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À propos Randonue.Chartreuse

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Mont Charvet

21 avril 2016.

Seul.

Alpes, massif des Bauges.

Un jour, passant au col de Marocaz, j’avais entraperçu un joli vallon dans lequel montait une route forestière.
A la recherche d’une rando “pas dans la neige“, je décidais d’y revenir.
A quelque mètres du col, la route est barrée. Cela me garanti une certaine tranquillité et je suis nu dès passé la première courbe qui me cache du col. Bien que le ciel soit pas mal voilé, la température est douce.
La route monte doucement non loin du fond du vallon. Les verts tendres des feuillus disputent l’espace aux sombres épicéas.
Elle se termine au fond du cirque en traversant le torrent.

Ouvrages de soutènement en rondins de bois pour protéger la route forestière.

Une piste raide et irrégulière, affectée de glissements de terrain rejoint le col du Lindar où l’on retrouve du goudron. Juste au col un sentier évite de l’emprunter et rejoint le chemin qui monte à travers la forêt aux chalets Ducrey.

Au loin, la Chartreuse.

Peu en dessous de ces derniers, la piste sort dans une prairie. Les chalets sont verrouillés et dans un état médiocre, mais surtout les alentours sont sales et boueux. Heureusement un trottoir de béton borde une des cabanes et permet de faire une halte “casse-croute“ à peu près au propre et au sec.
De là la vue porte à la fois au Nord, sur Aillon-le-Jeune et le Mont colombier et au Sud sur le rebord Est de la Chartreuse.

Chalets Ducrey.

Mont Colombier.

De là, il est tentant d’essayer de monter directement à la crête du Mont Charvet. D’ailleurs, bien qu’aucun sentier ne soit porté sur la carte, une piste part dans cette direction.
Je tente l’aventure, mais au bout d’un quart d’heure de marche la piste s’arrête brusquement. J’hésite à continuer droit dans la pente, hors de toute trace, mais la neige assez présente sur un chaos de blocs dont elle cache les chausses-trappes m’en dissuade. Retour aux chalets.
Du coup je suis la bonne piste sub-horizontale qui va, au nord, en direction du col de Morbié, d’où, selon la carte, un sentier en crête doit me ramener au Mont Charvet.
Cette dernière me paraît interminable, d’autant plus que le ciel se gâte et que je crains de subir la pluie.
Enfin juste après une petite barre rocheuse, un raccourci permet de rejoindre la crête Nord. Mais toujours pas de vue car les lieux sont boisés. Un sentier régulier, mais assez difficile à suivre sous les feuilles mortes s’élève sur la large croupe. Non loin du sommet, il disparaît dans des lapiaz couverts de plaques de neige où il me faut concentrer mon attention pour ne pas me tordre une cheville.
Je débouche enfin sur un large plateau aux arbres clairsemés. Le sommet est matérialisé par un cairn. Quelques gouttes de pluie me rappellent de ne pas trainer en ces lieux, d’autant plus que je suis parti très léger et que je n’aurais que ma nudité pour me protéger des intempéries.

Au sommet.

Au delà de la combe de Savoie : Belledonne.

La descente est rapide. La pluie cesse et un peu de soleil revient.
En dessous des chalets, je descend par une variante : un chemin creux qui dévale directement jusqu’au col de Marocaz. La pente est telle qu’il est difficile de ne pas courir. La chaleur est revenue et du coup, avec l’effort, je me sent tout poisseux de sueur malgré ma nudité.
Je déboule encore nu sur le parking. Deux cycliste surgissent sur le col. Je me cache derrière le haillon ouvert de ma voiture pour enfiler mon short rapide.

Extrait de carte IGN

 

Les forts de Montgilbert

Avril 2016.

Avec Bernard le 21 avril.

Alpes, chaîne de Belledonne.

j’avais déjà fait une reconnaissance sur ce secteur il y a quelques années, mais c’était trop tôt en saison, je m’étais rapidement embourbé dans une neige profonde et avais du faire demi-tour.

Le 11, alors que les sommets de Belledonne sont encore fortement enneigés, cette rando à moyenne altitude semble abordable.
Plutôt que de monter en voiture par la route du fort, je pars du beau village de Montandry, ce qui m’assurera un dénivelé plus sérieux.
La voiture laissée à coté de la mairie ; la balade commence par la traversée d’une partie du village où les vastes maisons et granges en pierre s’accrochent à une forte pente.

Montendry : une rue unique accrochée à la pente.

On sort du village dans un ravin comportant une petite cascade puis on s’élève par un bon chemin sur l’autre rive. En bordure de ce dernier une croix étend sa protection sur les habitants. Un banc et le soleil m’invitent à me mettre nu.

Montendry depuis le calvaire.

La piste continue à s’élever en forêt, puis il faut la quitter pour un sentier qui traverse une clairière et conduit à l’ancien hameau en ruine du Sapey. Personne en ces lieux, sauf un étrange parapluie ouvert qui sèche à l’abri d’un des derniers toits.

Dans la forêt.

Au delà, le sentier remonte le lit d’un ruisseau puis ziz-zague, boueux et glissant dans une combe couverte d’une hêtraie claire.
Après environ 400 m de dénivelé, la pente s’adoucit et les sombres épicéas remplacent les hêtres. Je débouche alors sur l’ancienne route militaire qui conduit du fort aux différentes batteries. Le silence me confirme que le secteur est désert.
La route me conduit à une jolie tourbière encore partiellement enneigée, puis monte doucement dans le versant en face en direction d’une crête où sont implantées les anciennes batteries.

Tourbière.

Une première bifurcation me conduite à la batterie de la tête Lasse. Je suis déçu, la ruine, de peu d’importance, disparaît dans la végétation et la vue est bouchée par la forêt omniprésente.

Batterie de la Tête Lasse.

De retour à l’embranchement, compte tenu que le temps m’est compté, j’abandonne l’idée d’aller à la batterie du Roc Noir, pourtant proche, pour repartir vers un belvédère au Nord.
La route parcours longuement à l’horizontale le versant Ouest, dans une forêt où les vues sont rares. Au bout de quelques Km j’arrive enfin au point de vue “du Canard“ qui s’ouvre sur la vallée de la Maurienne et les sommets de la chaine de la Lauzière.

Echappée entre les arbres sur les Bauges.

Panorama sur la Maurienne.

Encore une centaine de mètres et je suis à la batterie du Folialet, en tout aussi mauvais état que la précédente.

Batterie du Folialet.

Je suis en retard, le retour est rapide. J’avais prévu de passer par le fort principal, mais trop tard, je dévale le sentier de monté et ¾ d’heure plus tard je suis au village et à la voiture.

Le 21, j’avais lancé une invitation sur la liste randonue, mais ne s’est présenté qu’une seule personne avec qui je n’avais jamais randonné.
En montant à Montendry, dans la voiture, Bernard m’explique qu’il est en convalescence d’une grave opération et aimerait bien que l’on réduise l’effort.
Cela tombe bien, puisque l’on peut monter au fort en voiture et gagner, comme cela, 300 ou 400 m de dénivelé. Du coup, la rando sera presque à plat.

Le fort.

Cette fois ci, nous passons par le fort, fermé et interdit d’entrée. Quelques photos depuis l’extérieur puis nous poursuivons en direction de la tourbière. Nous poussons jusqu’à la batterie du Roc Noir qui a été rénovée et transformée en refuge. Le terre-plein a été aménage avec bancs et table et surtout vue dégagée sur la Maurienne.

Batterie du Roc Noir.

Nous irons ensuite au belvédère du Canard, casserons la croute sur le terre-plein de la batterie du Folialet et reviendrons par la route jusqu’au fort.
Nous avons été nus presque tout le temps, sauf au Canard où se trouvait une petite famille et un bref instant sur la route, la venue d’une voiture nous ayant incité à renfiler les shorts.

Extrait de carte IGN

 

Beauchêne 2016

Du 19 au 27 mars 2016

Avec Emanuele et Michel, Bruno, Philippe, Dominique, Guy, Francis , Jacques-Marie , Jac et Pierre + Franck le dimanche.

Alpes, Provence, Vercors et Dévoluy.

Le Gîte des Etroits est implanté dans une prairie au bout d’une petite route forestière. Tout autour s’étend la forêt de Durbon, ancien domaine des Chartreux.
Pierre est arrivé la veille et a mis le chauffage. Lorsque je pousse la porte, il revient juste d’une petite rando aux “deux cols“.
Dans l’après-midi les autres participants arrivent. Je fais la connaissance du couple Michel et Emanuele qui sont nouveaux pour moi.
Puis surprise, c’est Dominique qui débarque. Je ne l’attendais pas car il n’avait pas confirmé sa venue. Heureusement pour lui, il ne sera pas condamné à coucher sur le canapé, car il reste une place. Quant-à la nourriture, quand il il en a pour 9, il y en aura pour 10.

La maison forestière des Etroits.

Après un apéritif, le repas du soir est un peu la fête des retrouvailles. Sous la direction d’Emanuele, les “cuistots“ se sont surpassés.

Dimanche 20 mars
Le rocher d’Aurian (1675 m, dénivelé 555 m).

Comme d’habitude, à 6 h Philippe bricole dans la cuisine. Pourtant le départ n’est prévu qu’à 9 h !
Un peu avant 9 h arrive Franck, venu pour la journée.
Quelques hésitations pour trouver l’embranchement à Montbrand qui conduit au hameau du Courtil, puis problème : pas de parking entre les quelques maisons. Nous sommes obligés de continuer sur un chemin de terre. Au bout d’un kilomètre ou deux, celui-ci engage une descente raide et boueuse. Difficile d’aller plus loin. Heureusement un champ nous tend les bras. La neige semble lointaine et rare et tandis que certains se déshabillent la discussion porte sur l’utilité ou non de se charger des raquettes. Certains les prendrons et d’autres les laisseront dans les voitures.
C’est alors que nous partons que surgit un 4×4. Le conducteur stoppe à notre hauteur. Sans relever la nudité de certains, il engage la conversation et nous dit que nous avons choisi une bien belle balade. Puis repart vers un cabanon un peu plus haut.

La piste monte au fond d’un vallon boisé. Quelques passages de ruisseau épiques sont l’occasion de nombreuses photos. La neige commence à apparaître d’abord par plaques puis en continu alors que le chemin se transforme en sentier.

Au col du Tat, plus de sentier visible. Il ne reste plus qu’à monter droit dans la forêt pour rejoindre la crête. La neige y est profonde, la pente raide et les moins entrainés soufflent. A quelques dizaines de mètres sous la crête la forêt cesse brusquement ; les arbres tordus et refoulés par le vent. Et effectivement nous y subissons les assauts du vent du sud. Une marche rapide permet de continuer sans trop se rhabiller. Le rocher des Seilles semble pouvoir nous prodiguer un abri pour le casse-croute, mais son versant nord est bien trop enneigé. Nous continuons donc vers le sud jusqu’au rocher d’Aurian (1675 m). Des terrasses peu confortables dans le versant Ouest feront l’affaire, mais peu à peu tout le monde grelotte et se rhabille.

Montagne du Jigouret.

Le retour fut très habillé jusqu’au col du Tat. Ensuite, à l’abri relatif du vent, les participants s’éffeuilleront jusqu’au retour aux voitures.
Revenu jusqu’au gîte, Franck nous quitte à regrets.

Extrait de carte IGN.

Lundi 21 mars : Le col de Plate Contier (1905 m, dénivelé 673 m).

Les sommets du Nord sont dans les nuages. Il faut donc aller au Sud. Pierre qui connait le Dévoluy nous conseille le col de Plate Contier et la Tête des Ormans.
A “La Cluse“, le brouillard et le Mistral dégeulent par le col du Festre, mais les sommets qui nous intéressent sont épargnés.

Montagne d’Aurouze (Dévoluy)

Abrités du vent dans un fond de vallée Est-Ouest, nous sommes rapidement nus. Au bout d’un ou deux Km sur un sentier étroit et en balcon, nous débouchons dans une large vallée.

Pierre, dont les souvenirs sont incertains, nous fait faire un détour en rive droite par des prairies où nous chaussons les raquettes. C’est là que trainant un peu en arrière, je croiserais la trace d’un loup reconnaissable à ses crottes contenant des poils.

Le vallon tourne à droite et la pente s’accentue. Un nuage tourbillonnant de chocards vient un moment nous tenir compagnie. Un petit bosquet de pins à crochets apporte une ombre bienvenue, car au soleil la réverbération sur la neige est intense. Guy décide de rester là et de nous attendre. Mais voilà que quelques nuages voilent le soleil et la sensation de froid revient vite.

Col du Lauteret.

Nous repartons dans une combe qui débouche au col sous une belle paroi de calcaire beige. Les premiers arrivés observeront quelques chamois qui s’enfuient dans les barres enneigées.

Le col sera le terminus de la plupart d’entre nous, mais après la pose casse-croute, trois intrépides décideront de monter jusqu’à la Tête des Ormans (2103 m).

Au col de Plate Contier. Au nord le mauvais temps.

Quand nous entamons la descente, nous voyons arriver Guy qui finalement s’est décidé à monter jusqu’au col.
La descente se fait principalement nus. La neige a bien fondu depuis ce matin et nous devons cheminer de plaque en plaque pour ne pas abîmer les raquettes.
Tout à la fin de la descente, une femme qui promène son chien sur le parking sera prétexte à se rhabiller définitivement.

Extrait de carte IGN

Mardi 22 mars : La Toussière (1916 m, dénivelé 919 m).

Quelques kilometres de voiture depuis le gîte et nous voilà au hameau de La Caire sur la commune de Lus La Croix haute.
La Toussière est une vielle connaissance dont j’ai déjà fait l’ascension deux fois au printemps.
Avec la neige, l’aventure semble plus sérieuse, mais en fin de compte les pentes du versant Est impressionnantes vues de face sont bien moins raides qu’il ne semble.
Nous remontons la gorge avec ses cascades, puis le joli vallon de Bernon. Une cabane à moitié ruinée en bordure d’une prairie est l’occasion d’un joyeux délire animé par Philippe.

Puis nous attaquons, raquettes au pieds, la raide montée en forêt au col de Bernon. La haut, le mistral rageur nous rattrape et il est difficile de ne pas se rhabiller, d’autant plus que nous progressons pour quelques temps sur une crête. L’abri de la cabane pastorale est bienvenu pour une première halte casse-croute. Dominique et Guy décident d’en rester là.
Le reste du groupe reprend l’ascension dans une large combe enneigée.

Sommet de la Toussière.

Curieusement, au fur et à mesure que nous nous élevons, le vent se calme et la nudité redevient de règle. En dessous de nous les bancs de brume venus du nord s’effilochent, dispersés par un furieux mistral. On dirait, vu du dessus, qu’un lac d’air froid et brumeux situé au Nord se vide par dessus les cols, alors que les sommets en émergent dans un ciel calme et ensoleillé.

Une longue traversée ascendante conduit à la crête sommitale. Alors que le versant Sud est parsemé de bandes d’herbes, que les crocus font leur apparition, le versant nord raide et austère et fortement enneigé prend des allure de haute montagne avec des couloirs vertigineux et des arrêtes effilées.

Face Nord de la Toussière.

Quelques pas d’escalade facile conduisent au sommet.

Panorama sur le Dévoluy.

Nous redescendons de quelques dizaines de mètres pour nous établir au soleil sous une petite barre rocheuse. Presque une heure à grignoter, se faire bronzer et papoter. Mais il faut se résoudre au retour. Alors que les premiers se lèvent, quelqu’un remonte nos traces. Un textile ? Non, il s’agit de Dominique qui parti sans raquettes s’enfonce de plus en plus dans la neige et fini par faire demi-tour.

De la cabane pastorale au col, nous retrouvons le mistral, encore plus turbulent que ce matin. Certains résistent héroïquement à la tentation de se revêtir. Mais l’attente des retardataires en plein vent, viendra à bout de leur détermination.
Nous plongeons avec soulagement dans le vallon où le vent se calme. Nouveau déshabillage à la fin de la neige. Puis la descente se poursuit avec quelques glissades et atterrissages sur les fesses dans la boue.
La nudité prend fin, à regrets, à quelques dizaines de mètres des maisons du hameau.

Extrait de carte IGN.

Mercredi 23 mars : Les gorges de la Méouge (dénivelé cumulé : env. 500 m).

La météo annonce un fort mistral et effectivement, vu du gîte, les nuages défilent sur les crêtes et se dissolvent rapidement vers le sud.
Du coup, nous abandonnons les raquettes pour le Sud et l’abri relatif, des gorges de la Méouge.
Une heure de route nous conduit au charmant village d’Antonaves d’où un chemin, puis un sentier descendant entrent dans les gorges.

Le début, majoritairement à l’ombre est un peu frisquet, puis l’orientation du versant change et nous retrouvons le soleil au curieux pont médieval à trois arches. Le tablier de ce dernier n’est pas horizontal mais incliné, la rive gauche étant beaucoup plus haute que la rive droite.

En amont du pont, le lit du torrent est tourmenté avec une petite cascade et un défilé entre de gros blocs.

Puis nous parcourons de grands méandres. Le sentier monte et descend dans le versant au grès des barres rocheuses. Nous arrivons à une place de pique-nique au bord de la rivière quand de grands cris me font me retourner. Arrêté sur la vire étroite, Guy fait des gestes désespérés. Une sueur froide me traverse, quelqu’un est-il tombé dans le vide ? Pourtant, devant moi le compte semble bon.
Je me précipite à sa rencontre. Ouf, ce n’est que son appareil photo qui a glissé dans la pente et s’est arrêté dans un petit buis, juste au sommet d’une barre rocheuse, à quelques mètres sous le sentier. Jacques Marie descend le récupérer en s’accrochant aux arbustes.

Quelques méandres plus loin, le sentier rejoint la rivière. C’est l’endroit idéal pour casser la croute. Nous sommes à quelques dizaines de mètres de la route en rive gauche, où nous voyons passer les toits des voitures, mais il est fort probable que les automobilistes ne puissent nous voir.
Un peu plus loin, alors que notre groupe de nudiens s’échelonne sur le sentier, un automobiliste sur la rive opposée a du nous repérer et klaxonne répététivement. Le sentier remonte à nouveau pour franchir le défilé de la roche coupée puis traverse un couloir de pierrailles, contourne le rocher du château et fini par remonter définitivement sur le plateau.

Rocher du Château.

Un raccourcis nous évite d’aller jusqu’au village de Pierre-Avez, et donc de nous rhabiller. Des pistes dans la garrigue reviennent directement sur Antonaves. La végétation serrée nous protège efficacement du vent jusqu’à ce que nous débouchions dans une vaste prairie où le Mistral se déchaîne. Nous mettons un point d’honneur à la traverser en tenue de peau, pour aller nous réfugier derrière un buisson en attendant les derniers.
La descente sur le village est à l’abri et nous pouvons poursuivre en toute quiétude en admirant le panorama sur la large vallée où le Buech tresse son cours, dominée en face par l’impressionnante forteresse médiévale de Mison.

Château féodal de Mison.

Extrait de carte IGN

Jeudi 24 mars : La montagne de Durbonas (2086 m : dénivelé 1086 m).

La montagne de Durbonas, grand sommet très boisé, juste en face du gîte, n’est pas à priori d’un attrait exceptionnel. D’autant plus que l’itinéraire de montée est en versant nord, donc à priori à l’ombre.
Cependant, elle manque à notre “tableau de chasse“, et comme le départ se fait à pied depuis le gîte…
De la maison forestière, une mauvaise piste descend dans le fond du vallon, traverse le torrent sur un pont provisoire de branchage et remonte en face jusqu’à la route goudronnée qui mène à la chartreuse de Durbon.

Croix des Chartreux.

Après avoir jeté un coup d’œil aux ruines de cette dernière, nous suivons une piste forestière, puis l’abandonnons pour des chemins de tirage. Les plus réchauffés se déshabillent d’autant plus qu’ayant perdu le chemin sous la neige, nous suons sérieusement, montant droit dans des pentes fortes.
Encore un effort, et nous rejoignons une piste forestière juste pour la traverser, le sentier est en face.

Sans nouvelles difficultés, nous arrivons dans une large combe déboisée : les prairies de Plate Bansi. Sortir de la forêt et retrouver un franc soleil est bienvenu. A partir d’ici, la couche de neige est importante et il n’est pas facile de retrouver le sentier sur l’autre versant. Nous rentrons à nouveau dans la forêt qui couvre un versant très raide. Le sentier, en traversée, est parcimonieusement balisé de points de peinture orange. La neige est épaisse, poudreuse et foireuse. Le plus souvent, la plateforme du chemin a complètement disparu. Des branches basses couchées par la neige cachent la suite. Les plus vaillants font la trace, se perdent, montent trop haut. Le groupe se disperse. Pour ma part, je suis le GPS, toujours en traversée. Philippe et Jacques Marie tentent au prix d’efforts considérables dans la neige à billes de rejoindre directement la crête. Ce sera en progressant accrochés aux arbres pour franchir de petites barres rocheuses. Pour ma part, avec le reste du groupe, je continue à me fier au GPS et finit par rejoindre les prairies de la crête sommitale parsemées de pins à crochets. On tourne à 180° et l’on revient vers l’Ouest en direction du sommet. A notre droite la face sud, extrêmement raide, entrecoupée de falaises, plonge directement sur la vallée du Buech.

Bachat.

Une antécîme nous sépare du sommet. Une petite barre et un bois de pins nous protégent du vent. Après les efforts intenses dans la neige profonde, le groupe rechigne à aller jusqu’au sommet et préfère s’accorder une longue pause au soleil.
Mais le vrai sommet me nargue et je me décide à aller y faire un tour. Les autres somnolent et peaufinent leur bronzage.

La suite est une pente très douce, entre les les pins encore givrés du matin qui débouche d’un coup au sommet d’une falaise.

De là, le panorama est extraordinaire et justifie à lui tout seul les efforts de la montée.
En effet, le Durbonas est excentré par rapport aux autres montagnes et le tour d’horizon va du mont Pelvoux au Mercantour, aux Ecrins, au parois Ouest du Dévoluy, à la Mathésine et au Vercors.
On reconnaît entre autres, le Ventoux avec son couloir nord, le pic pointu du Mont Viso, La montagne d’Aurouse et par derrière le col du Noyer, l’Olan, La barre des Ecrins, la Meige, etc..
Viennent ensuite les grands sommet du Dévoluy avec le Grand Ferrand; puis nos randos de l’année précedente : la Pointe de Feuillette, le Rognon, le Jocou. Encore plus à l’Ouest la Toussière et le Jigouret.
Je redescend au “bivouac“ et motive le groupe pour aller au sommet. Ils ne le regretteront pas.

A l’horizon, les sommets du Mercantour.

Montagne d’Aurouze (Dévoluy).

Le massif des Ecrins.

Dévoluy avec le Grand Ferrand.

A la descente, on suit sagement le GPS et trouvons sans difficultés le sentier que nous avions perdu.

Extrait de carte IGN

Vendredi 25 mars : Les deux cols et les Chabottes (dénivelé cumulé : 470 m).

Jour gris qui n’incite pas à s’engager en altitude, d’autant plus que la fatigue se fait sentir, après les 1100 m de dénivelé du Durbonas et un début de semaine très actif.
Le sentier du col de Guillotier serpente dans un adret sec de hêtres sur éboulis. La neige est absente et les raquettes inutiles restent sur les sacs. Un rayon de soleil nous est accordé et nous montons nus jusqu’au col. L’autre versant (nord) est encore enneigé, mais trop irrégulièrement pour justifier les raquettes. Une traversée légèrement descendante nous conduit au col du Pendu où Dominique et Guy nous quittent pour rentrer dans leurs pénates.

Du Pendu, le sentier descend vers la prairie des Chabottes en traversant sur la fin des pentes impressionnantes dominant le torrent. Tout faux pas est interdit.
A la cabane des Chabottes, le ciel est couvert. Nous mangeons, habillés, sur la table et les bancs installés là par l’ONF. Nous rentrons au gîte par le col du Pendu. La pluie arrive au moment où nous franchissons la porte.

Extrait de carte IGN

Samedi 26 mars : La montagne de Chamousset (2089 m : dénivelé 889 m).

Depuis Saint Julien, le Chamousset nous fait de l’œil par dessus la crête du Pendu. Le premier jour il était uniformément blanc, mais après ces quelques jours de beau temps la neige a presque complètement disparu. Sans quoi, nous n’aurions d’ailleurs pas pu réaliser cette ascension car les pentes sont très raides (de l’ordre de 45°).
La neige a également daigné fondre dans la gorge du Riou Froid, libérant l’accès automobile au Pré du Garde et nous évitant ainsi une heure de marche préliminaire sur goudron.
Dès le départ, le sentier annonce la couleur, s’élevant par de nombreux lacets dans un adret raide et coupé de barres rocheuses. Le premier ressaut franchis, on rejoint une route forestière que l’on suit sur quelques centaines de mètres, puis que l’on abandonne pour une combe ombragée où subsiste de la neige. Au col de Pré-Pinel, le sentier reprend son ascension et sort rapidement de la forêt pour louvoyer dans de raides pentes d’herbe.

Comme d’habitude les lièvres courent devant et n’ont ni carte ni GPS. Je suis derrière avec le reste du groupe ; mais au bout d’un moment les choses ne correspondent plus au souvenir que j’ai de la carte. Un coup d’œil au GPS : nous sommes engagés sur un sentier sans issue (du moins en cette saison). Je bat le rappel, mais les plus rapides sont trop loin et préfèrent monter droit dans la pente (45° sur herbe sèches ! Sur les mottes comme dit Philippe).

Les plus sages font demi-tour et retrouvent le bon sentier qui conduit tranquillement à la crête.
Cette dernière large et peu pentue conduit au sommet par une alternance de plaques d’herbe et de neige.
Un vautour passe et repasse de plus en plus près intrigué par ces humanoïdes inhabituellement dévêtus.

Nous retrouvons Philippe et Jacques Marie qui nous ont précédé au sommet. Ils ont croisé des chamois de près, nous diront-ils.
Le sommet est une étroite arrête de neige où il vaut mieux ne pas trop stationner. Les photos prises, la pause déjeuner sera plus bas à l’abri du vent.

Panorama sur le Dévoluy.

Jacques Marie a monté une bouteille de Clairette de Die et nous fêtons dignement la dernière rando de ce séjour particulièrement réussi.

Extrait de carte IGN

Le Pas de l’Olan

Juin 2015.

Seul.

Alpes, massif des Ecrins

Parti pour une reconnaissance d’itinéraire en vue du rassemblement de randonneurs naturistes en Valgaudemar de septembre 2015.

Le sentier qui monte au refuge des souffles démarre de VILLARD-LOUBIERE et mon retour par le refuge de l’Olan me ramènera à LA CHAPELLE EN VALGAUDEMAR, localités distantes d’environ 4 Km par la route.
Plutôt que de faire du stop pour revenir à mon point de départ, je choisis d’utiliser un cheminement piéton en fond de vallée dénommé “la Valgaude“.
En conséquence, je pose ma voiture à peu près a mi chemin entre ces deux localités, au pont des Andrieux.

Le vallon des Souffles rejoint le fond de la vallée.

Le sentier, bien qu’indiqué par des panneaux, commence par se perdre dans des prairies de fauche, où j’hésite à piétiner les foins, ce qui me conduit à progresser sur des tas d’épierrage peu stables encombrés d’arcosses.
Un tracteur, que je ne puis voir, tourne à proximité, ce qui me dissuade de me mettre nu de suite. Les vagues traces que je suis viennent butter au pied des barres rocheuse où je retrouve un vrai sentier. Ce dernier, désormais à peu près horizontal prend la direction de Villard-Loubière. La vue se dégage et je puis enfin localiser le tracteur qui fauche un pré un peu en contre-bas. Sur de ne plus risquer d’être surpris nu, j’adopte ma tenue préférée.

Des fleurs partout.

Le village de Villard-Loubière.

Maintenant, les choses sérieuses commencent. Le sentier ne va pas un instant cesser de monter ; heureusement le plus souvent sous le couvert d’une forêt clairsemée.
Je ne rencontrerais personne jusqu’au refuge et ce n’est qu’à quelques mètres de ce dernier que je me rhabillerais.

Progressivement, la vue sur les sommets se dégage.

Lys orangé au bord du chemin.

Des lames de calcaire dressées à la verticale.

Rhododendrons.

Refuge des souffles.

Je suis le premier client de la journée ; hors des amis du gardien qui redescendront un peu plus tard.
Dans la soirée arrive un groupe d’amis avec des enfants. Misère, après discussion, je comprend que demain, ils comptent suivre au moins partiellement le même itinéraire que moi.

Les cimes jouent avec les nuages.

Profonde vallée du Valgaudemar.

Coucher de soleil sur le Petit Chaillol.

Le diner est sympathique. Le groupe m’invite à sa table et assez vite, nous nous découvrons des connaissances communes. Une des personnes travaille aux services techniques de la ville de Gap. Notre colistier “Grand Pa“ est un de ses collègues. Bien sur je n’évoque pas ses balades naturistes.
Le coucher de soleil et le crépuscule sont magnifiques et je vais sortir plusieurs fois prendre des photos, espérant avoir fait la plus belle, mais 10 mn plus tard, c’est encore plus beau…

Le lendemain matin.

Le lendemain matin lever à 7 h. je laisse le groupe partir largement avant moi. Quand je quitte à mon tour le refuge, ils ont disparu derrière le premier col et je puis profiter nu des premiers rayons du soleil.
Au col, je les aperçoit assez loin dans la montée vers le lac, pas de problème.

Le Pic des Souffles.

Vers le Vieux Chaillol.

Le cirque de Pétarel.

Une profonde vallée.

Par contre, soupçonnant qu’ils se sont arrètés, au moins un moment, au bord du lac, je renfile mon short et comme je le pensais, les retrouve derrière un mamelon.

Le lac Lauthier. Mais il était trop tôt pour s’y baigner.

Nous gagnons ensemble le col suivant en discutant, puis nos itinéraires divergent. Je suis à nouveau seul, et bien sur, nu.
Le sentier s’engage dans une longue traversée à flanc de montagne pour gagner la base de l’éboulis qui descend du Pas de l’Olan.

Vers la Brèche de l’Olan.

Au sud, le Sirac domine toutes les autres montagnes.

Des pluies récentes ont fortement raviné ce versant et le sentier a été emporté dans la traversée d’un couloir. S’en suit une escalade délicate sur des dalles polies recouvertes de gravillons qui nécessite une attention de tous les instants et génère un peu d’adrénaline.

Vallée de Navette et le Vieux Chaillol.

Finalement, je rejoins un sentier plus important qui monte en zig-zags dans l’éboulis sous le pas.
Des voix attirent mon attention et levant la tête, je repère un couple qui descend. Je reste nu jusqu’à une cinquantaine de mètres d’eux puis enfile posément mon short. Quand je les croise, la femme a un sourire entendu ; mais aucune allusion à ma nudité. L’homme n’a pas l’air d’avoir le pied très montagnard. Alors je leur signale la difficulté de la traversée de la ravine et leur conseille de prendre un autre itinéraire, plus long, mais moins exposé.
A peine ont-il pris quelques distances que je suis à nouveau nu. Ils ne se retourneront même pas pour vérifier ma tenue.

Approche du Pas de l’Olan.

Un petit pas d’escalade pour passer la brèche et me voici de l’autre coté, en vue des glaciers de la cime du Vallon et du refuge de l’Olan dont on ne distingue que le toit, encastré qu’il est, dans le mamelon qui le supporte afin de faire le dos rond aux avalanches.

Au Pas de l’Olan.

Myosotis mousse au ¨Pas de l’Olan.

Tête du Vallon.

Pas de l’Olan.

Le refuge de l’Olan fait le dos rond aux avalanches.

Il n’est pas loin de midi et le soleil commence à “taper“ sérieusement et malgré les couches de crême solaire dont je me suis copieusement enduit ; un petit picotement m’avertis qu’il est temps de me protéger plus sérieusement.
Je poursuis nu jusqu’à une centaine de mètres du refuge, puis, un groupe d’alpinistes qui redescend de la Tête du Vallon se rapprochant j’adopte une tenue plus décente (short et Tshirt).

Refuge de l’Olan.

Sous le refuge, le sentier plonge rapidement dans la pente, et pour ne pas finir à l’hôpital des coups de soleil, je resterais vêtu jusqu’au fond de la vallée.

Cime d’Olan.

Je commençais à me féliciter de la rapidité de ma descente, quand surmontant un verrou, je découvre d’un coup, dominant de près de 1000 m la vallée du Valgaudemar, tout le chemin qui me reste à faire sous un soleil écrasant. jusqu’aux rives de la Séveraisse.

l’impressionnante descente sur la Chapelle en Valgaudemar.

Oeillets

Les derniers lacets du sentier me paraissent interminables. Je rêve d’une halte à l’ombre fraiche de la ripisylve au bord du torrent, là où finit le sentier.
Enfin après un dernier lacet, j’y suis. Oh déception, un troupeau de moutons y a passé la nuit et l’herbe piétinée est couverte de déjection malodorantes. Pas un endroit décent où se poser !
Il faut poursuivre. Pour rejoindre mon point de départ, je comptais emprunter un chemin porté sur la carte en rive droite de la Séveraisse. Malheureusement, un grand écroulement rocheux a tout balayé et il n’est plus d’autre solution que de suivre le goudron et traverser le village de la Chapelle pour le contourner. Exercice que mes pieds endoloris n’apprécient guère.

En fond de vallée, sur le chemin de la Valgaude.

J’hésite à tendre le pouce pour rentrer en stop, puis me ravise et retrouve après avoir franchis une passerelle le chemin ombragé et désert de “la Valgaude“ qui avec une marche agréable de trois kilomètres, à nouveau nu, bien sur, me ramène à mon point de départ et à ma voiture.

Extrait de carte IGN

 

La Sylve Bénite

7 avril 2015.

Seul.

Bas Dauphiné.

Le Bas Dauphiné est un ancien cône de déjection provenant de la démolition des Alpes au fur et à mesure de leur surrection. Ce dernier a été fortement entaillé par les glaciers qui on découpé de larges plaines séparées par des crêts pouvant s’élever de plusieurs centaines de mètres par rapport au paysage avoisinant.
C’est un paysage de cultures, de prairie et de forêts. Ces dernières occupent les points hauts et les plateaux.
La forêt de la Sylve Bénite est un de ces crêts qui s’éleve au Sud Ouest du lac de Paladru, entre deux couloirs glaciaires. A son pied, les Chartreux avaient établis un de leurs couvents dont il reste l’enclos et quelques bâtiments.
Après quelques errements automobiles dus à l’oubli de la carte à grande échelle je stationne ma voiture à proximité de l’ancien prieuré.

Un long couloir herbu.

Après quelques errements automobiles dus à l’oubli de la carte à grande échelle je stationne ma voiture à proximité de l’ancien prieuré.
J’ai prévu de parcourir, du Sud au Nord, une boucle passant par les modestes sommets.
Le chemin démarre en forêt, large et est apparemment fréquenté en saison touristique (Il est balisé chemin de Compostelle). Je n’ose pas me déshabiller pour le moment, craignant de rencontrer quelque promeneur, d’autant que malgré un franc soleil, le petit vent du nord est bien frisquet.
Au bout d’un petit moment, je débouche dans une belle combe herbue qui mérite une photo. J’installe donc mon trépied et me déshabille pour faire le personnage, un peu inquiet, attentif au moindre bruit de voix. Personne, la photo est faite et je continue dans ma tenue de peau.

Chemin creux.

Le vent est mordant et je hâte le pas pour gagner un chemin creux où je serais relativement à l’abri.
Ce dernier monte assez raide dans une combe de prairies parsemée de captages, puis en forêt jusqu’à un petit col où convergent plusieurs chemins. Une pancarte indique « la carrière d’argile », cette ancienne exploitation en ce lieu m’intrigue et j’opte pour ce détour.

Vers la carrière d’argile.

Au bout d’une demi-heure de marche, me voilà sur les lieux, Un grand trou s’ouvre dans le flanc de la colline avec de multiples mares et une végétation peu pénétrable. Une cabane de chasseurs occupe la seule clairière.
100 m plus loin, un chemin qui monte droit dans la pente va me ramener à la crête. Il ne doit pas faire bon venir randonner nu ici en automne, car il est bordé tous les 20 ou 30 m de postes de tir numérotés pour des battues au gros gibier.

Vue sur la vallée de la Bourbre.

Encore quelques centaines de mètres et j’atteins le premier sommet “le Mollard des lièvres“. Peu de visibilité, hors à partir d’une coupe de bois où je profite de l’abri du vent pour manger au soleil, assis sur une souche.

Je reprend ma progression vers le Nord en descendant vers un col passage d’un grand chemin carrossable. Une verte prairie me tend les bras. Les premières vaches sont déjà la, alors que j’entrevois la voiture de leur propriétaire qui descend par un autre chemin.
A découvert, le vent reprend du poil de la bête et je presse le pas pour me réchauffer. Ici on ne mégote pas sur les barbelés : 4 à 5 rangées écartées de pas plus de 20 cm posées sur des poteaux rapprochés. Pas question de sortir du chemin !

Je passes à proximité de deux maisons en ruine cachées au fond d’une combe, puis gagne le sommet nord sur lequel je ne m’attarde pas en raison du vent glacial. Quelques hésitations d’itinéraire, puis je retrouve la forêt protectrice.
Un chien et deux personnes apparaissent dans la prairie que je viens de traverser, mais ils sont bien trop loin pour me voir sous le couvert des arbres.
Je descend par un chemin balisé de rubalises, restes probable d’une course pédestre.

Lac de Paladru et massif de la Chartreuse en arrière plan.

Une petite crête déboisée ouvre de belles vues sur le lac de Paladru, puis je rejoint le grand chemin balisé Compostelle qui me ramène au couvent.

La Grande Sure en Chartreuse.

A quelques mètres du mur d’enceinte, je finis par me rhabiller.
Bilan : 3 h de marche nue, sans avoir croisé quiconque.

Bâtiments du monastère.

Extrait de carte IGN.

 

 

Les crêtes de Saint Paul d’Izeaux

Bas Dauphiné

31 mars 2015

Avec Alain

Une randonnée printanière dans les collines du Bas Dauphiné.

Vers 10 h je retrouve Alain qui m’attend sur la place du village.
Nous échangeons quelques nouvelles et souvenirs de la rando du Beauchêne, puis avoir préparé les sacs descendons habillés par des chemins boueux vers le hameau du Chambard. Après une courte partie urbanisée et goudronnée, je reconnais le chemin qui doit nous conduire aux crêtes. Il n’est malheureusement plus entretenu depuis longtemps et encombré d’arbustes et de ronces. Nous nous en échappons pour gagner une prairie et à quelques dizaines de mètres des maison les plus proches. Désormais à l’abri des regards derrière une rangée d’arbres, nous adoptons notre tenue préférée.
L’herbe tendre de quelques jours, déroule un tapis uniformément vert, relaxant pour nos yeux, rompant avec la bichromie de la neige de l’hiver.
Une agréable brise sensuelle, caresse notre peau, s’infiltre dans l’entrejambe, alors qu’un soleil encore timide réchauffe nos corps.

Collines

Nous nous élevons progressivement de prairies en prairies franchissant les clôtures soit par des passages aménagés, ou à défaut en se coulant avec précautions entre l’agressif barbelé et l’herbe douce.
Quelques coupes de bois rases nous opposent un sol plus tourmenté jonché de souches et de branches abandonnées.

Une longue prairie finit sur le point culminant, belvédère exceptionnel sur le Bas Dauphine, jusqu’aux Mont du Lyonnais et le Pilat, la plaine de la Biêvre Valloire et à l’opposé les sombres barrières du Vercors et de la Chartreuse. La chaine de Belledonne, enneigée barre l’horizon derrière la cluse de l’Isère.

Plaine de la Biêvre.
Au delà de la vallée de l’Isère, le Vercors
Le massif de la Chartreuse.
Plaine de la Biêvre-Valloire.
La chaîne de Belledonne enneigée.

Maintenant, nous redescendons sur le versant sud. Un barbelé un peu difficile à franchir, puis sur un petit col nous gagnons le terminus d’une route montant de Tullins. Personne. D’ailleurs nous ne ferons aucune rencontre de tout notre périple. S’enchaine ensuite la remontée d’une belle combe bien verte qui se termine par un cheminement hors traces dans un bois.

Désormais en forêt, nous rejoignons une large piste qui occupe la crête. Puis une route engravillonnée nous mène au hameau de la Tuilière. En vue de la première maison, il faut bien se rhabiller. Le hameau traversé, je comptais revenir à la nudité, mais finalement cela ne vaut pas le coup. Le bourg et nos voitures ne sont plus qu’à 10 mn de marche.

Premières jonquilles.