En Vanoise, Gébroula, col du Soufre, Col du Grand Infernet …

Randonue en Vanoise

Le refuge du Saut, le vallon de Gébroula, le col du Soufre, le col du Grand Infernet, le lac du Mont Coua et le passage du Mont Coua.

Avec : Bruno, Laurent, Philippe.
le 27 juillet 2017

A 6h du matin, nous retrouvons Laurent qui a dormi dans sa voiture sur le parking de Tuéda, au terminus de la route de Méribel-Mottaret.

Le jour est encore indécis et le fond de l’air bien frais quand nous contournons le lac de Tuéda.

Un peu plus loin, une pancarte nous envoie sur un raccourci et nous commençons à nous élever en direction de l’Aiguille du Fruit qui semble barrer le fond de la vallée. Nous retrouvons  la piste à 4 x4 qui monte au refuge du Saut. La montée est soutenue, mais pas assez pour nous inciter à nous déshabiller.

Suit le long plan du Fruit, puis encore une petite montée et nous arrivons au refuge du Saut vers 7h45. Je montre à mes compagnons les haldes et les entrées de l’ancienne mine d’or. Alors que nous quittons le refuge, nous croisons un personnage qui rembobine un fil électrique. Il se dit chercheurs sur les papillons de nuit qu’il attire avec de puissants projecteurs.

Nous avons quelque mal à repartir car l’homme est bavard. Le soleil nous rejoint alors que nous sommes dans la montée du vallon de Gébroula encore à quelques centaines de mètres du refuge. Nous adoptons alors la tenue d’Adam.

Deux personnes nous précèdent et progressivement nous les rattrapons. Une petite pose casse-croute nous permet de les laisser s’éloigner.

Après avoir franchis le torrent émissaire du glacier sur une longue passerelle, nous prenons pied sur la moraine et découvrons le glacier de Gébroula saupoudré, comme les sommets d’une fine couche de neige fraiche.

A notre gauche, le massif chaotique et coloré des gypses du Roc du Soufre attire de la part de mes amis de nombreuses questions sur leur origine et leur évolution.

Devant nous, le haut du glacier de Gébroula flirte avec les nuages. Nous pouvons suivre le pointillé de grosses cordées qui progressent lentement vers le Dôme de Péclet.

Nous, on tourne à gauche vers le col du Soufre que nous atteignons par un névé et des dolomies rousses qui sont certainement à l’origine de son nom.

Nos deux prédécesseurs se sont un peu éloignés du chemin, probablement pour s’abriter du vent. Il ont certainement perçu notre nudité, mais à 2 ou 300 m de distance, nous jugeons inutile de nous couvrir.

Nous découvrons l’autre versant (vallée de Pralognan), la branche Est du glacier et le lac Blanc (en réalité bleu en raison des eaux glaciaires). Entre les gypses blancs à ocres, la falaise jaune de quartzites qui nous fait face, le lac et les glacier, c’est un festival de couleurs.

Nous descendons légèrement sur le versant Est pour remonter rapidement au col du Petit Infernet en dérangeant une petite harde de bouquetins femelles.

Un peu partout, des blocs arrondis blancs purs et cristallins nous intriguent. S’agit-il de glace, mais d’où proviendrait-elle ? En réalité, ils sont composés d’anhydrite, forme déhydratée du gypse.

A partir de là nous sommes totalement hors sentier et la navigation se fait à la lecture du paysage et à la carte, aidé du GPS.

Nous descendons le versant nord du col dans une combe entre les gypses du Roc du soufre et des gneiss du socle de la Vanoise. Par endroits l’anhydrite est si blanche que l’on pourrait croire que la montagne est saupoudrée de neige !

Le vallon vient butter sur un chaos de bloc, en réalité un rock glacier qui occupe avec un petit lac le cirque sous la Pointe des fonds. Heureusement, la traversée du chaos ne dure pas trop longtemps et nous retrouvons un terrain plus agréable pour progresser. Je fais à l’occasion remarquer à mes compagnons des sols polygonaux, témoins de la présence d’un permafrost.

Un peu plus loin, un petit vallon nous abrite du vent pour le repas de midi.

La progression se poursuit vers le Nord en suivant le front du rock-glacier jusqu’à une petite selle qui donne sur le grand lac du Mont Coua. Philippe aimerait bien se baigner, mais nous avons déjà entamé la remontée vers une épaule qui débouche sur un autre vallon et il doit bien finir par nous suivre.



Promis on pourra se baigner au lac de Chanrouge. Tiens, un Bouquetin, un mâle avec ses grandes cornes qui se laisse approcher. Il porte un collier émetteur et à notre grande surprise des étiquettes dans les oreilles, comme une vache !

Un champ de blocs, un névé à descendre et nous attaquons une courte remontée au Passage du Mont Coua qui doit nous donner accès au vallon Chanrouge. Des gneiss du substratum, nous sommes passés en quelques mètres dans des calcaires gris. Au début la descente est sans problème dans des bandes herbues, mais très vite le terrain se transforme en un affreux lapiaz crevassé et armé de lames tranchantes. Nous zigzagons au mieux, désescaladant de petites barres rocheuses, bien souvent pour remonter en face, car en dessous cela ne passe pas.

Au fur et à mesure que nous perdons de l’altitude la pente générale s’accentue et l’ensemble du lapiaz semble se finir sur la vallée par une barre rocheuse. Nous ne sommes plus qu’à une cinquantaine de mètre de l’herbe, mais pas de passage. Enfin Laurent finit par découvrir une sorte de rampe-couloir qui permet de franchir l’obstacle. Un textile solitaire nous attend en bas. Un espagnol qui apparemment était curieux de notre tenue et de notre progression.

Le lac de Chanrouge n’est plus qu’à quelques pas. Philippe va pouvoir enfin se baigner !

L’eau est fraiche et le bain bref (quelques brasses). De l’autre coté du lac deux textiles cassent la croute.

Mais voilà un groupe qui débaroule et vient s’installer non loin de nous. Un homme se met immédiatement nu et s’engage dans le lac. Les autres, dont des femmes, restent plus réservés.

Pour notre part, si l’un d’entre eux est nu, nous n’avons pas de raison de nous rhabiller.

Il faut bien quand même quitter le lac et rejoindre le refuge. A partir de là, c’est un incessant va-et-vient de promeneurs. La descente du refuge se fera habillés.

N.B. Je déconseille fortement le passage par le lapiaz du Mont Coua, dangereux, encore plus par mauvais temps ou brouillard. Il es possible depuis le lac du même nom de descendre par un sentier sur le vallon de Gébroula.

Considérations géologiques : Les couleurs extraordinaires d’une partie de cet itinéraire sont dues à la présence de gypse.

Il s’agit d’une roche saline déposée au Trias au fond d’une mer qui s’évaporait. La forme originale est l’anhydrite cristalline. En présence d’eau elle s’hydrolise et devient du gypse, et cela avec une forte augmentation de volume, ce qui explique l’aspect “explosé“ de certains affleurements.

Le gypse, comme tout sel, est soluble dans l’eau qui y creuse des galeries et des entonnoirs de dissolution. Des impuretés (notamment des dolomies rousse) sont à l’origine des diverses colorations observées.


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