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LA CHASSE AUX CORPS NUS DOIT CESSER !

Oui, la nudité est légale en France depuis mars 1994

La FFN vient de prendre une position courageuse qui va faire considérablement avancer la cause du naturisme en liberté.

communiquéPresse-DROITS-sept2018

Téléchargez ce texte et imprimez le. Il pourrait vous être d’un grand secours en cas d’interpellation par des forces de l’ordre.

Le Grand Roc (massif des Bauges)

le 30 juin 2018

Jac nous a concocté un bel itinéraire de randonue dans le massif des Bauges, et en plus, à réussi à réunir onze personnes.

L’objectif premier était le col de la Fougère, modeste rando en forêt ayant l’avantage pour un jour de canicule d’être presque tout le long à l’ombre.

Au dernier parking au fond du vallon de Bellevaux, pas mal de voitures. Mais nous quittons rapidement les grandes pistes pour un petit sentier encombré de hautes herbes qui monte en zig-zag dans un versant raide.

Des arbres couchés barrent de temps en temps le chemin et les hautes herbes cachent orties et petites ronces. Il en faudrait plus pour décourager la troupe qui jouit de la nudité et de l’air encore frais.

On sort de la forêt un peu avant le col et la vue se dégage sur l’impressionnante face nord triangulaire du Pécloz au sud et la crête rocheuse allongée de l’Arcalod à l’Ouest.

Du col, nous dominons la large vallée de la Combe de Savoie et au delà, la vue s’étend de la chaine de la Lauzière à la Meije, au Rateau et aux glaciers du Mont de Lans.

Un randonneur textile passe. Sourire amusé, quelques mots échangés.

Nous décidons de nous éloigner un peu du sentier pour le casse-croute de midi. Une prairie malheureusement un peu trop inclinée, à la limite de la forêt prodigue soleil et ombre en fonction des désiratas de chacun.

De là on peut observer le passage dans des barres rocheuses qui selon Jac permet de rejoindre le sommet du Grand Roc.

Jac nous propose de l’emprunter pour ceux qui s’estiment avoir le pied sur. Les autres pourront descende aux voitures en empruntant le chemin ordinaire.

photo Jacques V.

Du coup, nous ne sommes plus que six pour aller au sommet. Nous commençons par remonter péniblement une raide pente d’herbe et de cailloutis qui roulent sous le pied pour arriver sous une première barre de 2 à 3 m de haut. Un corde fixe est sensée aider à son franchissement, mais finalement, il est moins athlétique de négocier le passage en escalade. Suit une vire herbeuse étroite et déversée vers le vide. La moindre glissade serait fatale. La seconde barre se passe avec une petite escalade et débouche sur une longue pente d’herbe inclinée entre 40 et 45° qu’il faut remonter. Là encore, tout faux pas serait catastrophique. Finalement, essoufflés nous débouchons sur l’arête et gagnons facilement le sommet. C’est l’occasion de photos et d’une longue pose.

Devant la dangerosité du passage que nous venons de franchir, il est décidé que seul Jac redescendra par là pour prévenir ceux restés en bas de notre changement de programme et les cinq autres descendront par le col du Haut du Four.

Le cheminement sur l’arête herbue du Mont d’Orisan ménage des magnifiques vues, un peu embrumées, sur toute la chaîne des Alpes.

Nous commençons à manquer d’eau et justement une fontaine coule devant les chalets du Haut du Four. Mais ceux-ci sont habités et il nous faut nous rhabiller.

Nous sommes accueillis par un sympathique papy, propriétaire des lieux et qui tient à nous raconter sa vie. Difficile de s’arracher, mais le reste du groupe doit nous attendre plus bas.

Au premier virage du sentier, à l’entrée dans la forêt, nous retrouvons la nudité.

Le sentier, bien que GR de pays, est encombré d’arbres couchés et souvent interrompu par des arrachements de terrain et les reste de coulées d’avalanches. Nous rattrapons le reste de nos compagnons qui descendaient doucement.

Un important groupe monte nous obligeant à nous rhabiller à nouveau. Puis la descente se poursuit, un peu longue à mon goût. Enfin la piste et la route ; mais le torrent sous le petit pont offre de belles vasques et certains ne résistent pas à la tentation de se baigner.

photo Jacques V.

La journée se terminera un verre à la main au café d’Ecole en Bauges.



Une semaine de randonue au pays du Verdon.

Avec (pour les Rhône-alpins) Bruno, Georges, Gilbert et Patricia.

Organisé par Jean et Gilbert, ce séjour a rassemblé une trentaine de randonneurs naturistes (hommes et femmes)  au camping du Petit Arlane à Valensole.

Arrivés parmi les premiers le 20 mai, la première impression est plutôt négative. Des flaques de boues encombrent les allées et nous découvrons notre logement : un gîte vaste, mais plutôt humide et froid.

Nous partagerons ce dernier pour la semaine à quatre (Bruno, Georges , Patricia et Yves).

Dimanche, Gilbert a prévu une rando de mise en forme (peu de dénivelé) autour de Allemagne en Provence, sur le plateau de Valensole.

En passant, nous admirons le château de Castellane puis nous élevons sur la colline qui le domine.

Sur la crête, la chapelle Saint Marc est l’occasion d’une première halte, d’autant plus que Gilbert y recherche une géocache.

La tombe d’un seigneur de Castellane se situe un peu plus loin. Puis la crête devient un plateau couvert de champs de blé et de lavande. Le soleil y tape dur et malgré notre nudité, c’est avec soulagement que nous retrouvons la fraicheur d’un vallon arboré qui nous conduit à un fond de vallée. La présence d’une route départementale et la proximité d’une ferme, nous obligent à nous rhabiller. La traversée à gué d’un ruisseau boueux ajoute un peu de piment à l’aventure.

Puis nous suivons une petite route peu fréquentée où les plus extrémistes retrouvent la nudité. Nous rejoignons le GR4 qui monte sur le plateau en face au niveau d’une énorme machine d’abattage au pied d’une coupe rase dans la forêt : spectacle affligeant.

Un moment d’inattention des premiers et une partie du groupe qui traine en arrière (nous sommes une trentaine) continue tout droit sur la route.

Arrivés sur le plateau après un raide montée, nous nous rendons compte de leur absence. Nous les attendons en collationnant à l’angle d’un champ.

Alors que l’orage menace, quelques uns redescendent à leur recherche. Finalement une liaison téléphone nous informe de leur erreur. Compte tenu de la pluie imminente, ils préfèreront renter directement au village par la route.

Sur le plateau, les premières gouttes viennent nous rafraichir à coté d’une ruine. Les capes de pluie sortent des sacs. Pour ma part, je préfère rester nu, mes habits étant bien au sec dans mon sac.

Le soleil revient alors que nous empruntons une petite route. Certains se rhabillent, mais deux amies plongées dans leur discussion ne se rendent même pas compte du changement de décor. Une ou deux voitures passent, quelques piétons qui ne font pas de réflexion. Un raide sentier en descente nous ramène finalement au village où les dissidents de tout à l’heure sont déjà au bar.

Lundi : Pas terrible les plateaux de Valensole, unanimité pour aller en montagne, aux gorges de Trévans. La rando commence par la remontée des gorges le long d’un torrent impétueux (pas surprenant après les pluies de ces derniers jours).

Passages en corniche et passerelles agrémentent l’itinéraire.

La nudité est vite adoptée par la majorité d’entre nous, mais pour certains en conservant un Tshirt car le fond de l’air est encore frais. Un détour nous amène aux ruines de la chapelle Saint André sur un piton dominant les gorges.

On croise un couple de textiles, pas effarouchés par notre tenue. Redescente en fond de vallée et poursuite vers la cabane forestière de Valbonette.

Ensuite le sentier monte à travers une sapinière aux troncs élancés vers un belvédère que nous occupons pour le casse-croute.

Des textiles pointent leur nez, deux passent devant nous et vont s’installer un peu plus loin. Un groupe reste en arrière sur l’éperon. Obligés de passer devant eux pour le retour, nous aurons une remarque imbécile et graveleuse.

Le sentier maintenant descend alors que l’orage quotidien nous rejoint. J’adopte la même stratégie que la veille : nu et tous les habits dans le sac. A un croisement de chemin, alors que je suis le premier, je tombe nez à nez avec une petite famille. Ma tenue m’attire une remarque désagréable. Puis un dialogue s’instaure et Gilbert initie les enfants et les parents au géocaching.

La fin de la boucle est une descente raide en forêt, un peu glissante à cause de la pluie. L’orage se calme et nous arrivons aux voitures avec un rayon de soleil.

Mardi : Pluie toute la matinée. Patricia, Georges et moi, profitons d’une éclaircie pour aller brièvement visiter Moutier Sainte Marie et monter au fond de la gorge à la chapelle Notre Dame de Beauvoir, sanctuaire à “répit“ ou l’on pratiquait la “sucitation“.

La solution des limbes (limbus puerorum), inventée pour adoucir un dogme qui vouait des enfants à un enfer, devint insupportable puisque l’innocent ne pourrait jamais entrer en paradis. De plus un clergé rigoriste ne permettrait pas aux mort-nés d’être baptisés ou enterrés en terre consacrée. D’où la nécessité des sanctuaires à répit où le petit défunt était porté en toute hâte. Parrain et marraine le posaient sur l’autel et priaient pour qu’il reprenne vie un instant afin qu’un prêtre effectua le baptême et que son âme s’en fût au paradis.

Mercredi : Le soleil retrouvé (un peu orageux quand même), nous voilà partis à Quinson pour parcourir les basses gorges du Verdon par le chemin du garde canal. En effet, un ancien canal désaffecté est accroché au flanc de la falaise et constitue une voie de pénétration dans ce monde aquatique et vertical.

Le sentier semble très fréquenté en saison touristique avec escaliers et rambardes en fer.

Au départ, le temps de me mettre à nu, je traine un peu en arrière et me fait rattraper par une petite famille avec chien. Bien que, torse nu, ayant gardé le short, on me fait les gros yeux.

Je rattrape progressivement le gros de la troupe. Escaliers et corniches se succèdent ménageant de belles vues sur l’eau bleue du Verdon enchâssé entre les falaises de calcaire blanc et jaune. En face, quelques chèvres broutent sur les vires.

Au bout d’un moment le sentier descend dans le canal asséché, et juste après la maison du garde canal, s’engage dans un tunnel assez long. Heureusement, nous avons prévu les frontales. Cependant une mauvaise surprise nous y attend : des flaques d’eau plus ou moins profondes, plus ou moins étendues.

Les premiers d’entre nous réalisent des exploits d’équilibre pour passer sur les bords en s’aidant des bâtons, mais arrive, non loin de la fin, une flaque plus prononcée et beaucoup rempliront les chaussures. Le reste du groupe décide d’enlever tout simplement celles-ci et de passer pied nu.

Le dernier arrivé, rassemblés sur une passerelle au dessus du canal, nous voyons émerger du tunnel un textile solitaire qui fait demi-tour immédiatement. Est-ce la nudité du groupe qui lui a fait peur ?

L’itinéraire quitte la gorge pour remonter longuement un vallon sec. Paysage étrange de troncs et branches dénudés d’où pendent de grandes draperies de mousses.

Un embranchement, nous conduit à la chapelle Sainte Maxime sur un éperon dominant les gorges, puis retour au fond du vallon.

On finit par sortir sur le plateau dans la garrigue. Un bon chemin nous conduit à proximité d’un petit aven : la Baume des Pierres. C’est l’occasion de s’arrêter pour le repas de midi et pendant que certains se restaurent et discutent, les plus téméraires se lancent dans l’exploration de la cavité en tenue de naissance. Quelques angoisses, car nous les voyons pas tous ressortir. Pierre repart à leur rencontre et les ramène à la surface.

Le retour se fait à travers la garrigue sous une chaleur lourde sous un ciel de plus en plus orageux. Une raide descente nous conduit à notre point de départ au bord du Verdon.

Jeudi : Un sommet : le Montdenier, belvédère au dessus du pittoresque village de Saint Jurs.

Gilbert nous emmène d’abord voir l’ancienne source située en dessous de ce dernier. Puis nous remontons les rues étroites passant devant un ancien hospice. La rue se transforme en chemin. Un petit détour par l’église posée sur un piton à coté des ruines d’un château, puis nous remontons la piste forestière qui monte au col de Saint Jurs.

Un 4×4 passe alors que certains sont déjà nus. Heureusement la piste est doublée sur la plus grande partie de son parcours par un sentier plus direct et plus discret. Une grande plateforme dénudée matérialise le col et nous profitons de la vue sur les montagnes environnantes tout en prenant un premier “en-cas“.

Un sentier s‘élève sur l’arête nord du Montdenier d’abord en forêt, puis dans les prairies d’alpage. Le sommet n’est pas loin, mais le groupe décide de l’arrêt de midi à l’abri du vent, derrière une petite crête rocheuse. Le sommet sera pour plus tard quand tout le monde sera reposé.

Et puis c’est la descente. Les quelques trente participants nus, s’échelonnent dans la prairie quand surgit à notre grande surprise une petite fille toute seule. Les shorts et les paréos sont vite en place, mais elle ne peut avoir manqué de nous voir nus. Elle nous croise, pas perturbée du tout, en disant gentillement bonjour. Nous trouverons plus bas les parents auprès desquels nous nous excusons. En fait, pas de problème, il s’agit d’un couple franco-allemand pour qui la nudité est naturelle en balade avec une autre famille également allemande.

Le reste de la descente se fit sans nouvelles rencontres et se termina par une visite du village, habillés, conduite par Gilbert.

Vendredi : le lac de Sainte Croix.

Citation Vivrenu : Certains font du naturisme sauvage au bord des lacs mais au bord du lac de Sainte Croix il y a un arrêté d’interdiction suite à des débordements.

Gilbert nous a préparé une rando autour de la péninsule de Bauduen. A partir du village nous remontons une piste dans un vallon sous un soleil généreux. Montée ralentie par la recherche de quelques géocaches. C’est avec soulagement (au moins pour moi) que nous atteignons un petit col où nous rentrons sous le couvert de la forêt. Quelques pieds de fraxinelles en bord du chemin font crépiter les appareils photos.

La descente se termine sur une piste, au moment même où passe une voiture. Certains ont eu le temps de se couvrir d’autres non.

Le chemin vient à border le lac. Ce dernier est très haut et les arbres en bordure sont en partie noyés. Nous nous précipitons vers la première plage, qui ne convient pas à tous.

Une seconde sera le lieu du repas et des premières baignades. Après un long farniente, nous nous remettons en route, toujours au bord du lac, toujours nus. Personne, les plages sont à nous.

Un nouvelle plage de sable plus belle que la première sera l’occasion d’une seconde baignade. Puis le chemin remonte dans des rochers. La progression devient pénible dans un lapiaz tourmenté masqué par la garrigue.

Nous sommes rattrapés par deux textiles, mais tout le monde est trop occupé dans sa progression pour s’offusquer de notre tenue.

Une raide descente (désescalade) nous ramène au bord de l’eau à une jolie plage ombragée. Une femme et son chien sont installés là. Les premier lui demandent si notre nudité la dérange. Pas du tout, mais elle nous avertis que le naturisme est interdit par la commune. Nous passons outre et bavarde, elle nous rejoint, seins nus, dans l’eau. Nous jouons un long moment avec le chien, puis il faut bien renter. C’est alors que nous commençons à nous rhabiller qu’un homme, que nous n’avions pas vu jusque là, nous interpelle violemment. Il semble prêt à en venir aux mains. Vas-t-il finir à l’eau ? Non. Nous prêchons le calme et le laissons vociférer alors que nous nous éloignons. Nous rejoignons le parking correctement habillés. Ouf, pas de gendarmes.

Ce soir est le dernier repas en commun dans la grande salle du camping, les plus pressée repartiront demain matin. Jean et Danielle ont préparé leur désormais traditionnelle omelette aux truffes et une délicieuse mousse au chocolat.

Samedi : Avec les départs, le groupe est réduit à une dizaine. Sur ma proposition à Gilbert, nous repartons dans la montagne, au Grand Margès, sommet entre gorges du Verdon et Grand plan de Canjuers. Les voitures sont laissées au point de retour au col d’Illoire.

Nous remontons un moment la départementale sous un soleil pesant, puis un chemin sous bois jusqu’à rejoindre le GR99 sur l’arête. La vue se dégage progressivement sur les gorges du Verdon tandis que Gilbert part en chasse de nombreuses géocaches (pas toujours avec succès).

Un joli plan herbu “le Clot de la Glacière“ est l’occasion d’un premier casse-croute pendant que Gilbert fait bande à part à la recherche d’un nouvelle géocache.

Nous le retrouverons plus haut à proximité du sommet. Arrêt pour pour le vrai repas. Le gros du groupe est réfugié à l’abri du vent dans une toute petite clairière. Gilbert et moi préférons la vue depuis le sommet.

On se remet en route un peu dans le désordre pour la descente sur le pas de Garimbau. A partir de ce point on rentre dans le camp militaire de Canjuers et de nombreux panneaux nous signifient qu’il est interdit de sortir du sentier.

Le groupe s’étire dans la garrigue. A un moment, je me retrouve seul. Je force le pas pour rattraper ceux que je suppose devant. Mais en fin de compte j’arrive au col en premier. Pas grave, je vais attendre, c’est un passage obligé. Un peu d’ombre, une petite sieste, mais personne n’arrive. Je commence à m’inquiéter. Laissant là mon sac, je remonte sur environ un kilomètre, toujours personne. Auraient-ils fait demi-tour ? Je reviens au col, reprend mon sac, du coup, décidé à refaire tout le chemin jusqu’au sommet s’il le faut. Enfin, je retrouve le groupe. On m’explique que Jean Pierre a fait un malaise. Ce dernier s’est remis en marche, mais d’un pas mal assuré.

Il faut finir la boucle au plus court. Cela tombe bien, notre itinéraire coupe la route départementale un peu en dessous du pas de Garimbau. Nous irons rechercher une voiture au col d’Illoire en faisant du stop. Tant pis pour le reste du parcours.

Au bord de la route, Jean Pierre est couché dans l’herbe. Nous nous concertons, qui va chercher une voiture ? Au cas ou aucune voiture ne voudrait s’arrêter, personne n’a bien envie de se faire 7 km sur le goudron en plein soleil (et en montée en plus). De l’avis de mes compagnons, je suis le plus présentable. Rhabillé, avec le sac et les bâtons à la main (le parfait randonneur) je m’engage sur le bord de la route. Une voiture arrive dans le virage, je tend le pouce et elle s’arrête. Des allemands. Extraordinaire, je n’aurais pas attendu plus que quelques secondes ! Trente minutes plus tard, je suis de retour avec la voiture de Pierre.

Dimanche, c’est à notre tour de partir. Recharger la voiture, faire le ménage du gîte, aller dire les derniers “au-revoirs“ : la matinée s’étire lentement en faisant reculer le plus possible l’échéance.

Le malaise de Jean-Pierre ? Un embarras gastrique ou hépathique, semble-t-il, qui passera en 48 heures.

Les itinéraires

Dimanche : plateau de Valensole


Lundi : Gorges de Trevans


Mercredi : Basse gorges du Verdon


Jeudi: Le mont Denier


Vendredi : Presque ile de Bauduen

Samedi : Le Grand margès


 

Le canyon de Malissard

Seul

Alpes, Chartreuse.

C’est un petit canyon sans grandes difficultés, à coté de chez moi.
La plus part des obstacles peuvent être contournés, mais l’intérêt est de suivre au maximum le fil de l’eau.
A cette fin j’ai posé quelques spits dans des passages plus délicats afin de pouvoir mettre en place une corde si nécessaire.

Le départ se situe au pont de Malissard en aval de Saint Philibert d’Entremont. La progression se fait vers l’amont.

Peu après le pont.

La marmite la plus profonde.

Pour le plaisir..

 

un peu d’équilibre.

rue d’eau.

Il restait encore une plaque de neige. Mais l’eau du ruisseau était tout à fait tempérée.

Extrait de carte IGN.

Au glacier d’Argentière

19 juillet 2016

Seul

Personne n’ayant voulu (ou pu) m’accompagner ; après 2h1/2 de route, je suis seul à 7h1/2 au guichet du téléphérique des Grand Montets.
Contrairement à mes craintes, ce n’est pas la foule et la benne n’est qu’à moitié pleine principalement d’alpinistes.
Le “dress-code“ est dans le noir, le casque, seule tache de couleur, déjà sur la tête et il est de bon ton d’afficher toute sa quincaillerie pendue au baudrier, comme si la difficulté de la course envisagée état proportionnelle à l’inventaire des artifices techniques complaisamment étalés.
L’alpiniste est élégant, mince, serré dans un pantalon étroit et une veste moulante. Le sac est petit, le piolet hi-tech au manche torturé et à la pointe agressivement recourbée.

Nous sommes trois à descendre à Lognan. Les deux anglais partent devant. Je suis seul pour un bon moment, car la benne suivante n’arrivera que dans un quart d’heure. Malheureusement le secteur est à l’ombre de l’aiguille du Chardonnet et la température n’incite guère à la nudité.

A l’ombre de l’aiguille du Chardonnet.

On remonte une piste à 4×4 caillouteuse jusqu’à atteindre la moraine rive gauche du glacier d’où l’on domine la cascade de séracs (le “Point de vue“). Un sentier parcours la crête de la moraine et vient finir en un point où l’on prend pied sur le glacier.
Les quelques autres personnes qui ont été à un moment ou un autre dans mon champ de vision s’arrêtent là et je suis seul à poursuivre.

la cascade de séracs.

Dans la combe entre rocher et glace, le pierrier est encore recouvert de neige et la progression facile. Quelques crevasses doivent être enjambées précautionneusement, mais sans réel danger.

On prend pied sur le glacier.

Plus en amont un grand champs de crevasses barre la glacier et l’itinéraire le contourne par les rochers de la rive gauche (le Rogon).
Pour arriver au pied des rochers, il faut remonter péniblement une moraine raide et croulante. Des échelles scellées dans les dalles sont pour le moment occupées par un guide et son client, ce dernier dument assuré à la corde. Mon tour venu, je franchis les échelles qui ne présentent aucune difficulté. Plus loin, quelques passages sur des dalles inclinées, bien qu’appareillées de quelques crampons métalliques, sont à mon avis plus délicats.

les échelles.

Du sommet du Rognon la vue se dégage sur tout le cirque de montagnes qui encadrent le glacier d’Argentière.

Les faces nord de la Verte, des Droites et des Courtes qui s’élèvent d’un jet de plus de 1000 m au dessus du glacier monopolisent le regard. J’ai retrouve depuis un bon moment le soleil et pourrais me mettre nu, d’autant plus qu’il n’y a personne en vue. Mais des difficultés technique m’attendent pour redescendre sur le glacier et je préfère repousser la nudité encore quelques temps.
Là un passage sérieux m’attend. La trace s’engage dans une courte pente de neige à près de 50 ° dominant de petites barres rocheuses et des éboulis. Je sent bien qu’il n’est pas raisonnable de m’y engager à la descente et envisage un moment de renoncer à poursuivre plus loin. Finalement, j’explore un système de vires et de gradins déneigés qui finissent par me permettre de contourner l’obstacle.

les Courtes, les Droites et l’aiguille Verte.

Une fois sur le glacier, je suis parti pour des kilomètres de faux plat ascendant sans aucun obstacle. La glace est encore recouverte d’une faible épaisseur de neige et la marche aisée.
Personne en vue, aussi loin que porte le regard, je décide alors de me mettre nu. Mais le glacier est balayé par un méchant vent catabatique glacial et au bout des quelques centaines de mètres, je suis contraint à enfiler une polaire.

Sur le plateau supérieur du glacier.

Aiguille Verte.

Le fond du cirque, le Mont Dolent.

Après une bonne heure de marche, le refuge apparait, perché au dessus de la moraine rive droite sous les premiers contreforts de l’Aiguille d’Argentière. Je rejoins cette dernière en traversant un pierrier croulant et dès que j’ai monté de quelques dizaines de mètres, le vent cesse.

Le refuge.

Là, il y a un peu plus d’animation. Des cordées rentrent au refuge, d’autres en repartent pour rejoindre la vallée. Il n’est donc pas question de se remettre nu.
L’accueil par la gardienne du refuge est des plus sympathiques. Je discute un moment avec une personne attablée sur la terrasse, prend quelques photos et casse un croute et ne m’attarde pas prévoyant que la neige va ramollir au soleil et que le long parcours sur le glacier pourrait bien devenir un peu plus pénible.

Entre temps, le vent glacial à cessé et les lieux se transforment en “four solaire“. Dès la moraine quittée, je suis nu. Assis sur un bloc, je me passe une bonne couche de crème solaire et attaque la longue descente.

Je suis consciencieusement la trace, quant d’un coup le sol se dérobe sous mon pied gauche et je me retrouve engagé jusqu’à l’aine dans un trou noir. Heureusement pour moi l’autre pied trouve un sol ferme et je me dégage d’un coup de rein. Rien, absolument rien ne laissait prévoir la sombre oubliette. Un frisson rétrospectif me parcours et c’est avec soulagement que je gagne une zone de glace affleurante.

Face nord de l’aiguille du Triolet.

Face Nord des Courtes.

Aiguille d’Argentière et glacier du Milieu.

Je retrouve le Rognon, mon système de dalles et de vires. Mais il faut se rhabiller car des alpiniste montent depuis la vallée vers le refuge.

Retour au Rognon.

Je me mettrais à nouveau nu quelques temps sur la partie inférieure du glacier, puis en vue du “Point de vue“ dû retrouver une tenue plus correcte car la foule des touriste a envahis les lieux.

Je commençais à avoir sérieusement mal aux pieds et la descente prudente sur les piste caillouteuse jusqu’au téléphérique fut un petit calvaire.

Les séracs depuis le « Point de vue ».


 

Semaine de randonue en Beauchêne

du 17 au 25 mars 2018

La maison forestière des Etroits est toujours aussi accueillante et nous héberge pour la quatrième année.

Quand nous arrivons le samedi après-midi, la neige fraiche sur la route a empêché Jacques Marie de monter jusqu’au gîte avec son fourgon. Au delà du col du Pendu, les cimes du Dévoluy sont uniformément blanches, rochers compris. Contrairement à l’année dernière, nous avons de la neige en abondance, trop même.

Nous reprenons avec plaisir nos habitudes naturistes dans ce bâtiment confortable et bien chauffé. Pour dimanche, il nous faut une rando “de reprise“ pas trop longue et non exposée aux avalanches. De plus le mauvais temps règne au Nord et le plus au sud sera donc le mieux.

Le Banne.

le 18 mars 2018.

Avec : Jacques-Marie, Chantal et Jean-Jacques, Francis, Guillaume, Franck, Bruno

Le petit sommet de Banne, près du col de Cabre répondait à ces critères.

Nous laissons une voiture pour le retour près du village de la Beaume et partons du col. Au début, la montée dans la forêt est assez monotone, mais malgré le ciel gris, les sapins lourdement chargés de neige offrent un spectacle hivernal digne d’un plein hiver.

La pente se redresse sous le sommet et la neige devient profonde. Le cheminement n’est pas évident entre les pins. Le plateau sommital nous offre une vue “à 380°“ exceptionnelle, notamment sur le Duffe et la Montagne de Lure au loin.

Jacques Marie s’engage dans la descente. A mon avis, ce n’est pas la bonne direction, mais comme il a de l’avance tout le monde suit. l’arête se rétrécit et bientôt devient rocheuse. Ce n’est pas par là. On entreprend alors une descente sur la droite dans des pentes raides faiblement enneigées. Quelques émotions et l’on gagne un col. Mon GPS se décide enfin à me donner notre position sur la carte. Pas de panique. Un piste forestière va nous ramener sur le bon itinéraire.

Passé le col de l’Aup, nous retrouvons la neige profonde dans une splendide combe encadrée d’épicéas,

puis un long cheminement à travers la forêt nous ramène à la voiture laissée au bord de la départementale quelques heures plus tôt.


Le pré des Nonnes.

Le 19 mars 2018.

Avec : Jacques-Marie, Chantal et Jean-Jacques, Francis, Guillaume, Bruno.

Cette rando était dans mon collimateur depuis trois ans. Mais un enneigement insuffisant nous y avait à chaque fois fait renoncer.

Au hameau des Granges un habitant semble ne pas souhaiter que nous suivions le chemin indiqué sur la carte et nous envoie sur un autre que nous empruntons pour ne pas le contrarier.

Un peu plus haut, une traversée permet de revenir à l’itinéraire. La montée au col de Saint André se fait dans les pins par une bonne piste avec une belle vue sur le Durbonas. A l’abri du mistral, certains d’entre nous se mettent nus.

Mais la “presque chaude“ ambiance ne dure pas et au col tout le monde s’empresse de se rhabiller.

La montée au Pré des Nonnes se fait à travers une forêt serrée sur une arête fort inclinée et bordant par moment une falaise. Bien que la neige soit de plus en plus profonde, les raquettes inadaptées à ce genre de terrain restent sur les sacs. Certains commencent à fatiguer et c’est avec soulagement que nous débouchons dans les prairies sommitales.

Le mistral qui règne en maître sur ces espaces dégagés et a balayé et durci la neige qui porte.

 

Le casse-croute est pris à l’abri d’une touffe de pins à crochets.

Seul Jacques Marie reste nu stoïque sous la déferlante.

Suit une longue traversée presque horizontal sur cette crête battue par le vent et c’est avec soulagement que nous retrouvons la forêt à proximité du col de Marjariès.

Grâce au GPS, je débrouille le cheminement complexe dans les multiples pistes forestières. Le vent se fait moins sentir et nous retrouvons la nudité jusqu’à proximité du village.




Le col d’Aune

le 20 mars 2018.

Avec : Jacques-Marie, Chantal et Jean-Jacques, Francis, Guillaume, Yolande, Bruno.

C’est une rando, à priori courte et facile, suggérée par un compte-rendu de Franck sur son blog.

A partir de la Cluse, nous remontons la piste forestière suivant un groupe de skieurs de rando. Nos itinéraires divergent au pont, eux prenant la direction du col de Plate-Contier et nous la piste en fond de vallée. La piste s’élève doucement en versant nord : frisquet ; puis franchis une arête ou nous retrouvons le soleil.

Les moins frileux en profitent pour se déshabiller. Une longue prairie sur un col à traverser sous le vent, puis l’on bascule en versant Sud.

Une cabane en ruine nous abritera le temps du repas. Nous repartons vers le col d’Aune alors que le ciel se couvre. Encore une arête à contourner et le sentier s’engage dans un profond vallon, traversant des pentes raides. De gros bourrelets de neige rendent la progression difficile.¢a proteste derrière, et après une reconnaissance de la suite par Jacques Marie, il apparaît plus prudent que les moins aguerris fassent demi-tour.

Nous poursuivons à 4. La progression est effectivement délicate, notamment la traversé d’une plaque de neige durcie fort inclinée nécessitant de tailler des marches avec les raquettes.

Nous finissons par gagner le fond d’un vallon plus doux, mais nous nous apercevons que nous progressons sur des plaques à vent qui craquent sous notre poids. Heureusement la pente est faible et le risque d’avalanche réduit. Cependant, c’est avec soulagement que nous débouchons au col d’Aune. Le ciel es totalement couvert, un vent rageur pousse le brouillard qui nous enveloppe par moment.

Du coté nord du col, la forêt est immédiatement présente, mais il faut d’abord atteindre une piste par une pente très raide en nous accrochant tant bien que mal aux arbres.

De ce coté, la forêt est envahie par énormément de neige.

Le retour se fait sur des pistes confortables et bientôt nous bouclons la boucle et retrouvons nos amis aux voitures.




La montagne de Saint Genis

le 21 mars 2018

Avec : Jacques-Marie, Chantal et Jean-Jacques, Francis, Guillaume, Yolande, Bruno.

Le Mistral a grondé toute la nuit autour de la maison. Au réveil le ciel est bouché et courre une petite neige. Par moment des taches de ciel bleu pâle se déchirent au sud.

Dans ces conditions, il faut fuir au sud pour retrouver un peu de soleil. Nous l’avions déjà fait en 2016 en allant randonner dans les gorges de la Méouge. Aujourd’hui ce seront les gorges du Rioux.

Le pitoresque village de Saint Genis est accroché à la pente entre deux champs de roubines.

Le sentier, très bien aménagé, remonte les gorges qui malheureusement constituent à notre désespoir également un couloir de vent.

Un petit pont, un court tunnel égayent le paysage un peu tristounet sous un ciel délavé. Après avoir traversé le synclinal de part en part, nous arrivons au col et à la maison forestière de Jubéo, refuge des électrosensibles. Un chemin un peu plus raide va maintenant nous conduire au Revuaire, sommet septentrional de la montagne.

Jean Jacques subit un léger malaise et les “inséparables“ préfèrent faire demi-tour.

A proximité du sommet, alors que le soleil reprend de la force, la forêt de pins laisse la place à une prairie parsemée de thym. Nous cassons la croute à l’abri du vent tout en profitant du vaste paysage. Un planeur vient nous rendre visite, s’élevant grâce aux ascendances de la falaise nord.

Nous redescendrons, nus pour la plus-part, par un autre itinéraire qui nous conduira directement à la partie aval des gorges.

Quand nous arrivons au village, Jean Jacques et Chantal dorment profondément dans leur voiture.




Le tour de la montagne de Charajaille

le 22 mars 2018

Avec : le chien, Jacques-Marie, Chantal et Jean-Jacques, Francis, Guillaume, Yolande, Franck, Bruno.

Franck est l’organisateur aujourd’hui et il nous propose une rando qu’il a déjà réalisée une semaine auparavant.

Nous garons nos voitures à proximité d’un bâtiment agricole et deux chiens viennent nous rendre visite. Le border-colie nous quitte rapidement, alors que le patou nous offre ses amitiés débordantes.

Au bout de quelques centaines de mètres, le patou apparaît bien décidé à faire la rando avec nous, nous précédant sur le chemin et batifolant dans la neige, notre étrange tenue déshabillée ne semblant pas lui poser de problème.

A un moment, la piste forestière fait place à un sentier en travers d’une pente. Les raquettes dérapent et certains font part de leur craintes. Finalement, la pente se calme et nous arrivons pour une première étape au col de Souchière.

C’est l’heure du repas, mais ici, le vent règne en maître. Quelques cinquante mètres plus bas nous retrouvons une large piste et l’abri du vent. Ce sera la pause. Le patou va de l’un à l’autre espérant grapiller quelque nourriture. Nous commençons à le trouver un peu collant.

Nous reprenons notre progression un peu monotone sur une piste à travers la forêt qui ne ménage pas beaucoup de vues. Le franchissement d’une profonde ravine dans la neige apporte un peu de distraction. La piste se déroule interminable, presque horizontale ;

et fini quand même par déboucher sur le col de Berthaud où la vue est à nouveau dégagée.

Dans la descente sur Glaise, le chien nous abandonne pour renter directement chez lui. Jean Jacques et Franck partis rechercher les voitures le retrouveront à la ferme.


La montagne d’Aureille

le 23 mars 2018

Avec : Jacques-Marie, Chantal et Jean-Jacques, Francis, Guillaume, Bruno.

Après la rando un peu longue de la veille, le groupe est fatigué et souhaite une “rando-repos“. Le petit sommet de la montagne d’Aureille en face de Montbrand fera l’affaire.

La neige est rare et les raquettes restent sur les sacs. Nous remontons une vallée boisée jusqu’à un col.

Puis nous élevons sur le flanc est de la montagne dans une forêt clairsemée.

Quand j’arrive au col entre les deux sommets de la montagne, Jacques Marie, trône nu dans une chaise laissée par des chasseurs. j’ai quelques difficultés à faire repartir vers le sommet la petit troupe qui se verrait bien “buller“ là au soleil et presque à l’abri du vent.

Enfin, nous remontons la centaine de mètres de dénivelé qui nous séparent de la grande antenne qui balise le sommet. Le panorama est remarquable depuis ce sommet isolé, mais le mistral nous dissuade d’y rester trop longtemps.

Jacques Marie et Francis transportent les chaises des chasseurs un peu en dessous du col en en lieu bien abrité où nous passerons un bon moment à nous restaurer et bavarder.

Sur le retour, la présence d’un 4×4 sonne le rhabillage pour tout le monde.



L’Aupillon

le 24 mars 2018

Avec : Francis, Guillaume, Bruno.

Eh oui, la moitié du groupe nous a lâchement abandonné. Tant pis pour eux, car aujourd’hui, le mistral a décidé d’aller voir ailleurs et une belle journée se prépare.

La vallée des Chaumets est plutôt sympa, ouverte au soleil. Une grosse maison marque le carrefour des vallées.

Nous choisissons celle qui conduit au col Navite. La forêt reprend ses droits, la neige devient plus épaisse et les raquettes sont nécessaires.

Une pancarte nous annonce les granges de Lus, mais pas de bâtiment. Nous hésitons à prendre une piste forestière nouvellement crée, et finalement poursuivons. En fait, les granges se situent quelques centaines de mètres plus en amont, dans une prairie. C’est là qu’il faut quitter le fond de la vallée pour un raide vallon en direction du col de Lus. Nous sommes souvent à la limite de l’adhérence des raquettes car une petite couche de neige poudreuse recouvre un fond transformé et gelé.

Au col de Lus, la pente qui conduit au sommet nous semble bien raide. Je sais d’une précédente rando qu’en tirant un peu à droite, nous allons retrouver un plan incliné plus modéré.

A la crête, c’est le vent d’Ouest qui nous accueille. La suite vers le sommet est plus délicate (arête étroite et corniches).

Ne tentons pas le diable, notre ascension se terminera là à quelques centaines de mètre du but.

Avec le réchauffement de l’air et le soleil, la neige poudreuse s’est transformée en “soupe“ foireuse et la descente sera pénible car les raquettes glissent et mettent les genoux à rude épreuve.

Finalement, ce sera la plus belle journée de notre séjour avec un soleil généreux et presque pas de vent. Nudité à 90% !



Pourquoi allons nous depuis 4 ans dans cette région ?

La haute vallée du Buech se situe au sud du massif du Dévoluy et du Vercors. C’est une zone de frontière climatique entre les Alpes du Nord et celles du Sud. La sagesse populaire dit que lorsqu’il fait mauvais au Nord, il fait beau au sud et vice-versa. Il suffirait donc de se déplacer de quelques dizaines de kilomètres de part et d’autre pour bénéficier d’un “presque éternel“ beau temps!

Par mauvais temps au nord, on peu observer les nuages qui submergent les montagnes du Dévoluy et du Vercors se dissiper rapidement vers le sud sous l’effet d’un fort mistral qui s’écoule comme un fleuve dans les vallées.

Il n’est pas rare, nous l‘avons rencontré plusieurs fois, qu’au dessus de ce flux glacial (vers 1800 à 2000 m d’altitude) les sommets ensoleillés bénéficient d’un calme surprenant.

Donc le soleil, mais le mistral oblige à choisir des site un peu protégés (versants sud, vallées est-ouest). Une randonue sera, sauf temps exceptionnellement beau, toujours habillée à un moment ou un autre.

L’autre aspect intéressant est que les reliefs sont peu marqués, les altitude modérées (2000 m au plus) et qu’en conséquence les risques d’avalanche (sans être totalement absents) sont modérés.

 

 

La montagne de Bramefarine

Seul,

1° février 2018

Je me suis décidé au dernier moment, en fonction de la météo qui annonçait un grand beau pour la journée.

Vu de Chartreuse, à dix heures du matin, la météo semblait effectivement favorable ; mais le col du Granier franchis, Belledonne et des satellites sont enfouis dans les nuages.

Bon, j’ai fait déjà une partie de la route, je continue vers Allevard, on verra sur place.

Je me suis concocté un itinéraire en boucle qui part de la mairie de Saint Pierre d‘Allevard et revient au même point.

Drôle de départ pour une randonue, qui se fait à travers les rues de la ville. Mais de toute façon, vu la température et le temps couvert je n’ai pas à regretter de ne pouvoir me mettre nu.

Je suis un bon chemin presque carrossable qui monte en forêt (ancienne route pour aller du chef lieu au hameau de la tour ?). Au bout d’une demi-heure de marche j’atteins le dit hameau constitué de trois ou quatre maisons habitées. L’itinéraire se poursuit sur un sentier de plus en plus raide et comme le soleil commence à percer les nuages, je passe en “mode randonue“.

Encore une route à traverser et une grange inhabitée, inutile de se rhabiller. Maintenant le sentier monte droit dans la pente, sur des dalles de schiste mouillées et glissantes. On doit atteindre les 30° et je commence à souffler. Je débouche enfin sur la crête où à travers de larges coupes de bois. Les dernières brumes se sont évaporées et le paysage se dévoile (Chartreuse d’un coté, Belledonne de l’autre, vallée du Grésivaudan à mes pieds).

Quelque photos et je reprend ma progression sur la large échine de la montagne de Bramefarine devenue quasi-horizontale.

Dans quelques passages à l’ombre, je retrouve de la vieille neige compacte et gelée qui porte sans problème.

Au bout de quelques kilomètres, il faut redescendre. Sur la carte, un sentier coupe un long détour. Mais une fois engagé, il disparaît et c’est au hasard que je rejoins la route en contrebas.

j’hésite à me rhabiller et comme aucun bruit de voiture, aucune bribe de voix ne me parvient, je persiste dans la nudité.

Un autre raccourci en forêt me permet de shunter une longue boucle de la route. Mais voilà que le chemin que je comptais utiliser pour la suite n’existe carrément pas ! Inutile de s’aventurer dans des broussailles. Il me reste plus qu’à suivre le goudron. Un bruit de voiture, j’ai bien fait de me rhabiller.

La route me conduit au hameau de la Chapelle, d’où un chemin doit me permettre de descendre directement sur Saint Pierre d’allevard. La pancarte est bien là, mais le chemin qui traverse entre deux maisons est barré avec un avertissement « propriété Privée, chien méchant » et effectivement le molosse (un patou) est bien là.

Continuer par la route me rajouterais pas mal de kilomètre, alors je contourne les maisons en descendant dans des prairies pentues et en escaladant quelques barbelés. Le chemin est retrouvé et je reviens en ville sans autres problèmes.



La Roche du Guet

Seul.
Le 15 janvier 2018

Montmélian est dominé par la terminaison sud du massif des Bauges. Même si l’altitude de ce chaînon est modeste (1200 m), le versant est très raide et est couronné de barres rocheuses.
Ce jour là, je me suis décidé à randonner au dernier moment et donc suis seul.
Une petite route vient finir dans les vignes, non loin d’une gigantesque vierge en inox, sensée veiller sur la vallée.
Un vététiste part devant moi et devant la raideur du chemin ne tarde pas à mettre le pied à terre et à pousser son vélo. Je le double et ne le reverrais plus.
Le chemin devient sentier et s’élève entre des buis grillés par la Pyrale.
A la première bifurcation, estimant avoir largement “semé“ le cycliste et le soleil se faisant généreux, j’adopte la tenue de peau.
La montée en forêt n’offre pas beaucoup de vues et c’est avec plaisir que je débouche sur l’ensellement du col du Mont.

Des prairies occupent la crête et la vue se découvre sur les sommets des Bauges et sur la chaîne de Belledonne, la grande Lauzière, le Grand Arc, le Mont Blanc de l’autre coté de la combe de Savoie.

Je pars vers le Sud en direction de la roche du Guet. Un peu de forêt puis une nouvelle prairie. Brusquement, une randonneuse, bien emmitouflée, apparait au débouché d’un bois. J’ai à peine le temps de passer mon short et elle me croise, amusée, en me demandant si je n’ai pas froid dans cette tenue.
Le sentier s’élève en bordure de falaise et la neige apparaît, dure et glissante. Pas question de refaire une chute comme l’an dernier, chute qui m’avait coûté une rupture de la coiffe des rotateurs.
Avec précautions, je gagne le sommet, belvédère exceptionnel sur tout le bassin de Chambéry, la Combe de Savoie et les montagnes qui l’entourent.


Pour le retour je vais utiliser un autre itinéraire. Et là, revenu en forêt je croise un traileur qui monte sans avoir eu le temps de me rhabiller (concentré sur son effort, m’a t-il vu, ce n’est même pas sur !), puis un second plus poussif (mais là j’ai eu le temps de remettre le short). Je me croyais tranquille quand les traileurs redescendent me surprenant à nouveau nu. Pas de réflexions.
Plus bas, le sentier sort de la forêt et offre de belles vues sur la ville de Montmélian que l’on domine.


Peu avant d’arriver à la voiture, dans les vignes, je croise à nouveau la femme de tout à l’heure qui parcours la boucle dans l’autre sens. On échange quelques impressions sur cette belle rando, mais pas d’allusions à ma nudité.



Montraillant – les tours de Montmayeur

24 janvier 2018

C’est un itinéraire tranquille que j’avais reconnu partiellement en 2016 alors que j’étais en convalescence d’une rupture d’un tendon d’Achille.

Ce mercredi, la météo étant au beau fixe (rare en ce mois de janvier pourri) j’ai lancé une invitation au dernier moment. Seul Guillaume était disponible.

Donc, nous sommes deux au départ du hameau de Soucy sur la commune de Saint Pierre de Soucy (Savoie)

A l’ombre de la colline, l’endroit n’est pas des plus accueillant et les places de stationnement sont rares. Visiblement, ce n’est pas un départ de rando fréquenté.

La première partie de notre itinéraire doit nous permettre de rejoindre le village de Villaroux par un bon chemin, malheureusement toujours à l’ombre. Pas question de se mettre nu car il fait trop froid.


 

A partir de Villaroux une petite route contourne la colline et nous amène sur son versant Sud-Est ensoleillé. La route se transforme en chemin et rapidement, nous adoptons la tenue de nudité. Le chemin suit la crête d’une longue échine entre Bauges et Belledonne ménageant des vues remarquables sur les massifs enneigés avoisinants, d’autant plus que le parcours se fait majoritairement dans des prairies.


Première alerte, deux randonneurs, cassant la croute, assis sur un tronc couché à l’orée d’un bois. Nous les avons vu d’assez loin pour passer nos shorts sans qu’ils nous aient vu complètement nus.

Bizarre quand même, des randonneurs qui se promènent torse et jambes nues en plein moi de janvier !

Il a énormément plu les jours précédents et le chemin, encadré de barbelés, est encombré de larges flaques difficiles à contourner.

Une ferme occupe un petit col. Nous repassons les shorts, mais personne hormis le chien qui nous aboie après. Une petite montée en forêt nous amène en vue des tours de Montmayeur (ancien château féodal du XI°).

Le lieu est fréquente et il faut encore une fois se couvrir. Nous lisons les explications fort bien faites sur les fouilles archéologiques et nous engageons dans le chemin de descente sur Soucy. Des le départ ce dernier, assez raide, se prend pour un ruisseau et le débit augmente au fur et à mesure que nous descendons. Par moment la progression devient acrobatique. Heureusement que nous sommes bien chaussés car nous pataugeons.

Puis l’on sort de la forêt et tout se calme. Belles vues sur la Combe de Savoie et les Bauges.

Nous ne nous rhabillerons qu’à la vue des premières maisons.



Randonue automnale dans les gorges de l’Ardèche

29 et 30 octobre 2017

Avec Bernard, Bruno, Guillaume, Jean François, Patricia.

Samedi 29 octobre

Le samedi, nous somme parti des abord du camping de Mille Étoiles sur la commune de Labastide de Viriac.
Arrivés avec les premiers rayons du soleil, nous suivons le GR4 qui se coule à travers la garrigue jusqu’au hameau des Crottes.

Traversée du hameau des Crottes.

Après avoir admiré l’architecture de ce dernier nous empruntons le sentier qui descend dans les gorges par la Combe des Champs.
Nous débouchons en bordure de la rivière où nous retrouvons le soleil et adoptons immédiatement la tenue de nudité.

Arrivée au bord de l’Ardèche.

Nous poursuivons vers l’aval en suivant la rive droite.

Après une progression facile, le sentier s’engage sur une étroite banquette en dévers. Un pas d’escalade permet de trouver des barres de fer, bienvenues, scellées dans la paroi. Quelques dalles en adhérence au dessus de l’eau noire puis le sentier chemine à nouveau entre les arbres de la ripisylve. Une échelle de perroquet permet de surmonter un petit ranc.

Le cheminement se poursuit sur des banquettes rocheuses trouées de petites marmites et cupules de dissolution.

On traverse de grandes grèves de galets.

Puis le sentier remonte vers le pied des falaises dans des bois encombrés de laisses de crue dont la hauteur est impressionnante. Il est des jours ou il y a là, dans une vallée pourtant assez large, 10 à 15 m d’eau.

Une belle plage rocheuse baignée d’une eau calme nous invite à la baignade. Mais hors la température très fraiche, sous l’eau, le rocher recouvert d’un fin limon, est dangereusement glissant rendant le retour à la berge problématique. Nous n’insisterons pas.
Méandre après méandre, nous nous rapprochons de notre sortie du jour au niveau du gué Guitard. Là quelques personnes sont descendues par le sentier. Nous repassons les shorts et à leur grand étonnement, les croisons torse nu. Le sentier du retour est maintenant à l’ombre et les polaires sortent du sac. Plus haut, avec le soleil retrouvé, nous revenons à la nudité.


 

Dimanche 30 octobre

Dimanche , j’avais prévu de partir du Gournier, ce qui aurait permis de prendre directement la suite de la descente du samedi. Mais, compte tenu du manque d’informations sur la difficulté du parcours, nous avons préféré écourter en partant du camping des Templiers. Ce dernier est fermé et désert, ce qui nous dispense de demander une autorisation.
Après la descente sous le couvert de la garrigue, nous trouvons le soleil sur la plage ou nous nous déshabillons.

Le début de la descente est facile sur un petit chemin sablonneux. Puis le sentier s’élève pour surmonter une falaise qui tombe dans l’eau. Nous avançons vite et commençons à regretter d’avoir raccourcis l’itinéraire.

Le sentier prend de la hauteur.

Un beau plateau rocheux avec des caps qui s’avancent au dessus de l’eau est le prétexte à un arrêt “casse-croute“ qui se prolonge et à de belles photos de nudité.
Passe un premier canoë. Nous n’en verrons pas plus d’une dizaine dans la journée.

nudité – liberté !

Nous traversons une bambouseraie où une clôture grillagée incongrue en ces lieux subsiste dans la sylve.

Deux personnes rencontrées quelques centaines de mètre plus loin nous expliquent qu’il s’agit d’un ancien camp naturiste (de la Fève) abandonné.
Ce couple est un des ouvriers de la réouverture du camping des Templiers et nous raconte passionnément son histoire récente.
Nous finissons par nous quitter et reprenons notre progression vers l’aval.

Mais voilà que la banquette qui borde la rivière se rétrécit et des passages comportant des pas d’escalade auraient bien mérité de sortir la corde pour les moins à l’aise d’entre nous. Une chute dans l’eau profonde et rapide aurait été dramatique. Quelques barres de fer scellées dans le rocher assurent la progression, mais il reste certains passages exposés non protégés.
Ce système de vires s’interrompt devant une grotte qui permet par un petit puits intérieur et une chatière de déboucher à un niveau supérieur.

Le cheminement se poursuit encore un certain temps sur une étroite terrasse puis nous retrouvons la forêt, un bon chemin et des terrasses, nous sommes au camping des Grottes, désert à cette époque.

La plage de sable du camping nous accueille et malgré la présence de quelques personnes dans les alentours, nous ne résistons pas à la tentation de nous baigner, nus, bien sur..
L’eau, bien froide, arrache quelques cris aux baigneurs téméraires. Encore un méandre à parcourir pour atteindre la sortie. Une large terrasse en dévers soutient le pied d’un haute falaise où un groupe de grimpeurs s’exerce.

A la plage

La fin de la randonnée est proche, l’attention se relâche. Et voilà que Patricia glisse sur une plaque de roche humide et boueuse. Sa chute s’arrête à moins d’un mètre du rebord de la terrasse et de l’eau noire. Plus de peur que de mal, un bleu et une estafilade.
Une petite échelle nous permet de rejoindre le vallon de Louby et la voiture.



Avertissement.

Le parcours des gorges de l’Ardèche par le fond est un itinéraire magnifique, mais exigeant des participants une bonne maitrise de la progression en terrain varié, d’être à l’aise dans des passages d’escalade et de savoir nager au cas où … Une corde dans le sac n’est pas de trop.
L’itinéraire complet de Chames à Saint Marcel nécessite la traversée de deux gués, entreprise à haut risque, voir impossible, en dehors de l’étiage.