Semaine de randonue en “Verdonnie”

Pour moi, du 26 au 31 mars 2019

Le séjour était organisé par Jean et Gilbert.

C’est devenu une tradition depuis pas mal d’années.

Cette fois ci, après deux années d’infidélité, nous sommes revenus pour la troisième fois au camping naturiste de Castillon de Provence, à coté de Castellane.

L’accueil par son propriétaire et gérant, Justus, est toujours aussi sympathique, allant jusqu’à nous prêter sa salle de restaurant et sa cuisine pour nos soirées.

Nous étions logés, pour un prix raisonnable (on est hors de saison) dans de confortables chalets, très propres et bien entretenus.

Le groupe comportait un vingtaine de personnes venues d’un peu toutes les régions de France et même de Suisse.

Personnellement, je n’ai été présent que du 26 au 31 mai et n’ai donc pu participer qu’à cinq sorties.

Le lundi, la météo étant peu favorable, nous avons ré-édité une rando déjà faite 4 ans auparavant, juste au dessus du camping : l’Aulp.

Cette fois-ci, nous avons évité de “barasser“ sur la crête, quitte à faire un détour. Quelques uns, inquiets d’un éventuel orage, nous ont abandonné à mi-chemin.

Vue sur le Pic des Trois Évéchés

La remontée de la prairie sous le sommet se fit sur un rythme très rapide devant la menace de l’arrivée de la pluie. Dommage, car l’extraordinaire tapis de fleurs méritait de nombreuses photos.

Au sommet nous retrouvons deux membres du groupe, pas mal égratignés, qui avaient décidé de monter par l’arête et qui nous confirment que celle-ci est encore moins praticable qu’il y a 4 ans.

La pause casse-croute s’éternise un peu, alors que de lourds nuages s’accumulent au dessus de nos têtes. La descente est enfin décidée. Pierre et Dominique ont repéré sur l’arête sommitale des cairns qui semblent indiquer une descente directe sur le camping ; mais non portée sur la carte.

Nous prenons le risque. Les cairns sont bien là et nous nous engageons dans le raide versant Sud. Nous suivons au début une trace qui finit par se perdre dans une profonde roubine parcourue par un ruisselet : terrain raide et glissant. Une prairie en cours de re-colonisation par une végétation plutôt agressive nous conduira, grâce au secours du GPS à un bon chemin. Un peu au dessus du Mandarum, nous retrouvons notre itinéraire de monté.

Les premières gouttes de pluie nous accueillent au camping. Ce soir c’est repas en commun dans la salle du restaurant.

Mardi, la météo est toujours aussi incertaine. Pas de sommet cette fois-ci. Gilbert nous propose le tour du Robion, petite montagne proche de Castellane. Le départ se fait sur une ancienne route désaffectée, puis se poursuit sur une large piste forestière.

Quand c’est barré, c’est barré…

Nous traversons, rhabillés, le village de Robion qui réveille des souvenirs de 2015.

A la Basse de la Doux (un col), une voiture de l’ONF est stationnée et sa conductrice vient juste de rentrer à son véhicule. Bien que nous ayons enfilés nos shorts rapides, elle a perçu notre nudité et vient vers nous pour nous demander où nous allons dans cette tenue et précise que cela ne la dérange pas, mais nous conseille de nous rhabiller avant la fin de notre parcours car nous risquons de rencontrer des enfants.

Le col suivant sera le lieu du casse croute. Puis nous passons dans le raide versant nord.

Le sentier étroit et parfois vertigineux s’éternise. Une petite remontée nous ramène aux voitures sans que nous ayons rencontré personne d’autre. La pluie nous rejoint pour la soirée.

Mercredi, Guy nous propose une superbe rando dans des gorges, un peu éloignée de notre base, mais selon lui valant vraiment le coup.

Nos voitures remontent la vallée du Verdon jusqu’à proximité de Beauvezer, puis s’engagent sur une petite route qui devient rapidement une piste chaotique. Au terminus, déjà quelques voitures : nous ne seront pas les seuls. Rien que d’ici, la vue est époustouflante. Un canyon s’enfonce entre de hautes parois qui rappellent les Dolomites. Un panneau, un peu dissuasif, précise que l’on rentre dans une zone de haute montagne et des photos, notamment du sentier traversant une paroi verticale grâce à une vire surplombant plusieurs centaine de mètres de vide, nous impressionnent.

Sur les premières centaines de mètres, jusqu’à une passerelle, le sentier est étroit et exposé.

Ensuite, la vire est large tout du long. En fait, il s’agit d’un ancien chemin muletier qui servait à accéder à des pépinières de mélèzes établies en amont de la gorge.

Le chemin s’élève doucement et le vide se creuse en dessous de nous.

La plus-part du temps, il n’est même pas possible de distinguer le torrent caché dans l’ombre, quelques 200 m plus bas, alors que le soleil éclabousse la blancheur des parois qui nous dominent.

Un virage en encorbellement offre une vue sur un étroit canyon ou rugit une cascade. De la paroi en face jaillit une résurgence.

Nous rattrapons progressivement un groupe de randonneur. A la sortie amont de la gorge, nous nous faisons surprendre et apparaissons nus. Notre tenue n’est visiblement pas très appréciée.

Maintenant, le chemin s’élève dans une calme forêt de mélèzes et de pins. A la maison forestière, le groupe qui nous précède s’installe sur les tables et les bancs de la terrasse, alors que nous restons un peu en dessous, hors de leur vue, près d’une grange.

Le repas terminé, nous décidons de poursuivre par un boucle dans le versant. Nous passons, habillées, devant nos prédécesseurs qui ne nous rendent pas notre bonjour. Le sentier s’engage dans un vallon chauve, constitué de multiples gradins de roche. Malheureusement, un ruisseau gonflé par la fonte des neiges et les pluies de la veille nous barre le passage. Demi-tour.

A la descente, nous ferons un détour par la chapelle Saint Pierre où se trouve une géocache que je trouve et subtilise au nez de Gilbert. Je le laisse chercher un moment, puis, bon enfant, la lui remet au milieu des rires.

Jeudi  C’est encore Guy qui propose cette rando. Elle se veut courte et reposante, mais avec un très beau paysage.

Nous abandonnons nos voitures à l’entrée du village de la Sagne pour le traverser. Il s’agit d’un village typiquement provençal enserrant une rue étroite, aux maisons aux murs de pierre épais et quelque peu inclinés et ventrus ; petites fenêtres et volets colorés.

A l’autre extrémité du village, la rue devient chemin de terre et s‘élève parmi l’or des genets vers un petit col.

L’autre versant est plus bucolique, large combe herbue descendant mollement.

Au bout de quelques centaines de mètres, Guy nous fait quitter le bon chemin pour une sente marquée de quelques balises blanches entourant des arbres. Nous progressons en lente montée de prairies en bois de chênes et de buis. Quelques arbres couchés nous imposent des détours embroussaillés.

Nous sortons progressivement de la forêt pour un lande à genêts et à buis. Le panorama sur la chaîne frontière enneigée se révèle peu à peu.

Nous gagnons la crête à un petit col. Ce sera le lieu du repas à un abri du vent relatif derrière quelques buissons.

Quelques uns d’entre nous escaladent les rocher qui conduisent au sommet.

Dominique se fait photographier sur un éperon dominant le vide.

En dessous de nous, coté sud , nous pouvons observer le camping naturiste du Petit Chandelalar que nous irons visiter tout à l’heure.

Retour par le même chemin parmi les fleurs que nomme Danièle et les morilles que certains ramassent pour une fricassée du soir.

Dame d’onze heures

Lotier

Récolte de morilles.

Nous sommes accueillis par la patronne du camping du Chandelalar qui nous invite à visiter son domaine et nous reçoit dans la salle de son restaurant pour discuter longuement, nous contant notamment l’histoire de son camping.

Le petit Chandelalar, prochain lieu de séjour ?

Vendredi  Réclamé aux G.O., bien que déjà parcouru, il y a 4 ans, Le sentier de l’Embut au fond des gorges du Verdon.

Ce coup ci, nous l’aborderons par la descente des Cavaliers.

Désagréable surprise, au départ du sentier : un panneau nous annonce que ce dernier est interdit suite à un éboulement. Alors que nous hésitons sur la conduite à tenir, un couple nous rejoint et nous dit que selon leur hébergeur, le sentier passe sans problème.

En effet, nous trouverons quelques blocs encombrant le chemin dans la partie basse, n’induisant pas de difficultés.

Arrivés au bord du Verdon, il faudra se rhabiller, car l’endroit est des plus fréquenté. Tout un groupe défile devant nous prenant la direction de l’Embut. D’autres proviennent de la rive opposée par la passerelle.

Nous suivons le flot. Beaucoup font demi-tour devant les premiers passages un peu exposés. Finalement, nous nous retrouvons à peu près seuls et adoptons à nouveau la nudité.

Au Styx, nous sommes rattrapés par quelques personnes qui ne s’offusquent pas de notre tenue.

En fait, pendant toute la randonnées, nous croiserons de nombreux randonneurs, nous rhabillant quand il y a des enfants, puis de moins en moins souvent, vu que nous ne rencontrons pas d’opposition.

A l’Embut, nous privatisons pour le repas l’unique plage accessible (le Verdon est en légère crue).

Certains d’entre nous décident de poursuivre jusqu’au Baou Béni à travers un chaos de blocs.

Un vingtaine de personnes sont arrêtées sur une grande dalle plate à coté de laquelle nous devons passer. C’est à ce moment que dans un passage d’escalade, mon short rapide décide de se dégrafer et tombe à mes pieds dévoilant mes parties intimes. Grand éclat de rire de part et d’autre.

Malgré un balisage à la peinture, le cheminement dans des blocs décamétriques n’est pas évident, surtout à la descente.

Le Chaos franchis, nous abordons sur une belle plage alors que devant nous la gorge se referme ne laissant le passage que pour l’eau rapide et profonde.

Retour. Nous remonterons par le sentier Vidal qui comporte des passages câblés et des échelles. Impossible dans ces lieux plutôt vertigineux d’enlever et de remettre les shorts et jupettes à chaque instant.

Une jeune femme avec deux enfants nous accompagne. Il nous ont déjà vus nus à d’autres passages. Du coup, certains comme moi se drapent de leurs shorts, d’autres restent nus. Là non plus pas de remarques, juste des sourires amusés, voire une certaine complicité.

Nous n’allons quand même pas prendre le goudron pour rentrer aux voitures. Nous traversons la route et remontons sur une centaine de mètres de dénivelé dans la forêt pour retrouver un piste horizontale qui va nous ramener au belvédère des Cavaliers.

Ce soir, dernier repas en commun. Nous fêtons l’anniversaire de Jean Pierre et Pierre, mais ne nous éternisons pas car la fatigue de la randonnée du jour se fait sentir.

Samedi : retour avec Georges qui a du renoncer à participer à toutes ces belles randos en raison d’une mauvaise forme.

D’autres resteront encore un ou deux jours pour découvrir d’autres paysages.

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