Un Week-end en Ardèche

Jeudi 1° novembre 2018.

Du col de l’Escrinet, c’est tout noir sur les Cévennes et bientôt la pluie vient battre le pare-brise.

Le torrent que suit la route en remontant vers Valgorge roule des eaux furieuses.

Vers 11h, nous arrivons au gîte. La pluie s’est un peu calmée. Le sympathique accueil de la propriétaire vent mettre un peu de lumière dans la grisaille météorologique.

Dans l’après-midi, Yolande et moi tentons une sortie sur une route forestière, mais une averse nous ramène au village. Les nuages se déchirent sur le Tanargue et apparaissent quelques pâles taches de ciel bleu.

Nous repartons, cette fois-ci visiter le village du Chastanet, son château et sa vielle église, ses maisons de granite et ses étroites ruelles.

Vers 16 h, arrivent Patricia et Guillaume et George seul dans sa voiture. Un dénommé Laurent qui devait covoiturer avec lui ayant fait défection sans avertissement.

En soirée, le ciel clair gagne du terrain et la météo nous annonce du beau temps pour les 3 prochains jours.

Vendredi 2 novembre 2018.

Nous gagnons par de petites routes Valousset où nous avons des difficultés à trouver un parking. Finalement, ce sera à proximité d’un calvaire, tout en haut du village. Cela nous arrange pour le départ, mais nous obligera à une remontée pour le retour.

Aujourd’hui, nous sommes 5 : George, Guillaume, Patricia, Yolande et moi-même.

La montée commence dans les châtaigneraies et Yolande entame sa récolte.

Progressivement, le sentier sort de la forêt et devient plus irrégulier (blocs de granite de toute taille). Sur les crêtes ventées et aussi dans les restes du terrible incendie de 2005, de chaque coté du sentier, une lande à genets et bruyères dans lesquels s’enlacent des ronces constitue un impénétrable maquis.

 

Un petit passage aérien sur un arête et nous gagnons le col du Merle. Les panneaux indicateurs sont criblés de trous de balles de gros calibre, défoulement de connards frustrés d’une chasse bredouille.

Nous passons brièvement en versant nord et donc à l’ombre pour remonter un couloir qui contourne un gendarme de l’arête.

Cette dernière s’élargit d’un coup devenant un vaste plateau de lande et d’herbages. Je voulais pousser jusqu’au sommet pour bénéficier de la vue sur le versant nord, mais les ventres en décident autrement et la pause repas se fera au début de la descente à l’abri de grands genets.

La descente se poursuit par l’arête de la Vernade. Le vent sur la crête nous a fait rhabiller. Heureusement, car je déboule sur un couple arrêté à l’abri d’un rocher. Il sont montés par cet itinéraire et nous préviennent que nous allons rencontrer quelques passages un peu délicats. Tant-pis, nous n’avons pas le choix pour le retour. Une d’entre nous peu à l’aise dans ce type de terrain nécessitera pas mal de persuasion dans certains passages.

Puis la pente se calme et nous rentrons en forêt. Un chemin, bien balisé, nous conduit sur une magnifique dalle de granite dominant la vallée de la Baume. Un pose s’impose, un peu trop longue, mais il fait si bon nus au soleil.

Nous reprenons la descente en suivant des cairns, mais de petits passages en escalade arrêtent les moins habiles. Il faut remonter pour retrouver le sentier principal. Le reste de la descente se fait par un beau chemin bordé de murettes qui débouche sur une piste forestière.

Long retour à Valousset par cette piste, alors que l’obscurité gagne, suivi d’une remontée finale dans le village qui tire sur les jambes fatiguées.

Le soir, au gîte, c’est bombance. George a apporté une choucroute, Guillaume , une crosiflette. Nourriture trop riche, George sera malade dans la nuit et nous abandonne à regret pour la rando suivante.

Statistiques (pour ceux qui râlent parce que c’est trop long, trop haut, etc…) : D+ 877 m L 11 Km

Samedi 3 novembre 2018.

Départ dans un virage de la route un peu avant Chalas le haut. Quand nous sortons de la forêt, une rumeur d’aboiements, de cris humains devient progressivement vacarme.

Une battue est en cours dans le vallon en dessous de nous. D’ailleurs, nous distinguons réparti sur une piste en face des points oranges, autant de chasseurs à l’affut. Nous hésitons à faire demi-tour, mais pour le moment, notre itinéraire ne semble pas concerné.

Le très beau chemin muletier que nous empruntons, soutenus d’impressionnants murs de pierres sèches (un travail titanesque) contourne une arête et nous tombons nez à nez avec un chasseur posté. Nous pouvons passer, nous ne risquons rien. Cependant les chasseurs se succèdent et la meute qui bat le vallon se rapproche. Des coups de fusil éclatent, certains à quelques mètres de nous. Nous ne sommes pas du tout rassurés. Je passe à Yolande un gilet qui traine au fond de mon sac pour ce type d’occasion. La voilà transformée en poulet orange !

Le chemin s’élève par de multiples lacets dans des pentes très raides, entre des blocs et des tours rocheuses. Une fois de plus, nous sommes admiratifs du travail des anciens qui ont déplacé toutes ces lourdes pierres de granite pour constituer murs et plateformes.

Nous finissons par déboucher sur le plateau du sommet de Méjan. Une halte à l’abri de la forêt nous permet de retrouver pour un temps la nudité et de casser la croute.

Nous poursuivons par le sommet d’où nous pouvons admirer un panorama à 180° allant du plateau enneigé du Mont Lozère aux Alpes (Dévoluy, Ecrins, Vercors).

Nous entamons la descente et commençons par retrouver nos amis les chasseurs dont les luxueux 4×4 sont montés jusque là. Mais la chasse se termine et de plus nous leur tournons le dos pour entrer dans la forêt du Tanargue. Un long parcours horizontal sur piste nous ramène au bord du plateau où nous retrouvons avec plaisir le soleil sur notre peau. La descente est d’abord très raide (Bruno, je ne passe pas par là, j’ai peur !) puis se calme.

Dernier obstacle ; depuis un moment j’entends grossir le grondement d’un torrent qu’il va falloir traverser. La carte ne note pas de passerelle. Effectivement, il n’y en a pas ! Le débit est important et impétueux. Heureusement, un câble amarré aux arbres permet de passer de blocs en blocs. Peu arriveront de l’autre coté les pieds secs.

Suit un beau chemin bordé de murettes et aux châtaignes abondantes qui nous ramène au village.

Statistiques (pour ceux qui râlent parce que c’est trop long, trop haut, et surtout pas ce qui était prévu…) : D+ 979 m L 12 Km

Le soir, nous étions invités par nos logeurs à une sympathique “rôtie“ de châtaignes. Nous avons pu échanger avec eux sur la culture du châtaignier (ils sont propriétaires récoltants) et bien d’autres sujet et aussi avec les locataires de l’autre gîte.

Dimanche 4 novembre 2018.

La troupe qui reste est fatiguée. De plus il faut ranger et nettoyer le gîte avant le départ qui du coup est tardif.

l’objectif du jour est le Rocher d’Abraham à partir de la vallée du Lignon.

Quand nous arrivons au point de départ, dans un virage de la D19, un autre battue est en cours sur le versant. Nous hésitons à partir, puis la chasse semble se terminer. Compte tenu de l’heure, nous partons désormais avec des ambitions revues à la baisse. Nous nous contenterons du col de Barbejo, histoire d’avoir une vue sur l’autre versant.

Très vite, le sentier se révèle encombré de genets qui cachent des ronces. Pas idéal pour des randonneurs nus. Nous nous faisons surprendre dans cette tenue par un couple qui descend. Pas de problème. Ils nous disent que le sentier s’améliore plus haut, ce qui rassure ceux qui commençaient à avoir les jambes bien griffées.

Longue pose au col et au soleil et puis il faut bien redescendre. On a des heures de route à faire pour rentrer chez nous.

Dans la descente, nouvelle alerte, le grelot d’un chien nous fait découvrir une silhouette orange un peu au dessus de nous. Nous chantons bruyamment pour nous signaler. Ce qui n’est pas du goût du chasseur qui nous invective méchamment en nous disant que nous sommes sur sa propriété privée, ainsi que nos voitures garées au bord de la route.

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