Les rochers du Lorzier

31 dec. 2018

Deux jours plus tard, toujours le brouillard.

Cette fois ci, je n’ai pas envie d’aller trop loin. Il reste un petit coin de Chartreuse où il y a fort longtemps que ne j’ai pas mis les pieds car l’accès n’en est pas facile depuis le cœur du massif depuis que la route forestière du col de la Charmette est fermée à partir de Currière.

Je décide donc de prendre la direction des Rochers du Lorzier par Pomarey.

A Pomarey, la route du col est fermée. Du moins deux panneaux d’interdiction de circuler sont bien en place, plus une pancarte en travers de la route un peu plus loin. Cependant, pas de neige avant pas mal de kilomètres.

Ma rando commence donc par 2 Km sur le goudron jusqu’au lieu dit du Fourneau où une piste forestière descend au fond de la vallée. On traverse le torrent, bien maigre à cette époque, sur une passerelle de béton.

Sur l’autre rive, le chemin monte dans une traversée très raide. Je rattrape l’anglais qui était parti un peu avant moi du parking. Avec l’effort, je commence à avoir trop chaud et m’arrête pour retirer ma polaire. Du coup l’anglais disparaît de ma vue. Je ne le reverrais pas. Le chemin passe en dessous de la gare supérieure d’un vieux téléphérique, puis s’enfonce dans une combe. Tout ce parcours dans le brouillard me paraît particulièrement sinistre.

A ma surprise, je n’en avais pas souvenir, la piste débouche sur une route forestière parfaitement carrossable. C’est aussi à ce moment que j’émerge au dessus de la mer de nuages.

Quelques virages sur la route que je quitte rapidement pour un sentier plus discret. Le soleil est généreux et la forêt assez clairsemée m’abrite du vent que j’entends siffler dans les cimes des arbres. Je me déshabille.

Un peu plus haut la neige apparaît et je chausse les raquettes. Ce ne serait pas bien indispensable car cette dernière est gelée, mais ainsi je bénéficie des crampons.

Un replat me ramène à l’ombre. Mais le froid est supportable. Suit une traversée bien exposée au Sud et je gagne la prairie de Vararay.

Dans l’alpage, à découvert, le vent du nord commence à se faire sentir. Plus je monte, plus il est fort.

Je sort mon casse-croute à l’abri du tronc énorme d’un épicéa pluri-centenaire torturé par les éléments. J’approche du col d’Hurtière et il faut me résoudre à me rhabiller à cause du vent. Sur la crête, celui-ci est tempétueux et glacial. Je cherche les gants dans mon sac. Le vent arrache mes bâtons qui partent dans la pente. Descente pour les récupérer et remontée au col.

J’avais prévu d’aller au sommet des rochers de Lorzier. J’affronte le vent qui me coupe le souffle et me gèle les oreilles malgré le bonnet de laine. Les dernières pentes sont raides et gelées. Je me contenterais d’une petite brèche avec la vue sur la mer de nuages à l’infini vers l’Ouest.

Je prends rapidement quelques photos du magnifique panorama qui s’étend au delà des sommets proches de la Chartreuse au Mont Blanc, Belledonne, Dévoluy, Mont Aiguille. Je ne m’attarde pas et bascule dans le versant sud. Le calme revient. Je puis à nouveau me mettre à nu. De temps en temps une rafale vient me rappeler que l’on est bien le dernier jour de décembre. Je retrouve temporairement l’ombre dans le fond du vallon de Vararay, puis à nouveau le soleil sur le sentier dans la forêt. Surgit un couple qui monte, surpris de me voir dans cette tenue, mais pas particulièrement choqué. Comme d’habitude, la question qui m’est posée est celle du froid. Essayez et vous verrez, cela n’a rien d’extraordinaire ! Je retrouve la route forestière. Dernières photos avant de plonger dans la mer de nuages.

Je me rhabille définitivement avant que le froid ne soit trop mordant. A proximité du téléphérique je croise deux femmes qui montent. Je leur annonce que le soleil n’est pas bien loin au dessus ; puis ce sont deux chasseurs lourdement chargés qui vont réveillonner dans je ne sais quelle cabane.


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