Ceillac, Queyras
le 22 septembre 2023
Avec : Bernard & Bernard, Bruno, Dominique & Dominique, Franck, Guillaume, Jean-Paul, Patrick, Pierre, Stéphane, Thierry, Yannick.
Après la pluie de la veille, la météo annonçait quelques rayons de soleil l’après-midi. Finalement, ce fut bien meilleur qu’annoncé.
Du hameau du Villard, on commence par suivre une large piste. D’autres promeneurs sont présents et la nudité n’est pas encore de mise.

Les nuages débonnaires ne cachent pas le soleil qui perce à travers de belle taches de bleu. Les plus hauts sommets sont poudrés d’une neige fraiche qui ne tardera pas à s ‘évaporer.
Après le hameau du Tiouré et sa chapelle, la piste laisse place à un sentier bien tracé qui s’élève doucement dans une forêt de mélèzes clairsemée.

Ayant quitté les lieux les plus fréquentés, et avec le soleil qui est de la partie, tout le monde se retrouve nu.

Après environ 2 Km tranquilles, le sentier va se mettre à monter rapidement, d’abord en forêt, puis débouche dans l’Alpage.

Un des Dominiques peu motivé nous abandonne préférant une pause contemplative à l’effort.


Un randonneur solitaire arrêté à coté d’un abri de pierres nous regarde passer sans que nous ne nous revêtions.

Au furet à mesure que nous nous élevons à travers des éboulis, en direction du col des Estronques, un vent froid se fait de plus en plus sentir et les plus frileux se rhabillent.
Je traine un peu derrière et quand j’arrive au col, le groupe s’est scindé entre certains qui ont gagné l’abri de gros blocs un peu en dessous de col, et n’iront pas plus loin, et les plus courageux qui ont poursuivi vers la Tête de Jacquette.
Au col le vent est franchement glacial et le rhabillages est impératif et le coupe-vent n’est pas de trop.
Un peu fatigué par les randos précédentes, j’hésite à gagner le sommet, puis finalement, pose mon sac et monte, léger, rejoindre mes prédécesseurs.

Le sommet offre un marge panorama sur les montagnes et les vallées du Queyras et notamment celle de Saint Veran.


Au vu des restes de tranchées et d’abris sommaires, la Tête à Jacquette fut certainement un poste d’observation militaire. Au milieu du plateau se creuse une dépression (doline) où se dessinent des cercles de pierres concentriques qu’on imagine réalisés par des soldats en quête d’occupation.


Retour au col et casse-croute à l’abri des blocs.

Nous entamons la descente alors que le brouillard nous entoure et c’est alors que surgit, nu et fantomatique, notre amis Yannick qui monte à son rythme.
Quelques cent mètres plus bas, le soleil revient et la rando se poursuit par une traversée horizontale sous la tête de Rasis en direction du col Fromage ; dans un versant sud très minéral où se dressent d’étranges tours de cargneules. Nous sommes désormais à l’abri du vent et tous revenons à notre tenue préférée.

Heureuse surprise, le col Fromage, contrairement à celui des Estronques d’où nous venons est totalement sans vent.

Nous restons un bon moment à contempler le paysage, puis il faut bien entamer la descente vers le hameau du Villard par le sentier déjà parcouru dimanche.


Arrivés à proximité des maisons, nous remarquons, sur la piste, en dessous de nous, un groupe de promeneurs qui se sont arrêtés pour observer nos étranges tenues. Comme je suis devant, j’attends qu’ils s éloignent pour poursuive. Finalement, ils reprennent leur marche, comme à contre-cœur, tout en continuant à nous suivre du regard.
La voie libre, nous retrouvons nos voitures sans que certains aient jugé utile de se rhabiller.

Le samedi matin, au moment du départ, notre hébergeur m’a informé qu’une dame, de sa connaissance, a été très choquée d’avoir aperçu quelques individus nus au hameau du Villard et qu’il a heureusement pu la dissuader d’aller se plaindre à la mairie et téléphoner à la gendarmerie.


