Du col du Sabot au lac de la Jasse

Chaîne des Grandes Rousses

2460 m

le 25 octobre 2021

Avec : Patricia, Philippe, Guillaume, Bruno, Mickaël, Christian.

Au col du Sabot, à 10h, le soleil n’est pas encore arrivé jusque là et la température bien fraiche, d’autant plus qu’un petit vent du Sud vient rajouter son grain de sel (de givre plutôt).

Ça traine un peu à se préparer et j’attends avec impatience le moment de passer de l’autre coté du col où règne le soleil.

Enfin, nous voila partis. Une petite descente dans une combe d’où part une chemin tout récemment tracé que nous ne prendrons pas pour le moment. Sur l’épaule la vue plonge sur le lac de Grandmaison d’un bleu profond dominé par les aiguilles de l’Argentière.

Là un panneau nous annonce que le sentier de la Cochette traversant le raide versant nord au dessus du lac est dangereux et interdit.

Après quelques hésitations, nous décidons de l’emprunter quand même.

Le passage est passablement vertigineux mais semble possible. Il s’agit d’un versant de schistes noirs coupé de ravines canalisant les pierres. Mais aujourd’hui, tout est gelé et rien ne bouge. La plateforme est par endroits soutenues par des gabions grillagés.

Un premier couloir nous pose quelques problèmes avec un cône de pierraille de schiste encombrant le chemin. Il faut aider Guillaume, mais le passage est court.

Presque à la fin des difficultés un second couloir nous oppose un obstacle bien plus sérieux.

Une langue de glace de deux mètres de large occupe son fond, plongeant dans un toboggan parfaitement lisse jusqu’au fond de la vallée, 400 m plus bas.

Philippe se met à essayer de tailler des marches dans la glace avec une pierre ; disant qu’en suite, il lui suffirait d’un petit bond pour atteindre le sol sec en face.

Je m’oppose à une telle tentative, imaginant avec horreur un corps dévalant dans la goulotte.

La raison l’emporte et nous faisons demi-tour.

Retour à l’épaule du Sabot. Un groupe vient vers nous. Nous leur expliquons la situation. Ils poursuivent rien que pour voir le paysage.

Maintenant, nous sommes presque tous nus et rejoignons le sentier nouvellement tracé, laissé à notre droite tout à l’heure.

Une famille descend. On s’est couvert. Ils font demi-tour car le sentier est boueux et glissant.

A partir de là, nous serons seuls et bien-sur nus autant que possible.

En effet, le terrassement est récent et la plateforme terreuse. Avec le dégel une petite couche très superficielle se liquéfie et glisse sur le fond encore gelé.

Bon, à part que ce soit assez désagréable, il n’y a pas de danger. Et puis on peut marcher sur l’herbe d’un coté ou de l’autre.

Ce cheminement contourne l’obstacle du chemin de la Cochette en franchissant la crête des Aiguillettes tout en nous offrant de très belles vues sur des ravines et des aiguilles de schistes.

Vers 2400 m, nous découvrons la haute barrière des Grandes Rousses et des glaciers, fraichement ré-enneigés. Une pause casse-croute, puis basculons sur le vallon de la Cochette et le col de Couard.

Notre objectif initial était un lac glaciaire au front du glacier de la Barbarate. Mais compte tenu du temps perdu au départ, nous nous contenterons du lac de la Jasse.

Le retour tardif nous offre les belles couleurs d’un coucher de soleil et nous arrivons aux voitures à la tombée de la nuit.

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