Le Petit Arc

Alpes : chaîne du Grand Arc.

24 avril 2011

Seul

En profitant de cet exceptionnel printemps.

Le petit Arc est le dernier sommet dominant directement la vallée de la Maurienne à l’Ouest du Grand Arc.
L’originalité de cet itinéraire est d’y accéder par l’arête Ouest qui s’élève depuis Aiton dans la Combe de Savoie.
Une route goudronnée permet de gagner le fort de Montperché (1000 m). Puis une longue route non revêtue se déroule dans le versant Sud jusqu’à la forêt de Montvillaret.
Je suis le seul automobiliste au terminus de la route forestière. J’adopte donc la nudité dès le départ.
Une piste pentue s’élève dans la forêt ensoleillée.

Malgré ma tenue de peau je suis rapidement en sueur. Les lacets se succèdent et j’approche de la limite supérieure de la forêt lorsque j’entends des voix toutes proches et des raclements de chaussures. Un petit moment de panique : je n’ai guère le temps d’enfiler un short, alors je me ressaisis et tournant le virage du chemin j’affronte avec un joyeux bonjour trois indigènes qui redescendent d’une visite à l’alpage. On en parlera dans le chaumières…

Clairière.

La piste devient sentier et débouche sur un épaulement où se trouvent les chalets de la Platière. Un arrêt à la jolie fontaine me permet de me réhydrater.

Chalet de la Platière.
A la fontaine.

De plus en plus, les cumulus qui s’accrochent aux sommets jouent à cache-cache avec le soleil. Et progressivement, alors que je tente de suivre tant bien que mal un sentier évanescent, le ciel s’obscurcit et l’air se rafraichis. A la pose casse-croute, une polaire sur les épaules s’impose. Aussitôt reparti, aussitôt enlevée.

Casse-croute.
Plaine de la basse Maurienne à travers une trouée de nuages.
Un sentier évanescent.

La trace finit par déboucher sur la crête au pied du ressaut sommital d’où l’on découvre d’un coup le versant Nord du Grand Arc et l’alpage du Marret sur la commune de Bonvillard.

L’alpage du Marret est encore sous la neige. Au fond, l’agglomération d’Albertville.

Encore 200 m de dénivelé et je serais au sommet. Cependant, étant plus exposé au vent et le ciel bien plombé, je dois à regret ré-enfiler la veste polaire.

Le sommet se rapproche.

La croix du sommet se rapproche et après avoir traversé un maigre névé, j’y suis avec le retour d’un vague rayon de soleil. Je retrouve la nudité pour quelques photos et redescend par où je suis monté toujours nu.

Au sommet du Petit Arc (2265 m), en face le Grand Arc (2484 m)
Vers la vallée de Montsapey.
Le grand Arc et la crête qui file vers le Nord.

Les nuages reviennent et l’ambiance tourne assez sinistre. Un peu en dessous de l’épaule je commence à recevoir quelques gouttes d’eau puis des grains de grésil. Paradoxalement, en dessous de moi, la plaine de l’Isère resplendit au soleil…

Le mauvais temps arrive.

Au fur et à mesure que je descend, le grésil insiste et un peu avant d’arriver aux chalet d’alpage, je subis un véritable giboulée de grêle. Au chalet, tout s’arrête, Aussitôt reparti la grêle remet ça, les grêlons sont de plus en plus gros et leur impact sur la peau nue commence à être douloureux. Je cours me réfugier aussi vite que possible dans la forêt. Le grésillement sur les branches faiblis, un rayon de soleil pointe entre deux nuages. C’est fini. Retour nu jusqu’à la voiture.
A l’occasion de cet épisode, je suis encore surpris, par la capacité de notre corps à s’adapter aux conditions météo. J’ai marché pendant plus de 5 h, la plus part du temps, dans une ambiance assez fraiche. En fin de parcours, la pluie, le grésil et la grêle ne m’ont absolument pas refroidit. Le premier rayon de soleil retrouvé m’a séché. Je penses que si je m’étais rhabillé sous l’averse, mes habits auraient été trempés et j’aurais alors, en plus de l’inconfort des linges qui collent à la peau, eu vraiment froid.

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