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Serre les Têtes – l’Aupillon

Février 2015.

Avec Philippe.

Alpes, Beauchêne.

Petits sommets au Sud du col de Grimone, entre le Jocou et la Toussière.
En reconnaissance pour le rassemblement de Saint Julien en Beauchêne.

Philippe et moi même sommes au col de Grimone vers 9 h1/2.
Le ciel est parfaitement bleu, mais le fond de l’air encore frisquet malgré un soleil resplendissant.
D’ici, la montée au Serre Les Têtes semble plutôt ardue. Un premier ressaut raide et boisé semble inattaquable de front.
Un peu avant notre départ, arrive une voiture dont s’extraient deux jeunes hommes qui semblent avoir le même objectif que nous.
Nous partons les premiers. Du col, des traces de raquettes divergent un peu dans tous les sens. Nous choisissons la plus importante sur une piste forestière qui traverse le versant Nord au froid et à l’ombre.
La trace s’arrête d’un coup au pied d’un petit couloir qui monte à travers la forêt.
La neige est poudreuse et profonde. Philippe fait la trace. Derrière je souffle et me gèle les doigts.
Nous finissons sur une selle où nous retrouvons le soleil.

Le massif du Dévoluy.

Nous nous mettons immédiatement nus.

La suite est peu engageante. Soit une pente raide aux petits arbres serrés, soit une pente de neige encore plus raide et que je soupçonne avalancheuse.
Prudemment, nous montons à la limite de la forêt. 20 cm de poudre recouvrent un couche de neige dure. Les raquettes accrochent mal et glissent à chaque pas. Des branches couchées sous la neige sont autant d’obstacles qui demandent des effort haletants pour les franchir.
Des voix nous apprennent que les autres sont arrivés sur la selle et s’engagent derrière nous.
Finalement nous sortons de la forêt un peu sous le sommet et la pente s’adoucit. Il était temps, car maintenant nous progressons sur des plaque à vent dures où les raquettes sont un peu limite.
Le sommet : belle vue, mais un peu venté.

Montagne de Durbonas.

Le Jocou.

Vers l’Ouest.

La descente sur le col des prêtres m’inquiétait, car pentue selon la carte. Finalement, exposée au sud et au vent, elle est presque entièrement déneigée. Pas de risque d’avalanche.

Crête de l’Aupillon.

Le passage pour gagner la crête de l’Aupillon semble problématique dans des barres rocheuse.

Au col des Prêtres.

Arrivés au col, nous nous retournons pour apercevoir les deux autres au sommet.

Sur la crête de l’Aupillon.

Nous remontons vers le sud une large croupe et venons butter sous la barre. Miraculeusement une brèche s’ouvre à nous et l’arête est facilement gagnée.

En suivant les traces de chamois. Au fond la Toussière.

La progression vers le sud, maintenant est un peu délicate car la crête est rocheuse et encombrée de pins à crochets. Une trace de chamois nous montre le bon itinéraire et nous finissons par gagner le très étroit sommet sud.

Arrivée au sommet sud.

En descendant sur le col de Lus.

De là, la descente sur le col de Lus est sans problème, interrompue par une pose casse-croute au soleil.
Au col nous retrouvons la forêt. Un panneau indique le col de Grimone par le sentier des Templiers qui traverse tout le versant Est de la montagne à mi-hauteur. C’est tout à fait ce qu’il nous faut pour ne pas avoir à remonter sous le col.
Au début le sentier est bien ouvert dans la forêt de pins rabougris, puis rejoint une piste forestière.
Dans une prairie, nous avons quelques difficultés à trouver le suite car le sentier est complétement effacé par la neige.

Sur le retour.

Nous replongeons dans la forêt est dans une combe nord-est à l’ombre.
Surmonter un petit ressaut me génère des crampes dans les jambes. Brusquement j’ai très froid et doit me rhabiller alors que Philippe continue nu.
Le soleil retrouvé je reprend ma tenue préférée.
Les choses se compliquent. Le sentier traverse de raides couloirs dominant de petites barres rocheuses. Heureusement la neige est transformée, mais toute glissade serait fatale. Nous nous disons qu’il est exclus de faire passer un groupe par là.
Nous sommes maintenant tout proches du col de Grimone et nous retrouvons des traces de raquettes. Il fait si bon nu au soleil ! Quand nous décidons d’en profiter pour une pose, nous somme trop près de la route et bien visibles. Alors nous nous rhabillons à contre-cœur.
La voiture de nos suiveurs n’est plus là. Ils ont du se contenter de faire le premier sommet.
Je suis leur trace dans le versant et voit qu’ils ont préféré la pente de neige à la lisière de la forêt et ont déclenché une coulée de neige là même où je soupçonnais un risque. Probablement plus de peur que de mal puisqu’ils sont rentrés.

Extrait de carte IGN

Le Serre de Beaupuy

Alpes : massif du Vercors

Janvier 2015

Seul

Randonue lors d’un début d’hiver qui ressemblait sérieusement à un printemps.

De passage pour des raisons professionnelles par le col de Menée, au sud du Vercors, je n’ai pas résisté par ce beau temps à entreprendre une petite randonue.
En face du parking à l’entrée du tunnel un sentier s’élève rapidement vers le col signalé par une croix.

Croix du col de Menée

Un petit vent frais, proche de zéro, court dans les combes. J’hésite à me mettre nu. Mais arrivé devant la croix, je ne résiste pas à l’envie de faire une belle image. Une fois nu, je continue, sur la crête, abandonnant le sentier pour le versant ensoleillé.

Vers la vallée de la Drôme.
De mamelon en mamelon.

La première croupe débouche sur une selle enneigée exposée à la bise. Je la traverse rapidement pour gagner l’abri d’un mamelon. Avec l’effort de la marche rapide et le soleil, je finis par réguler ma température. Le sentier s’élève ensuite en versant sud de la croupe suivante. Au fur et à mesure que je monte, la vue se dégage sur la bordure Est du massif du Vercors, le Mont aiguille et le Grand Veymont, ainsi qu’à l’opposé sur les sommets impressionnants du Dévoluy.

Massif de l’Oisans.
Survivante à l’hiver.
Vers le col de la Lauzette.

Une large combe à nouveau ventée, partiellement enneigée, mais bien ensoleillée conduit au col le la Lauzette.
A partir de là dans la forêt, je retrouve la neige dans laquelle j’enfonce, et l’ombre. Ambiance froide.
Je force le pas pour rejoindre le soleil sur une crête d’éboulis.

Grand Veymont et Mont Aiguille.
Massif du Dévoluy
Montagne du Jocou.
Vers le Serre de Beaupuy.
Vallon de Combeau.

Mon temps étant limité, j’évite le premier sommet du Serre de Beaupuy et traverse la large plateau sommital. Un petit détour par le bord de la falaise, me permet de contempler à mes pieds le vallon de Combeau.

Montagne de la Toussière.
Au sommet.

Le cairn sommital est un peu abrité du vent par la présence d’un bosquet d’arbres.
Une petite pause casse-croute, et c’est reparti pour la descente sur le col de Côte Chèvre. Je suis de vieilles traces de raquettes dans une neige qui cache les chausse-trappes piquantes d’un matelas de genévriers.

Lynx, chien ou loup ?

En arrivant à proximité du col, une trace dans la neige m’intrigue : de grosses pattes d’un canidé ou un félin (pas de griffes visibles) empruntent un temps le sentier (Lynx, chien ou loup ?).

Serre de Beaupuy.

Sous le col, le sentier se perd sous la neige. Je suis d’anciennes traces de raquette, mais je vois bien que cet itinéraire m’éloigne de plus en plus de mon point de départ. Finalement, au niveau d’une ruine, je décide de partir vers l’Est selon une vague piste de tirage de bois fortement enneigée où j’enfonce lourdement à chaque pas.

Sur le retour.

Coup de chance la piste fini par déboucher dans une clairière portée sur la carte, puis un sentier se précise qui rejoint une grande prairie ou est établie une colonie de vacances, en cette saison déserte.
Une nouvelle piste me ramène à la route départementale. Il faut se résoudre à se rhabiller. Encore 2 km à faire sur le goudron pour retrouver la voiture. Et paradoxalement, pourtant, enfin vêtu d’un veste polaire et d’un pantalon de ski, j’aurais pour la première fois réellement froid.

Bellacha

2 septembre 2014.

Alpes, chaine de la Lauzière.

seul

A Bonneval, je trouve sans difficultés la route forestière qui monte au parking de Plan de Lay, mais un premier obstacle me barre le chemin. Une tranchée a été ouverte en travers de la route et ne me laisse que l’étroit bas-coté. C’est juste, mais ouf, ça passe. Mes déboires ne sont pas finis. Après une série interminable de lacets, je me retrouve devant une pancarte « débardage de bois, accès interdit ». Je sais que je peux arriver au même point par une autre route, mais redescendre puis remonter depuis Cellier me prendrait au moins une heure. Alors je tente le tout tout le tout, je transgresse. Pas de bruits de tronçonneuses ou de tracteurs, les bucherons ne sont probablement pas encore arrivés.
La route est bordée de troncs empilés et jonchée de petit bois. A tout moment, je puis me retrouver en face d’un tronc en travers, pire ,en voir débarouler un sur la piste.
Je suis conscient du risque et force l’allure afin de rester le moins longtemps exposé. Le chemin est pas mal défoncé par l’impact des grumes et la voiture cahote et touche plusieurs fois. Enfin, je sors de la forêt.Le risque s’estompe. Mais voila une barrière plantée en travers. Elle est destinée aux voitures qui viendraient dans l’autre sens.
Je descends de voiture et la déplace pour passer, puis la remet.
Peu après j’arrive au parking. Personne. Je me mets nu et à ce moment là passe un 4X4 de bucherons. Je l’ai échappé belle! Si ceux-là m’avaient trouvé sur leur chantier, j’aurais pris un sérieux savon.

Je projette de courcircuiter un bon Km de route par un sentier parallèle. J’en trouve difficilement le départ au bout de la prairie. Mais il est de toute évidence abandonné. Des arbres couchés en travers m’obligent à quelques gymnastiques, jusqu’à ce qu’un chablis serré me barre définitivement le passage. Je n’ai plus qu’a descendre sur la route quelques dizaines de mètres plus bas.
Cette dernière se poursuit sur l’autre versant et j’aurais largement le temps de me rhabiller si je voyais arriver une voiture. Je reste nu. Étrange sensation de vulnérabilité que de progresser ainsi sur le goudron…
Le chalet du Gelon est fermé. Pas plus de voiture sur ce deuxième parking. Au départ du sentier, des panneaux indicateurs me préviennent qu’en dehors d’un sentier balcon, les itinéraires ne sont pas balisés. On verra bien, j’ai l’habitude de naviguer à vue.

Vallon du Gelon

Le sentier commence par remonter le fond du vallon en rive droite du torrent, puis surmonte une barre rocheuse par quelques zig-zag dans des vernes. Je débouche assez vite sur un vaste plan herbu. Les pancartes ont été démontées en prévision de l’hiver et sont posées au sol. De leur lecture, je conclus qu’à partir d’ici je dois quitter le bon sentier que je suivais jusque là pour de vagues sentes dans l’alpage. Je devine une trace qui monte au col de l’Homme. Cet itinéraire me conviendrait bien, mais un troupeau de moutons occupe le versant protégé par des patous qui ne tardent pas à me repérer et à aboyer dans ma direction. Une expérience stressante en Vercors avec ce genre d’animal, m’incite à contourner largement le troupeau.

Sous les barres rocheuses.

A l’est, l’horizon est barré par les glaciers de la Vanoise.

Me voici donc parti dans des pentes soutenues hors de toute trace. Au bout d’une bonne heure d’effort, je tombe, surpris, sur un bon sentier bien tracé. Ma carte ne l’indique pas et n’en indique aucun de toute façon !
Il monte dans la direction désirée, je le suis donc. Une petite pose casse-croute sur bloc, puis je reprends ma route.

C’est alors qu »au détour d’un épaulement, je tombe nez à nez avec un randonneur qui descend.
Je m’excuse de ma tenue, n’ayant pas eu le temps d’anticiper le croisement, mais ce dernier me dit que cela ne le gêne nullement et que ma tenue est la plus belle que l’on puisse adopter dans ce cadre naturel.
Il m’avertit également qu’il y a une cabane de berger pas loin d’où nous nous trouvons avec un patou un peu agressif.
Du coup, j’opte pour quitter le sentier et suivre la crête Sud qui conduit au Mont Bellacha à travers une série de ressauts et antécimes.

La Pointe des Marmottes Noires.

Alors que je traverse un parc à moutons désert, je domine la minuscule cabane en bois encoché du berger. Pas de patou, mais le maître des lieux assis sur un bidon suit ma progression avec des jumelle qui me renvoient de temps en temps un éclat de lumière.
Il a certainement observé ma tenue étrange et essaye de comprendre.

Gransd Arc et les Bauges en arrière plan.

L’arête devient de plus en plus rocheuse et nécessite même quelques pas d’escalade sur un bon granite, un peu osés pour un homme seul. Finalement je remonte la crête sommitale constituée d’un éboulis herbeux. Deux personnes vaquent au sommet à coté du signal géodésique et observent ma progression. Je renfile mon short à une cinquantaine de mètre d’eux et rejoint le sommet. Ce sont deux jeunes bergers avec leurs chiens. Ils n’ont pu que constater ma nudité, mais n’y font pas allusion dans la conversation qui dure quelques temps.

L’arête rocheuse.

Le petit glacier de Cellier, sous le sommet de la Grande Lauzière.

Il est plus simple de redescendre par le sentier, et quelques dizaines de mètres après avoir quitté mes sympathiques interlocuteurs je retrouve la nudité.

Grande Motte et Grande Casse.

Je suis prudent à l’abord e la cabane, mais plus de berger, plus de chien. je continue donc ma descente dans le même appareil.
Bien plus bas, je suis à nouveau surpris par un randonneur qui monte. IL me demande des renseignements sur l’itinéraire nous comparons nos cartes, ceci tout naturellement, moi nu, lui habillé, sans aucune allusion à mon état.
A la cabane du Gelon je retrouve la route, et comme à l’aller, pour revenir à ma voiture, je re-parcours les 1 Km1/2 de goudron,toujours nu, sans rencontrer personne.
Je redescendrais par Cellier.

Glaciers de la Vanoise.

Extrait de carte IGN

Les lacs de Pétarel

Alpes : massif des Ecrins.

28 août 2014.

Seul.

Cela faisait un moment que je pensais à cette rando dans la vallée du Valgaudemar. Mais c’était une classique très fréquentée en saison touristique et un peu loin de chez moi (2h1/2 de route).
Hier, je me suis décidé.
J’ai fait toute la route, nu dans ma voiture, et à 7 h du matin j’étais au au parking de Fouronnière ou se trouvaient une seule automobile « de touristes » et des alpagistes qui préparaient la descente des moutons.

La vallée de la Navette à l’arrivée du soleil.

Le fond de la vallée est encore profondément à l’ombre alors que les sommets commencent à se dorer de soleil.
Compte-tenu de la présence des indigènes et surtout d’un petit vent frisquet, il me faut me résigner à m’habiller !

Après quelques centaines de mètres de sub-horizontalité à suivre le torrent, le sentier rentre dans le vif du sujet. Il y a 1200 m de dénivelé à avaler en peu de kilomètres jusqu’au col de Béranne.
Zig-zag après zig-zag, je m’approche du soleil qui me nargue quelques centaines de mètre plus haut.
Au rythme auquel je monte, je suis vite chaud et n’attend pas la divine caresse pour me déshabiller.
Finalement, le soleil qui progresse vers le bas de la pente et moi qui monte le plus vite possible finissons par nous rencontrer au niveau d’un petit replat.

Les ressauts se succèdent et quand je me retourne pour apprécier le vide qui se creuse derrière moi j’aperçois une doudoune orange qui pointe dans un lacet.
Je ne suis pas seul ! Même qu’ils sont deux et marchent vite. S’ils me rattrapent, je devrais me rhabiller et je suis si bien en cette tenue, que la seule solution acceptable est de forcer un peu plus l’allure et de creuser l’écart, d’autant plus que je m’arrête de temps en temps pour des photos et même des vidéos.

Le sentier surmonte encore quelques moraines, puis la pente s’adoucis dans un petit cirque sous le col.

Col de la Béranne.

Mais à ma surprise, la trace s’élance à nouveau dans des pentes sous le pic de Pétarel pour atteindre une brèche nettement plus élevée que le col.
Dans la dernière pente, je commence à souffler et le couple se rapproche de plus en plus. A cette distance, ils doivent percevoir ma tenue inhabituelle.

Les deux se rapprochent.

Je franchis la brèche et immédiatement, caché par l’éperon, j’enfile mon short et attend tranquillement mon poursuivant qui ne tarde pas à pointer son nez.
« Ce n’était pas la peine de vous rhabiller me dit-il, cela ne me gène pas.. » et de saluer mon anticonformisme qu’il apprécie. J’en profite pour lui remettre une de mes plaquettes sur la randonue, mais il se méprend sur mes intentions (information et non racollage) et me la rend sans vouloir la lire.
On discute un moment (avec lui et sa femme) le temps de casser une petite croute ; puis, je les laisse passer devant en direction du col de Pétarel et retrouve la nudité.

Du col de la Béranne, la vue porte jusqu’au Dévoluy et au Vercors.
Au col de Pétarel

Comme ils se sont arrêtés au col pour jouir de l’extraordinaire paysage, je les rejoins tout en restant à distance.

Lacs supérieurs de Pétarel.

Je fais quelques photos, puis, quand ils commencent la descente sur les lacs une vidéo.
Le vallon de Pétarel que l’on aborde ainsi par le haut comporte 4 lacs principaux. Du col on ne voit que les deux premiers, limpides et bleus, dominés à droite par les a-pics du Pic de Pétarel ; en face, l’Olan, grand sommet portant glaciers.

Brèche de la Romane.

Nous descendons assez raidement au niveau des lacs et mes deux prédécesseurs divergent vers une verte prairie où ils comptent apparemment passer un certain temps.
Je continue ma descente et en dessous du verrou rocheux apparaissent rapidement les deux autres lacs. Le berceau qui les abrite est bordé à gauche par d’élégantes aiguilles de granite et s’ouvre sur la chaine de sommets qui va du Pic des Souffles à la cime du Vallon.

Lacs inférieurs de Pétarel et le Pic d’Olan.

Deux personnes, des femmes, montent depuis la vallée et viennent s’installer sur un éperon qui domine le plus grand lac.
Sans me rhabiller, je les contourne à bonne distance et viens poser mon sac sur la rive en face. Je tombe également les chaussures et entièrement nu cherche un fond sableux ou une dalle en pente douce pour me baigner. L’eau est bien fraiche à mon goût. Je finis quand même par m’immerger brièvement , mais une crampe sévère me fait sortit de l’eau précipitamment.

Je passe encore un bon moment à me sécher au soleil en grignotant mes provisions, puis me remet en route vers la vallée.
En dessous du verrou qui soutient les lacs, la pente plonge très fortement et le sentier s’enfonce dans des vernes limitant la visibilité. A chaque virage je risque de tomber sur des randonneurs montant. Par chance j’ai pu à chaque fois, parce que j’avais entendu des voix, ou perçu une tache de couleur, me rhabiller à temps.

Vallée du Valgaudemar.

Le fond de la vallée est bien lointain et la descente commence à m’apparaitre interminable.

Montagne des Bans

Cependant tout à une fin et je finis par rejoindre le sentier balcon qui me ramène en traversé à peu près horizontale à travers la forêt, puis des prairies, au hameau des Portes. Là, je suis bien contraint d’adopter une tenue plus acceptable.

La chapelle en Valgaudemar.

Suit une longue marche sur une piste poussiéreuse où je croise un immense troupeau de moutons qui démontagne. Retour à la voiture. Mais je vais vite déchanter, car le troupeau descend lui aussi par la route et je ne pourrais le doubler que bien en aval du village de la Chapelle.

Une semaine de randonue en Rhône-Alpes

Du 4 au 8 août 2014

Du 4 au 8 août 2014, le petit groupe de randonneurs naturistes grenoblois et lyonnais s’est retrouvé pour une séries de randonues variées.

Lundi 4 Août : le lac des Bèches : en Oisans.
Avec ….., Patricia, Dominique et moi-même.

Vers 7 h du matin, ….. , Patricia, Dominique et moi-même quittons le parking du hameau du Clot à St. Christophe en Oisans, certains déjà en tenue de peau, malgré une ambiance quelque peu fraiche.
La vertigineuse passerelle sur le Vénéon franchie, le sentier remonte sur le versant opposé dans la forêt. L’effort incite tout le monde à se mettre nu.

La passerelle sur le Vénéon

Peu avant les chalets du Souchey, un magnifique cep attire l’œil de Dominique, qui met le champignon de coté pour le récupérer au retour.
Nous traversons précautionneusement entre les quelques maisons, qui contrairement à l’année dernière lors d’une précédente rando ne se révèlent pas habitées.

Chalets au Souchet

Le sentier en rive gauche sort progressivement de la forêt alternant de petites montées et descentes dans un terrain varié. Il se rapproche de plus en plus du torrent et du sentier principal de la rive droite. Au point où les deux itinéraires se recoupent, au niveau d’un petit pont de pierres, des femmes stationnent et discutent, attendant visiblement d’autres randonneurs. Nous nous rhabillons à peu de distance pour les croiser. Cependant, il semble bien qu’elles aient perçu notre nudité et le regard d’une d’entre elles lorsque je passe à proximité, en short, n’est pas des plus amène.
Passant à notre tour en rive droite, sous une belle cascade, alors que le sentier du refuge poursuit en rive gauche, nous retrouvons la tranquillité.
Le chalet du berger au Cloutet est fermé et nous pouvons poursuivre en état de naissance jusqu’aux abords du refuge de la Lavey.

Aux abords de la cabane du Cloutet

Nous admirons au passage le contenu de la serre où le gardien fait pousser ses salades et légumes.
La raide montée au lac des Bèches, sera l’occasion de quelques rencontres avec des textiles, qui ne s’offusquent pas outre-mesure de notre tenue minimaliste.

Montée au lac des Bèches.

Le ciel se couvre rapidement et se pose la question d’aller ou non jusqu’au lac. Finalement, nous décidons de prendre le risque pour pouvoir admirer l’étrange couleur bleue de ce lac glaciaire.
Après quelques photos, nous nous engageons dans la descente.

Lac des Bèches.

Un peu au dessus du refuge, la pluie commence à se manifester. Afin de descendre plus vite nous empruntons l’itinéraire normal et sous la pluie qui se précise croisons quelques personnes qui montent en refuge pour la nuit. Quelques réflexions peu amènes parviennent jusqu’à nos oreilles.
Poursuivant en rive gauche en aval du pont, la pluie redouble. Mes compagnons se réfugient sous leur cape. Pour ma part j’opte pour la nudité complète et une descente rapide pour compenser la fraicheur des gouttes et le petit vent frisquet qui s’est levé.
C’est dans cette tenue que je croise un groupe d’alpinistes qui montent au refuge. Ils ont du me prendre pour un fou !
Au Souchey, la pluie fait place à un pâle soleil. Dominique récupère au passage son champignon et la descente se poursuit lentement, trop lentement sur un sentier mouillé et glissant.
C’est presque à la nuit que nous rejoignons les voitures après 11h de rando.

Mardi 5 août 2014 : Sommet du Planary : Vercors.

Nous avons rendez vous, Dominique, Patricia et moi à Vif sur un parking avec Charlotte, journaliste stagiaire au Dauphiné Libéré. Elle est chargée d’écrire un article sur la randonue.
Elle souhaite nous accompagner dans une rando, mais en textile !
Pour ma part, je lui expose que je serais gêné de me mettre nu devant une inconnue habillée. Comme elle ne souhaite pas non plus adopter notre tenue préférée, l’option rando est abandonnée pour une discussion autour d’un verre dans un bar.
Les différent points de vue sur le naturisme et la randonue fusent. Charlotte pose des questions et prend consciencieusement des notes sur son petit cahier d’écolier.
L’interview terminé, Charlotte nous quitte et nous prenons un peu tardivement la direction de Chichiliane dans le Vercors. Heureusement, l’objectif du jour est un modeste sommet de 1700 m : le Planary.
Au sortir de la forêt, alors que nous nous sommes rhabillés, suspectant la présence d’un berger, nous sommes accueillis par un charmant chiot blanc. Mais la maman, un beau patou nous fonce dessus en aboyant méchamment. Étant le premier de la file, je subis son assaut. Elle se calme plus ou moins et j’envisage de reprendre ma progression quant un monstre blanc et sale déboule de derrière une bosse du terrain et s’en prend à son tour à moi.
Le bestiau qui doit peser au moins 50 kg, me fait face à environ un mètre de distance, montrant les crocs, ronflant de rage, le poil hérissé et les oreilles en arrière. Il n’est pas question que je recule, car je sens que je serais immédiatement assaillis. Je le fixe droit dans les yeux, des yeux jaunes de loup, sans le lâcher un seul instant du regard. Mes bâtons matérialisent un espace fragile entre lui et moi.
La situation se complique encore, quand Dominique me crie que la femelle revient derrière moi cherchant à me faire les mollets.
Je me retourne brièvement et la menace de mes battons. Elle abandonne et se retire avec un « wouf » qui met fin aux hostilités de sa part.
Le mâle me fait face encore un petit moment, puis me tourne le dos à son tour et disparaît derrière un bosse du terrain.
J’entreprends alors de m’éloigner autant que possible du troupeau en rejoignant la forêt. Patricia et Dominique hésitent à me suivre.
Ce dernier, resté en arrière, me crie à nouveau de faire attention, le mâle revient sournoisement par derrière moi, silencieusement, cette fois. Une courte confrontation et il s’éloigne à nouveau. Nous nous regroupons, franchissons une vague crête qui nous met hors de vue de nos assaillants et retrouvons la nudité.

Au sortir de la forêt.
La crête.
Vue sur le Mont Aiguille et le Vercors.
Crête sommitale.
Au sud, le Jocou.

Peu avant d’arriver au sommet le chien fera une dernière tentative d’intimidation, sans franchir la clôture électrifiée du parc.
Le sommet qui réserve une magnifique vue sur le Trièves et les montagnes qui le bordent, est trop venté pour s’y arrêter durablement et nous décidons de redescendre dans les prairies en dessous, plus abritées, pour collationner dans une longue pose nus au soleil.
Des textiles montent d’un coté d’une bosse, nous descendons de l’autre… puis nous rentrons dans la forêt. Le chemin, une piste forestière, est raide et caillouteux. Arrivés au bord de la route départementale nous nous rhabillons pour la traverser et libérons nos corps dès que le sentier est hors de portée de vue de cette dernière. Suit un long cheminement descendant en forêt. Encore un rhabillage temporaire à proximité d’une ferme, puis le sentier devient moins fréquenté, encombré de branches basses et d’orties. Gare aux mollets nus… La traversée un peu acrobatique d’un ruisseau nous ramène à un large chemin carrossable ; mais comme personne n’est en vue, nous restons nus, libres au soleil et au vent qui court sur la peau, jusqu’à quelques mètres de la voiture.

Mercredi 6 août : Le Col du Génépy : Vanoise

Changement de massif, direction PRALOGNAN-LA-VANOISE.
A 7 h Patricia, Dominique, Philippe et moi grelottons dans un petit vent frais au dernier parking du Pont de la Pêche. Pour le moment pas question de nudité. Nous délaissons la piste carrossable de la rive gauche, pour celle des chalets de Montaimont. Nous nous effeuillons progressivement avec l’effort de la montée, pour adopter la nudité un peu au dessus des derniers chalets.
Le soleil nous rejoint bientôt, alors que s’ouvre la vue sur les glaciers. La traversée du torrent est l’occasion d’une brève pose, puis juste avant d’attaquer la moraine, une verte prairie nous tend les bras pour un premier casse-croûte.
Assis ou allongés au soleil, dans l’herbe, nous voyons défiler à une trentaine de mètres de nous les nombreux randonneurs avec femmes et enfants qui se succèdent sur le “sentier balcon“, sans essuyer de remarques désobligeantes.

Massif de Peclet Poset.
Sur la moraine.

Désormais, les choses deviennent plus sérieuse, le chemin principal quitté, nous remontons la crête d’une moraine qui se dirige vers le pied du glacier du Génépy.
Un homme monte rapidement derrière nous. Il nous rejoint soufflant et violacé au bord de l’apoplexie. Sans se soucier de notre nudité, il nous demande si nous n’avons pas vu son fils qui doit être devant… Puis à consulter une carte, car il semble qu’ils se soient trompés de col ! Il reprend sa course folle et disparaît rapidement devant nous.
La moraine vient butter contre un raide chaos de blocs qui nécessitent plus ou moins l’usage des mains. Nous avons tous passé l’obstacle quand nous nous apercevons que Patricia est en difficulté. A quatre pattes, elle n’ose plus avancer. La mise en mouvement d’un gros bloc l’a terrorisée. Elle finit par nous rejoindre tremblante et frigorifiée.
C’est à ce moment là que l’homme de tout à l’heure redescend avec son fils et un amis retrouvés au col. Ils nous affirment que la descente sur l’autre versant est difficile et qu’ils préfèrent revenir en arrière. Le moral de notre troupe en est refroidit au point que Patricia parle de demi-tour. Nous décidons Philippe et moi de foncer vers l’avant pour évaluer la difficulté, Dominique et Patricia attendrons que nous leur fassions signe.
Au col, magnifique belvédère sur la vallée et sur les glaciers de la Vanoise tout proches, pas de difficultés particulières pour descendre sur le versant sud. Les deux derniers nous rejoignent alors. L’endroit est un peu trop venté pour une longue pose, notamment pour Patricia qui bien que s’étant entièrement rhabillée tremble encore, peut être est-ce aussi l’effet de l’altitude, nous somme à près de 3000 m.

Glacier du Genepy.

Un joli lac bleu en contrebas du col, nous attire. La descente du versant sud du col se fait par un vague sentier dans des éboulis schisteux. Ensuite, quelques névés et éboulis à gros blocs sans grandes difficultés conduisent au lac.
A l’abri du vent, une longue pose et sieste nus au soleil s’impose.

Descente en direction du lac.

Mais il faut finalement, à regret, reprendre la descente. Il n’y a pas de sentier tracé et nous descendons au mieux au travers de prairies. Une dernière pente raide où je me retrouve plusieurs fois sur les fesses (nues !) nous ramène au sentier du col d’Aussois. Compte tenu des théories de randonneurs qui s’échelonnent dans les deux sens sur ce chemin, la nudité n’est plus possible.
Nous passons à proximité des chalets du Ritor où la boutique de vente de fromage est prise d’assaut. Puis rejoignons le grand chemin du Roc de la Pêches, grouillant de monde : promeneurs, randonneurs, alpinistes montant en refuge ou descendant de leur course et qui nous ramène à la voiture.

Jeudi 7 août : Les rives de l’Ain (Confluence de l’Ain et du Rhône)

Avec Patricia, Dominique, Philippe, Georges, Gérard, Denise, Gilles et moi-même.
10 h sur le petit parking, au pont de Port Galland, nous attendons Blaise qui finalement ne viendra pas…
Le sentier de la rive droite de l’Ain commence par suivre le rebord d’une rive abrupte vivement érodée par la rivière. Nous rejoignons un grand chemin carrossable qui constitue l’entrée dans la zone naturiste. Contrairement à ce qu’avait annoncé la météo, le soleil est de la partie et nous sommes tous rapidement nus.

Rivière Ain.

Dès que possible, nous abandonnons ce chemin poussiéreux pour un lacis de petites sentes qui cheminent de criques en criques frôlés par les grandes herbes, se coulant sous la voute de branches basses. Chaque petite plage est une incitation à la baignade dans l’eau claire, mais nous avons du chemin à faire…
A un moment, nous nous arrêtons pour observer une hutte de castors sur la rive opposée et perdons le reste du groupe. Heureusement, nous les retrouvons qui nous attendent un peu plus loin.

Les petites sentes sont remplacées par de plus larges chemins de sable qui nous éloignent à notre regret de la rive. Nous retrouvons la rivière, en dessous du château de Gourdans. Ce sera là aussi notre seule rencontre textile : un joggeur qui ne relèvera même pas la tête pour nous voir.

Chateau de Gourdans
Il faut franchir un ruisseau.

Nous suivons un moment une digue; puis des flèches bleus nous incitent à nous déchausser pour traverser un courant d’eau. Suit une grande grève ou nous discutons de faire un pause casse croute et baignade, mais le lieu manque d’ombre. Ce sera pour un peu plus loin à l’abri de grands arbres.
L’onde est fraiche et rapide, ce qui ne décourage pas nos amateurs d’eau froide.
A quelques dizaines de mètres de nous, une famille de pécheurs ne se soucie pas de notre nudité.
Après avoir échangé nos victuailles, il faut bien se remettre en route et se rhabiller à regret pour traverser le hameau de Port Neuf, puis le pont routier pour rejoindre la rive gauche.
La rive gauche débute par une route empierrée, puis assez vite se poursuit par un sentier sous bois balisé de bleu. Dès l’abri des arbres, nous retrouvons la nudité. Le chemin est encombré de “fils de la vierge“dont le contact sur la peu n’est pas des plus agréable, surtout quand une petite épeire trône au centre de sa toile. Au moins, nous sommes certain d’être sur un itinéraire peu fréquenté.
Des chemins se croisent et nous suivons les flèches bleues, sans jamais être en vue de la berge. Le peuple réclame de l’eau… et à la majorité des voix, nous optons pour un chemin qui semble revenir vers la rivière. Grave erreur, car si nous finissons par déboucher sur une berge sous de grands arbres, la suite se perd rapidement dans un jungle difficilement pénétrable.

Progression dans la « jungle »
Arbre abattu par des castors.

Dominique et Philippe optent pour suivre le chemin de l’eau, au risque de rencontrer des passages profonds, et le reste de la troupe bataille longuement à écarter les branches et les lianes pour s’ouvrir un passage incertain et griffus.
Après une bonne heure à errer, nous finissons par trouver une trace qui en se précisant de plus en plus, nous porte dans la bonne direction.
Dominique nous téléphone qu’ils sont remontés sur la terre ferme et ont rejoint un grand chemin, balisé de bleu et le suivent rapidement.
Nous ne tardons pas également à aborder ce même chemin après avoir croisé pas mal de traces de castors. Comme eux, nous suivons les flèches, mais au fur et à mesure que l’on avance, nous constatons que nous revenons en arrière. La consultation de la carte nous montre que nous avons raté une bifurcation. Demi tour, jusqu’à une barrière électrifié que nous n’avions pas osé franchir. Je reconnais alors plus ou moins les lieux (j’avais déjà bataillé pour trouver l’itinéraire dans ce secteur, il y a deux ans). Nos deux étoiles filantes téléphonent pour dire qu’ils sont arrivés à proximité du village de Blyes et envisagent de rentrer en stop. Nous les incitons à revenir sur leurs pas et à nous rejoindre.
Ensuite, je suis en terrain connu et il n’y a plus de difficultés. Près d’une route, nous quittons le grand chemin pour un sentier, bientôt au bord de l’eau, croisant les corridor tracés par les castors qui pillent les maïs tout proches.
Le sentier devient de plus en plus fréquenté et nous débouchons dans la zone “naturiste“ de la rive gauche. Il est tard (18h) et la plus grande partie de la faune très spéciale qui occupe ces berges aux moments les plus chauds de la journée a quitté les lieux. Nous passons toujours nus devant quelques irréductibles (nus eux aussi), puis continuons toujours vers l’aval

Le cheminement se poursuit sur des grèves, alors qu’une petite pluie arrive à point pour nous rafraichir agréablement. A proximité du pont de Port Galland, nous attend un dernier obstacle, la traversée d’un bras mort ou lône. Heureusement l’eau n’est pas profonde et est franchie sans plus de problèmes. Nous nous rhabillons à regret à quelques dizaines de mètres de la guinguette au bord de la route.
Les chaussures remplies d’eau suite à nos exploits nautiques, nous nous attablons à la terrasse du café pour un pot de l’amitié. Il ne reste plus que le pont à traverser pour retrouver les voitures et des chaussures sèches.

Vendredi 8 août 2020 : Le Rocher Blanc (Massif de Belledonne).

Avec Philippe, ……., Patricia, Dominique, Gérard et moi-même.
A 7 h du matin, le parking au dessus du lac de Grand Maison est encore à l’ombre, mais pas pour longtemps car le soleil illumine les premières pentes de notre itinéraire.
Malgré la fraîcheur matinale, René attaque la montée, sans complexes, déjà nu à quelques mètres de la route. Le reste du groupe lui emboîte le pas encore habillé, puis se dévêt progressivement avec l’effort et le soleil qui pointe.
Le sentier est très peu tracé et les mollets subissent la fraîche caresse des herbes trempées. Une raide pente permet de surmonter un verrou rocheux entaillé d’une étroite gorge ou rugit le torrent, puis l’on débouche dans un large vallon que l’on quitte presque immédiatement pour s’élever en rive gauche dans des éboulis et des pentes herbeuses très raides à l’ombre de sombres aiguilles.

La chaine des Grande rousses et le lac de Grand Maison au pied.

Le débouché sur un petit plateau ensoleillé où serpente un ruisseau d’eau claire est comme une délivrance. Premiers arrivés, nous attendons les autres, les sacs posés à terre, notre peau buvant avec avidité les rayons du soleil retrouvé. Un petit casse-croute, et nous voilà repartis à l’assaut d’un troisième ressaut de dalles où nous guident de trop rares cairns.

La caravane s’étire longuement, se perd, selon l’aisance de chacun à progresser dans ce type de terrain. Un petit vent d’altitude nous caresse fraîchement la peau, contraignant certains à se rhabiller au moins partiellement.
Les derniers blocs surmontés, nous débouchons dans une large cuvette au pied du Col de l’Amiante.
Un petit lac disparaît encore sous un épais névé et seules quelques taches d’eau verte à travers la neige dévoilent sa présence.

Le lac glacé.
Vers le col d’Amiante et le Rocher Blanc.

Nous attendons longuement les derniers qui bataillent dans les éboulis et jugeons que la fatigue ne permettra pas à tous d’aller au sommet qui nous domine d’environ 200 m ; d’autant plus que la montée au col semble d’ici assez exposée avec des névés pentus et de petites barres rocheuses.
Philippe et Gérard décident de continuer. Je reste avec les autres à attendre leur retour ayant déjà fait la course, il y a quelques années.
Le ciel se couvre partiellement et le soleil nous abandonne. Inactifs, réfugiés dans des anfractuosités de rocher, nous nous refroidissons vite et devons nous résigner à passer quelques vêtements.
Contre toute attente, Philippe et Gérard progressent vite, semblant ne pas rencontrer de difficultés. Le col est vite atteint et bientôt nous suivons leur avancée sur l’arête et leur arrivée au sommet.
Après avoir pris des photos, ils font demi-tour et entament la descente.
Tout le monde retrouvé, nous suivons des cairns qui nous conduisent sur une variante à notre itinéraire de montée. Avec l’effort, revient la nudité.
Beaucoup plus bas, une longue pose au bord du torrent permettra aux plus courageux de se plonger dans un tumultueux remous d’eau froide.