Juin 2015.
Seul.
Alpes, massif des Ecrins
Parti pour une reconnaissance d’itinéraire en vue du rassemblement de randonneurs naturistes en Valgaudemar de septembre 2015.
Le sentier qui monte au refuge des souffles démarre de VILLARD-LOUBIERE et mon retour par le refuge de l’Olan me ramènera à LA CHAPELLE EN VALGAUDEMAR, localités distantes d’environ 4 Km par la route.
Plutôt que de faire du stop pour revenir à mon point de départ, je choisis d’utiliser un cheminement piéton en fond de vallée dénommé “la Valgaude“.
En conséquence, je pose ma voiture à peu près a mi chemin entre ces deux localités, au pont des Andrieux.

Le vallon des Souffles rejoint le fond de la vallée.
Le sentier, bien qu’indiqué par des panneaux, commence par se perdre dans des prairies de fauche, où j’hésite à piétiner les foins, ce qui me conduit à progresser sur des tas d’épierrage peu stables encombrés d’arcosses.
Un tracteur, que je ne puis voir, tourne à proximité, ce qui me dissuade de me mettre nu de suite. Les vagues traces que je suis viennent butter au pied des barres rocheuse où je retrouve un vrai sentier. Ce dernier, désormais à peu près horizontal prend la direction de Villard-Loubière. La vue se dégage et je puis enfin localiser le tracteur qui fauche un pré un peu en contre-bas. Sur de ne plus risquer d’être surpris nu, j’adopte ma tenue préférée.

Des fleurs partout.

Le village de Villard-Loubière.
Maintenant, les choses sérieuses commencent. Le sentier ne va pas un instant cesser de monter ; heureusement le plus souvent sous le couvert d’une forêt clairsemée.
Je ne rencontrerais personne jusqu’au refuge et ce n’est qu’à quelques mètres de ce dernier que je me rhabillerais.

Progressivement, la vue sur les sommets se dégage.

Lys orangé au bord du chemin.

Des lames de calcaire dressées à la verticale.

Rhododendrons.

Refuge des souffles.
Je suis le premier client de la journée ; hors des amis du gardien qui redescendront un peu plus tard.
Dans la soirée arrive un groupe d’amis avec des enfants. Misère, après discussion, je comprend que demain, ils comptent suivre au moins partiellement le même itinéraire que moi.

Les cimes jouent avec les nuages.

Profonde vallée du Valgaudemar.

Coucher de soleil sur le Petit Chaillol.
Le diner est sympathique. Le groupe m’invite à sa table et assez vite, nous nous découvrons des connaissances communes. Une des personnes travaille aux services techniques de la ville de Gap. Notre colistier “Grand Pa“ est un de ses collègues. Bien sur je n’évoque pas ses balades naturistes.
Le coucher de soleil et le crépuscule sont magnifiques et je vais sortir plusieurs fois prendre des photos, espérant avoir fait la plus belle, mais 10 mn plus tard, c’est encore plus beau…

Le lendemain matin.
Le lendemain matin lever à 7 h. je laisse le groupe partir largement avant moi. Quand je quitte à mon tour le refuge, ils ont disparu derrière le premier col et je puis profiter nu des premiers rayons du soleil.
Au col, je les aperçoit assez loin dans la montée vers le lac, pas de problème.

Le Pic des Souffles.

Vers le Vieux Chaillol.

Le cirque de Pétarel.

Une profonde vallée.
Par contre, soupçonnant qu’ils se sont arrètés, au moins un moment, au bord du lac, je renfile mon short et comme je le pensais, les retrouve derrière un mamelon.

Le lac Lauthier. Mais il était trop tôt pour s’y baigner.
Nous gagnons ensemble le col suivant en discutant, puis nos itinéraires divergent. Je suis à nouveau seul, et bien sur, nu.
Le sentier s’engage dans une longue traversée à flanc de montagne pour gagner la base de l’éboulis qui descend du Pas de l’Olan.

Vers la Brèche de l’Olan.

Au sud, le Sirac domine toutes les autres montagnes.
Des pluies récentes ont fortement raviné ce versant et le sentier a été emporté dans la traversée d’un couloir. S’en suit une escalade délicate sur des dalles polies recouvertes de gravillons qui nécessite une attention de tous les instants et génère un peu d’adrénaline.

Vallée de Navette et le Vieux Chaillol.
Finalement, je rejoins un sentier plus important qui monte en zig-zags dans l’éboulis sous le pas.
Des voix attirent mon attention et levant la tête, je repère un couple qui descend. Je reste nu jusqu’à une cinquantaine de mètres d’eux puis enfile posément mon short. Quand je les croise, la femme a un sourire entendu ; mais aucune allusion à ma nudité. L’homme n’a pas l’air d’avoir le pied très montagnard. Alors je leur signale la difficulté de la traversée de la ravine et leur conseille de prendre un autre itinéraire, plus long, mais moins exposé.
A peine ont-il pris quelques distances que je suis à nouveau nu. Ils ne se retourneront même pas pour vérifier ma tenue.

Approche du Pas de l’Olan.
Un petit pas d’escalade pour passer la brèche et me voici de l’autre coté, en vue des glaciers de la cime du Vallon et du refuge de l’Olan dont on ne distingue que le toit, encastré qu’il est, dans le mamelon qui le supporte afin de faire le dos rond aux avalanches.

Au Pas de l’Olan.

Myosotis mousse au ¨Pas de l’Olan.

Tête du Vallon.

Pas de l’Olan.

Le refuge de l’Olan fait le dos rond aux avalanches.
Il n’est pas loin de midi et le soleil commence à “taper“ sérieusement et malgré les couches de crême solaire dont je me suis copieusement enduit ; un petit picotement m’avertis qu’il est temps de me protéger plus sérieusement.
Je poursuis nu jusqu’à une centaine de mètres du refuge, puis, un groupe d’alpinistes qui redescend de la Tête du Vallon se rapprochant j’adopte une tenue plus décente (short et Tshirt).

Refuge de l’Olan.
Sous le refuge, le sentier plonge rapidement dans la pente, et pour ne pas finir à l’hôpital des coups de soleil, je resterais vêtu jusqu’au fond de la vallée.

Cime d’Olan.
Je commençais à me féliciter de la rapidité de ma descente, quand surmontant un verrou, je découvre d’un coup, dominant de près de 1000 m la vallée du Valgaudemar, tout le chemin qui me reste à faire sous un soleil écrasant. jusqu’aux rives de la Séveraisse.

l’impressionnante descente sur la Chapelle en Valgaudemar.

Oeillets
Les derniers lacets du sentier me paraissent interminables. Je rêve d’une halte à l’ombre fraiche de la ripisylve au bord du torrent, là où finit le sentier.
Enfin après un dernier lacet, j’y suis. Oh déception, un troupeau de moutons y a passé la nuit et l’herbe piétinée est couverte de déjection malodorantes. Pas un endroit décent où se poser !
Il faut poursuivre. Pour rejoindre mon point de départ, je comptais emprunter un chemin porté sur la carte en rive droite de la Séveraisse. Malheureusement, un grand écroulement rocheux a tout balayé et il n’est plus d’autre solution que de suivre le goudron et traverser le village de la Chapelle pour le contourner. Exercice que mes pieds endoloris n’apprécient guère.

En fond de vallée, sur le chemin de la Valgaude.
J’hésite à tendre le pouce pour rentrer en stop, puis me ravise et retrouve après avoir franchis une passerelle le chemin ombragé et désert de “la Valgaude“ qui avec une marche agréable de trois kilomètres, à nouveau nu, bien sur, me ramène à mon point de départ et à ma voiture.

Extrait de carte IGN




