A la crête de Brouffier

le 29 dec. 2018

Massif de Taillefer

Brouillard..

De Saint Philibert à l’Alpe du Grand Serre, je ne suis pas sorti un instant de cette épaisse couche de nuages qui étouffe toutes les vallées.

La route du Poursollet est ouverte sur 2 Km et, miracle, au parking à proximité de l’émetteur radio, un bleu pâle perce au travers de la brume.

Quelques voitures sur ce parking. Un couple de skieurs part devant moi sur la route enneigée.

Espérant pouvoir randonner un minimum nu malgré le froid, j’ai choisi un itinéraire peu skiable.

Je suis la route un certain temps, puis bifurque pour un chemin légèrement descendant qui conduit au cirque de Prévourey.

Le soleil m’a rattrapé et je suis désormais au dessus de la mer de nuages. Je décide de me mettre nu et c’est au moment où je bataille avec une fermeture éclair coincée, une jambe et une fesse à l’air que déboulent mes deux skieurs de tour à l’heure. Partis devant, les voilà qui me rattrapent qu’ont t-ils fait ? Bonjour.. bonjour… Qu’en ont-il pensé ?

Du coup je garde le pantalon, le secteur semble plus fréquenté que je le pensais ?

Au chalet, je quitte le grand chemin pour une raide montée dans la forêt. La neige se fait rare ; totalement inskiable ! Je passe à ma tenue préférée. Suit une agréable progression en raquettes dans une suite de clairières bien ensoleillées.

Une traversée dans des pentes aux arbres clairsemés m’amène à une combe à la limite supérieurs de la forêt.

Le vent du Nord devient mordant et je ne puis que me rhabiller.

D’ailleurs voilà des skieurs qui remontent le vallon.

On va se suivre jusqu’à proximité du Lac de Brouffier. Là, ils bifurquent vers le refuge.

Je poursuis sur le plateau jusqu’à la crête afin d’avoir la vue sur l’autre versant. Le vent est brutal et glacial. Je n’ai pas trop de tout le contenu en habits de mon sac. J’irais bien jusqu’au lac de La courbe, mais l’heure avance et je me retrouve tout seul sur l’immense plateau. Il est plus raisonnable de faire demi-tour. La cote 2300 m sera mon maximum.

Dans la descente, j’ai le vent dans le dos et de plus, celui-ci faiblit. Je retrouve la nudité.

Dans la combe deux skieurs attardés montent. Je coupe à gauche pour ne les croiser que de loin. Mais j’entends des commentaires peu amènes accompagnés de rires gras.

Dans la forêt, le vent ne se fait plus sentir et ma situation est des plus agréable. Il faut remonter la piste de ce matin.

A un virage, elle va plonger dans l’ombre. Je décide donc de me rhabiller à la dernière tache de soleil. Je n’en ais pas le temps. Un chien déboule, vite suivi de ses maîtres. Le couple ne semble pas gêné. On échange quelques mots. Je casse une petite croute tout en m’habillant. Bien m’en a pris, car arrive un accompagnateur avec une douzaine de jeunes clients.

Retour à la voiture. La route me semble bien plus longue qu’à l’aller !


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