LE GRAND REPLOMB

Juin 2011

Seul

Alpes, massif de Belledonne.

Le Grand Colon, la Grande Lance de Domène et le Grand Replomb. Ces sommets dominent directement la vallée du Grésivaudan.

Les collines de Belledonne et la vallée du Grésivaudan.

Le temps est bouché sur Belledonne, mais des éclaircies se développent sur la vallée. Cependant, il y a déja beaucoup de voitures au parking de Pré Marcel, point de départ pour monter au refuge Jean Collet. Pour ma part, je vais utiliser un itinéraire nettement plus confidentiel. Dès le pré Michu, je tourne à gauche et je suis nu.
La piste s’élève dans la forêt ménageant de place en place des vues sur la vallée, jusqu’à rejoindre la large croupe qui descend de la crête d’Orionde. Des traces de pas, toutes fraiches, dans la boue m’informent que je suis précédé par un petit groupe. D’ailleurs je les localise bientôt, trois personnes remontant le dernier ressaut sous la cabane d’Orionde.

En montant vers « Orionde ».

Lorsque je débouche à mon tour sous la cabane, la bise et le brouillard qui court sur la lande m’obligent à me revêtir. Mes prédécesseurs sont réfugiés dans la cabane dont la cheminée fume.
Au dessus de la croix d’Orionde, le sentier disparait dans une prairie et subssistent seulement de rares cairns pour me guider. Je suis une trace qui se termine brusquement à un abreuvoir; Le passage doit être plus haut. Effectivement je retrouve une sente mieux tracée qui franchis une côte rocheuse. Insensiblement, je suis passé de la crête arondie d’Orionde à un versant sud à l’abris du vent du Nord et puis à nouveau progresser nu. L’itinéraire, maintenant ponctué de marques bleues rejoint le fond d’un cirque constituant le versant Ouest du Grand Replomb. A la faveur d’une déchirure dans les nuages, j’apperçois, loin devant moi, deux personnes qui traversent un névé.

Premières plaques de neige.

Dix minutes plus tard, je rejoins le névé et contourne un éperon rocheux pour prendre pied sur une court replat à la base d’un grand éboulis. Mes prédécesseurs, quelque deux cent mêtres au dessus sont engagés dans une traversée horizontale qui finit dans des barres rocheuses où ils disparaissent.

Dans le grand éboulis.

A mi-hauteur de l’éboulis (grande marque à la peinture orange, visible de loin), se reconstitue un sentier bien marqué en traversée vers la droite. Les nuages, par moment , se déchirent, offrant quelques rayons de soleil.

Brève éclaircie sur le plateau intermédiaire.

Après une traversée qui aurait pu être vertigineuse si elle ne s’était pas faite dans l’intimité des nuages, la trace débouche sur un vaste plateau au relief indécis. A la faveur de trop rares éclaircies j e suis tant bien que mal quelques cairns qui finissent par me conduire à l’amorce d’un sentier qui s’élève latéralement dans une forte pente que je soupçonne de soutendre l’arête sommitale. En effet je débouche sur cette dernière au niveau d’un petit col. A ma droite, des a-pics se perdent dans le brouillard. Je remonte longuement l’arête, m’attendant à chaque instant à croiser mes prédécessurs qui redescendent ; mais c’est sans avoir rencontré personne que j’atteind un drapeau de prière tibétain qui ondule dans le vent d’un sommet. Mais quel est le vrai sommet ? Deux autres pointements se devinent au travers de la brume, encadrant un névé triangulaire. Je traverse le névé en diection de celui qui semble le plus haut, surmonté d’un cairn alors que le brouillard se déchire d’un coup, laissant apparaitre dans une brêve éclaircie les sommets alentours.

Dans les parages du sommet.

Quand les nuages se déchirent.

Pause au sommet.

J’avais envisagé de redescendre sur la lac de Crop par un couloir d’éboulis et ainsi de varier les paysages traversés. A partir du 3eme sommet, je descend une large crête d’éboulis. D’après le topo que j’ai lu sur internet, je dois assez vite trouver un couloir à ma gauche qui va descendre sur le lac. La pente qui se perd dans la brume n’est pas du tout engagente et je préfère rester sur l’arête qui jusqu’ici est facile à parcourir. La descente s’accentue et je viens dominer ce qui semble être un col. Le col de la Mine de Fer ?. Une petite barre rocheuse de moins de 2 m de haut le sépare de l’éboulis. Je m’en rapproche pour chercher un passage facile à desescalader. C’est alors que mon pied glisse sur des gravillons posés sur une dalle. je perd l’équilibre, roule, et chute au pied de la barre. Mon sac a amortis le choc : rien de cassé, mais le sang coule de nombreuses coupures sur les jambes, les mains et le bas du dos. Je reprend ma marche sans me rhabiller. Je laverais mes plaies une fois au lac. Mais au fait, ou est’il ce lac ? Les nuages le lèvent et découvent un beau vallon au fond encombré d’une moraine, mais de lac, point!
je consulte la carte, il doit se trouver derrière la moraine. je traverse un chaos de blocs en suivant une petite sente, mais toujours pas de lac…

La vallée inattendue.

Encore une croupe herbeuse et je débouche au dessus d’un refuge aux abords animés que je reconnais pour être celui de Jean Collet. En fin de compte, je me suis totalement trompé en partant du sommet et me suis engagé sur un mauvaise arête qui m’a ramené vers le Sud. Ensuite, la disposition symétrique des vallons m’a conduit à persévérer dans mon erreur.
Qu’importe, le retour à mon point de départ n’en sera que facilité.
Je m’arrète à la source au dessus du refuge pour laver mes plaies et faire l’inventaire des dégâts. Je ne saigne plus et peut me rhabiller sans craindre de tacher mes vêtements.
Le retour se fait par le sentier « autoroute » du refuge à Pre Marcel.

Refuge Jean Collet.

Extrait de carte IGN