La gorge de Charenches

Massif des Monges

le 5 juin 2021

Dans le cadre d’une semaine de randonue en Provence organisée par Jean et Gilbert avec l’association RSVNat.

Avec : Patricia, Bruno, Gilbert, Pierre.

Gilbert a trouvé cet itinéraire sur Géocaching.com : un parcours de gorges au fil de l’eau qui serait sans difficultés autres que de se mouiller jusqu’à la taille.

Nous voila donc partis à l’aventure, sans savoir si nous pourrons effectuer tout le parcours. Sans savoir si la température de l’eau permettra la nudité.

Pour éviter de se mettre dans des situation difficiles, nous décidons de partir de l’aval en remontant le courant.

Une piste de terre nous mêne à proximité de l’entrée des gorges.

Un petit sentier annoncé d’un discret panneau “rivière“ nous conduit en bordure du torrent qui à cet endroit s’étale dans un large lit de gravier.

Une vague trace suit la berge. L’endroit est désert et sous un soleil généreux, la nudité est de rigueur. Mais bientôt les versants se rapprochent. La rive devient rocheuse. Une traversée s’impose pour gagner un banc de gravier.

Certains d’entre nous hésitent. Mais nous n’avons pas le choix. Il faut se mouiller jusqu’à mi mollet. Heureusement, nous avons tous des chaussures qui peuvent aller dans l’eau.

Les battons sont bien utiles pour garder l’équilibre quand on lutte contre le courant.

Très vite nous nous retrouvons dans une véritable gorge et le seul chemin est celui de l’eau. Des biefs plus profonds imposent de se mouiller jusqu’aux fesses ; de chercher le banc de sable permettra de garder pied. Heureusement l’eau n’est pas froide et avec l’action le bain est plutôt agréable.

De part et d’autre, de hautes falaises ne laissent aucune échappée possible.

Nous parcourons quelques belles rues d’eau jusqu’à arriver à un étroit barré d’une petite cascade de moins d’un mètre de haut. L’obstacle est plus sérieux. Les parois de chaque coté sont verticales et toute nos tentatives échouent devant le risque de mouiller les sacs contenant nos précieux vêtements secs.

Gilbert arrive à passer sans sac avec de l’eau jusque sous les bras et quelques pas d’escalade. Mais cela ne résout pas notre problème.

Je cherche d’abord un cheminement en escalade en rive gauche, mais sans succès.

Nous sommes sur le point de renoncer, quand je tente une montée dans les broussailles sur la rive opposée. Après avoir un peu bataillé avec une pente ébouleuse, ça passe et redescend facilement de l’autre coté. Nous pouvons continuer. Nous casserons la croute dans un éboulis à gros blocs qui fournit les sièges.

Il faut que j’insiste un peu pour repartir ; nous ne savons pas si d’autres obstacles sérieux nous attendent. Mais finalement les difficultés son terminées. Il ne reste plus qu’à naviguer d’une rive à l’autre en fonction des atterrissements de gravier et des éperons rocheux qui viennent au contact de l’eau.

Passé un dernier étroit, la vallée s’élargit et le torrent déroule ses tresses dans une plaine, bordée de forêt. Un très vague sentier s’amorce en rive gauche, et nous conduit après quelques errances dans la ripisylve sous l’impressionnante arche du pont pluricentenaire de la Reine Jeanne.

Quelques “touristes“ venus là en voiture nous font nous rhabiller pour un court moment.

Toute cette partie des gorges est d’un sauvage absolu et j’en venais à rêver d’être en train d’explorer un pays inconnu loin de toute civilisation.

Le retour se fera par la montagne. La route départementale n° 217 qui n’est qu’un chemin de terre nous conduit au village abandonné de Saint Symphorien où nous rencontrons un “anachorète“ qui ramasse des orties pour son plat du soir. Du village part un sentier qui va monter et descendre maintes fois dans un décors étrange de roches tantôt blanches, tantôt rouges qui nous rappellent la rando de la veille.

Le sentier devient piste qui après un long périple mous ramène enfin aux voitures.

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