17 mai 2025
Avec : Bruno, Thierry.
La route fut longue depuis Montmélian où nous nous étions donnés rendez-vous. Thierry commençait à douter que l’on arrive un jour.
Par rapport à ma précédente ascension avec Alain en 2016, j’avisais la possibilité de partir du parking des chalets du Bellachat.
Arrivé au départ de la piste, mauvaise surprise : un panneau en interdit l’accès aux non-ayant-droit.
Partir de la Ravoire, au fond de la vallée, rajouterait 300 m dénivelé.
Tant pis pour le panneau, je m’engage résolument sur la piste. Nous croisons un 4×4 qui descend, pas de remarques, et arrivons au parking. Là, il y a une barrière que nous respecterons.

Vue d’ici, la cime est encore bien enneigée.
Nous passons les chalets encore habillés et dès que nous sommes hors de portée de vue, nous adoptons la nudité sous un soleil généreux.

Bientôt, on quitte la piste pour un sentier assez mal tracé qui contourne la cascade par la gauche.

Nous trouvons la neige au pied d’un ressaut rocheux où le sentier se perd rapidement. Il ne nous reste plus qu’à naviguer à l’estime. Heureusement, la neige, bien transformée, porte.


Quelques bribes de sentier retrouvé au hasard des zones déneigées nous amènent trop haut et nous devons redescendre d’une cinquantaine de mètres sur le lac de Lavouet.
On enfonce un peu dans une neige ramollie pour gagner le lac Sans fond.

Les pentes se redressent et je m’engage dans un couloir qui me semble sympathique. Mais l’exposition a changé et, ici, la neige est gelée et dure. J’ai du mal à tenir, même en tapant du pied.
Thierry, resté en arrière hésite à s’engager.
J’insiste jusqu’à je me retrouve en difficulté.
Nous avons des crampons forestiers dans nos sacs. Mais au point où j’en suis, il est impossible de poser le sac, de les sortir et de les chausser. Je regrette de pas avoir pris mon piolet. Je taille à grands coups de chaussures une minuscule plateforme pour me retourner et reviens vers mon compagnon arrêté sur une zone nettement moins raide où l’on peut chausser les crampons.
Plus question de remonter le couloir, nous allons traverser vers une bande herbue qui nous permettra de gagner une épaule à droite du sommet.

La crête finale est bien raide et cornichée. Ce ne serait pas raisonnable de nous y engager avec notre équipement.

Pause casse-croute. Nous voyons un couple qui descend du sommet vers nous. Ils sont bien mieux équipés avec piolets et crampons d’alpinisme. Ils ne nous verront pas nus, car nous nous sommes rhabillés pour résister au vent qui court sur la crête.

Ne trainons pas trop. La neige, au soleil, va dégeler en surface et les petites pointes de nos min-crampons ne seront plus d’aucune utilité. Nous utilisons au maximum la bande d’herbe de la montée.
Nous passons à proximité du Lac Sans Fond, encore complètement gelé ; puis reprenons notre trace de montée jusqu’au lac inférieur.


Une variante de descente en rive gauche, nous permettra de mieux voir la cascade, et enfin alors que la neige, au soleil, est de plus en plus molle, nous arrivons à l’herbe.
Thierry avait abandonné ses habits depuis un bon moment, mais moi, craignant les coups de soleil les avait gardés jusque-là. Profitant de la halte pour enlever les crampons, je retrouvais la nudité.



Le retour se fit par la piste toujours nus. Un couple en contrebas de cette dernière ne nous vit même pas, occupé à des effusions amoureuses.



