La Tête de la Maye

Alpes : massif des Ecrins

31 mai 2020

Seul

Le confinement est levé depuis quelques jours et j’ai hâte d’aller respirer l’air de la haute montagne.

Je me suis décidé au dernier moment : le matin à 4 h. J’irais à la Tête de la Maye au dessus de La Bérarde. Je crois bien que je ne l’ai jamais faite.

C’est à priori une rando très fréquentée, et je n’imagine même pas que je puisse me mettre nu, surtout un dimanche.

Quand j’arrive vers 7 h du matin au bout de la grande ligne droite qui fait suite à Bourg d’Oisans ; je lis avec consternation un panneau lumineux qui indique “Route de la Bérarde fermée après Venosc“.

J’enrage, c’est la troisième fois en peu de temps que je me retrouve le bec dans l’eau à cause de travaux sur cette route.

Bon allons jusqu’à Venosc. Bien que cette perspective ne m’enchante pas, je pourrais peut-être monter au lac de la Muzelle.

A la sortie de Venosc, la route n’est pas barrée. Pourrais-je aller jusqu’au plan du lac ? Ce qui offrirait d’autres perspectives de rando plus intéressantes.

Ah voila l’obstacle. Un énorme bloc de rocher est venu se poser en travers de la route. Des techniciens du département (géologues ?) partent en reconnaissance pour expertiser la zone de départ.

Il a été poussé une bande de gravier du coté aval de la chaussée permettant à une petite voiture de passer. On ne me dit rien. Je passe …

Pour la suite, à part pas mal de cailloux sur la route, plus de problèmes jusqu’à la Bérarde.

Hors quelques camping-cars qui de toute façon sont bloqués, peu de voitures sur le parking, et pour cause.

Du coup, personne sur le sentier qui monte au Chatelleret, et encore moins après l’embranchement en direction de la Tête de la Maye. Dès que le soleil apparaît, je suis nu et le serais jusqu’au sommet.

C’est un itinéraire difficile franchissant des petites barres rocheuses équipées de câbles. Le vide est souvent présent.

A mi-hauteur une petite prairie suspendue sur un épaulement me tend les bras pour un arrêt collation et photo.

Le sommet est un long plateau herbu dominant de toute part des falaises.

Le panorama est exceptionnel car on se retrouve au carrefour des vallées avec vue aussi bien au Nord sur la face sud de la Meije, à l’est sur le glacier de Bonne Pierre et la haute face rocheuse des Ecrins, au sud sur le vallon de la Pilatte.

Il est encore tôt et je passe un bon moment à contempler toutes ces merveilles. Mais voilà qu’arrive un couple et je dois renfiler au moins le short.

J’entame la descente, prudemment dans les zones rocheuses.

Sur un replat un peu en dessous du sommet arrive une jeune femme seule. Elle est équipée comme pour faire une via-ferrata : baudrier, casque, longes.

Elle me dit qu’elle a été impressionnée par les passages câblés et angoisse de devoir redescendre par le même itinéraire (de toute façon, il n’y en a pas d’autre!).

J’ai faillis lui proposer de l’attendre pour la sécuriser dans sa descente. Mais dans ce cas plus de nudité…

Plus bas, c’est une petite famille équipée de tennis avec des gamins qui courent à droite et à gauche dans les rochers.

Maintenant, il est pas loin de midi, des gens montent et je dois me résigner à ne pas retrouver ma tenue préférée.

Quand je reprends la route dans l’autre sens, le contournement du gros bloc a été réaménage et l’interdiction a été levée.

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