide et ébouleux, parsemé de plaques de neige et à l’ombre. Je me contenterais donc de la brêche où d’ailleurs le vent à fraichis et m’incite à ne pas rester trop longtemps.
Glacier rocheux.
Lac de la Balmette depuis le col du même nom.
Juste sous le col de la Balmette, je vois monter une femme. Comme je n’ai aucune envie de me rhabiller, je sort du chemin et la laisse passer à un dizaine de mètres de moi.
Au lac de la Balmette.
Son compagnon est resté au bord du lac et me fait signe de venir le rejoindre pour me demander si j’ai vu son épouse.
Nous discutons tout naturellement un moment. Il se dit interessé par la randonnée naturiste et avoue avoir parcouru nos divers sites sur internet.
Sur le retour.
Plus bas, je croise un seconde femme (la bergère semble-il qui vient récupérer des clotures de parcs à moutons). Là le bonjour est un peu plus sec.
Le point de départ.
Un étirement fait du bien.
Après une pareille journée, il est difficile de se rhabiller et je reste nu dans ma voiture jusqu’à Montmélian pour profiter jusqu’au bout de ces moments de bonheur et de liberté.
Le départ de cette randonnée se trouve au dessus de Saint Colomban des Villards en Maurienne. La route de Saint Colomban aux Prés est privée (ONF) et interdite à la circulation. Cependant, il semble qu’une certaine tolérance soit appliquée. Extrait de carte IGN.