Archives de l’auteur : Randonue.Chartreuse

À propos Randonue.Chartreuse

Auteur et gestionnaire du site.

Trois lacs de Soulcem

Auzat (hautes Pyrénées ariègoises)

le 25 septembre 2024

2509 m

Avec : Bernard, Bruno & Bruno, Cyril, Fabienne, Franck, Guillaume, Madeleine, Patricia, Patrick, Pierre.

Enfin une météo annoncée à peu près stable, mais pas mal de vent. Nous décidons de tenter une des plus belles randos du secteur. Le vallon de Soulcem et ses lacs.

On entre dans une large vallée glaciaire typiquement en U. fond plat et versants raides.

Un petit coup d’œil, au départ, sur les orris* de Carla, mais la vallée est encore à l’ombre et le vent frais. On ne s’attarde pas plus et suivons la route.

Un joli sentier nous amène au pied de la cascade de Labinas, bien en eau ces jours-ci.

Puis, nous débouchons dans un immense plan herbu où paissent des chevaux. Le torrent y déroule de nombreux méandres entre des tourbières.

Alors que l’on commençait à trouver la progression monotone, nous arrivons à l’embranchement du sentier de l’Etang de Roumazet. La montée est brutale et l’on échappe au vent catabatique qui balaye le fond la vallée. On va enfin pouvoir se réchauffer ! La nudité apparaît timidement.

Nous ne nous attardons pas trop à l’étang de Roumazet

et attaquons la montée vers celui de la Soucarrane.

La rive ouest est un peu plus à l’abri du vent et nous nous y posons pour le pic-nic. C’est aussi l’occasion d’une tentative de baignade des plus courageux.

Des textiles passent à peu de distance derrière nous sans s’émouvoir de la nudité de certains d’entre nous.

Quelques-uns n’iront pas plus loin.

Prochain objectif : le port de Bouet. On remonte une belle combe d’herbe et d’éboulis, passant devant une cabane toute neuve.

Au col, un vent furieux venant d’Espagne nous bouscule et nous glace. Impossible d’y rester plus de quelques minutes, même bien couvert.

Le groupe se sépare à nouveau entre ceux qui vont redescendre au lac et retrouver ceux qui y sont restés et cinq plus courageux qui prennent la direction plus technique de l’étang de Médecourbe.

Un couple de randonneurs hollandais nous accompagne. On les a informés de notre possible nudité dès que nous serons à l’abri du vent. Ils hésitent un moment à un passage câblé, parlent de faire demi-tour et finalement, nous voyant passer sans encombre, se décident à nous suivre. Le reste de la descente sur le lac est par moment assez délicate dans des couloirs herbeux à travers des barres rocheuses.

Le lac, enchâssé dans un cirque rocheux sévère, est sombre et peu accueillant.

Nous reprenons assez rapidement la descente sur la vallée de Soulcem. Quelques jolis laquets et tourbières dans un petit cirque, puis une descente raide nous amènent au fond de la vallée. Il ne reste plus qu’une longue, très longue, marche quasi horizontale pour regagner les voitures.

Nous admirons au passage, au bord du chemin, un hameau d’orris* abandonné, puis juste avant d’arriver, visitons ceux de Carla que nous avions négligé au départ.

*orris : abris traditionnels en pierres sèches des bergers ariègois, semi-enterrés et couverts de mottes d’herbe.

Séjour organisé avec l’association RSVNat (Rassemblements, Séjours et Voyages Naturistes)

Le cirque d’Anglade


le 24 septembre 2024

Salau (haute Ariège)

1550 m

Avec : Bernard, Bruno & Bruno, Cyril, Fabienne, Franck, Guillaume, Madeleine, Patricia, Patrick, Pierre.

Ce matin, la météo n’était pas terrible. Il avait plu toute la nuit et les nuages tardaient à se lever.

Le cirque d’Anglade semblait un objectif court avec un retour rapide en cas d’averses.

Nous voila donc au fond d’une vallée perdue au village de Salau. Le vieux village est plutôt pittoresque, mais est flanqué à quelques distances de bâtiments type HLM (on en reparlera plus loin).

Nous démarrons par une ruelle entre les maisons qui se transforme assez vite en chemin puis en sentier en forêt.

Après environ une heure de marche le sentier débouche sur la route de la mine d’Anglade peu avant d’arriver à cette dernière.

La mine est abandonnée depuis 1986. On y exploitait du minerai de tungstène.

Alors que nous franchissons le portail d’entrée (ouvert), arrive une voiture de FR3 avec une équipe de cinéastes.

Ils sont surpris de constater notre nudité. Nous expliquons que nous sommes de randonneurs naturistes, activité dont ils ont connaissance et qui ne les dérange pas.

En fait, ils viennent faire un reportage sur l’ancienne mine et se désintéressent de nous.

Nous jetons un coup d’œil aux haldes de la mine, de couleur orangée, sans trop nous y attarder, car un panneau nous prévient de la présence de polluants toxiques (métaux lourds, radioactivité).

Toutes ces saloperies ont été déversées telle-quel dans le ravin et exposées aux intempéries.

Nous ne trouvons pas immédiatement le bon chemin conduisant au cirque et faisons un petit tour pour rien. Finalement, le départ de ce dernier se cache derrière le bâtiment de la mine.

C’est une raide piste caillouteuse qui tire sur les mollets, alors que le cadre forestier n’est pas extraordinaire.

Nous débouchons, enfin, dans le cirque, à la limite supérieurs de la forêt.

Le site méritait nos efforts : une vaste prairie plane, entourée d’impressionnantes barres rocheuses ; une cascade qui dévale sur près de 500 m, la crête frontière toute proche aux environs de 2500 m.

Le ruisseau se perd à la sortie du cirque dans les calcaires.

Après le casse-croute, quelques courageux remontent jusqu’au pied de la cascade et on verra même une charmante jeune femme jouer la Lorelei.

Le retour se fera par le versant rive droite sur un sentier forestier assez désagréable, car glissant, et par endroits encombré de chablis.

Nous nous rhabillerons en vue des immeubles abandonnés des ouvriers de la mine.

Séjour organisé avec l’association RSVNat (Rassemblements, Séjours et Voyages Naturistes)

L’Étang Bleu

Rabat-les-Trois-Seigneurs (Haute Ariège)

1796 m

le 23 septembre 2024

Avec : Bernard, Bruno & Bruno, Cyril, Fabienne, Franck, Guillaume, Madeleine, Patrick, Pierre.

Au fond d’une longue vallée sauvage, un parking terreux nous accueille sous une pluie fine.

Nous attaquons la montée dans une magnifique forêt moussue, vêtus de nos ponchos. Le sentier est rude et malgré la pluie qui forcit, les plus courageux, réchauffés par l’effort d’une montée assez raide, tombent les vêtements.

Nous sortons dans l’estive alors que les nuages se déchirent et que le soleil fait son apparition et joue avec les nuages sur la crête de l’autre côté de la vallée. Le cirque sous le pic de Peyroutet et ses falaises se dévoile.

Les couleurs automnales, particulièrement le rouge des myrtilliers, dans une douce lumière suscitent des exclamations admiratives.

De faibles pentes précèdent le lac, niché sous les à-pics des Trois Seigneurs.

Nous ne sommes pas seuls en ces lieux : quelques pêcheurs sur la rive en face. Nous nous installons pour le casse-croute derrière une bosse, au soleil et à l’abri du vent.

Un des pêcheurs vient jusqu’à nous pour discuter sans se soucier de notre nudité (d’ailleurs peu partagée en raison de l’ambiance plutôt fraiche).

Le groupe se divise en deux. Les plus courageux partent pour le sommet des Trois Seigneurs et rejoindront le gîte par l’autre versant. Les autres redescendront par le cirque d’Embans. Je fais partie de ceux-ci.

C’était, je pense, le meilleur choix, car le cirque vaut vraiment la visite, dominé de hautes parois. Au fond, nous retrouvons la forêt, les bouleaux aux feuilles d’or, puis la hêtraie aux troncs majestueux. Au fond de la vallée, une verte prairie où s’élève une pittoresque cabane borde le torrent.

Une piste nous ramène à notre point de départ.

De retour au gîte, après voir fait des courses à Tarascon, nous nous inquiétons du retour du groupe passé par le sommet ; d’autant plus que les nuages ont à nouveau effacé la montagne. Finalement, ils arriveront au gîte presque à la nuit.

Séjour organisé avec l’association RSVNat (Rassemblements, Séjours et Voyages Naturistes)

Le Mont Ceint (2024)

Aulus les Bains

Hautes Pyrénées ariégeoises

2088 m

le 22 septembre 2024

Avec : Bernard, Bruno & Bruno, Cyril, Fabienne, Franck, Guillaume, Madeleine, Patricia, Patrick, Pierre.

Réveil un peu décourageant pour le premier jour de notre séjour. Le temps est bouché et il pleut faiblement.

Je propose une rando pas trop longue et avec peu de voiture : Le Mont Ceint depuis le pla de Coumebière.

A Coumebière, le plafond nuageux est vraiment très bas.

Le pla est le domaine de solides chevaux à la robe beige et la crinière blonde (comtois ?) qui ne daignent guère se pousser pour nous laisser passer.

Photo de Franck

Puis, quittant la direction du Port de Saleix pour le Pas du Roc, nous rentrons dans le brouillard. Sinistre : une carcasse de cheval borde le chemin. À partir de là, la visibilité est nulle et le crachin humidifie toutes choses. Du cirque de Girantes, nous ne verrons rien, nous contentant de suivre le sentier et de rechercher la balise suivante.

Cependant, au fur et à mesure que nous montons, le brouillard semble plus lumineux.

Nous rejoignons le bon sentier qui monte depuis le col de l’Hers et croisons deux personnes qui descendent. – Le sommet est au soleil. Nous avons peine à les croire tant la visibilité faible.

A un moment, Avec Patricia, j’arrive à une cabane appuyée à une petite barre rocheuse. Les autres ne suivent apparemment pas. On s’appelle, mais sans se voir. Le GPS n’est pas d’un rand secours, nous tournons en rond sur un mouchoir de poche.

Finalement, nous rejoignons le reste du groupe en se guidant au son. Le sentier retrouvé, la montée reprend. À nouveau d’autres randonneurs qui descendent et affirment qu’il fait beau au sommet. C’est une blague ? Selon la carte, il ne nous reste plus qu’une centaine de mètres de dénivelé pour y arriver. Et miracle, un coup de vent bouscule les nuages qui bourgeonnent sur la haute chaine.

Au sommet, il y a toujours la boite et son carnet accompagnée d’un hommage à Jean-Marie Claustre, qui nous avait en 2017, en ces mêmes lieux, raconté son histoire, entouré d’une bande de culs nus.

Souvenir …Jean Marie Claustre en 2017 au même endroit.

Nous trouvons, pour le casse-croute de la demi-journée, un peu en dessous du sommet, coté est, quelques gradins un peu abrités du vent.

La descente de l’arête sud, raide au début, impressionne certains, mais est sans difficultés.

Au port de Saleix, nous rentrons à nouveau dans le brouillard et par quelques grands lacets rejoignons Coumebière.

Dans ces conditions, contrairement à 2017, peu d’entre nous ont été nus, et en général très brièvement.

Séjour organisé avec l’association RSVNat (Rassemblements, Séjours et Voyages Naturistes)

L’arête de Brouffier au Taillefer

La Morte

2454 m

8 août 2024

Avec : Bruno, Raoul.

Nous partons du virage du Pré des Dames, laissant notre voiture au début du Chemin Bonniot.

Celui-ci est parcouru habillé, car la zone risque d’être fréquentée.

Bien, nous en a pris, au Louvet des militaires discutent à côté de la cabane.

Nous adoptons la nudité dès notre entrée dans la forêt, mais sur nos gardes, car, de place en place, sont plantés des petits drapeaux de trail aux armes du 93° Régiment d’Artillerie de Montagne.

Nous débouchons dans une petite prairie. Deux personnes sont arrêtées. Sans nous rhabiller, nous les contournons discrètement pour remonter une trace qui selon la carte devrait nous amener à la côte des Sollières.

J’avais parcouru, en hiver, cet itinéraire en raquettes sans difficultés, suivant une trace pré-existante.

Aujourd’hui, c’est plus difficile. Un vague sentier se perd au sommet d’une prairie et faute de trouver la suite, nous partons “en sanglier“ à travers la forêt et les rhododendrons au prix de quelques griffures.

Nous sortons des arbres un peu en dessous de la jonction avec le chemin principal. Et là, à côté du panneau indicateur : deux militaires !

Rhabillés, nous les abordons et discutons un peu. Nous sommes tombés en plein dans un trail, épreuve d’endurance. En effet, un groupe descend en trottinant, chargés d’armes et de barda. Je ne sais pas d’où ils sont partis ce matin, mais certains accusent une grosse fatigue.

Nous allons remonter la file jusqu’à la large croupe de la crête de Brouffier. Un berger déplace ses moutons. Les derniers militaires passent. Une femme fait le serre-file. Un couple de randonneurs nous a rejoints. Toujours pas moyen de se mettre nus ! On les laisse filer devant et retrouvons notre tenue préférée jusqu’au pas de la Mine.

Ils sont là en train de casser la croute à quelques mètres du col. On en fera autant, tout en restant nus à bonne distance.

Quand nous repartons, ils ont disparu. Au passage, on visite les fouilles des anciennes mines, puis suivons la crête vers le pas de la Vache, puis la descente sur le lac de Brouffier.

Rhabillage temporaire, il y a du monde. Nous prenons le sentier qui plonge dans la combe sous le lac en direction du Louvet. La descente est raide et parfois glissante, ce qui me vaudra une chute spectaculaire, arrêté sous le chemin dans les buissons ; heureusement sans dégâts.

Nous nous rhabillons à proximité du lac du Louvet. Les militaires sont partis.

Même si nous avons souvent dû être couverts, Raoul garde un bon souvenir de cette initiation.

Randonue du Groupe des randonneurs naturiste du Dauphiné et des Savoies.

Tigneux Valloire

ou la soif…

La Ferrière (massif de Belledonne)

1944 m

le 1° août 2024

Avec : Alain, Brigitte, Bruno, Patricia.

Départ du Grand Servoz. Nous laissons les voitures au point 1074. Nous sommes les seuls et nus dès le départ.

La montée sur une crête en forêt est rude, mais entrecoupée de poses pour cueillir d’abondantes framboises.

Au moment où on arrive à une piste forestière, un homme et son fils nous rattrapent. Le père se dit choqué de notre tenue. Nous nous couvrons sans discuter.

Nous reprenons notre montée, les laissant derrière nous. Nous ne les reverrons plus.

Un petit détour nous amène au Premier chalet de Tigneux récemment rénové, mais aujourd’hui désert.

On sort de la forêt pour arriver au Crêt du Tambour d’où l’on domine le lac du Léat.

Certains se seraient bien contentés d’aller à ce lac (qui n’est qu’une mare à vaches, pas baignable), mais des personnes prennent le soleil devant la porte du chalet. Ce qui me donne un bon prétexte (car nous ne souhaitons pas nous rhabiller) pour partir à l’opposé sur le GR.

Qui dit GR, dit fréquentation. Ce qui ne tarde pas à se confirmer par l’apparition de deux femmes en sens inverse. Mais comme nous sommes dans l’alpage et que la vue porte désormais loin, nous avons pu nous couvrir à temps.

Un peu plus loin, encore deux femmes qui surgissent derrière un éperon. Je suis en tête et n’ai pas eu le temps de les voir venir. J’avertis les autres. Pas de problème. Elles n’ont pas de carte et sont plus demandeuses d’informations sur la suite.

Le sentier monte et certains fatiguent un peu. On passe à côté du deuxième chalet de Tigneux

On espérait y trouver de l’eau, mais la bergère ne souhaite pas d’intrusion dans son domaine et le fait savoir par une pancarte. On verra plus loin pour refaire nos réserves.

Nous cherchons dorénavant un endroit sympa pour une pause repas. Un petit col permet de franchir un éperon rocheux. Justement, un bout d’herbe permet de se poser tout en bénéficiant d’une belle vue. Les abords du chemin sont malheureusement déjà occupés par un couple de textiles. Nous devons nous éloigner sur l’arête hors de leur vue.

La pause terminée, nous entamons la descente sur le Deuxième chalet de la Petite Valloire. Une fontaine est indiquée sur la carte. Nous y trouverons certainement de l’eau !

Déception, la fontaine est à sec. Une bergère, à l’ombre du toit de la cabane, lit tout en surveillant d’un œil ses moutons. On s’est couvert à temps avant d’aborder la terrasse.

Elle s’éloigne et nous visitons le chalet qui a été récemment rénové, remarquablement aménagé et en bon état pour une cabane non gardée.

Nos espoirs de trouver de l’eau reposent désormais sur la fontaine du Premier chalet de la Grande Valloire. Nouvelle déception !

Je commence à avoir très sérieusement soif. Mes compagnons n’ont plus de réserves. Je presse la descente, qui d’ailleurs est assez raide et désagréable sur une piste forestière caillouteuse.

Presque arrivé aux voitures, c’est avec un grand plaisir que nous nous rafraichissons dans le ruisseau. Un peu plus loin, une eau claire et fraiche court dans un fossé. Je n’hésite pas à m’y abreuver.

C’était une sortie du groupe des randonneurs naturiste du Dauphiné et des Savoies.

Le Cirque sans nom

Dent de Crolles, Saint-Pierre de Chartreuse.

1750 m

le 14 juillet 2024

Avec : Alain, Brigitte, Bruno

Un itinéraire hors sentiers, un peu acrobatique et très peu connu. Idéal pour des randonneurs naturistes.

J »avais parlé avec enthousiasme à Alain et Brigitte de ma reconnaissance en solitaire en 2023.Du coup, ils me pressèrent de les y conduire.

Nous partons du parking du cirque de Perquelin. Montée tranquille sur la piste forestière, puis par le raide sentier des sources du Guiers Mort.

Un petit coup d’œil à la grotte, mais diable, que c’est glissant ; tant que je m’étale et m’égratigne heureusement sans trop de conséquences.

Une sente part dans la forêt, en pied de falaise à gauche du porche. La probabilité de rencontrer quelqu’un est ici quasi nulle et nous sommes presque immédiatement nus. Nous passons devant une autre grotte où nous pénétrons brièvement.

Les vibrams de mes chaussures, trop neuves, ne tiennent rien sur la roche mouillée et je perds toute confiance en mes possibilités d’escalade.

Au-delà, il faut se frayer son chemin en traversée dans des pentes assez fortes en encombrées de bois mort et broussailles.

Nous savons qu’à un moment, il va falloir surmonter une petite barre rocheuse pour prendre pied dans le cirque. Une tentative en haut d’un petit couloir d’éboulis échoue. Il faut revenir en arrière. Cette fois-ci, ce sera le bon passage : un petit mur terreux et humide. Je fais une tentative, mais je n’ai plus confiance. Finalement Alain franchit le passage et nous assure avec la corde.

Une montée très raide sur des traces de chamois dans une forêt d’épicéas nous amène à un grand éboulis où nous retrouvons pour quelque temps un semblant de sentier. La vue se dégage sur les falaises du cirque.

La suite se déroule dans une prairie très inclinée, parsemée de bouquets de pins à crochets et des éboulis pas toujours très stables.

On va monter comme cela jusqu’au point le plus haut du cirque en contournant ou escaladant quelques petits rancs. Nous longeons le pied de la dernière muraille contre laquelle on vient butter.

Si je n’étais pas déjà passé par là, on aurait pu se demander s’il existe vraiment une sortie. Finalement, une sorte de rampe, par une escalade facile, permet de gagner le plateau.

Un cheminement à l’intuition dans des lapiaz, nous conduit jusqu’au bon sentier du GR qui parcourt les Hauts Plateaux de Chartreuse. Prudence, le risque de rencontrer quelqu’un est élevé et c’est le short rapide à la main que nous parcourons cette section.

À la prairie du Prayet, nous trouvons, après quelques hésitations dans les hautes herbes, la descente spectaculaire par le couloir du Prayet. Nous y rencontrons un couple qui monte et nous surprend dans un passage où se couvrir serait un peu acrobatique. On s’explique et tout se passe bien.

Randonue proposée par des membres du groupe des Randonneurs naturistes du Dauphiné et des Savoies.

Le passage des Grands Canards

Grand Arc, Randens et Bonvillaret

1860 m

le 11 juillet 2024

Avec : Alain, Brigitte, Bruno, Jacques-Marie, Jean-Paul.

Suite à une reconnaissance en solitaire le 19 juin 2024.

J’avais promis une randonue des plus sauvages. On monte d’abord, lacets après lacets, une interminable route forestière au-dessus de Randens pour laisser les voitures sur une place de stockage de bois. Le chalet forestier de Riondet se cache derrières les arbres.

Le départ du sentier se trouve là. Un panneau jaune indique en direction d’un mur végétal. Je pousse quelques branches basses et une vague trace apparaît. Mes compagnons sont dubitatifs sur la pérennité de cette dernière. Je puis les rassurer, je l’ai déjà parcouru.

On ne peut guère faire plus discret et la nudité est de mise dès les premiers pas.

Un peu au feeling, on suit la trace qui monte en zigzags à travers la forêt. Une traversée montante amène à une piste forestière envahie d’herbes folles (et malheureuse de quelques orties, aussi).

On va traverser ainsi, du sud au nord, une bonne partie du versant ouest du Petit Arc. Puis la piste s’interrompt pour laisser place à un sentier bien matérialisé, mais très encombré de végétation. Le franchissement d’un ravin sous une cascade s’avère délicat.

Plus loin, dans une descente, il y aura même un câble en bon état. Surprenant, car on a l’impression que plus personne n’est passé par là depuis des lustres.

On sort de la forêt au pied d’une combe herbue et marécageuse où l’on découvre avec émerveillement au milieu des épilobes de magnifiques lys martagon, des digitales jaunes, de grandes gentianes..

Le passage des Grands Canards et au sommet de la combe. Désormais le sentier se perd dans les rhododendrons et autres plantes ligneuses. La progression se fait à l’estime en contournant les massifs d’arcosses.

Nous repérons un peu plus bas trois personnes : des bergers en train d’installer des parcs à mouton. Ne souhaitant pas nous rhabiller, nous continuons notre progression à bonne distance d’eux.

A l’approche du passage, des sentiers de moutons se précisent et en les suivant, nous finissons par atteindre la crête.

Beau panorama, mais le soleil tape fort et il n’est pas question de rester là pour la pause repas. Il nous faut de l’ombre.

Un buisson d’arcosses, au bord du chemin, fera l’affaire, mais un peu inconfortable, car dans la pente.

L’autre versant du col donne sur les chalets de la Platière.

Le sentier est mieux tracé, parce qu’emprunté par les bergers. Il y a du monde aux chalets. Afin de ne pas avoir à nous couvrir, nous évitons d’y passer et coupons droit dans la pente. Le sentier du retour est là, le long du filet du parc à moutons que nous enjambons.

Le sentier rentre en forêt, et à partir de là, le suivre est assez aléatoire, et pourtant il vaudrait mieux ne pas en perdre le fil dans une végétation dense et des pentes fortes.

Après avoir franchi une crête, il se perd définitivement dans une sapinière. Je sais, de ma reconnaissance précédente, qu’il suffit de descendre droit dans la pente pour trouver une piste de tirage de bois. Celle-ci nous amène à la prairie des Mouilles envahie de fougères. Une petite source et son bachat sommaire seront l’occasion de nous rafraichir. On retrouve un peu plus bas la route forestière qui parcourt horizontalement le versant. Il ne reste plus qu’à la suivre, un peu longuement pour nos jambes fatiguées, pour retrouver nos voitures.

Une bette journée dans un décor très sauvage et à 100 % nus.

Randonue organisée avec le groupe des randonneurs naturistes du Dauphiné et des Savoies.

Au Pas de l’Essaure

Chichilianne (Vercors)

1610 m

le 17 juin 2024

Avec : Bruno, Jean-Paul, Patricia.

Une amie avait dit à Patricia qu’elle avait vu, quelques jours auparavant, des Sabots de Venus le long du sentier du pas de l’Essaure.

La bête étant très rare et dûment protégée, nous avons décidé d’aller y jeter un œil et faire si possible des photos.

Une longue piste cahotante depuis Chichilianne nous amène au bord d’un torrent presque à sec où nous garons les voitures.

De l’autre côté, le chemin en forêt attaque sec.

Nous nous élevons lacet après lacet quand Patricia qui fermait la marche nous crie de revenir en arrière. Les Sabot sont là au bord su sentier. Et nous ne les avions pas vus !

Photos et photos.

Mais il y en a encore, et même plus nombreux quelques dizaine de mètres plu haut. Bof… ça devient banal.

On reprend notre montée pour sortir de la forêt. Une prairie est couverte de Trolls, plus loin, un tapis de fleurs bleues (sauges?).

On coupe direct dans la pente pour éviter de croiser des femmes arrêtées dans un virage du sentier juste sous le col et on débouche sur le plateau. Impossible de rester plus longtemps nus. C’est un défilé de randonneurs presque permanent sur le GR.

On cherche à s’éloigner du chemin pour trouver un endroit plus discret pour notre pause de midi.

Un petite dépression fera l’affaire. Et bien pas tout à fait, car un groupe passe quelques dix mètres au dessus de nous. Tant-pis, on ne se rhabillera pas.

Retour habillé par le même chemin ; car, maintenant, notre sentier est fréquenté. Nous croiserons entre autres un groupe de randonneurs bien chargés qui montent bivouaquer sur le plateau.

Dans la descente, nous trouverons encore d’autres pieds de sabots de Venus.

Arrivé le premier aux voitures, je ne vois plus personne venir. Au bout d’un long moment, on m’appelle, inquiet, je remonte le plus vite possible et essoufflé, je les trouve se rafraichissant dans une petite bassine du torrent.

Randonue proposée par des membres des randonneurs naturistes du Dauphiné et des Savoies.

La Pointe Feuillette

Lus la Croix Haute, Dévoluy

1881 m

le 22 mars 2024

Avec : Bruno, Chantal, Christian, Eric, Franck, Jean-Jacques, Martine, Patricia, Pierre, Thierry, Sylvie.

Toujours à la recherche de la neige, j’avais pensé que le versant nord de la Pointe Feuillette en aurait gardé un peu.

Du coup, certains ont parié qu’il n’y en aurait pas et ont gagné !

J’ai fait partie de ceux qui ont porté des raquettes sur le sac pendant toute la rando, pour rien.

Au terminus de la route, tout au fond de la vallée de la Jarjatte se trouve un lieu idyllique de prairies et de forêt clairsemée.

Nous nous préparons parmi d’autres randonneurs, avec, pour nous, le col de la croix comme premier objectif.

Le début, très agréable, se déroule en terrain presque plat. On n’ose pas encore trop se mettre nus, car il y a du monde dans le secteur. La douce promenade cesse d’un coup sous la forme d’une piste caillouteuse et fort pentue.

Au bout d’une heure de tire-jarrets, on sort dans l’alpage par des pentes plus modérées.

Le col est une large selle d’où l’on découvre la suite de notre itinéraire dans de molles prairies d’herbe sèche.

L’impressionnante muraille des hauts sommets du massif du Dévoluy nous fait face.

Depuis un moment, nous sommes intriguées par les allers et venues d’un hélicoptère de la protection civile qui dépose du personnel au bas d’une pente de neige sur le versant en face. L’opération semble durer. Accident ou exercice d’entrainement ?

Quelques textiles sont présents au col. Certains d’entre nous se couvrent, d’autres se contentent de garder leurs distances.

Après une assez longue pause, nous repartons en direction de la Pointe Feuillette qui parait fort lointaine à certains.

Première étape à une ancienne carrière de calcaire lithographique. La qualité du matériau devait être exceptionnelle pour justifier une exploitation à cette altitude, loin des voies de transport.

Le groupe se scinde en deux ; entre ceux qui cavalent devant et ceux qui ménagent leur effort. Je reste avec ces derniers.

Les “lapins“ ont vite disparu sur la crête, alors que je négocie une montée régulière dans la prairie. Et nous arriverons, surpris, les premiers, sur un ensellement sous le sommet où nous les attendrons.

Mais quelles sont ces boules velues qui poussent un peu partout ? Quelques rares fleurs précoces nous donneront l’explication. Il s’agit d’anémones pulsatiles.

Le sommet n’est pas sur la crête principale ou court une clôture, mais sur un embranchement secondaire. Certains en resteront là. Dommage, car il ne restait guère plus de 50 m de dénivelé pour arriver au point culminant.

Descente au plus court sur le col de la Croix, puis par la piste de montée.

Arrivés au fond de la vallée, Franck nous propose un joli détour en bordure du torrent qui ouvre de très belles vues sur le fond du cirque.

Randonue dans la cadre d’un séjour organisé avec l’association RSVNat.