El Madrès (Roc Nègre : 2459 m)

Pyrénées Orientales

le 24 septembre 2021

Avec : Bernard, Bruno, Jean-Paul, Patricia, Philippe, Stéphane, Yannick.

Dans le cadre d’un séjour de randonnée naturiste proposé par Bruno du 18 au 25 septembre avec l’appui de l’association R.S.V.Nat.

Nous découvrons une longue vallée abritant le bourg de Mosset aux maisons étagées serrées accrochées à leur éperon rocheux.

Au col de Jau, déception, la route forestière qui mène à Callau est interdite à la circulation : deux kilomètre de plus, heureusement à l’horizontale.

Quelques personnes sur le parking, mais qui semble-t-il vont aux champignons.

Il fait encore frais et nous restons habillés sur la piste sous le couvert d’une belle forêt de pins et de hêtres.

La piste finit par arriver à ce qui aurait dû être notre départ : la prairie de Callau. Un grand bâtiment gris frise la ruine. Est-ce le refuge annoncé sur la carte ? Ou une maison plus modeste dans la prairie ?

Des panneaux nous avertissent que nous rentrons sur un domaine de chasse privé appartenant à Groupama. Qu’un assureur qui se dit militant ait investit dans la chasse nous laisse interloqué. Mais nous constaterons plus loin qu’il s’agit aussi de protéger une magnifique forêt primaire de toute exploitation forestière.

L’ambiance s’étant réchauffée et les lieux déserts, nous adoptons la tenue de peau.

La piste monte doucement et longuement dans la forêt jusqu’à ce que nous l’abandonnions pour un sentier plus discret qui se glisse sous un couvert de pins cembros mêlés de hêtres centenaires. Pas une seule trace de coupe de bois. Les arbres morts, aux troncs percés par les pics pourrissent sur place hébergeant champignons et larves de toutes sortes.

Vers 1800 m d’altitude, après la traversée du ruisseau, la forêt s’éclaircit et passe progressivement à l’estive.

Une montée un peu plus raide conduit à un épaulement d’où l’on domine un vaste « pla » : la Balmetta. Au delà s’ouvre un cirque glaciaire taillé dans le granite au centre duquel s’élève une aiguille élancée. Un orri en bon état sera le prétexte d’un arrêt casse-croute et le terminus des moins courageux.

Nous continuons à trois vers le fond du cirque et commençons à contourner l’aiguille par la droite.

Bernard nous abandonne et nous ne sommes plus que deux. Derrière l’aiguille, des éboulis nous conduisent à la crête. Tiens un chamois (pardon un isard!). Ce sera le seul animal que nous rencontrerons.

Des randonneurs, loin sur la crête, un adulte un enfant, ne nécessitent pas de nous rhabiller.

La zone sommitale et un plateau herbu. Aucun point le paraît nettement plus élevé qu’un autre. Nous suivons des sentes vers l’Est et arrivons sur une brèche qu’il faut franchir par quelques pas d’escalade. Une plaque scellée au rocher rappelle le souvenir d’un randonneur décédé en ces lieux. Au delà de de la brèche un sommet couronné de quelques blocs sera notre terminus (En fait le roc Nègre, plus bas de neuf mètres par rapport à El Madrès).

Le panorama est exceptionnel, mais malheureusement très brumeux.

Chaudement rhabillés le temps de la pose sommitale, nous retrouvons la nudité avec l’action dans la descente.

Plus personne à l’orri de la Balmetta. Nous retrouverons nos amis plus bas à la limite de la forêt.

La fatigue se fait sentir et nous pressons le pas pour rejoindre le col de Jau, d’autant plus que le soleil a disparu.

Non loin du col, une voiture descendant du refuge (probablement les gardiens) nous dépasse. Certains disparaissent discrètement dans le bois. D’autres , comme moi, restent nus.

Malgré le froid, les plus téméraires mettront un point d’honneur à arriver nus jusqu’au parking, à cette heure, désert.

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